Vidéos, articles, podcast… : a-t-on toujours besoin de nouveauté ?

Bonjour tout le monde !

Le temps des fêtes n’est-t-il pas le moment parfait pour remettre en question notre consommation ? Bien sûr, le sujet est souvent axé sur les décorations de Noël, les cadeaux, les repas de fêtes… mais ces derniers temps, mon cerveau glisse régulièrement vers la problématique de notre consommation de biens culturels en général.

N’ayant pas posté sur ce blog depuis belle lurette alors que c’est contre tous les principes de blogging (pour avoir de la confiance, il faut de la régularité, grosso m*rdo), il me semble qu’il serait intéressant de vous livrer une partie de ma réflexion en cours.

La fréquence de la nouveauté

Initialement, ma première réflexion a été déclenchée récemment car je me suis (enfin ?) abonnée à des chaînes Youtube pour pouvoir facilement voir lorsqu’une nouvelle vidéo était postée. En regardant dans l’onglet dédié aux chaînes auxquelles je suis abonnée, les vidéos sont rangées chronologiquement. C’est-à-dire que je peux voir « nouvelles vidéos de cette semaine » par exemple. En observant cette page, alors que je ne suis pas beaucoup de chaînes, je me suis rendue compte à quel point on me donnait toujours de la nouveauté à me mettre sous la dent. Il m’est donc arrivée d’être estomaquée en voyant que je pouvais voir 10 nouvelles vidéos postées pendant une semaine et pourtant ne pas avoir eu la sensation que j’avais, finalement, été bien gâtée. Il y avait une différence énorme entre mon ressenti au quotidien (« boarf, rien de nouveau sous le soleil ») et la quantité visible dans cet onglet. Pourquoi donc ? J’avais le sentiment que je n’avais jusqu’ici pas apprécié à sa juste valeur la quantité astronomique de travail fourni par ces différentes personnes pour me tenir divertie. On voit la nouvelle vidéo, on clique, on cherche autre chose et la sensation de nouveauté s’affadit aussitôt.

Bien sûr, TOUT est forcément nouveau à un moment donné, donc ma réflexion ne porte pas sur le concept de nouveauté en tant que tel, la nouveauté est nécessaire et à l’image de l’évolution de l’humain, mais plutôt sur la fréquence à laquelle nous le consommons. Que ce soit par des vidéos, des podcasts, des articles, des photos sur instagram… Nous consommons pratiquement quotidiennement des choses qui nous sont nouvelles (même si le contenu n’est pas nouveau lui). Nous partons à la recherche de nouvelles sensations, ce qui est un comportement tout à fait compréhensible pour un être humain (?), mais qui pose question malgré tout.

Slow life : ralentir pour soi, mais laisser les autres ralentir aussi

Comme vous le savez sûrement déjà si vous êtes un lecteur de ce blog, j’affectionne le principe de « slow life » que je traduis personnellement par : une priorisation constante des tâches pour me permettre d’avoir du temps pour moi et me reposer. Pour simplifier, disons que tout ce qui n’est pas fondamental passe à la trappe, et tant pis pour le reste. Ce n’était probablement pas très important s’il n’a jamais été priorisé anyway (ou il arrive aussi qu’une tâche ne soit priorisée qu’au bout de plusieurs mois d’attente).

Or, si je souhaite m’accorder ce rythme de vie, je ne peux que comprendre que les autres fassent de même et cela signifie : être patiente. Rien ne m’est dû, et sûrement pas la création des autres.

J’entends de plus en plus parler de la pression que ressentent les créateurs de contenu professionnels. Ils savent qu’ils ont besoin de produire plus, régulièrement, de se renouveler mais pas trop pour ne pas perdre l’audience initiale, d’être présents sur les réseaux sociaux… A priori, ce n’est pas ce qu’on a envie de faire ressentir à son créateur préféré.

Je suis néanmoins rassurée en voyant certaines personnes dont j’apprécie le travail, qui ne postent pas leur contenu aussi régulièrement qu’auparavant mais dont la communauté reste présente. Les messages pour tenir au courant par ci par là suffisent pour l’entretenir. « Prends ton temps, nous t’attendons » c’est le genre de message que j’ai pu constater en commentaires des comptes instagram auxquels je pense.

Je me souviens dans mon enfance d’avoir patienté parfois plusieurs années pour avoir des nouveaux tomes de certains de mes livres préférés. L’attente ne m’a pas fait oublier que le livre existait, pas du tout. J’attendais (im)patiemment la sortie. Alors pourquoi ne le ferais-je plus maintenant ? Pourquoi est-ce que j’attendrais que quelqu’un poste toutes les semaines ? Tous les mois ?

