Un café s’il vous plait #8: réseaux sociaux, adoption d’un chat, Dune

Pour vivre heureux, vivons cachés ?

En septembre dernier, je vous parlais de mon mois sans Instagram. Depuis, mon malaise vis-à-vis de la plateforme ne s’est pas estompé, il a même parfois pris une ampleur sans précédent. Je ne peux pas forcément vous expliquer en détail ce qu’il s’est passé mais il y a quelques mois il s’est passé un événement particulier, qui au lieu de me rassurer, m’aider à guérir des plaies, m’a à l’inverse fait extrêmement peur face à la déferlente de violence que j’ai pu constater. Comme c’est étrange. Bref, après cette expérience, Instagram (et les réseaux sociaux en général) m’a donné l’impression d’un monstre hors de contrôle. Tout peut dégénérer à chaque seconde. Ca m’a fait peur, tout simplement. Alors j’ai pris encore plus de recul, je me suis terrée encore plus loin dans mon silence. Nous n’avons bien sûr pas besoin de ces applications pour vivre, c’est évident. Par contre, ce sont des outils importants lorsque vous avez comme moi une entreprise et que vous souhaitez faire connaître vos services. Or, je n’arrive pour l’instant plus à être dessus. Je ressens beaucoup de choses en parallèle car dans le même temps je me découvre un dégoût de ce que je vois dessus. Non pas que ce que je vois n’est pas bien, car j’ai choisi le feed qui m’est proposé mais je ressens une telle lassitude face à notre manière conditionnée de nous exprimer dessus, que ce soit via les mots ou par le graphisme. Je n’en peux plus de voir la même chose d’un compte de freelance à un autre. Je cherche notre individualité, ce qui fait de nous des êtres uniques et parfois cela semble difficilement lisible d’un compte à un autre.

Pourtant, je ne peux m’empêcher de voir tout ce que ces réseaux m’ont apporté. J’y ai découvert tant de choses ! J’ai vu de nouveaux horizons, appris de nouvelles notions, rencontré de nouvelles personnes, j’ai vu des choses que je n’avais jamais vu avant. Mon coeur a pris de l’ampleur, mon empathie s’est décuplée au contact des autres. Les comptes que je suis m’ont permis d’aller plus loin que là où que j’aurai été par moi même. Je me sens beaucoup plus complète et complexe maintenant que j’ai pu entrapercevoir de tous ces mondes, si différents du mien. Pourtant, cette richesse ne pèse plus suffisamment dans la balance. Pourquoi ? Je crains que cela a à voir avec la crise du covid. Je n’en comprends pas encore le contour mais il me semble que mon expérience de la plateforme n’a fait que spiraler vers le fond depuis le premier confinement. Je crois que depuis, dans mon coeur, au lieu de trouver des signes d’union, j’ai vu à l’inverse les signes de séparation. Je me suis mise à être jalouse parfois, à râler aussi, beaucoup. « Gningninginin machin a fait ci, gninginginin machin a fait ca ». Suis-je devenue la commère qui épie les gens ? Ce n’est pas bon.

Donc, on ferme tout.

Je vois bien que je suis beaucoup plus négative qu’en 2019.

Ma lumière a décru, mon cynisme et ma jalousie ont augmenté. Cela ne me plait pas. Vraiment pas.

Contrôle des émotions

Quelle transition parfaite pour mon second point. Avec tout ce que l’année nous a amené, et ma vie sociale au point quasi mort depuis le second confinement, je me rends compte que je ne maîtrise plus vraiment mes émotions. Je repars petit à petit dans un schéma où mon hypersensibilité l’emporte. A la limite, pour les vagues de tristesse qui me traversent régulièrement, ce n’est pas grave. J’ai l’habitude et il me suffit d’attendre qu’elles passent en faisant mes « rituels » qui une fois combinés ensemble permettent d’accélerer le processus (yoga, respirations, médition, écriture dans un carnet, lire de tout mon saoul, et dormir). Par contre, ce qui me gêne c’est le retour de ma colère. Bien sûr, certaines colères sont saines, mais là je vous parle de la colère stérile liée à la peur. J’ai l’impression parfois de me retrouver comme lorsque j’étais adolescente, à subir mes émotions. Je vous assure que c’est destabilisant et surtout… déçevant. Lorsque je cède à cette colère, la déception m’attend au tournant. Je sais que le fait que je m’en rende compte et que je l’analyse, me permet déjà d’avoir les clefs en main pour mieux l’anticiper la prochaine fois. En prendre conscience, c’est déjà reprendre un peu le contrôle de la situation. (Merci les 2 ans de psychothérapie qui m’aident chaque jour, haha !)

