Interview Créa #6: Yankosso, Architecte

Aujourd’hui, nous continuons notre tour de portraits inspirants de personnes créatives, dans toute la richesse du terme. Nous avons déjà pu discuter avec un musicien, une professeur de yoga & coach de vie, une entrepreneure, une autrice, une agent d’illustrateur elle-même illustratrice ! Nous faisons du chemin, n’est-ce pas ?

Pour l’article de ce dimanche, je vous propose une interview avec Yankosso qui est architecte et passionnée par l’écriture. Je l’ai rencontré dans le cadre professionnel au cours d’une séance de conseil et j’ai énormément apprécié son énergie créatrice. Elle n’a clairement pas de problème pour générer des idées, vous pouvez me croire sur parole !

Voici donc son entretien ci-dessous. J’espère que vous y trouverez de quoi vous nourrir, des mots qui vous font réfléchir, ou qui vous parlent.

Bonne lecture 🙂

Pour commencer, peux-tu te présenter ? Que fais-tu dans la vie ?

Je fais tout mon possible pour être heureuse, c’est la première chose à savoir.

Dire cette simple phrase m’a prit un temps fou d’acceptation. Comment penser vouloir être heureuse quand la société nous pousse  à la rentabilité, à la production ?  Depuis les années lycée j’ai toujours travaillé en même temps que mes études. Aujourd’hui je veux profiter de la vie. J’ai décidé de ne plus tenir compte du conformisme auquel on s’attache volontairement ou pas parcequ’on est dans le monde des adultes. Il est vrai que contredire cette appartenance reviendrait à se mettre automatiquement au ban de la société. J’ai conscience qu’en ce moment je suis sur la limite car je veux faire différemment mais je n’y suis pas encore parvenue.

Quant à mon métier, je suis Architecte. Je dis souvent que c’est bien plus qu’un métier mais une vocation. L’architecture me permet d’avoir une perception plurielle sur la société et les individus. Toute la journée je fais des zooms entre ma vie et celle des autres. C’est pour cette raison qu’il est difficile pour moi de mettre de la distance entre ma vie et mon métier.  J’ai besoin d’englober les  interactions que je peux voir, savoir pour avancer dans mes choix et mes idées. Tout est lié.

Durant mes études, je n’ai jamais pris le temps de réfléchir sur ce que je voulais vraiment, ce que je voulais accomplir en tant que personne. Je n’avais pas le temps de me poser, d’être dans le silence. À présent, je m’impose un silence heureux pour comprendre qui je suis et où je veux aller non seulement pour moi mais aussi pour les autres.

Je ne veux pas être une marionnette sociétale mais  une citoyenne active.  Mon titre exact est Architecte Diplômée d’État et il lourd de sens. J’ai un devoir public.

Une pensée qui doit toujours converger vers l’autre. Je dois pouvoir apporter des solutions concrètes à des inconnus. La jeune diplômée que j’étais ne s’est jamais posé de questions d’une part parce qu’elle n’avait pas le temps et d’autre part parce qu’elle ne se sentait pas légitime.

Le point de départ de cette introspection a été 2017. Je suis sortie vidée d’un chantier. Des désaccords avec l’entreprise et les clients ont eu raison de moi. J’avais également des désaccords avec certaines personnes lors de visites avant projet, de consœurs/confrères avant même de commencer un projet. J’ai donc dit stop. J’ai pris sur moi et j’ai réfléchis enfin à comment je voulais travailler et comment j’allais allier mes idéaux et ma vie professionnelle. Durant ma réflexion je me suis amusée, j’ai voyagé, je suis allée à des expositions, des soirées, j’ai pris des cours du soir. Presque deux ans plus tard, tout se recoupe et je suis très contente d’avoir pu rencontrer des personnes, des lieux, des environnements différents. Des questions qui revenaient souvent dans mon quotidien. Pourquoi est-ce que je dois travailler très souvent face à mon écran d’ordinateur ? Où sont passés les maquettes, les dessins, les croquis qu’on faisait en Ecole d’Architecture ?  Comment faire comprendre aux gens la difficulté de mon métier ? Comment je veux continuer à travailler ?

J’ai trouvé une partie des réponses. Le reste viendra avec les rencontres et l’expérience.  Je pense aussi que j’attendais l’aval de quelqu’un pour oser. Je ne sais pas qui mais de quelqu’un. J’ai décidé de ne plus rien attendre et de faire.

C’est aussi pour cette raison que j’ai décidé de me présenter sous Yankosso.  Parce qu’en fin de compte la seule autorisation dont j’ai besoin, c’est la mienne. Yankosso c’est mon Univers c’est mon identité. C’est une utopie réaliste.

« 
Je pense aussi que j’attendais l’aval de quelqu’un pour oser. Je ne sais pas qui mais de quelqu’un. J’ai décidé de ne plus rien attendre et de faire.
« 

Selon toi, comment la créativité se traduit–elle dans ton métier d’architecte ?

Je me considère d’abord comme une rêveuse. La créativité me permet de rester en contact avec les autres. C’est davantage un lien social. Quand j’étais petite, je m’amusais à m’entourer de personnages fictifs ou réels et j’ai même inventé une langue. Que j’ai appelé le Morenaba.

Les deux personnes/personnages que j’aimais beaucoup: Marylin Monroe et Lois Lane. Je disais à mes amies que Marylin Monroe avait un nom semblable au mien : Monroe-Moreno. C’était sûr que mon nom allait me porter au sommet. J’allais être une star ! Puis j’entendais souvent Moreno dans des films pour gangsters. Un monde rempli de secret. J’étais tellement contente. Lois Lane, elle, elle était indépendante, c’était une femme de tête.

Mon imaginaire permettait de changer mon quotidien qui était difficile à une vie rocambolesque. Je pouvais enlever, supprimer, oublier ce qui me dérangeait. D’ailleurs j’ai pris l’habitude de le faire encore aujourd’hui. En grandissant, je me suis dis que je devais surement avoir un problème pour omettre certaines choses. Puis je me suis auto-convaincue que c’était une chance de pouvoir passer rapidement à autre chose.

La créative que je suis est arrivée durant mes études d’architecture. Je me suis retrouvée par hasard à l’Ecole d’architecture. Je ne voulais pas faire ça au début. Je voulais juste être décoratrice. Architecte, je ne savais même pas ce que cela voulait dire! J’y suis entrée parce que mes études préparatoire en arts appliqués me coûtaient trop cher. Je n’étais pas une artiste.  Je voulais arriver à mon BAC+3  être décoratrice et puis basta. Puis, je me suis prise au jeu. J’ai aimé les cours, mes camarades, les sorties et les voyages. Un ami m’avait dit aussi qu’en étant architecte on n’était pas obligé de demander l’accord pour faire un projet. Alors je me suis dis que je n’avais qu’à terminer mes études et devenir Architecte. Mais bien sûr c’est beaucoup plus compliqué que ça maintenant que je suis dans le métier.

Sans mes professeur(e)s je n’aurais jamais appris le sens de la création. Ils/elles m’ont montré que l’architecture pouvait changer les choses. Je disais tout à l’heure que la créativité est le lien social entre les autres et moi. Et c’est vrai. C’est le fil tangible entre mon Univers et le monde dans lequel je réside. Ce que je pense devient réel quand il est construit. La créativité est un moyen de penser en groupe, d’avoir des pensées interminables. C’est pour cette raison que j’ai crée mon atelier d’architecture, Atelier Retour aux Sources, en incorporant un Laboratoire d’idées pour penser et réfléchir avec les autres avant de construire.  

« 
Sans mes professeur(e)s je n’aurais jamais appris le sens de la création. Ils/elles m’ont montré que l’architecture pouvait changer les choses.
« 

As-tu un processus de création défini te menant du début à la fin d’un projet ou fais-tu au feeling ?

Mes pensées divaguent et elles sont nécessaires mais le processus de création telle que je le définis ne peut pas se faire au feeling car on est déjà dans le projet. 

Au début de la conception de projet on peut se permettre de prendre du temps pour réfléchir ensemble sur les besoins réelles et non des besoins supposés mais le feeling est très difficile à incorporer. J’essaye d’instaurer un cadre de travail souple mais plus on avance dans les étapes plus le cadre est obligé de devenir rigide.  Il existe dans le processus de projet commun à tout architecte, des étapes à réaliser/respecter. C’est avec cette méthode que je travaille. Cependant, j’ai décidé d’inclure un temps d’étude en collaboration avec les personnes/clients plus ou moins long en fonction du projet. J’ai en quelque sorte transformé certaines étapes, j’en ai raccourci d’autres.