Créer du contenu : on parle bien de création

D’un point de vue des mots, il est intéressant de voir qu’on les appelle des créateurs, alors que le système semble encourager la production à la chaîne (?). Bien sûr, en tant que designer je vois forcément l’aspect positif issu de la contrainte: en s’efforçant à produire différemment, on en vient à avoir des idées que nous n’aurions pas eues initialement mais en même temps, je vois bien que la création nécessite aussi du lâcher prise. Il faut laisser son cerveau relier des éléments ensemble, se laisser la possibilité de peaufiner un aspect qui nous parle particulièrement même si cela provoque un délai…

Créer, mettre au monde un projet, est un subtil équilibre entre deux polarités. Nous avons besoin d’un cadre pour nous assurer que nous ne retarderons pas à l’infini la fin d’un projet en dans le même temps nous devons nous octroyer la possibilité de relâcher la pression pour permettre à de nouvelles idées de faire leurs chemins dans le cerveau.

Chacun a sa propre sensibilité à ce sujet, donc certains pourront livrer rapidement du nouveau contenu pendant que d’autres mettront des mois à travailler le leur. Il n’y a pas une manière meilleure que l’autre, ce sont simplement deux systèmes que l’ont peut difficilement interchanger.

Re-découvrir ce que l’on connait déjà

Je vous en avais déjà parlé plusieurs fois, cette année j’ai lu beaucoup de livres mais je dirais qu’une bonne moitié d’entre eux s’avèrent être des livres que j’avais déjà lus. Cela m’arrive parfois en général, mais pas dans de si grandes proportions. Je ne relis généralement que des livres qui m’ont époustouflée et laissé une marque sur plusieurs années. Là, rien à voir, j’ai relu des livres que je n’avais lus qu’il y a un an ou deux. L’expérience fut concluante, me procurant exactement les mêmes sensations de joie qu’à la première lecture. Je ne m’étais pas ennuyée une seule fois. Je voyais des phrases que je n’avais pas prises en compte, tout en ayant la sensation d’un pull tout doux sur les épaules.

Réfléchissant à la notion de consommation et de valeurs à travers le minimalisme, il fallait bien à un moment se poser la question plus large que ce qui compose ma penderie : je consomme quoi ? Et du divertissement, j’en consomme beaucoup (à mon avis).

Pourtant, je me rends compte que j’aime revoir des vidéos que je connais déjà, j’aime relire des articles de blog qui datent de quelques années et que je connais déjà. Le contenu n’a pas comme but d’être publié puis périmé quelques semaines plus tard. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que j’ai envie « d’honorer » ce que la personne a créé. Elle a mis du temps, de l’énergie (peut être même du désespoir) dans l’espoir que nous prenions le temps de voir/entendre/profiter du résultat.

Alors, loin de moi l’idée de dire qu’il ne faut pas créer de la nouveauté (ce serait absolument stupide, pour toutes les raisons que vous pouvez imaginer), mais plutôt l’envie de prendre le recul de me demander : puis-je arrêter de me gaver de contenu ? Puis-je prendre mon temps ? Puis-je arrêter de me donner parfois la nausée quand je regarde trop longtemps Netflix ?

Donner de la valeur à la nouveauté

Voici donc mon intention posée. J’aimerais prendre plus de recul pour apprécier le contenu à ma disposition, et celui qui viendra sur mon chemin pendant les mois à venir. Ce serait bien que je freine sur ma tendance à mettre du bruit de fond pendant que je travaille, ma tendance à mettre des lives pendant que je fais la cuisine… Bref, que j’essaye de ne plus essayer vainement de me distraire à chaque « creux » de ma journée.

Pour conclure, je dirais simplement que dans les moments où je me surprends à consommer sans conscience, la phrase qui me vient en tête est que je suis en train de me « numb », d’éviter quelque chose, un sentiment qui me met dans l’inconfort. Ah, parce que l’ennui, ne rien faire, on n’est plus très habitué finalement. Numb c’est se désensibiliser, s’anesthésier en quelque sorte. Je le vois comme une technique d’évitement. Nous pourrions nous demander: qu’essayons-nous d’éviter ? Pourquoi ne rien faire nous met si mal à l’aise ? Pourquoi est-ce qu’on binge-watch (ou autres) ?

C’étaient mes 2 cents.

Je rends l’antenne.