Adoption d’un chat

Pour ceux qui suivent ce blog depuis des années, vous savez à quel point cela signifie beaucoup. Je vous gonfle régulièrement avec mon amour des chiens et des chats, et en début d’année, je posais l’intention de passer (enfin !) le cap de l’adoption. C’est drôle de se dire que le chat que j’ai adopté est celui pour qui, lorsque j’ai lu la description, j’ai eu comme des petites palpitations. Elle était décrite comme timide, avec la nécessité de temps pour s’adapter et pour accorder sa confiance. Si vous avez lu l’occasion de lire l’article où je parle de mon ancienne timidité maladive, vous comprendrez pourquoi je me suis reconnue dans cette annonce. Je me suis dit « mais c’est mon chat ». Bien sûr, j’attendais de voir à la rencontre si le ressenti se confirmait ou non, car il faut arriver sans idée pré-conçue du chat. En tout cas, la rencontre a confirmé tout ça. Honnêtement, cela fait sacrément peur. On se sent en train de faire un coup de poker. Et en même temps, on se dit « Petit chat, je t’accepte tel que tu es, advienne que pourra ».

Après quelques jours dans la salle de bain puis quelques semaines sous le lit, elle a eu une urgence vétérinaire qui m’a terrifié. Il semblerait qu’elle ait fait une réaction allergique à de la litière de silice du commerce (alors que son corps n’avait aucun soucis avec celle de chez le véto). Maintenant cette mauvaise expérience est derrière nous (normalement !) et elle semble prendre ses marques. C’est même devenu un vrai pot de colle, ce qui n’est pas pour me déplaire 🙂 Elle a deux ans, fait des pirouettes en jouant à la canne à pêche, n’ose pas encore monter sur les fauteuils mais se cale contre ma jambe le soir. Des années après la mort de mon chat, cela est étonnant de retrouver la sensation de… dormir contre le mur parce que le chat a pris toute la place sur le lit ! Haha.

Que d’émotions mes amis, que d’émotions.

Dune

Parlons livre !

J’ai entamé le cycle de Dune en janvier ou en février. A l’approche de la potentielle sortie du film, et en lisant le retour de Leila de @lei_la_lit sur Instagram, je ne pouvais plus passer à côté de ce classique de la littérature de Science-Fiction. J’ai donc commencé à lire le tome 1, curieuse, sans attente particulière et je me suis retrouvée prise dedans ! Quelle difficulté j’avais à le reposer ! Je ne voyais plus l’heure passer et régulièrement je découvrais qu’il était déjà 1h ou 2h du matin ! C’est rare qu’un livre arrive à me priver de sommeil alors que c’est une des choses que je chérie le plus dans mon quotidien. Bref, j’ai été happée ! Je ne suis pas sûre de déjà avoir lu de livres équivalents. J’apprécie énormément la science-fiction en général, donc peut-être était-il évident que je serai emportée par le récit ?

J’en suis maintenant au tome 5 et il est difficile de résumé une telle histoire qui se déroule sur des milliers d’années.

Les trois premiers tomes sont pour moi exceptionnels. Les 4 et le 5 sont très biens mais les bonds dans le temps rendent difficiles l’attachement aux personnages ainsi que la compréhension des univers dans lesquels on se trouve.

Ce qui m’a le plus fasciné c’est l’intelligence du livre de nous amener dans une situation délicate : vous avez de l’empathie pour le personnage principal (et même lorqu’on change de personnage principal, c’est toujours le cas) car vous arrivez à un moment de sa jeunesse où tout bascule, pourtant… plus tard… Quelle violence. Quelle cruauté. Dans le même temps, le personnage est face lui même à un dilemne : il y a la violence, mais il sait que s’il ne fait pas ça, une plus grande violence encore va prendre le pas.

