Un café s’il vous plait #8: réseaux sociaux, adoption d’un chat, Dune

Pour vivre heureux, vivons cachés ?

En septembre dernier, je vous parlais de mon mois sans Instagram. Depuis, mon malaise vis-à-vis de la plateforme ne s’est pas estompé, il a même parfois pris une ampleur sans précédent. Je ne peux pas forcément vous expliquer en détail ce qu’il s’est passé mais il y a quelques mois il s’est passé un événement particulier, qui au lieu de me rassurer, m’aider à guérir des plaies, m’a à l’inverse fait extrêmement peur face à la déferlente de violence que j’ai pu constater. Comme c’est étrange. Bref, après cette expérience, Instagram (et les réseaux sociaux en général) m’a donné l’impression d’un monstre hors de contrôle. Tout peut dégénérer à chaque seconde. Ca m’a fait peur, tout simplement. Alors j’ai pris encore plus de recul, je me suis terrée encore plus loin dans mon silence. Nous n’avons bien sûr pas besoin de ces applications pour vivre, c’est évident. Par contre, ce sont des outils importants lorsque vous avez comme moi une entreprise et que vous souhaitez faire connaître vos services. Or, je n’arrive pour l’instant plus à être dessus. Je ressens beaucoup de choses en parallèle car dans le même temps je me découvre un dégoût de ce que je vois dessus. Non pas que ce que je vois n’est pas bien, car j’ai choisi le feed qui m’est proposé mais je ressens une telle lassitude face à notre manière conditionnée de nous exprimer dessus, que ce soit via les mots ou par le graphisme. Je n’en peux plus de voir la même chose d’un compte de freelance à un autre. Je cherche notre individualité, ce qui fait de nous des êtres uniques et parfois cela semble difficilement lisible d’un compte à un autre.

Pourtant, je ne peux m’empêcher de voir tout ce que ces réseaux m’ont apporté. J’y ai découvert tant de choses ! J’ai vu de nouveaux horizons, appris de nouvelles notions, rencontré de nouvelles personnes, j’ai vu des choses que je n’avais jamais vu avant. Mon coeur a pris de l’ampleur, mon empathie s’est décuplée au contact des autres. Les comptes que je suis m’ont permis d’aller plus loin que là où que j’aurai été par moi même. Je me sens beaucoup plus complète et complexe maintenant que j’ai pu entrapercevoir de tous ces mondes, si différents du mien. Pourtant, cette richesse ne pèse plus suffisamment dans la balance. Pourquoi ? Je crains que cela a à voir avec la crise du covid. Je n’en comprends pas encore le contour mais il me semble que mon expérience de la plateforme n’a fait que spiraler vers le fond depuis le premier confinement. Je crois que depuis, dans mon coeur, au lieu de trouver des signes d’union, j’ai vu à l’inverse les signes de séparation. Je me suis mise à être jalouse parfois, à râler aussi, beaucoup. « Gningninginin machin a fait ci, gninginginin machin a fait ca ». Suis-je devenue la commère qui épie les gens ? Ce n’est pas bon.

Donc, on ferme tout.

Je vois bien que je suis beaucoup plus négative qu’en 2019.

Ma lumière a décru, mon cynisme et ma jalousie ont augmenté. Cela ne me plait pas. Vraiment pas.

Contrôle des émotions

Quelle transition parfaite pour mon second point. Avec tout ce que l’année nous a amené, et ma vie sociale au point quasi mort depuis le second confinement, je me rends compte que je ne maîtrise plus vraiment mes émotions. Je repars petit à petit dans un schéma où mon hypersensibilité l’emporte. A la limite, pour les vagues de tristesse qui me traversent régulièrement, ce n’est pas grave. J’ai l’habitude et il me suffit d’attendre qu’elles passent en faisant mes « rituels » qui une fois combinés ensemble permettent d’accélerer le processus (yoga, respirations, médition, écriture dans un carnet, lire de tout mon saoul, et dormir). Par contre, ce qui me gêne c’est le retour de ma colère. Bien sûr, certaines colères sont saines, mais là je vous parle de la colère stérile liée à la peur. J’ai l’impression parfois de me retrouver comme lorsque j’étais adolescente, à subir mes émotions. Je vous assure que c’est destabilisant et surtout… déçevant. Lorsque je cède à cette colère, la déception m’attend au tournant. Je sais que le fait que je m’en rende compte et que je l’analyse, me permet déjà d’avoir les clefs en main pour mieux l’anticiper la prochaine fois. En prendre conscience, c’est déjà reprendre un peu le contrôle de la situation. (Merci les 2 ans de psychothérapie qui m’aident chaque jour, haha !)