A très bientôt !

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Couper ses cheveux longs pour une coupe garçonne: EP.1

Il y a encore un mois, j’arborais fièrement une tignasse de cheveux longs, avec une frange qui me suivait depuis bien longtemps. J’ai passé un cap que je n’avais jamais envisagé : j’ai tout coupé. J’ai maintenant les cheveux très courts. Alors que je ne n’avais jamais eu les cheveux au dessus des épaules auparavant ! C’est un changement qui est radical et qui pourtant ne change rien du tout… Cette expérience me fait vivre quelque chose de très étonnant et c’est pour ça que j’avais envie de vous en parler ! Elle me questionne, m’intrigue et je n’arrive même pas à comprendre la profondeur du changement qu’elle provoque.

Pourquoi je me suis coupé les cheveux ?

Un jour, l’idée de me couper les cheveux m’est venue en tête. A partir de là, je n’ai pas réussi à m’en débarrasser. Mon intuition me disait « essaye, il faut que tu saches ce que ça fait ». Tout couper est devenu en quelques semaines une véritable idée fixe. Je sentais que c’était une étape dans mon cheminement. C’était un moment particulier où ma vie semblait trop statique et j’attendais un « message » de mon intuition me disant quelle était la prochaine étape à suivre. Ma réaction lorsque j’ai pensé à tout couper était tellement forte que je ne pouvais pas la laisser dormir dans un coin de ma tête. Il fallait que je ressente ce que ça fait de laisser derrière soi des années de cheveux. Avoir une nouvelle tête à offrir au monde. Je ressentais le besoin de découvrir quelle serait ma réaction face à un tel changement. J’y pensais constamment. Est-ce que je le vivrais difficilement ? Est-ce que je regretterais ? Est-ce que je me sentirais légère ? Est-ce que ce serait facile à vivre ? Il fallait que je sache. Est-ce que j’étais vraiment prête ?

J’en parlais autour de moi à qui voulait bien l’entendre. Mon premier élan fut de partir du principe que j’allais couper moi même avec une tondeuse. Étrangement, je n’avais pas plus peur que ça et je me disais qu’il fallait simplement qu’on m’aide pour faire la partie arrière. La réaction de mon entourage étant unanime « Ne le fais pas toi même », j’ai accepté de me plier à la sagesse collective pour finalement les faire couper par quelqu’un.

Chose étrange: c’est au moment où j’ai décidé que j’irai chez le coiffeur que le doute est apparu. Le faire moi même comporte un risque que j’arrive à anticiper. Oui, je me doute que ça ne sera pas joli joli dès le début. J’en ai conscience. Par contre, confier cette tâche à une tierse personne et donc lui donner la responsabilité de ma coupe rendait la prise de risque plus grande dans ma tête car je n’allais pas contrôler cette partie.

Alors qu’initialement je comptais juste assouvir mon désir de raser la tête, j’étais soudain face à ce que je déteste : devoir exprimer mes envies clairement à autrui. Je déteste errer mille ans sur Pinterest pour trouver les 2 seules coupes qui ne me débectent pas, je déteste observer chaque détail pour réussir à définir ce que j’aime ou ce que je n’aime pas. J’ai passé un temps fou à chercher des photos pour donner une direction claire à ma demande. Et surtout ça a commencé à me faire encore plus peur : il y avait tellement de coupes que je détestais au cours de mes recherches que je commençais à me demander si je n’allais pas me retrouver avec l’une d’elle sur la tête.

Alors que j’avais sereinement décidé de me couper les cheveux, les moments de préparation n’ont pas été agréables. J’allais devoir déléguer, donner le contrôle de cette expérience et je n’appréciais pas cette perspective.

Finalement, j’ai saturé. Je suis arrivée au point du « fuck it, je voulais juste tout couper, moi ! » et j’ai seulement gardé quelques photos qui me semblaient cohérentes. (NB: Ce point sans retour du « fuck it » est vraiment un outils précieux dans ma vie, je suis heureuse d’en être naturellement dotée, je devrais lui consacrer un article d’ailleurs)

Les cheveux et la féminité

C’est un point central dans cette expérience. Mes cheveux, avec le recul, ont toujours eu une double utilité : exprimer ma féminité tout autant que celle de la cacher. J’utilisais ce code social accepté de tous qu’avec les cheveux longs j’étais de sexe féminin, mais ces mêmes cheveux me permettaient aussi de me sentir en sécurité derrière eux. Ils cachaient ma poitrine, ils étaient un rempart face au monde extérieur. Mes longs cheveux me donnaient l’impression d’être moins visible, protégée, à l’abris des regards de ces vieux bonhommes qui m’ont emmerdé tout au long de ma vie dans l’espace public. Ma frange, elle, cachait ce front et plus largement cette peau acnéique qui en gardera toujours les traces.