J’ai apprécié le fait que le livre n’ait pas une dichotomie bien/mal (même si c’est initialement ce qui semble se dérouler entre Atréides et Harkonnen) mais aussi que les Frémens, dépeints par les autres groupes comme étant « grosso modo » des barbares, n’en sont pas. Que leur culture, qui semble violente pour les personnes extérieures, découle de leur environnement direct, le désert et des problématiques de survie qui en découlent. Les questionnements sur la religion sont légions dans les livres, donc si vous aimez philosopher dans votre lit à minuit, n’hésitez pas 😉

Ces quelques lignes ne rendent pas justice aux livres.

Je ne suis vraiment pas sûre qu’ils plaisent à tout le monde puisque le livre ne prend pas toujours la peine de vous expliquer ce qu’il se passe. C’est à vous de recoller les morceaux et de réfléchir à ce que telle ou telle réplique peut impliquer.

Pfffiou, je me laisse emporter pour vous en parler ! Je pense que je vais m’arrêter là pour cet article déjà bien fourni 🙂

Belle semaine à tous !
Sibylle

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[Témoignage] Reprendre confiance en soi après une ré-orientation

Aujourd’hui, pour notre article du dimanche, nous allons inaugurer une nouvelle catégorie, celle du « Témoignage ». Je souhaitais créer une plateforme, un espace d’expression, où vous pourriez partager avec les autres lecteurs vos expériences. Je vous laisse découvrir ce premier témoignage avec JB, qui nous raconte comment il a vécu les difficultés qu’il a rencontré au cours de son parcours d’études supérieures.

Si vous souhaitez me faire part de votre histoire, parler d’une expérience qui vous a fait du bien, ou vous permis de vous rendre compte de votre propre force, n’hésitez pas ! Vous pouvez bien sûr garder votre anonymat si vous le souhaitez. Envoyez tout simplement votre témoignage à sibylle.roze@gmail.com

Prêt pour cette première lecture ?


Hello Sibylle, et bonjour tout le monde. Tout d’abord je tiens à remercier Sibylle pour me donner l’opportunité de parler de mon parcours, et en particulier comment j’ai vécu les passages plus difficiles et comment j’ai surmonté tout ça.

Je vais commencer par le début si vous le voulez bien. 🙂 Quand j’étais gamin, j’avais pas mal de facilité à l’école, en particulier au début du collège où j’avais des bons résultats sans vraiment avoir à forcer. Naturellement, quand tu n’as pas besoin de forcer à l’école, personne ne s’inquiète pour toi, tout roule, et tu n’apprend pas non plus à… apprendre ! Résultats : Quand je suis arrivé au lycée, ca a été une grosse claque. Mes résultats dégringolaient et je savais pas vraiment quoi faire de plus. Je vous passe les moments de déprime, de repli sur soi et d’addiction aux jeux-vidéos qui ont suivi, c’est un peu baddant haha. Ce dont je veux vraiment parler, ce sont les moments d’introspection que cette situation a provoqué.

A l’époque, j’aimais le dessin, l’anglais, et c’est tout. Comme j’avais fait une formation « scientifique » j’ai voulu m’orienté vers des études en lien avec ce domaine. L’architecture me semblait être une bonne option. Je n’avais pas vraiment de passion pour ce domaine, je n’avais pas ce « feu sacré » que certaines personnes ont pour leur métier (en particulier créatif). Alors tout bêtement je ne me suis pas posé de question, je me suis dit « pourquoi pas ? ». C’est en en discutant avec ma prof d’arts platisques de l’époque que j’ai decouvert le design, une discipline que je ne connaissais pas du tout. Je me souviens avec amusement de sa réaction lorsque je lui ai annoncé que je pensais faire une école d’architecture : « Toi ? Architecture ? Alors là mais non ! Pas du tout ! Tu devrais jeter un oeil à l’Ecole de Design de Nantes. »

Quelques mois plus tard je rejoignais les rangs de l’EDNA après avoir réussi le concours d’entrée.
Ce qui est bien quand on y connait rien dans un domaine dans lequel on se retrouve plongé dès le début, c’est qu’on a pas trop le choix que d’apprendre très, très vite, et pour ca je ne regrette pas du tout d’avoir choisi cette école. A une époque où je n’avais pas vraiment confiance dans mes capacités en dessin ou en conception d’idée, cette école m’a donné les bases pour « apprendre à penser » comme un designer. J’entends par là apprendre la méthode Design, la maîtrise des outils, etc. Tout ça boost la confiance en toi et c’est vraiment parfait pour avoir une base solide de connaissance.