A travers le laboratoire d’idées d’Atelier Retour aux Sources j’ai crée deux plateformes : Sources Event’s et L’Até.

Sources Event’s ce sont des ateliers-rencontres que j’ai commencé à organiser depuis juillet 2018. Je me suis aperçue que certaines personnes avaient du mal à comprendre mon travail et pourquoi je ne pouvais pas à certains moments répondre favorablement à leur demande même s’ils me payaient et même si le projet était en cours. 

Le monde de l’architecture peut paraître abstrait c’est pour cela que j’essaye de montrer la façon dont je travaille. J’essaye aussi de guider au mieux durant la conception j’aborde toutes les questions durant Sources Event’s pour commencer avec le moins d’interrogations possible. Au delà du dessin, de l’administratif et de la technique les relations humaines font parties intégrantes de mon travail. Avant de m’engager dans un projet je tiens à m’assurer d’avoir expliqué les tenants et les aboutissants à mes clients.  

L’ATÉ, l’Architecture à Travers l’écriture, est une plateforme qui me permet de connaître et de comprendre le quotidien, un moment T de la vie d’une personne à travers l’écriture. Je l’ai crée en 2017 juste après mon introspection. Cela a commencé avec des amis. Je leur ai demandé de m’écrire leur ressenti, leur avis sur l’architecture avec une illustration. C’est devenu un moyen de comprendre l’architecture à travers le regard de néophytes qui décèlent énormément de choses malgré ce qu’ils pensent. Aujourd’hui, j’ai décidé d’élargir le spectre avec la création d’une association. Le projet est en cours de concrétisation. Je suis en train de chercher des partenariats, des subventions. J’ai des personnes qui me soutiennent dans cette aventure et cela me fait du bien.

Certaines personnes me disent que je veux à travers mes actions rendre l’architecture accessible mais ce n’est pas vrai. L’architecture est déjà accessible et cela depuis longtemps et sans moi. Je veux juste transmettre ma vision des choses.

« 
Au delà du dessin, de l’administratif et de la technique les relations humaines font parties intégrantes de mon travail.
« 

Ressens-tu le mental sur la créativité ?

Je mène plusieurs projets de fronts parce que j’ai des idées qui viennent et que je ne veux pas les voir mourir dans mon cerveau. Je le fais aussi parce que j’ai choisi de ne pas être salarié. Je fais en sorte de mener mes projets mais je n’oublie pas que je dois payer un loyer, manger, payer les transports. Si cela s’avère nécessaire je redeviendrai salarié sans oublier mes projets. Avec toute ma bonne volonté et mon imagination, je n’ai pas encore trouvé comment fabriquer des billets de banque.

Il m’est donc arrivé d’avoir trois boulots avec un jour de repos ou pas du tout. D’avoir des moments ou je ne voyais personne, ni ami(e)s, ni proche, ni famille. Tout cela parce que j’ai une vision de qui je veux être et de qui je veux devenir. On peut être amené à se sous-estimer, à ne pas faire les choses par peur. Je ne veux plus de cet état d’esprit et je fais en sorte d’avoir des personnes qui pensent comme moi. Je m’engage d’abord avec moi-même à rester focus sur mes objectifs. Ce n’est pas évident tous les jours. En ce moment mon mental me met à rude épreuve. C’est un passage obligé.
Il y a des jours avec et des jours sans. Quand j’ai des freins, je les note. Je me dis pourquoi est ce que je n’y arrive pas et je prends plaisir à rayer un à un les obstacles.

Cela prend du temps mais je suis patiente. J’ai eu la chance d’être poussé à viser toujours plus haut. Aucun frein ne m’a été inculqué. On m’a donné la capacité de croire que le possible était mon meilleur ami. S’il veut partir je le  rattrape. Il est même coincé. A croire que mon meilleur ami peut devenir mon prisonnier.

Si tu devais choisir 3 mantras ou phrases fortes ayant du sens pour toi dans ta vie, quelles seraient-elles ?

1. Si tu dors, ta vie dort

2. L’impossible est possible

3. Attache-toi à faire de ta vie un paradis


Retrouvez Yankosso:
⤅ sur Instagram @yankosso

⤅ Photographe: @black.kahlo
⤅ Lieu: FortRecup

Publicité

Pourquoi il faut repenser l’usage du téléphone

Recevoir des mails, des textos, des appels, du courrier, des messages sur messenger, des messages sur instagram, c’est trop pour moi. C’est tout simplement trop.

Trop de conversations simultanées

Mes notifications sont déjà réduites au minimum depuis plusieurs mois et je passe le plus clair de mon temps avec le téléphone en mode « Ne pas déranger ». Malgré tout, il m’arrive d’avoir simplement envie de l’abandonner quelque part. Centraliser mes moyens de communication dans une seule interface commence à devenir un besoin urgent. Cette démultiplication des messageries cache parfois la réalité: une montagne d’interactions journalières.

Eparpillées sur plusieurs applications, nous pouvons avoir l’impression que tout va bien. Seulement quelques messages ici, d’autres là bas… mais nous nous retrouvons à avoir… des dizaines de conversations en parallèle ! Ce ne sont pas des discussions que vous avez les unes après les autres car vous croisez X ou Y personne dans la rue. Ce sont réellement des conversations qui se passent au même moment. Lorsque vous répondez à une personne, vous pouvez avoir une notification qui vous prévient que quelqu’un a interagit sur une autre.

Le cerveau peut être fatigué de jongler entre plusieurs sujets et un autre concept se dévoile… ces conversations n’ont pas de fin.

Perdre le goût de l’échange

Le téléphone me semble indispensable. Je souhaite pouvoir appeler les secours, retrouver mon chemin ou prévenir d’un retard. Néanmoins, je vois bien qu’il y a quelque chose qui cloche et qui créé de l’inconfort. Il faut que quelque chose change, que je réfléchisse à un nouveau système qui me conviendrait mieux. Ces habitudes sont finalement assez récentes mais je commence à me rendre compte à quel point elles sont déjà ancrées (addiction j’entends ton nom ?).

Souvent, j’aimerai mettre tout sur pause. Parfois, je n’ai même pas envie de répondre aux messages, même si ce sont mes amis. Il y a tout le temps un nouveau « projet » qui démarre. Un projet ! Est-ce normal que ce soit l’impression que cela me donne ? Voir mes amis devient donc un projet où je dois être pro active ? Oh man. Toujours de nouvelles choses à organiser, des doodles à créer, des dates à booker, des cafés à replanifier.

C’est n’importe quoi.

Ce qui m’inquiète c’est aussi de me dire que cela, je le vis… à mon échelle ! Une toute petite échelle ! Je n’ose imaginer pour les personnes connues ou des personnes qui retrouvent 15 appels manqués lorsqu’ils prennent simplement une heure pour aller au sport…

Reprendre le contrôle

Je ressens le besoin de reprendre le contrôle sur tout cela. Il y a quelques mois, j’avais pris la décision d’enlever Whatsapp qui prenait de la place sur mon téléphone. Est-ce que Messenger est le prochain sur la liste ? J’y réfléchis. (note: je relis l’article, et il s’avère que l’application ne marche plus sur mon téléphone depuis quelques jours. J’imagine que cela règle l’affaire)

Imaginons, je fais un ménage radical. Je repars de zéro. Génial ! Sauf que… je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces conversations qui resteront sans réponse car les personnes ne sauront pas que j’ai quitté la plateforme.

Un point important à soulever: est-ce que je ne serais pas entrain de me laisser tyranniser par… la technologie ? Sauf que c’est moi qui utilise cette technologie. C’est moi qui installe ces applications. C’est moi qui accepte de rentrer dans la danse, donc on y revient toujours: c’est à moi de prendre mes responsabilités sur la manière dont j’utilise mon téléphone. Personne ne m’oblige à le prendre en main toutes les 5 minutes.