Pour simplifier, je dirais que ces cheveux me permettaient d’envoyer au monde « là, ça va, vous comprenez bien que je suis une fille là ? Vous allez pas m’emmerder comme ça ? » tout en me donnant accès à des manières de dissimuler cette féminité qui m’a toujours malheureusement donné le sentiment d’être vulnérable.

Si comme moi, vous avez une longue histoire conflictuelle avec votre féminité (ou ce qu’il en reste), vous vous reconnaîtrez sûrement dans cette ambivalence. Répondre juste assez aux codes sociaux pour passer sous le radar, tout en se protégeant des attaques possibles. Ne pas se faire voir, ne pas se faire remarquer. Eviter les ennuis. (spoiler: ça ne marche pas)

Je sais bien que je n’étais pas seule à ne pas réussir à marcher sereinement dans la rue avec une queue de cheval. Cette peur viscérale de me faire empoigner par ces cheveux qui quelques secondes avant virevoltaient, innocemment. Étonnement, les chignons ne me provoquaient pas la même peur, alors enfin je pouvais gagner quelques degrés en fraîcheur et en praticité.

Il y aurait bien trop de choses à dire sur mes peurs (fondées ou non), ma condition de femme, et mes cheveux.

J’aimerai néanmoins aborder encore un point : en discutant avec ma mère, j’ai remarqué un changement entre les générations. Lorsqu’elle était dans sa vingtaine voire même avant, ce n’était pas un événement qu’une fille se fasse une coupe garçonne. Cet acte ne semblait pas revêtir la même symbolique que ce j’ai pu constater aujourd’hui. Dans la mesure où elle habitait Paris, j’imagine que ce n’était pas pareil dans la reste de la France, mais en tout cas, dans son milieu, se couper les cheveux courts était assez habituel.

Pourtant, en discutant avec mon propre entourage, j’ai découvert une crainte qui m’a étonnée. « Ohlala, mais t’es sûre… vraiment sûre ? », « Tu n’as pas peur ? », « Tu as vraiment du courage, je n’aurai jamais osé ! », « Tu as eu de la chance que ça t’aille, car ça ne va pas à tout le monde, et sûrement pas à moi »…

Or, vous voyez bien que cela n’est à priori pas logique. Je suis bien heureuse de vivre dans la société actuelle et non pas celle dans laquelle ma mère a grandi. Sur certains points nous faisons des avancées incroyables. Naturellement, à chaud, j’aurai dit que forcément nous avions aussi avancé à propos de nos cheveux. On peut les teindre, on peut en faire ce qu’on veut. Sur le principe. Rien ne nous empêche… à part nous même (dans mon milieu ndlr).

Est-ce que le cheveux est devenu encore plus symbolique qu’il l’était auparavant ?

Je ne m’attendais pas à découvrir autant de peur chez mes soeurs (je n’ai pas d’autres idées de mots. Paires ?). Pourquoi avons-nous si peur d’explorer ? Pourquoi arrive-t-on à encourager les autres dans leurs singularité mais pas à nous l’autoriser nous même ?

Nous avançons sur tant de choses. Où est ma révolution capillaire ?

Pour finir, je répondrais à la question que tout le monde me pose: et mon mec dans l’histoire ?

Peu de surprise à ce niveau, il adorait mes cheveux longs. Plus ils l’étaient, plus il les aimait. Quand je lui ai parlé de mon envie de couper (enfin, que je l’ai littéralement bassiné pendant des semaines), sa réaction fut la suivante : « j’aime tes cheveux longs, mais si t’as envie de couper, coupe. ». A noter: c’est finalement la seule réponse qui aurait pu convenir dans mon cas. Il me fait part de sa préférence mais m’encourage à suivre mon envie.

Vous savez ce qui me rend dingue ? C’est que j’ai eu peur qu’il ne m’aime plus à cause de mes cheveux courts. Qu’il me repousserait, qu’il me dirait « c’est fini » à cause de putain de cheveux, DE POILS sur ma tête.

Donc oui, nous en sommes encore là, mes amis. Une fille qui a peur d’être rejetée pour son apparence physique. Au moins, j’ai su débusquer la pensée et l’exposer à la lumière et c’est grâce à cette réalisation que je peux la mettre à mal.