Les difficultés ont commencé à apparaître vers ma 3e année.

Un peu comme un miroir, j’ai eu l’impression de revivre les mêmes difficultés que j’ai eu lorsque j’étais au lycée. J’étais de moins en moins sûr de ce que je voulais faire de ma vie. Les compétences qu’ont m’avait autrefois apprises en design semblaient maintenant m’étouffer et me restreindre.

J’étais de moins en moins assidu en cours. Bref j’étais un peu paûmé, et la déprime refaisait surface. Mes résultats étaient pourris et je n’avais plus la motivation de continuer.

S’en est suivi un renvoi, un long stage dans une start-up (très formateur, mais peu épanouissant) et beaucoup de doutes, tout ça en l’espace d’un an. J’ai ensuite réussi à rejoindre les rangs d’une seconde école, l’Ecole de Communication de Nantes mais cette fois non pas en graphisme mais en publicité. Ce qui rend ce moment particulier, outre la ré-orientation qu’elle a amené, c’est que j’ai dû rejoindre l’Ecole en 3e année, et non en 4e année (l’année ou j’ai quitté mon école précédent).

Cette sensation d’avoir « rétropédalé » et de perdre 3 ans de mes études à travers ces changements de cursus, je l’ai longtemps vécu comme un échec. Ça peut paraître un peu con, avec le recul, parce que j’ai eu la chance de faire de belles études avec le soutien de ma famille et de mes proches (merci Papa, merci Maman pour les sous <3), mais c’est pourtant vrai. Pendant que mes potes finissaient leurs études, je me retrouvais sur le carreau, sans diplôme. Pendant que ces mêmes potes rejoignaient leurs premiers jobs, je revenais sur les bancs de l’école… avec 3 ans à rattraper.

J’aime bien dire que je me compare jamais aux autres, que je déteste ça, que c’est pour les fragiles… Mais c’est pourtant un truc que je fais de manière involontaire, et ca m’énerve beaucoup ! On le fait tous à un moment ou à un autre. Mais ca peut être très dévalorisant. Ca sappe un peu l’estime qu’on a de soi, d’autant qu’on vit à une époque où c’est difficile de ne pas savoir ce qui se passe dans la vie des autres. Bref, fin de l’histoire : j’ai serré les dents, j’ai fini mes études, j’ai rencontré des gens formidables et je me suis fait un sacré paquet de potes.

Dans l’absolu, je pense que c’est un problème qu’on est très nombreux à affronter. C’est facile de regarder son objectif, de le comparer à celui des autres et de se dire « j’y arriverai jamais, j’suis pas comme les autres qui sont balèzes et moi j’suis une merde. » On perd notre objectivité et on s’imagine qu’on est tous fait pareil, qu’on a tous vécu la même chose, qu’on a tous les mêmes chances, et que si tu te vautres c’est 100% TA FAUTE. C’est pas vrai. C’est des conneries.
D’une certaine manière je pense qu’on nous conditionne un peu à ça. A se comparer aux autres, et à s’imaginer qu’il n’existe qu’une seule voie, et que si on s’en éloigne on va se retrouver seul au monde, face à vents et marrées. Dans le domaine artistique, personne n’a le même cursus. J’irai même jusqu’à dire que les gens qui ont des parcours atypiques et « risqués » font partie des gens les plus intéressants que j’ai pu rencontrer et travailler avec. Si vous deviez retenir un seul message de ce petit temoignage, ce serait ca : Inspirez-vous des meilleurs, cotoyer des gens qui vous tirent vers le haut, mais ne vous comparez pas à eux ni à d’autres. Ne cherchez pas à devenir la copie de quelqu’un d’autre.