Je suis donc entrain de réfléchir à différentes types d’organisation. Pour l’instant, elles ne sont pas testées mais voici mes pistes de réflexion:

Idée #1: Éteindre le téléphone sur certaines plages horaires

De cette manière, je m’assure un nombre d’heures où personne ne peut me demander quoi que ce soit. Naturellement je me dis que je pourrais faire ça le soir pour m’empêcher de regarder mon téléphone juste avant de dormir sauf que c’est en général le moment où mes parents m’appellent. Je n’aimerais donc pas que cela engendre un espacement de nos appels. Peut-être que l’inverse est envisageable: décider que je n’allume mon téléphone qu’à partir de 16h par exemple ce qui pourrait me permettre de passer la matinée et une partie de l’après-midi sans téléphone.

Idée #2: Désinstaller Messenger, poster sur Instagram uniquement via Gramblr

Dans ce cas de figure, j’enlèverais donc les deux applications de mon téléphone. Deux questions me viennent en tête: comment expliquer aux gens sur Instagram que je ne vois pas leur DM ? D’autant plus que c’est la messagerie qui au final est la plus agréable d’un point de vue contenu. J’ai vraiment la sensation que les échanges sur instagram de part leurs caractères bienveillants sont ceux qui me font le plus de bien. Néanmoins, je vois bien que je n’arrive pas à avoir une utilisation saine de cette application. Les notifications sont toutes désactivées mais cela ne m’empêche pas de vérifier toutes les 5 minutes si quelque chose de nouveau s’est passé… Bad habit.

Idée #3: Avoir un téléphone qui sert qu’aux urgences

Bon. C’est sûrement l’option la plus radicale. Changer de numéro, ne donner le nouveau uniquement à sa famille/conjoint·e et donc devenir injoignable pour le reste du monde. Comment ferait-on pour me joindre alors ? Dans ce cas, j’avais en tête de supprimer uniquement les appels et les SMS donc je suis toujours disponible sur les autres plateformes. Messenger, Instagram, mails: on reste loin du mythe de l’ermite.

Je n’exclue pas qu’il devient de plus en plus désagréable de changer de numéro avec tous les comptes qui sont liés ensemble (ex. votre numéro de téléphone est lié à votre compte bancaire, etc). Aussi, je ne sais pas comment je réussirais à ne pas vexer la personne en face de moi lorsque je refuse de lui donner mon numéro malgré notre amitié.

Idée #4: Faire une plage horaire unique où je vérifié mes messages

Ici, nous prenons les choses sous un autre angle. Je ne désinstalle rien, la seule chose qui change est mon self control. Ce n’est donc pas l’option la plus facile à mettre en place paradoxalement puisque je peux retomber à tout moment dans mes travers actuels. Le but serait donc de décider d’un horaire où je ferais le tour de toutes les plateformes et où je répondrais aux messages les uns à la suite des autres sans déroger. Le plus compliqué est de garder la tête froide et de ne pas me dire « ah tiens, et si je vérifiais juste une fois ? ». Je sais qu’il existe des applications qui bloquent carrément l’accès aux applications que nous avons désignées mais j’ai toujours détesté me sentir contrainte… Je pourrais néanmoins tester.

Idée #5: Centraliser toutes mes messageries sur une seule application

Il existe plusieurs applications dont le but est de centraliser tous vos messages pour vous éviter de sauter constamment d’une application à l’autre. Pour ce faire il faut bien sûr donner accès à ses comptes à l’application (j’en vois déjà qui grincent des dents). Pour l’instant je n’en ai trouvé aucune qui répondait exactement à mes besoins. Dans celles que j’avais regardé à l’époque ce n’était au final qu’une fenêtre regroupant plusieurs onglets (Slack, Messenger etc) ce qui n’est pas ce que je cherche. Je cherche quelque chose qui va plus loin et qui par exemple aurait une forme aussi simple que celle des messages textes et qui prendrait en compte TOUT. Les messages seraient donc tous présentés les uns à la suite des autres avec la même esthétique que ce soit mail, sms, instagram, messenger,… En arrivant sur l’application j’aurai donc l’impression d’aller voir mes sms sauf qu’en réalité ce seraient toutes mes interactions réunies.

Avez-vous d’autres idées ? Avez-vous un système qui marche pour vous ? Est-ce que vous ressentez aussi ce poids des conversations simultanées ?

Je reviendrais vers vous si je trouve une manière de faire qui me convient 🙂

A très vite,

Sibylle

Perfectionnisme: quel type êtes-vous ?

Dans notre vie professionnelle, nous avons tous rencontré des personnes s’auto proclamant perfectionnistes, le brandissant comme une de leur qualité principale dans leur travail. Pourtant, il m’est arrivé d’en observer et quelque chose me dérangeait. Un je ne sais quoi qui instaurait le doute. Quand je pense au perfectionnisme, la première image qui me vient est celle de l’artisan et du savoir-faire. La qualité, délicatesse, le bon geste. Une manière de travailler qui ne prend pas des raccourcis cache misère pour plus de productivité. Un processus de travail en dehors du temps et de la notion de rentabilité. C’est mon image d’Épinal.

Pourtant, en observant certaines personnes un je ne sais quoi m’a perturbé. Leur perfectionnisme m’interrogeait.

Ils n’allaient pas toujours au bout de leur projet mais avaient tendance à recommencer encore et encore. Ils s’échinaient à mettre les premières pierres de leur projet dans différents ordres mais ne passaient pas à l’étape suivante. Ils semblaient bloqués dans une boucle. Ils recherchaient la perfection dans un brouillon au lieu de chercher le potentiel dans le entrain de s’écrire.

Est-ce qu’on ne confond pas perfectionnisme et doute ?

Dès que nous parlons de projets qui n’aboutissent pas ou des personnes qui ont tendance à procrastiner, le mot de perfectionnisme revient sans cesse. « Si je n’arrive pas à aller jusqu’au bout c’est que j’ai peur que ça ne soit pas à la hauteur de mes attentes. J’aimerai que ça soit parfait. » Je me demande si nous n’utilisons pas ce terme par habitude. Quelqu’un recommençant depuis le début inlassablement trouvera plus de réconfort dans le mot « perfectionnisme » que s’il se dit « merde, je n’ai pas confiance en moi ».

Pourtant, je pense qu’il y a bel et bien des perfectionnistes. Disons qu’instinctivement je les vois plutôt comme des gens avec une vision précise de ce qu’ils souhaitent accomplir. Ils ne tergiverseront pas pendant des heures car ce n’est pas le doute qui les habite mais la confiance. Ils savent jusqu’où ils souhaitent mener leur projet et le visualisent dans le moindre détail. Ils savent détecter quand ce qu’ils ont produit représente une bonne base et se mettent à l’améliorer sans cesse jusqu’à ce que cela rejoigne au maximum l’image qu’ils ont en tête.

Deux approches différentes

La différence n’est pas aussi nette et précise dans la vie mais je vois néanmoins une réelle différence dans les deux approches.

L’une espère créer en une seule fois quelque chose d’idéal qui ne nécessiterait pas d’amélioration majeure. Réussir à sortir de soi quelque chose à l’état quasiment fini est un projet pratiquement voué à l’échec… C’est un but inatteignable pour beaucoup de mortels, ce qui peut en paralyser plus d’un.

La deuxième approche me semble être plus objective sur la manière d’aborder un projet. Elle prend en compte la notion de potentiel et d’amélioration que semble réfuter la première. Son perfectionnisme est déterminé et n’est pas le symptôme d’un doute face à ses capacités. Il sait ce qu’il vaut et ce qu’il veut. Il ne lâchera pas tant que son projet n’est pas au niveau mais il ne repart pas de zéro indéfiniment. On solidifie les bases, et on avance. Il voit tous les détails qui nécessitent d’être améliorés et il le fait. Il est exigent mais juste.

Et moi ?

Pour ma part, je ne saurais me situer. J’aurai peut-être dit que j’étais perfectionniste en sortant de l’école mais rétrospectivement je pense que cela aurait été un moyen de cacher mon manque de confiance. Le problème, c’est qu’en étant à la recherche de la perfection, je finis toujours insatisfaite et rien ne trouve grâce à mes yeux. J’essaye de ne plus partir à la recherche de l’impossible mais du meilleur que je puisse fournir avec les facteurs environnants comme le temps alloué au projet, quel est son but, etc. Faire du mieux que je peux sans non plus y laisser ma peau.