Il va bien falloir conclure ce premier article ! J’espère que ce petit voyage au fin fond de mes doutes, de mes peurs, de mes réflexions vous auront parlé, interrogé. Bien sûr, je ne fais part que de ma vision biaisée des choses (comme nous le sommes tous à notre manière), donc n’hésitez pas à venir enrichir le propos avec vos propres expériences et pistes de réflexion !

Que faire de mes émotions négatives ?

J’ai essayé plusieurs fois d’écrire cet article avec une structure traditionnelle avec plusieurs sous-titres et une avancée mais je n’y arrive tout simplement pas donc let’s go with the flow. On verra bien ce que ça donne.


Je parle beaucoup sur ce blog des choses que j’ai mis en place pour encourager et souligner mes émotions positives, mes nouvelles habitudes pour améliorer mon bien-être, tout le cheminement qui a comme but de me découvrir ainsi que mes forces et en conséquence, être mieux dans mes baskets.

Or, là-dedans, il manque quelque chose: les émotions négatives. Quid ? Qu’est-ce que j’en fais ? Sont-elles éradiquées dans le processus ? Bien sûr que non. Ce n’est pas le but.

J’ai apaisé beaucoup de choses cette dernière année mais il y a un noyau plus profond que je n’ai pas encore atteint. Un noyau qui contient toute ma rage et qui parfois rugit. Je n’arrive pas à mettre des mots justes sur ce noyau car tous ceux qui me viennent en tête me semblent toujours déplacés, disproportionnés ou trop doux dans le cas inverse.

Ce noyau de colère, je le ressens lorsque certains sujets viennent sur le tapis. Je ne vais pas me mettre à hurler contre quelqu’un ou à partir dans des diatribes, c’est plutôt une sensation de douleur profonde que le sujet me provoque. Au final, le mot qui se rapproche le plus, c’est celui là: la douleur. C’est quasiment physique. Le coeur qui bat plus vite, la tension qui monte.

Vous savez pourquoi je ne sais pas quoi faire de cette colère ? Car elle n’a pas de sujet. C’est une douleur diffuse, incompréhensible. Je ne peux confronter personne.

Je sais quels sujets me provoquent cela, je comprends à peu près les sentiments qu’ils créent en moi mais je ne sais pas quoi en faire.

Comme vous avez pu le lire dans des articles précédents, j’ai déjà réussi à plus ou moins faire la paix avec les émotions handicapantes comme celles provoquées par l’anxiété. Les moments d’angoisses sont toujours présents mais ils viennent par période, comme des vagues. J’apprends maintenant à les voir comme des compagnons de route qui pointent du doigt un sujet que je dois aborder mais que j’ai préféré ignorer jusque là.

Ce sur quoi je bute, c’est vraiment la colère. Il y a des choses qui me donnent la sensation d’héberger Hulk en moi, d’avoir un incendie qui s’allume si rapidement et si fort que j’ai envie de mener une révolution. Malgré tout, je me méfie de cette flamme, car même si ses intentions sont toujours louables , elle ne vient pas « du bon endroit ». Elle vient de là où se trouve la vengeance, la prise de pouvoir, l’écrasement de l’autre. Ce n’est pas une partie que je souhaite écouter.

Plusieurs mots associés me viennent en tête, comme « pardon », « guérison » mais ce n’est pas encore l’heure pour moi. Je m’en sens très loin. Je ressens encore l’envie de faire justice par moi même. Je ne saurais même pas qui pardonner, ni pour quoi. (ce n’est pas aussi simple, mais pour la clarté de cet article, nous dirons ça)

Quand cette colère se fait sentir, c’est comme se prendre les pieds dans un rayon de vélo, on est pris dans l’engrenage et on est obligés de faire plusieurs tours avant de pouvoir redescendre. Il me faut du temps pour laisser partir le sujet de ma colère.

Je suis déjà tombée sur quelques suggestions du type: écrire ce qu’on a tout au fond de son coeur dans une lettre pour ensuite la brûler. Sauf que j’ai très peur du feu alors je ne me vois pas faire ça (et je ne suis pas sûre que la déchiqueter me provoquera la même sensation que la voir se consommer sans mon action).

Comme beaucoup de ces articles plus axés « réflexions », je n’ai pas de conclusion car je n’ai aucune solution, aucune idée, aucun avancement. J’observe, je note, je garde la trace du processus.