Adoption d’un chat

Pour ceux qui suivent ce blog depuis des années, vous savez à quel point cela signifie beaucoup. Je vous gonfle régulièrement avec mon amour des chiens et des chats, et en début d’année, je posais l’intention de passer (enfin !) le cap de l’adoption. C’est drôle de se dire que le chat que j’ai adopté est celui pour qui, lorsque j’ai lu la description, j’ai eu comme des petites palpitations. Elle était décrite comme timide, avec la nécessité de temps pour s’adapter et pour accorder sa confiance. Si vous avez lu l’occasion de lire l’article où je parle de mon ancienne timidité maladive, vous comprendrez pourquoi je me suis reconnue dans cette annonce. Je me suis dit « mais c’est mon chat ». Bien sûr, j’attendais de voir à la rencontre si le ressenti se confirmait ou non, car il faut arriver sans idée pré-conçue du chat. En tout cas, la rencontre a confirmé tout ça. Honnêtement, cela fait sacrément peur. On se sent en train de faire un coup de poker. Et en même temps, on se dit « Petit chat, je t’accepte tel que tu es, advienne que pourra ».

Après quelques jours dans la salle de bain puis quelques semaines sous le lit, elle a eu une urgence vétérinaire qui m’a terrifié. Il semblerait qu’elle ait fait une réaction allergique à de la litière de silice du commerce (alors que son corps n’avait aucun soucis avec celle de chez le véto). Maintenant cette mauvaise expérience est derrière nous (normalement !) et elle semble prendre ses marques. C’est même devenu un vrai pot de colle, ce qui n’est pas pour me déplaire 🙂 Elle a deux ans, fait des pirouettes en jouant à la canne à pêche, n’ose pas encore monter sur les fauteuils mais se cale contre ma jambe le soir. Des années après la mort de mon chat, cela est étonnant de retrouver la sensation de… dormir contre le mur parce que le chat a pris toute la place sur le lit ! Haha.

Que d’émotions mes amis, que d’émotions.

Dune

Parlons livre !

J’ai entamé le cycle de Dune en janvier ou en février. A l’approche de la potentielle sortie du film, et en lisant le retour de Leila de @lei_la_lit sur Instagram, je ne pouvais plus passer à côté de ce classique de la littérature de Science-Fiction. J’ai donc commencé à lire le tome 1, curieuse, sans attente particulière et je me suis retrouvée prise dedans ! Quelle difficulté j’avais à le reposer ! Je ne voyais plus l’heure passer et régulièrement je découvrais qu’il était déjà 1h ou 2h du matin ! C’est rare qu’un livre arrive à me priver de sommeil alors que c’est une des choses que je chérie le plus dans mon quotidien. Bref, j’ai été happée ! Je ne suis pas sûre de déjà avoir lu de livres équivalents. J’apprécie énormément la science-fiction en général, donc peut-être était-il évident que je serai emportée par le récit ?

J’en suis maintenant au tome 5 et il est difficile de résumé une telle histoire qui se déroule sur des milliers d’années.

Les trois premiers tomes sont pour moi exceptionnels. Les 4 et le 5 sont très biens mais les bonds dans le temps rendent difficiles l’attachement aux personnages ainsi que la compréhension des univers dans lesquels on se trouve.

Ce qui m’a le plus fasciné c’est l’intelligence du livre de nous amener dans une situation délicate : vous avez de l’empathie pour le personnage principal (et même lorqu’on change de personnage principal, c’est toujours le cas) car vous arrivez à un moment de sa jeunesse où tout bascule, pourtant… plus tard… Quelle violence. Quelle cruauté. Dans le même temps, le personnage est face lui même à un dilemne : il y a la violence, mais il sait que s’il ne fait pas ça, une plus grande violence encore va prendre le pas.

J’ai apprécié le fait que le livre n’ait pas une dichotomie bien/mal (même si c’est initialement ce qui semble se dérouler entre Atréides et Harkonnen) mais aussi que les Frémens, dépeints par les autres groupes comme étant « grosso modo » des barbares, n’en sont pas. Que leur culture, qui semble violente pour les personnes extérieures, découle de leur environnement direct, le désert et des problématiques de survie qui en découlent. Les questionnements sur la religion sont légions dans les livres, donc si vous aimez philosopher dans votre lit à minuit, n’hésitez pas 😉

Ces quelques lignes ne rendent pas justice aux livres.