Disons que maintenant, je n’ai pas ce mot qui me vient en tête en premier si je dois me décrire.

De votre côté, est-ce que vous voyez où je veux en venir ? Est-ce que vous avez eu des collègues présentant une de ces deux approches ? Peut-être même est-ce vous même ? 🙂

À bientôt,

Sibylle

Les 10 mauvaises habitudes que j’ai perdu (ou presque)

Refaire sa journée en boucle avant de dormir

Cette mauvaise habitude est partie sans même que j’essaye de m’en débarrasser, ce qui est assez étonnant. Je me revois repenser à chacune de mes interactions de la journée en me demandant si j’ai été assez claire, si j’ai pu être brusque malgré moi, si j’aurai pu être plus incisive, trouver une meilleure répartie… Pourtant, cette remise en question permanente ne m’aidait pas à m’améliorer pour le lendemain mais provoquait encore plus de doute et m’empêchait de trouver le sommeil…

À noter: il m’arrive encore d’avoir du mal à m’endormir mais maintenant cela n’est plus focalisé sur le passé mais sur mes plans d’avenir…

Prendre du café en intraveineuse

J’aime le café. Je répète: j’aime le café. Je suis hypersensible, anxieuse et j’ai un (tout petit, no worries) problème au coeur. Vous savez donc ce qui devrait être proscrit de ma consommation ? Oui, le café. J’ai drastiquement réduit, je pense être passée d’une moyenne de 5 cafés allongés par jour à 2. Parfois je n’en prends qu’un, parfois aucun. Lorsque je travaillais dans un bureau, c’est à peine si je me rendais compte des tasses que je m’enfilais. Besoin de faire une petite pause ? Café. Besoin d’une boisson chaude réconfortante dans un moment difficile ? Café. Café ! Café !

Pas de doute: mes angoisses et mon coeur me remercient.

Tout prendre pour moi

C’est dur ! Par exemple, vous allez voir quelqu’un et cette personne vous répond mal, très mal. Comment ne pas le prendre pour soi ? En lui laissant le bénéfice du doute. Peut-être passe-t-elle une journée vraiment difficile dont nous n’avons pas conscience. Comme nous n’habitons pas dans le monde des Bisounours, si après plusieurs essais son attitude ne change pas malgré votre politesse, eh bien… Qu’est-ce-que ça peut faire ? Je sais que j’ai été correcte, que je lui ai laissé plusieurs chances, je ne suis donc pas le problème. Je limite au maximum les rapports avec cette personne, voire je coupe complètement les ponts. (Bien sûr, le problème est plus compliqué si la personne… est votre boss !)

Mal me parler

Ce point, j’en parle dans mon programme 5 jours pour changer d’état d’esprit. C’est un des changements qui a eu le plus d’impact sur ma santé mentale. Quand je parle de mal se parler, je fais référence au bourreau qui peut régner dans notre petite tête. Quoi que l’on fasse, ce n’est pas suffisant pour lui, jamais. Ce qui a changé dans mon rapport avec lui (enfin, moi) c’est que si je souhaitais aller mieux, il n’y avait pas 1000 possibilités. Je devais être dans ma propre équipe. Il m’est impossible d’avancer si je suis dans l’équipe adversaire. Je ne dis pas qu’il faut s’aveugler et penser que nous sommes parfaits et au dessus de tout. Simplement, ça me sert à rien que je me dise que je suis une incompétente pour tout et n’importe quoi. Avoir conscience que l’on peut s’améliorer, oui. Penser que nous ne valons rien, non.

Parfois ça revient. Hier encore, j’ai oublié mon linge dans la machine et mon réflexe a été de me dire « Quelle conne ! » sauf que mon cerveau a bloqué. Je me suis dit « WOW ! Hey ! Tout doux, on se calme ! On est pas sur une fin du monde ». Je ne laisse pas mon tyran intérieur faire la loi.

Penser que tout est pour la vie

Là, on est sur un sujet où j’ai encore beaucoup de travail à faire. J’ai la sensation que quelque soit la décision que je prends, je la prends pour la vie. Même la plus simple décision me donne l’impression de m’engager sur le long terme. Par exemple, une pensée qui m’a déjà traversé l’esprit: « Si je prends un abonnement Spotify et que je le garde à vie, cela représentera une fortune… ». C’est clairement disproportionné. Je n’ai pas besoin de considérer ce genre de choses à l’échelle de ma vie. Quand je pars au galop dans ce genre de pensée, j’ai beaucoup de mal à me forcer à prendre du recul et à me dire que je choisis pour maintenant et que je pourrais changer d’avis plus tard.

Acheter tout et tout le temps

Je vous en parlais déjà dans plusieurs articles: j’essaye de trouver une consommation raisonnable en accord avec mes valeurs plutôt que de me laisser embarquer par la fièvre acheteuse qui m’entoure. Je ne suis pas irréprochable* (et je ne compte pas le devenir) mais j’ai déjà bien avancé dans la réflexion. Avant, aucune question autre que mon budget ne me traversait l’esprit au moment de faire un nouvel achat. Maintenant, je souhaite mettre mon argent là où je l’ai décidé. Qu’est-ce que ça change ? Eh bien, prendre une décision consciente implique un choix, une réflexion entre plusieurs possibilités. Parfois cela peut susciter des questionnements dans l’entourage mais ce n’est pas grave. Tant que je me sens cohérente, tout va bien. La phrase « acheter c’est voter » me revient souvent en tête et prendre chaque jour un peu plus d’ampleur.

*Par exemple, Je comptais acheter mon nouvel ordinateur en reconditionné mais j’ai finalement opté pour un neuf… 

Rejeter quelque chose en bloc

Avoir un avis tranché n’est pas une mauvaise chose en soit sauf que parfois cela m’empêche de découvrir de nouvelles choses car je ne suis pas ouverte à ce que je ne comprends pas. Ces derniers mois, j’essaye d’avoir une approche plus douce en partant du principe que je peux faire confiance à mon instinct: je prends ce qui m’apporte quelque chose, je laisse de côté ce qui ne me parle pas. L’exemple de la religion ou de la spiritualité peut être un bon exemple. Dans mon cas, j’ai reçu une éducation religieuse que je rejette car mes expériences m’ont montré une institution dans laquelle je ne me reconnais pas (du tout, du tout, du tout). Néanmoins, je comprends que la foi puisse avoir une place prépondérante dans la vie des individus, elle peut donner un sens à leur vie, un réconfort, un moteur. Tout ce qui touche à la religion ou à la spiritualité peut donc provoquer en moi un rejet en bloc sauf qu’en faisant cela, je me ferme aux subtilités qu’elle peut impliquer. J’apprends à me faire confiance, à avoir une spiritualité sans nom, sans forme définie, sans mot pour la décrire, protéiforme, libre, quelque chose qui m’est propre et qui ne s’associe à aucun mouvement.

M’imaginer passager au lieu de conducteur de ma vie

Nous sommes beaucoup à vivre notre vie comme spectateur et non pas comme acteur. C’est fou le temps qu’il m’a fallu pour m’en rendre compte… Peut-être car cela est plus simple car c’est un moyen de nous créer des excuses pour ne rien faire ? Je n’en sais rien. Cette manière de voir la vie me donnait la sensation de ne pas pouvoir changer ma situation, que tout était joué d’avance. Nous n’avons pas toutes les cartes en main, c’est évident, mais celles que j’ai, pourquoi les mettrais-je de côté ? Ce serait dommage. Devenir actif demande à dépasser beaucoup de peurs et ça n’est clairement pas confortable mais c’est gratifiant. C’est comme découvrir sa vie sous un nouveau jour.

Repousser les choses qui me font du bien

La bataille ultime ! Nous savons tous ce qui nous ferait du bien, mais passer à l’action, c’est encore autre chose. Nous avons tous entendu une blague sur les personnes qui prennent un abonnement à la salle de sport mais qui n’y vont qu’une fois. Ce que je découvre c’est que le bonheur ça se travaille, ça demande des efforts, c’est décider que notre bien-être fait partie de nos priorités et agir en conséquence. Au final, c’est en lien direct avec le point précédent. Reprendre le contrôle de son navire et se débarrasser petit à petit de cette sensation d’impuissance qui peut nous habiter.