Je vous tiens au courant si je vois du nouveau 🙂

A la semaine prochaine,

Sibylle

Comment j’ai compris que j’étais mon propre problème (parfois)

Note: Même si cela peut sembler évident je préfère préciser que la réflexion que je vais vous partager m’est personnelle et qu’elle s’applique uniquement à une situation où il n’y a pas d’abus de la part de la personne en face.

Je parle d’un contexte ordinaire type relation avec des amis, relation avec des collègues, ou encore relation avec la famille, des personnes avec qui j’aurai à la base une relation relativement saine. Exemple: tu étais persuadé qu’un professeur te détestait et te tyrannisait alors qu’en fait tu comprends des décennies plus tard que tu avais un mauvais comportement avec lui.

Par contre, si vous êtes dans une situation où vous vous sentez manipulé ou abusé, c’est très important que vous alliez demander conseil ou aide, que ce soit auprès de vos proches, vos amis, associations ou même police s’il le faut. Prenez soin de vous.


Là, c’est un sujet compliqué. C’est dur. Ca pique. L’ego hurle de douleur. Non, je fais de mon mieux, laissez moi tranquille. Je doute bien assez constamment, pas besoin de me faire douter encore plus, pas besoin de me montrer du doigt.

Je suis entrain de me poser beaucoup de questions sur le sujet et je vais essayer de rendre compréhensibles les pensées qui prennent forment dans ma tête.

Nous sommes beaucoup à douter des autres, de nous même, de notre valeur ainsi que de nos capacités, n’est-ce pas ? Je fais partie de votre team ! Pourtant, je me demande si parfois ces doutes ne sont pas une manière de nous distraire pour ne pas regarder du bon côté, celui qui demanderait de nous remettre réellement en question.

J’en entends déjà se dire « Ah non, non, non mais je passe mon temps à me remettre en question, c’est justement mon problème » mais j’ai l’impression que dans la majorité des cas… ça nous semble vrai, mais au fond… c’est faux ?

Je vais essayer de vous expliquer avec un bon vieil exemple, vous direz ce que vous en pensez.

Je travaillais sur quelque chose et la fatigue m’a fait baisser la garde. Le doute a vu la brèche et s’est engouffré. Beaucoup de frustration et d’énervement en sont sorti. Je me sentais mal, je doutais et j’étais énervée contre le monde autour de moi. Une mauvaise énergie. Celle qui emporte vers le fond en un rien de temps.

J’étais donc là, entrain de ruminer, ronchonner, ronger mon frein. A un moment, je discute avec une amie et elle me demande une question toute simple: « Comment tu vas? ». Je lui explique je me sens mal, je verse ma bile sur moi et sur le monde. Soudain, j’ai une épiphanie: je suis le moteur de mon propre problème.

Les circonstances ne sont pas parfaites, tout ne va clairement pas dans le meilleur des mondes dans mon quotidien mais quelques semaines plus tôt avec les mêmes circonstances voire des circonstances encore plus compliquées j’allais clairement mieux. Je me sentais toute légère et heureuse alors que le contexte n’était pas favorable.

Pourquoi ?

Parce que j’avais la bonne énergie et ce n’est pas quelque chose qui vous tombe dessus. Vous avez votre mot à dire. Dans mon cas, il m’arrive de me laisser aller dans l’énergie négative car elle me permet de repousser le problème soit sur les autres soit sur quelque chose que je ne peux pas changer, ce qui me déresponsabilise de mon « malheur »: j’ai l’impression d’être victime des circonstances.

Qu’est-ce que ça change de se rendre compte de ça ?

C’est se regarder en face. Voir son comportement non pas sous un angle exagéré (trop laxiste ou trop exigeant) ce n’est pas simple à vivre. Me regarder sous un autre angle m’a  fait dire « Putain, j’ai vraiment eu un sale comportement dans cette histoire ». Or, quelques minutes plus tôt, je balançais tout mon malheur sur le reste du monde. On aime pas se rendre compte que nous ne sommes pas des oies blanches avançant avec innocence et éthique sur notre chemin de vie.

A ce moment là, les doutes que j’avais me concernant ou sur les autres ne m’ont pas aidé à me remettre en question. Ils m’ont aveuglé. Je n’ai pas vu que j’étais aussi responsable de la situation. Je n’ai pas vu ma manière d’être ou mon réflexe de mettre le blâme sur quelqu’un d’autre. J’étais occupée à douter de mes capacités, des intentions de la personne en face, du monde en général.