Parmi la liste des trucs qui m’ont redonné confiance en mes capacités, je peux citer en vrac : la rencontre de créatifs plus talentueux que moi qui m’ont redonné l’envie d’être curieux et l’envie d’apprendre, les défis qu’ont su m’imposer mes profs sentant mon potentiel et ma capacité à les relever, mon maître de stage qui me dit « j’aime bien bosser avec toi, t’as pas le niveau d’un stagiaire de base. » ou encore ma directrice, après ma remise de diplôme, m’annoncer le sourire aux lèvres « Tu n’es pas là par hasard. » Moi qui suit victime du célèbre « syndrome de l’imposteur », c’est rassurant, ça fait chaud au coeur. 🙂

-JB

Réflexion : le yoga, mon pèlerinage ?

Aujourd’hui, je reviens avec un article portant sur une interrogation en cours dans mon esprit. Ce n’est pas un article pour donner des conseils ou pour expliquer quoi que ce soit. Ici, c’est uniquement un questionnement, une ouverture, un point d’interrogation et non pas un point final.

Voilà, je sortais de mon cours de yoga ce matin et je me suis posé la question suivante: « Est-ce que ma pratique du yoga ne s’apparenterait-elle pas à un pèlerinage ?« .

Que je vous donne le contexte: je suis actuellement entrain de lire un livre s’intitulant « Le pèlerin désorienté qui cherchait Kyoto à Compostelle » où le narrateur nous raconte ses différentes expériences de pèlerinages. Le premier étant Saint Jacques de Compostelle en Espagne, le second Shikoku O-Henro au Japon et le dernier Roch Hachana en Ukraine (mais ce dernier se révèle complètement à part des autres).

Gideon nous décrit son introspection mais aussi la manière dont se déroule pour lui ces trois pèlerinages. Les kilomètres avalés, la résistance face à l’effort, l’acceptation qui engendre un lâcher prise face à la tâche à accomplir, le partage avec les autres pèlerins ainsi que la solitude et la remise en question.

Ce qui m’intéresse dans ce livre est l’impact qu’a cette expérience sur le corps et l’esprit. Lors de son pèlerinage au Japon qui est en forme de boucle (à l’inverse de Saint Jacques de Compostelle qui est en ligne droite), l’acte de marcher semble devenir le but. Ce n’est plus le dépassement ou le fait de réussir cet exploit mais simplement le fait de mettre un pas après l’autre qui est l’aventure même. Le mouvement est l’expérience. Il expliquera même qu’il finira par comprendre pourquoi certaines personnes y consacrent leurs vies et tournent indéfiniment dans ce circuit clos.

Rien à voir avec le yoga jusqu’ici, je vous l’accorde.

Comme je vous le disais, je sortais d’un cours de yoga (Vinyasa) lorsque la métaphore du pèlerinage m’est venue en tête. Juste avant cette pensée, je me faisais la réflexion qu’en ce moment j’avais autant envie d’essayer de nouveaux asanas que de ne pas en essayer. J’étais indifférente car aussi heureuse d’approfondir que de me challenger.

J’y ai vu le parallèle suivant : le parcours de Saint-Jacques avec sa pensée en ligne droite et son but final m’a fait penser à mon envie d’accéder à une posture particulière ou à mon envie d’un jour avoir une certification de professeur. Un début, une fin, un milieu où on en chie autant qu’on grandit. Le parcours japonais en cercle m’a fait penser à ma pratique d’un point de vue général. Je ne compte plus les tours et mon corps alterne entre révolte, abandon, acceptation, changement et chaque tours reste différent du précédent malgré que je connaisse déjà le chemin.

Tant que le corps bouge, le but est atteint. Je continue à le bouger, à circuler dans le parcours, c’est tout ce qui compte. Je continue perpétuellement à me découvrir sous un nouvel angle. Un jour je me vois sous le jour d’une guerrière inarrêtable avec le feu qui l’habite et le lendemain douce et vulnérable. J’y trouve un accès à l’instant présent comme Gideon lorsqu’il marche. On avance mais de nouvelles résistances continuent à se manifester encore et encore. Il n’y a pas de début ou de fin, le contexte se répète mais mon attitude face à ces résistances, elle, change.

Je vous pose donc la question: est-ce que cette réflexion fait écho en vous ? Voyez-vous le chemin que fait mon esprit ? Bien sûr, ma pratique du yoga n’a pas l’aspect sacrificiel et douloureux que peut l’être le pèlerinage mais j’y vois comme terrain commun un moyen d’introspection très puissant.

Dites moi ce que vous en pensez,

A bientôt,

Sibylle