Me focaliser sur le détail qui fâche

Ce point pourrait s’apparenter à l’art de voir le verre à moitié vide. Il n’est pas possible que tout soit parfait, alors pourquoi s’accrocher à cet espoir ? Pourquoi se gâcher une soirée parce que quelqu’un n’a pas pu venir alors que vous avez tous vos autres amis autour de vous ? Je me demande si cette manière de se focaliser sur le négatif n’est pas la partie visible d’un iceberg beaucoup plus grand. En ne voyant que cela, nous renforçons notre idée initiale qu’il ne nous arrive que la vie n’est faite que de déception. Cette croyance est là, tapie dans notre inconscient et elle cherche à se nourrir de toutes les petites choses qui peuvent lui donner raison. Si cette pensée invasive n’était pas là, nous aurions peut-être une vision moins biaisée des événements.

Bonus: imaginer que je suis en proie à une mort imminente

Ne pas avoir de collègues, un problème ?

Cela fait maintenant 5 mois que j’ai quitté mon dernier job en tant que salarié. Avant de partir, plusieurs personnes m’avaient prédit un grand désarroi: j’allais perdre le goût de vivre car la solitude allait vite me peser, sans parler de l’estime de soi qui allait chuter, chuter… Il me faudrait une grande force mentale pour ne pas me sentir sombrer. Je ne pense pas avoir une force mentale hors norme, mais ce qui est sûr c’est que j’ai un amour profond pour la solitude.

Au début, je cherchais un poste en tant que salarié. J’ai eu la chance d’avoir régulièrement des réponses, de passer des entretiens et de finir plusieurs fois finaliste. Même si je n’étais pas choisie, j’étais déçue bien sûr mais pas triste. Je ne remettais pas en question toute ma valeur à cause du refus. Ils avaient rencontré quelqu’un qui avait un profil qui correspondait plus à ce qu’ils cherchaient et tant mieux pour eux. Cela ne voulait pas dire qu’ils ne me rappelleraient pas un jour, et cela ne voulait pas dire non plus que j’étais nulle, simplement qu’à l’instant, je n’étais pas celle qu’ils cherchaient.

Le temps passant, ce qui m’a le plus étonné est surtout ma relation à l’isolement: j’adore être seule. 

Pourtant, je pensais vraiment que ce serait difficile. J’adore le travail d’équipe et dans mes anciens postes j’avais la chance de travailler main dans la main avec plusieurs personnes que je considère maintenant comme des amis. Je m’attendais à regretter les pauses cafés, à tourner en rond dans l’appartement tel un lion en cage, à envoyer des messages toute la journée à mes amis pour me sentir moins seule. J’aime me sentir entourée, savoir que je peux poser des questions à quelqu’un, avoir une personne avec qui partager mes déboires ou mes blagues. Cependant, rien de tout cela n’est arrivé. Je suis étonnée par la facilité que j’ai à passer du temps avec moi-même.

Jusqu’ici, je n’ai jamais ressenti le besoin ou même l’envie d’être dans un bureau rempli de collègues.

Les avantages éclipsent le besoin

Je savais d’expérience que je n’ai aucun soucis à avancer sur mes projets toute seule de mon côté mais je ne me rendais pas compte à quel point il est agréable de n’avoir personne autour. Si vous souhaitez travailler en silence: vous pouvez. Si vous voulez travailler avec un bruit de fond: vous pouvez. Personne n’est là pour juger si j’ai l’air professionnelle, personne n’est là pour jaser car j’ai décidé de faire mes courses au milieu de l’après-midi pour éviter la foule. Si j’ai besoin de prendre du recul, je vais me poser au parc près de chez moi et je reste le temps que je souhaite. Je sais que mon cerveau continue de travailler en arrière plan. Se soustraire du regard direct d’autrui est une chose vraiment agréable car au fond c’est une question de responsabilisation. Je sais que j’avance sur mes projets, je n’ai pas besoin d’avoir quelqu’un qui m’approuve parce que je reste longtemps à mon bureau sans prendre de pause.

Cette liberté est si grisante qu’elle me fait oublier le besoin de collègue.

Je reste une introvertie

Il faut savoir que je fais partie de ces gens pour qui être entourés de plusieurs personnes toute la journée épuise toutes les forces au fur et à mesure de la journée. Je finis la journée lessivée par le travail et par le stimuli social incessant. Cela explique pourquoi je n’allais que rarement prendre des pots après le travail. J’avais besoin d’être seule, dans le calme, loin du brouhaha ambiant.

Cela n’a rien à voir avec l’amour que je porte pour mes amis, c’est simplement un fonctionnement différent. Le fait de ne plus être entourée pendant la journée m’a permis de gérer entièrement ma vie sociale. C’est un luxe et cela m’a enlevé un énorme poids dont je n’avais pas conscience.

Pour conclure, même si je savais que me retrouver toute seule n’allait pas être un réel problème, je n’imaginais pas à quel point on peut se sentir bien tout seul. Je pense que c’est un état que beaucoup de personnes craignent mais qui, je pense, peut être très bénéfique. Vous découvrez que seul… vous ne manquez de rien. Il est beaucoup plus facile d’entendre sa voix intérieur/instinct lorsque nous n’avons plus de discussion parasite qui viennent par dessus. On retrouve sa boussole interne, qui pourtant était là depuis le début.

Et vous, vous êtes plutôt de quelle nature ?

À bientôt,

Sibylle

25 ans, l’année de tous les changements

Bonjour, bonjour ! 🙂

Aujourd’hui, je prends la plume pour faire le point sur l’année passée et réfléchir sur mes envies pour l’année qui arrive.

Il y a des années plus simples que les autres et celle-ci n’en fait clairement pas partie mais ce n’est pas forcément négatif. Il s’est passé énormément de choses et j’ai fait face à de nombreux challenges. Toutes mes convictions ont été chamboulées et j’ai beau avoir appris de nombreuses leçons, je continue à tâtonner pour trouver mon chemin.

Faisons le bilan…

1. L’année où j’ai démissionné

Cela fait plusieurs fois que j’en parle, donc je m’excuse si certaines sont las. Néanmoins, je ne pouvais pas passer outre car ce fut sûrement L’Étape décisive de cette année. Partir d’une situation qui ne nous convient plus est parfois plus dur que ça en l’air. On se remet en question, on doute, on a peur de l’avenir et puis on fait ses comptes. L’adage est bien connu: on sait ce qu’on perd mais pas ce qu’on trouve. Rien n’est là pour nous rassurer. Étant de nature anxieuse, faire ce pas m’a donné un bon coup aux fesses pour remettre les choses à plat. Ce n’est pas une décision que tout le monde peut se permettre de prendre mais je le pouvais, alors je l’ai fait. J’essaye de faire de cette expérience quelque chose qui me force à grandir et que je ne pourrais pas regretter.

2. L’année où je me suis mise sérieusement au minimalisme

Pour faire peau neuve, j’ai trié. Beaucoup trié. Malgré tout, mes armoires continuent d’être remplies de choses en trop alors je vous laisse imaginer avant… J’apprends à me détacher doucement des choses et à ne plus rendre chaque objet sentimental. Si je perdais la bague de mes 25 ans, il me semble normal d’avoir un contre-coup mais me sentir triste car je ne peux plus mettre un t-shirt que j’ai usé jusqu’à la corde, c’est un peu trop. Mettre trop de sentiment dans des choses inanimées m’amènent à tout accumuler. J’essaye de réguler les objets qui rentrent dans ma vie mais ce n’est pas simple.

Le minimalisme s’est aussi immiscé dans mon état d’esprit. Se remettre en question, se demander « De quoi ai-je besoin ? », « Est-ce nécessaire de s’énerver pour ça ? ». Je m’apaise, petit à petit. Mon copain est là pour me rappeler de prendre les choses comme elles viennent quand je commence à résister. Mes conflits internes sont toujours présents, ce qui est normal, mais ils s’espacent et c’est agréable.

3. L’année où ma conscience écologique s’est réveillée

Je pense que ce changement est lié à tous ces tris que j’ai effectué. Ca chamboule de se rendre compte qu’après 7 ou 8 allers-retours à la benne à vêtements, il y avait encore et toujours des choses en trop. Je me suis rendue compte de la montagne d’objet en ma possession et ce que cela pouvait signifier à l’échelle mondiale.