Me rendre compte que j’avais mon rôle à jouer m’a fait instantanément du bien. Certes, je ne pouvais pas rendre la situation 100% meilleure mais la part qui m’incombait pouvait être améliorée grandement. J’ai tout de suite compris ce que je pouvais faire de mon côté. Je ne peux pas tout contrôler mais je me dois d’être active concernant ce qui peut l’être.

La réalisation que je pouvais reprendre le contrôle ne serait-ce que 50% d’une situation au lieu de me placer en personne impuissante m’a permis d’aller de l’avant, de faire un reality check de mon propre comportement.

Pour conclure, je pense que c’est une étape dans mon cheminement car j’ai justement l’habitude de trouver des excuses pour les mauvais comportements des autres envers moi. Ayant conscience de cette tendance, je m’étais en parallèle confortée dans l’idée que j’étais une petite chose naïve et toute douce qui n’a pas de mauvais comportement. Je me suis donc rendue compte que je n’étais pas cette colombe blanche trop gentille avec les autres. Parfois, je peux être une p*tain de pain in the *ss.

C’est quoi se sentir chez soi ?

C’est quoi se sentir chez soi ?

Depuis plusieurs années, je me questionne sur le sentiment d’être chez soi et le concept de la Maison. Je le recherche sans avoir l’impression de le trouver. Est-ce que je suis à la maison dans les endroits où je déambule sans jamais avoir besoin d’un quelconque plan car la carte s’est imprégnée jusque dans mon être ? Est-ce là où se trouvent la majorité de mes affaires ? Est-ce là où j’ai envie de poser mes valises pour plusieurs années ? Est-ce là où j’ai des centaines de souvenirs qui parsèment les rues ? Est-ce l’endroit où j’ai passé le plus de temps dans ma vie ? Qu’est-ce qui définit la Maison ? Est-ce définit par la sensation de bien-être qui m’envahit quand j’arrive à un endroit précis ?

Paris ? Nantes ? Ailleurs ?

Pourquoi est-ce que le seul endroit où je me sens pleinement à la maison est un endroit où je n’ai pas vécu ? Où je n’ai pas d’amis ? Aucun bâtiment faisant office de port d’attache.

Pourquoi est-ce que Paris ne me donne plus l’impression d’être chez moi malgré les souvenirs, mes amis et le toit sur ma tête ? D’autant plus que je suis dans un quartier que je connais comme ma poche où l’histoire familiale est présente à chaque coin de rue.

Pourquoi est-ce que Nantes n’est pas exactement ma maison non plus ? Malgré l’attachement que j’ai pour cette ville où j’ai doucement grandi pendant plus d’une décennie. Je la vois enfin avec l’oeil neuf du touriste et pourtant il suffit d’un weekend pluvieux pour me rappeler la longueur des hivers tellement humides que j’abandonne toute perspective d’avoir les cheveux domestiqués. Même le vent me semble différent de celui de Paris. Pourquoi ?

Mes racines sont là, éparpillées mais elles ne m’apportent pas le réconfort que j’en attends.

Où est mon Heimat ?

Je me doute que si l’on est bien dans sa tête, on se trouve bien n’importe où mais cela m’interroge sur deux points: le premier voudrait dire que je peux être entièrement et pleinement épanouie ici sauf que je ne le suis pas. J’ai bien conscience que j’ai sûrement bâti une résistance sur ce point. J’ai envie d’aller voir ailleurs, et cela m’obsède. Je me dis, Sibylle cela fait déjà plusieurs années que tu souhaites partir, et tu es toujours là, empêtrée dans le filet parisien ». Je m’en fais une montagne.

Le deuxième point est le suivant: est-ce que mes envies de retourner près de l’océan, de changer de paysage, d’avoir un extérieur ne sont pas valides ? Sont-elles simplement des illusions données par mon cerveau ? Pourquoi est-ce que tout ce que je souhaite serait nécessairement superficiel ? Certains ont envie de changer de vie et d’avoir des enfants en dehors de Paris, personne ne les questionne. Leur choix semble compréhensible pour tout le monde. Pourquoi est-ce que je me sens tant illégitime de vouloir des choses ? Pourquoi est-ce que je remets constamment en question chacune de mes envies profondes ?

Ces questions nous emmènent à la plus importante de toute: Pourquoi est-ce que je ne fais pas confiance à ma petite voix ? Où est-ce que ça bloque ?

Ma première maison reste mon corps, la coquille que je trimballe avec moi nuit et jour. Je dois peut-être apprendre à l’habiter avant tout, au lieu de la squatter comme si on allait me l’enlever incessamment sous peu.