Je ne suis vraiment pas sûre qu’ils plaisent à tout le monde puisque le livre ne prend pas toujours la peine de vous expliquer ce qu’il se passe. C’est à vous de recoller les morceaux et de réfléchir à ce que telle ou telle réplique peut impliquer.

Pfffiou, je me laisse emporter pour vous en parler ! Je pense que je vais m’arrêter là pour cet article déjà bien fourni 🙂

Belle semaine à tous !
Sibylle

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Un café s’il vous plait #3: Rouen, Solitude & Autonomie

Deuxième édition de « Un café s’il vous plait »: une catégorie pour vous tenir au courant de mes questionnements, recherches, états d’âmes. L’idée est de partager avec vous où j’en suis sans forcément en faire un long article car tous les sujets ne s’y prêtent pas. C’est spontané, non réfléchi. Disons que c’est une légende Instagram en plus long 😉

C’est parti !


Je suis à Rouen pour le mois de mars. Cette idée m’est venue un dimanche matin, de nulle part. J’étais dans ma chambre à Paris, épuisée et à bout par de mois difficiles dans cette ville, l’envie de prendre l’air se faisait de plus en plus impérieux sans que je n’arrive à définir ce que je devais faire. Je ne savais pas comment faire pour déménager, ni même où aller. Lorsque j’avais partagé ma frustration avec ma psychologue sur mon incapacité à prendre les choses en main, elle m’avait répondu que c’était normal que je n’y arrive pas car je n’étais pas prête émotionnellement. Sur le moment, ce fut un coup dur. Comment ça je n’étais pas prête émotionnellement ? J’étais en colère mais avec le temps j’ai appris qu’en général, elle voyait des choses que je ne voyais pas encore et qu’elle avait probablement raison. Quelques jours plus tard, j’allais rejoindre une amie et nous discutions de ma situation. Je lui fis part de ma frustration vis-à-vis de la situation et de la colère que j’avais ressenti face à ma psy. Avec la sagesse qui la caractérise, elle me dit qu’en effet peut être que déménager était peut être une étape trop grande pour moi à l’heure actuelle (en février donc) et que je devrais me demander s’il n’y avait pas d’étapes intermédiaires qui pourraient m’aider. Cela cogitant sagement dans l’arrière de ma tête, l’idée a donc éclo dans mon esprit un dimanche matin. Rouen, une ville que je n’avais visité qu’une fois une journée d’été. J’avais trouvé cette ville charmante. Pourquoi ne pourrait-elle pas être mon étape intermédiaire ? Je le voyais comme le moyen de me désengluer de ma situation. S’il y a bien quelque chose que j’ai appris ces dernières années, c’est que souvent, il suffit d’un mini mouvement vers une direction pour dérouler tout une suite d’événements innattendus. Alors si le risque n’est pas élevé, autant y aller. J’ai sû que cette idée était la bonne lorsqu’en 30 minutes, je trouvais un nid dans lequel m’installer pour ce mois de découverte et de convalescence. (Merci Eva ❤ Et Gwen ! Et Guillaume !)

Lorsque le projet prenait forme, je ne pensais pas que ce mois à Rouen prendrait la forme d’une convalescence. Pourtant, je quittais Paris à fleur de peau et au fond du trou. Ce que j’expliquais à ma psy avant de partir est que mon humeur au jour le jour n’était pas triste. En surface, je n’étais pas brisée mais je sentais qu’au fond de moi, dans les tréfonds, le désespoir se faisait entendre. Je ne rêvais plus que d’une nuit complète sans être réveillée par le chauffe eau (qui ne marchait pas depuis des mois, et dont il a fallu 4 réparateurs différents avant qu’il soit changé. A noter : J’ai dû attendre 3 semaines pour le premier RDV. 2 semaines pour le deuxième, etc), le radiateur qui me réveille à 4h du matin, qu’on ne peut pas purger nous même car va savoir pourquoi c’est attribué à la co propriété et enfin mon frère qui se réveille parfois à 4h du matin ou 6h du matin mais généralement à 7h15, donc avant moi. Quand votre rêve le plus cher devient une nuit de sommeil, il y a de grande chose que votre désespoir se fasse entendre aussi. Surtout si comme moi, vous avez besoin de 9h complètes pour fonctionner.