J’ai remarqué que souvent lorsque je tentais quelque chose qui pourrait être labellisé comme « Bobo/Écolo », les gens étaient prompts à m’interpeller et vouloir me pousser dans mes retranchements. Je ne comprends pas cette réaction teintée d’agressivité. Qu’est-ce que cela signifie ? Pourquoi cette violence ?

Je vous ferais peut-être un article sur les changements précis que j’ai effectué, tous les petits gestes écolos qui se sont intégrés petit à petit dans ma vie mais je ne me sens pas légitime de parler sur ce sujet. Si le zéro déchet vous intéresse, il y a déjà beaucoup de blogs très complets qui vous guideront dans votre cheminement. Vous pouvez en trouver quelques-uns sur mon article concernant le Minimalisme : les blogs & les comptes instagram.

Globalement, mes efforts furent axés sur la réduction de déchet et une revisite de mes habitudes de consommation.

4. L’année où je suis allée voir le psy

Je vous ai déjà raconté comment j’ai réussi à passer le cap sur Amavi. Ce fut un moment crucial. J’ai entamé ce travail il y a 9 mois maintenant et je ne peux que me remercier d’avoir fait ça. J’ai accepté que j’avais besoin que l’on m’aide pour avancer, qu’on ne peut pas toujours tout faire soi-même, qu’on avait le droit de ne pas se sentir bien malgré toutes les belles choses présentent dans nos vies et qu’accepter cela ne fait pas de moi une mauvaise personne. J’apprends doucement que pleurer c’est commencer à guérir et qu’il y a des endroits où je peux lâcher prise.

5. L’année où je commence tout juste à me faire confiance

C’est dur, mon dieu c’est dur. J’essaye de m’écouter, j’apprends que parfois le fait de ne pas m’acharner sur un sujet, laisser reposer quelques temps peut m’aider à mieux y revenir plus tard. J’essaye de ne pas m’en vouloir si je ne suis pas un robot productif et que j’ai besoin de repos, d’aller plus dans le ressenti alors que j’ai l’habitude de continuer contre vents et marées malgré les signaux que mon corps m’envoie.

6. L’année où je l’ai dit: Je suis végétarienne

Oh man. Cela est un long sujet. Mes questionnements ont commencé à l’adolescence puis ont continué jusqu’à aujourd’hui. Le plus dur est de l’affirmer car on sait très bien que l’on aura parfois des réactions pas franchement bienveillantes. Comme pour la fibre écolo dont je parle au dessus, vous ne savez jamais si vous êtes bons pour un interrogatoire. Certaines personnes s’expriment de manière que nous avons l’impression qu’on leur doit des explications, alors qu’au fond, cela ne les regarde même pas. Le fait est que beaucoup de nos moments de convivialités sont autour de la nourriture, il est donc difficile que cela passe inaperçu.

7. L’année où j’ai approfondi ma pratique du yoga

Les semaines où je n’ai pas pratiqué furent rares et j’en suis très heureuse. J’ai souvent réussi à avoir plusieurs moments dédiés à ma pratique dans une semaine et j’ai osé me confronter à des postures que je n’avais pas envie de travailler jusque là. J’ai un sentiment de malaise face à certaines postures car je les voyais beaucoup sur les comptes de yoga sur Instagram ou Pinterest que je suis et elles m’obsédaient autant que j’en faisais un rejet total. J’ai donc surpassé ce blocage et je travaille là dessus à mon rythme.

8. L’année où j’essaye de vaincre ma phobie administrative

C’est simple, si j’en avais les moyens j’aurai quelqu’un pour faire tous les papiers possibles et imaginables. Il suffit de voir un courrier arriver sous ma porte me demandant de joindre 3 documents différents pour que la sensation d’étouffement arrive. Tellement d’organismes qui n’ont aucun moyen de communication les uns des autres, tellement spécificités à chacun… et aucun endroit commun qui pourrait nous aider à naviguer entre tout ça. En gros, c’est une dépense d’énergie que j’aimerais ne pas avoir.

L’année où j’essaye d’ouvrir mon esprit
L’année où j’ai fait un road trip avec mon père
L’année où j’ai fait ma première retraite de yoga
L’année où j’ai réouvert un blog
L’année où j’ai recommencé à écrire
L’année où j’essaye d’aller contre mes craintes

Pour l’année à venir…

Mes envies pour l’année à venir sont à la fois flous et précis, difficiles et pourtant atteignables… Je ne sais pas exactement comment les formuler car j’ai parfois peur de vouloir quelque chose de très concret, d’aller jusqu’à lui et de me rendre compte que ce n’était pas ce dont j’avais besoin. Néanmoins, cela nous permet d’avancer malgré tout, mais vous voyez ce que je veux dire.

Retrouver mon indépendance financière
Être quelque part où je me sens chez chez moi, libre de créer comme il me plait
J’aimerais changer de ville, ce qui n’est pas nouveau
Aller jusqu’au bout et même encore plus loin que ce que j’imagine pour mes projets
Être fière de ce que j’aurai fait
Bonus: avoir trouvé un rythme financier et de travail qui me permette de savoir si je peux accueillir un chat ou un chien dans ma vie.

Allé, c’est parti pour mes 26 ans !

Sibylle

Créatifs: gérer son doute

Je souhaiterai aujourd’hui parler d’un schéma tout simple dont on m’avait parlé lorsque je travaillais dans une agence. Ce schéma avait beau être simple comme bonjour, il m’avait créé un déclic vis-à-vis de la tendance des créatifs au perfectionnisme.

Les métiers créatifs font appel au subjectif, à notre oeil esthétique et fonctionnel. Même lorsqu’il projet est fini, vous pouvez ressentir un doute. Vous auriez toujours pu faire quelque chose différemment. L’ombre du projet révolutionnaire qui ne nous est pas venu plane sur notre inconscient. Ai-je été suffisamment créatif ? beau ? impactant ?  mémorable ? Aurai-je pu trouver un idée qui aurait donné une dimension supplémentaire au projet ?

Nous voulons montrer le meilleur de nous même. Nous souhaitons être fiers de chacun de nos projets et sentir que ce que nous avons créé est le fit parfait pour le projet.

Cette pression que nous nous mettons au quotidien peut provoquer le doute. Le risque est de ne plus réussir à « lâcher le morceau » car nous sommes persuadé que nous pourrions mieux faire, que si nous continuons à chercher nous réussirons à atteindre ce moment béni où nous savons que tout est à sa place et que rien ne doit être changé. Certains se mettent donc à gamberger à une étape de la conception voire même à prendre du retard sur le projet.

Le schéma qui se trouve en photo principale me permet de toujours remettre mon problème en perspective avec la problématique globale du projet que je traite.

Le schéma prend en compte la notion de temps, ce qui nous amène à une notion de productivité… Ce qui peut être un sujet houleux dans nos métiers (je pense en parler dans un prochain article). Ce qui m’intéresse dans ce schéma, qui est certes tout à fait arbitraire et non vérifiable mais qui est pertinent à mon sens, c’est qu’à partir d’un moment, nous commençons à perdre notre temps. La qualité n’augmente pas proportionnellement au temps que nous y passons.

Au début de la création, c’est là que nous avons le plus valeur ajoutée car nous installons les bases, nous sommes dans la phase de recherche et de création, nous passons du non existant à l’existant. Je sens que je change de phase au moment où je me prends la tête pour savoir si je mets quelque chose quelques pixels plus haut ou quelques pixels plus bas et que par dessus tout, j’y reviens encore et encore ! Passer une heure à faire, puis défaire, puis refaire… Nous l’avons tous fait, et maintenant, je le vois comme une perte de temps.

Quand je commence à aller dans une boucle comme celle-là, je repense à ce schéma et je me demande: « Est-ce que cette modification change réellement quelque chose ? Aide-t-elle à la compréhension ? Est-il nécessaire pour mon projet dans sa globalité ? Quelle est la problématique initiale ? », etc.

Cela peut aussi être utile lorsque nous avons des vagues et des vagues de retours sur des petits détails sans valeur ajoutée. Travailler sur le détail n’est pas une mauvaise chose, qu’on me comprenne bien, mais faire quinze, voire trente retours sur le même point me semble en être une.