Je laisse ces interrogations en suspend.

A très vite,

Sibylle

Changement de saison, déprime à l’horizon

Nous voilà dans une des périodes que je redoute le plus dans l’année: l’arrivée de l’automne qui me rappelle que l’hiver est au tournant. Je me revois en mars regarder l’heure du coucher du soleil tous les jours, à l’affût de chaque minute en plus de luminosité. Le sentiment de se sentir un peu peu plus légère à la perspective des jours qui rallongent.

Je sais que nous sommes nombreux à craindre cette période où profiter de quelques rayons de soleil rime avec nez qui pique ou qui coule et triple couche de vêtements. L’impression de ne plus voir la lumière du jour, d’être dans un tunnel sans fin de nuit et d’avoir l’envie d’hiberner jusqu’au retour des beaux jours.

Je résiste

Fin août, début septembre, mi-septembre… Je le vois arriver cet état de refus. Non, je refuse ! Je ne veux pas que l’été tire sa révérence ! Pourtant je vois bien que l’arbre sous ma fenêtre commence déjà à changer de couleur… Souvent je m’arrête et je l’observe quelques minutes. Il semble toujours avoir quelques semaines d’avance sur le reste de la végétation. Le voir se transformer me permet de prendre conscience du changement à venir.

Quand j’ai constaté que ma crainte de l’hiver refaisait surface et que je freinais des quatre fers, j’ai eu une pensée on ne peut plus simple mais inattendue. Comme si une part de moi-même avait soudain pris du recul sans que je lui demande (c’est ça grandir ?)…

« Sibylle Pourquoi résister alors que c’est le cycle normal des choses ? Voir les saisons changer n’est pas une mauvaise chose. Tu n’as aucune mais alors aucune prise sur le temps qui passe. Pourquoi cette résistance ? Lâche prise. Profite des rayons du soleil mais arrête d’être mélancolique comme s’ils avaient déjà disparu. Ce changement au lieu de le vivre comme un adieu, vois le comme un simple changement de dynamique. Chaque saison nous aide à travailler sur des aspects de nous. L’un va avec l’autre. »

Et avant ?

Je ne me souviens pas d’avoir senti cela étant enfant. C’est un sentiment récent. Les choses que j’adorais l’hiver ne m’animent plus, je me sens contrainte pendant cette période où le froid me décourage de faire de longues balades… Seules les décorations de Noël dans la rue et les sapins sur le trottoir  arrivent à réveiller cette petite flamme en moi.

Mon hypothèse sur ce revirement est le suivant: enfant ou adolescente le temps semblait suivre son cours lentement (!!!) et irrémédiablement. Chaque saisons amenait son lot de nouveauté, de vacances, d’évènements sans que l’on ait quoi que ce soit à planifier. Rien n’était en notre pouvoir. Les choses suivaient leurs cours.

À l’inverse, maintenant si nous ne sommes pas pro-actif (#startupnation) rien ne se passe. Du RIEN naitrait une spirale négative, une sorte de mort éveillée. Nous devons nous battre sur chaque détail de notre vie pour voir de l’évolution. Être le pilote de sa propre vie est une bonne chose, entendons-nous bien. C’est simplement qu’à force de devoir tout contrôler, nous n’arrivons plus à se laisser aux choses aussi naturelles que les saisons… Je me mets à anticiper la saison et à me focaliser sur les aspects limitants de celle-ci.

Décider d’accueillir

Je sais accueillir le printemps et l’été, synonymes de de pauses et de paresse au soleil alors pourquoi n’arrivais-je pas à en faire de même avec le printemps et l’hiver ? L’hiver dernier nous avons eu droit plusieurs fois à Paris sous la neige qui est d’une splendeur sans nom. On se fait des chocolats chauds avec de la chantilly, on passe du temps emmitouflé chez soi…

Alors cette année j’ai décidé de laisser aller. Je ne vais pas me parasiter avec quelque chose qui ne devrait pas être considéré comme une mauvaise nouvelle. Le temps déroule son fil, je n’y peux rien. Se souvenir que l’on y revient invariablement me perturbe mais au lieu de le voir comme une fatalité, je peux décider de le voir comme un cycle réconfortant par sa stabilité.

Dites moi si votre relation aux changements de saisons est différent, ou si vous vous reconnaissez dans mes mots ! Si vous avez des petits rituels qui vous aident à vivre cette période d’une meilleure manière, dites le moi 🙂

À bientôt,

Sibylle