Parfois, nous devons donc nous faire confiance. Faire confiance en notre oeil créatif. Nous avons fait telle chose à cause de X ou Y raison. Demandez l’avis à une personne en qui vous avez confiance quel est son avis pour voir s’il bute sur le même détail. Prenez en compte ses propositions de retours, car vous savez qu’ils sont pertinents. Apprenez à lâcher prise. Il y a une marge entre ce que nous avons en tête, et ce que nous créons. C’est la frustration ultime, et nous travaillons pour la réduire au maximum mais il ne faut pas que cela devienne un piège dans lequel nous sautons à chaque projet.

À très vite,

Sibylle

Interview Créa #1 – Manon Lecor

Nous inaugurons aujourd’hui une nouvelle catégorie sur ce blog : L’interview Créa ! Mon but étant de partager avec vous des portraits de personnes créatives exerçant des métiers différents les uns des autres. J’aimerais que l’on y discute de nos méthodes de travail pour créer, nos inspirations, nos blocages, nos doutes… Que vous exerciez un métier dit « créatif » ou non, vous pourrez vous y retrouver, découvrir comment ces personnes abordent leurs projets et même parfois tomber sur un mot, une phrase, qui résonnera en vous et vous aidera à avancer sur vos propres projets.

Pour cette tout première interview, je suis très heureuse de vous présenter celle de Manon Lecor ! Vous avez pu voir dans mon précédent article Minimalisme #2: blogs & réseaux sociaux qu’elle faisait partie des personnes qui m’inspirent au quotidien. Manon tient donc un blog sur le minimalisme, le zéro déchet et la mode éthique. J’aime son franc-parler et surtout son refus de rentrer dans une case bien définie. Elle n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat quand elle en ressent le besoin, et j’apprécie cette envie de ne pas être une « vitrine » bien propre, bien lisse de soi-même sur les réseaux sociaux.

Pour cette interview nous allons nous intéresser à son travail d’écriture car Manon est aussi écrivain. En parallèle avec son activité en auto-entrepreneur de formation en réseaux sociaux et rédaction web, elle a publié son premier roman « Quand s’en ira la peur ». Elle est en ce moment en plein travail d’écriture sur de nouveaux manuscrits et son prochain roman ne devrait pas tarder à trouver maison d’édition à son pied. C’est en tout cas tout le bien que je lui souhaite !

Pour commencer, te considères-tu comme une personne créative ?

J’ai mis du temps à l’admettre mais oui ! Il faut bien le dire, je suis une personne qui s’épanouit dans la création. Pour mon cas, ce sera surtout l’écriture et la photographie, parfois le dessin. Avec du recul, même j’ai toujours été dans cette logique de « création » mais sans le savoir évidemment car personne ne vient nous dire un jour « dis donc, quelle créativité ! ».

Pour beaucoup de personnes, il est difficile de se lancer dans un projet créatif (comme celui d’écrire un livre). As-tu eu du mal à te lancer dans l’écriture de ton premier roman ?

Se lancer n’est pas le plus dur. Le plus dur c’est d’aller au bout. Quand j’ai commencé à écrire mon livre, j’étais dans une période calme, une période « de rien », j’avais du temps et j’ai commencé à écrire quelques lignes sur mon ordinateur. Puis ça a donné une vingtaine de pages. J’ai alors compris que quelque chose pouvait naître… Et c’est là où la difficulté commence. Comme un footing qui commence comme une promenade et qui se transforme peu à peu en marathon, ce serait dommage de ne pas franchir la ligne d’arrivée.

Maintenant que tu en es à l’écriture de ton quatrième roman, as-tu trouvé la méthode de travail qui te convient pour écrire ?

J’ai écrit 2 romans, l’un est publié, l’autre est envoyé aux maisons d’édition. Je travaille sur deux autres manuscrits en même temps. Pour le premier, je n’ai eu aucune méthode et ça a rendu la tâche bien plus douloureuse. Pour le deuxième, j’ai appliqué une méthode. Élaborer un plan et mon idée était aussi plus précise. Pour le troisième, je suis en roue libre et le quatrième, je fais comme pour le deuxième : un plan précis et en plus une discipline de fer : j’écris tous les jours 1000 mots. Je compare souvent la démarche créative au sport, mais si on ne se donne pas des objectifs, il y a le risque de se laisser aller et laisser le temps passer. Hors le temps est la composante la plus importante pour la création.

[…] une discipline de fer : j’écris tous les jours 1000 mots.

T’est-il déjà arrivé d’avoir des blocages créatifs comme celui de la page blanche ? Si oui, comment as-tu réussi à le faire passer et comment évites-tu d’en avoir ?

Ce n’est pas tant la page blanche, mais plutôt le « je suis nulle ». Parfois, je me force à écrire alors que mon mental me hurle que je suis nulle, que ce que j’écris est mauvais, mais tant pis j’avance. Après je relis. Parfois c’est nul, mais au moins j’ai avancé dans mon histoire et je peux le rectifier. Parfois, c’est pas si mal et deux trois retouches suffisent pour améliorer le texte. Il faut en tout cas y aller. Les artistes, les créatifs d’aujourd’hui et d’avant aussi, n’ont toujours montré que le meilleur mais il faut faire des choses mauvaises pour faire des choses bonnes. Je compare ça plutôt à la cuisine au lieu du sport cette fois-ci : parfois, on fait un excellent gâteau et la fois suivante, avec la même recette, il n’est pas bon. L’histoire de quelques degrés dans le four ou alors une autre marque de farine. Et parfois quelque chose qu’on considère comme mauvais va être adoré par les gens.

[…] mon mental me hurle que je suis nulle, que ce que j’écris est mauvais, mais tant pis j’avance.

Dans mon métier de designer graphique, nous sommes en recherche permanente d’inspiration. Est-ce pareil dans le travail d’écriture ?

Bien sûr ! L’inspiration est pour moi le carburant de mon cerveau. On absorbe les choses, les idées, les créations des autres et on la transforme pour en sortir quelque chose d’autre et ainsi de suite. Sans inspiration, il n’y aurait pas d’oeuvre ou de création. Quand on va dans un musée, on peut reconnaître l’époque d’un tableau uniquement par le style, parce qu’à une époque tout le monde avait le même « style » mais chacun avait son « truc ». Je vais même plus loin en disant que pour apprendre à créer, il n’est pas mal de copier. Si je ne me trompe pas, c’est Sartre qui, lorsqu’il était enfant, écrivait à sa sauce les histoires qu’il lisait dans les livres. Il copiait l’histoire mais l’écrivait avec son écriture.

A-t-il été compliqué pour toi de dire que tu étais écrivain ? Étais-tu intimidée par le regard des autres sur ton travail ?

J’ai pu le dire une fois publiée. Avant, je ne le disais pas. Le problème du métier d’écrivain, comme tous les métiers créatifs, est qu’il faut montrer patte blanche. Être publié pour un écrivain, être exposé pour un peintre ou un photographe, avoir fait les études qu’il faut pour un graphiste, etc…

Ressens-tu l’influence de ton mental sur ta créativité ? Arrives-tu à le gérer facilement au quotidien ?

Mon mental est mon pire ennemi et mon meilleur ami en matière de création. Depuis que j’ai accepté d’être une créative, mon mental s’en donne à coeur joie. Rien que de répondre à cette interview, je ressens le syndrôme de l’imposteur. Mais je crois qu’on est tous touché par ça. Qui peut dire « mon oeuvre, mon dessin, mon livre, ma photo est incroyable ». En tout cas, j’essaye de ne pas trop me dévaloriser seule, bien que je le fasse beaucoup en public (ça me rassure de dire que je suis nulle avant les autres puissent le dire). Et depuis quelques temps, grâce à ma pratique de la photo argentique, je me surprends à être fière de certains clichés que je fais, et je le dis sur les réseaux sociaux.

Mon mental est mon pire ennemi et mon meilleur ami en matière de création.

Pour toi, qu’est-ce qui te semble le plus dur à vivre en tant qu’auto-entrepreneur ? Et en tant qu’écrivain ?

La précarité, la solitude et la non-compréhension. Je gagne à peine 1,7€ par livre vendu, je ne gagne pas ma vie, je n’ai pas de reconnaissance sociale. Les gens pensent souvent que, parce que tu as des abonnés sur Instagram, parce que tu as écrit un livre, ta vie est simple et que tu n’es pas à plaindre. Mais la précarité des artistes est un fait ! Et un ami écrivain (connu) m’a dit un jour : « prépare toi à ne jamais vivre de ton écriture ». Mon activité en Freelance est une super expérience mais peu sont les gens qui comprennent que lorsqu’on vend une prestation 100, 200, 300€, on en verra à peine la moitié sur notre compte bancaire.

Idem, mais cette fois, qu’est-ce qui te semble le plus gratifiant ?

La liberté, le bien-être et le temps. Lorsque j’étais salariée, j’ai toujours eu des relations assez toxiques dans mon entourage professionnel. On ne choisit pas les gens avec qui on travaille et pire, on passe 8 à 10h par jour avec eux. Je perdais ma personnalité et je devenais aigrie. Je devenais le cliché du « le patron c’est un con » et « hors de question de faire des heures supplémentaires ». Ma vie était chronométrée. Aujourd’hui, je ne me pose plus la question. Parfois, je ne fais rien, parfois je me mets au travail très tôt. Parfois je n’ai pas de client, parfois j’ai plein de missions d’un coup. Travailler à son compte, c’est être dans un grand pré, travailler dans une entreprise, c’est être enfermée dans une toute petite pièce.

As-tu reçu des conseils qui t’ont aidé pour avancer dans la vie professionnelle et créative ?

J’ai reçu toutes sortes de conseil : trouve un job stable et bien payé pour continuer à écrire, achète une maison au lieu de payer un loyer… Ma vie n’est rassurante pour personne, pas même pour moi. Les conseils servent souvent à sécuriser une action. Quand j’ai besoin d’un conseil, je cherche sur internet ou auprès des personnes qui m’inspirent. Une entrepreneuse de Los Angeles a dit un jour qu’elle ne voulait pas créer qu’une seule activité (elle travaille dans la mode), au lieu de créer une marque. Elle en a lancé 4. Comme ça, si l’une se casse la binette, il en reste d’autres pour continuer. Je trouve que c’est un bon conseil. Et un autre conseil reçu ce week-end pendant le concert de Patti Smith à la Route du Rock de Saint-Malo. Elle a dit « Be healthy, be happy and be fucking free ».

As-tu des ressources (livres, blogs, podcasts…) qui t’ont aidé à trouver la voie qui te convenait ? Qui t’ont aidé à te poser les bonnes questions ?

La première chose qui m’a aidé à me poser les bonnes questions, c’est ma santé et mon corps. J’étais toujours mal, et c’est ça qui m’a aidé à me dire « tiens tiens, si j’essayais autre chose ». Ensuite des livres m’ont beaucoup aidé, notamment l’autobiographie de Simone de Beauvoir (tous les tomes). J’ai appris grâce à sa vie que je n’étais pas obligée d’être une femme, comme on l’entend aujourd’hui. Béa Johnson avec son livre sur le zéro déchet a aussi radicalement changé mon existence et mon rapport à la planète. Les Minimalists avec leur documentaire m’ont appris à revoir ma vision du bonheur (que je liais beaucoup à l’argent). Niveau podcast, l’émission de France Inter Grand Bien Vous Fasse est géniale pour tous les sujets liés au développement personnel. Le livre les 4 accords toltèques m’ont appris aussi qu’il ne faut rien prendre personnellement et ne pas faire de supposition. La clé du bonheur. Et enfin, je dirai qu’il faut être curieux. Se détacher des informations qu’on nous donne pour aller voir ailleurs : les autres pays, les autres cultures… Ça développe l’empathie et c’est assez chouette comme outil pour la créativité. Se mettre à la place de quelqu’un d’autre pour comprendre ses actes, c’est une grande richesse.

J’étais toujours mal, et c’est ça qui m’a aidé à me dire « tiens tiens, si j’essayais autre chose »

Initialement, je pensais vous faire une conclusion reprenant plusieurs points qui me semblaient intéressants à explorer mais l’interview étant très riche, je vais éviter de vous faire une longue conclusion et je vais simplement vous laisser vous reposer sur tout cela.

Merci Manon d’avoir accepté de répondre à mon interview et de l’avoir fait avec autant d’implication. Je pense sincèrement que ces réponses sont un très bon terreau de réflexion.

À bientôt tout le monde,

Sibylle

Aligné, qu’est ce que ça veut dire ?

J’ai appelé ce blog « À la Roze – pour une vie créative alignée » mais alignée ? Qu’entends-je donc par là ?

Cette image mentale de l’alignement que je vous présente en image principale est présente dans mon esprit depuis bien longtemps. Elle a commencé à se matérialiser quand j’ai commencé ma pratique du yoga car notre professeur nous rappelait constamment de vérifier nos alignements (et je vous encourage à en faire de même). Être bien aligné c’est protéger des zones, favoriser le travail musculaire d’autres, c’est tirer le meilleur bénéfice d’une posture. Il est donc primordial sinon vous pourriez vous faire mal.

C’est la même chose dans la vie quotidienne. Si vous n’êtes pas aligné avec vous même, vous allez avoir mal. Il faudra déployer une énergie colossale pour simplement se maintenir à flot moralement.

Quand je suis alignée, je me renforce.

Quand je ne le suis pas, je m’écartèle.

 

On le sent quand on est aligné, même si la situation est compliquée, on a une énergie débordante, on sent dans nos tripes que c’est le bon chemin. On apprend, on est stimulé, on ne s’emmerde pas, on a un objectif qui nous motive et qui convient à nos besoins.

Chacun a son propre alignement, pendant que des personnes voudront vivre en adéquation avec telle ou telle valeurs, d’autres voudront vivre avec des valeurs différentes. Trouver son alignement, c’est trouver l’environnement qui nous convient.

De mon côté, ce n’est rien de très défini. Je ne peux pas dire « il me faut ceci ou cela pour être au top » mais dès que je commence à aller contre mes envies profondes, je sens que quelque chose cloche. Je suis pas motivée alors que je devrais l’être, j’ai pas envie de faire certaines choses qui me font plaisir normalement, etc. C’est à ce moment là que l’image mentale des ronds alignés entre eux me revient.

Sentant que j’étais partie beaucoup trop loin de ma base initiale, j’ai pris des décisions drastiques qui ne conviendraient pas à tout le monde mais qui étaient nécessaires pour moi. Que ce soit dans ma vie personnelle ou créative, il me fallait un nouveau départ. Entamer un chemin vers quelque chose qui me corresponde mieux. Je sens par l’énergie créative qui m’habite que je suis sur le bon chemin. Tout devient étrangement fluide. Pas simple, mais fluide.

J’imagine que d’une certaine manière, nous sommes tous dans cette recherche, même si nous ne la nommons pas de la même manière. Nous avons tous envie d’être heureux dans son travail, bien payés, être motivés dans nos projets, avoir une vie personnelle épanouie… mais j’ai l’impression que l’on repousse ça à un moment lointain.

Comme si un jour, là, à un moment très précis, tout deviendra parfait.

Nah, nah, nah. On sait tous que c’est une sottise, rien ne sera jamais parfait. On aura toujours un sujet qui nous prendra l’esprit, mais ce n’est pas pour ça qu’il ne faut pas aménager sa vie de manière à ce que le voyage soit le plus agréable possible. Pour cela, on décide de prendre les choses en main.

Je vous souhaite une belle journée,

À très vite,

Sibylle

PS. Fun fact. Concernant cette image mentale, il m’aura fallu des années avant de me rendre compte que… ça ressemblait vachement aux chakras. Pour l’image j’ai réduit à 3 points, mais d’habitude j’en ai beaucoup plus en tête. J’ai commencé à visualiser ça alors que notre professeur, dans un soucis d’éthique puisque nous étions de jeunes adolescentes, ne souhaitait pas nous faire part du côté plus théorique/spirituel du yoga. 

Être créatif, oui, mais organisé

D’où je viens

Chacun a sa méthode de travail, bien sûr ! Nous n’avons pas nécessairement tous besoin de filtrer le flux d’information de la même manière. Je vais simplement vous parler des outils qui à titre personnels me permettent de gérer au quotidien mes différentes tâches.

Il faut savoir en amont que j’ai fait un master en Design où nous avions plusieurs projets longs et courts dont les deadlines se superposaient. De mon côté, cela m’a permis d’envisager un semblant d’organisation.

Lire la suite