Je suis arrivée le weekend dernier. Je vous écris et cela fait pile une semaine.

En trois jours, les tensions qui me mettaient mal à l’aise dans mon dos tendu à l’extrême se sont apaisées d’elles même. Je sens qu’il y en a encore mais mon dos retrouve une douceur oubliée. L’environnement dans lequel je me trouve est plongé dans un quasi silence permanent. Pas de travaux (oui, car ça aussi, c’est un problème que j’avais à Paris. Mon immeuble semble constamment en travaux, et quand ce n’est pas le mien, c’est celui d’en face, etc). Pas d’enfants qui dévalent les escaliers en criant. Je peux rester la journée durant dans l’appartement sans que personne ne sonne, personne ne rentre, personne ne vienne. Pas de livreur. D’arnaqueurs sous couvert d’être ramoneur (je vous jure. Vivre dans un immeuble avec des retraités c’est se méfier de chaque personne qui sonne à la porte). Pas de réparateur. Rien. Je suis SEULE. Mon isolement n’est rompu que lorsqu’un chat miaule sur le palier et que je dois l’avouer, je vais vite regarder s’il est à proximité pour pouvoir lui faire des gratouilles pendant quelques minutes.

Je dors. Dans un quasi silence complet. Je me sens comme une plante désséchée qui retrouve petit à petit la vie.

Il faut comprendre une chose, j’ai 27 ans et je n’ai jamais habité seule.
Ayant fait mes études dans la même ville que mes parents, j’ai habité chez eux pendant tout ce temps (ce qui ne m’a pas posé de problème d’ailleurs, l’espace y étant grand, je m’y sentais très bien)
J’ai pu goûter à cette joie de la solittue pendant 2 mois lors de mon premier stage. Lors de mes 6 mois au Canada, j’étais en colocation. Ensuite, lors de mon stage de fin d’études de 6 mois, j’ai vécu finalement 3 mois avec mon copain. Pendant 2 mois dans mon logement car il n’avait pas de logement au début et 1 mois à la fin car à l’inverse, c’est moi qui n’avait pas de logement. Depuis, j’habite en colocation avec mon frère.

27 ans et les seules miettes de solitude que j’ai pu m’accorder ont été de 2 mois en 2012~, 3 mois en 2015, 1 mois en 2020. 6 mois en 27 ans. Y’a un soucis quelque part.

Rouen, donc. On y revient.

Le quartier où je suis est rempli de chats. Ils sont partout et pour mon plus grand bonheur ils sont majoritairement friands de contact humain. Ils viennent, ils parlent, ils marchent à mes côtés pendant quelques mètres. La présence animale me manque constamment à Paris, cela n’a rien de nouveau, je ne vais pas revenir là dessus.

Hier, alors que je suis allée me chercher un plateau de sushis végétariens, j’avais dans les oreilles mes écouteurs avec de la musique pop à fond. C’est un détail mais étrangement, cela ne m’arrive pas souvent. Je sais que mon humeur est au beau fixe lorsque l’envie me vient de marcher, musique dans les oreilles, et la sensation de voir un film se dérouler devant nous. Sur le chemin de retour, les skaters roulaient sur le parvis et pendant qu’ils glissaient sur leur planche, je me sentais glisser de la même manière. J’étais légère, tout était fluide et joyeux.

A Paris, je perds très rapidement mes résolutions de ne pas laisser mon emploi du temps se surcharger. Je me retrouve avec des gens à voir tous les soirs, et c’est pour vous dire, j’ai d’abord écrit « je me retrouve avec des choses à faire tous les soirs ». Lorsque je laisse mon emploi du temps se remplir, je transforme des moments agréables en des tâches à cocher dans une to do list. Ce n’est bénéfique pour personne. Mes amis me retrouvent épuisée. C’est rarement le fun quelqu’un d’épuisé.

Ici, je me retiens. J’ai vu des ateliers qui m’intéressaient dans des studios de yoga mais j’ai décidé de ne pas m’inscrire. De ne RIEN mettre dans mon agenda. Je dois me réapproprier mon temps. Mon temps, n’est pas là pour être rempli. Pour l’instant, il est vrai que je me distrais, je regarde des vidéos youtube, j’écoute beaucoup de podcast. J’aimerai réussir à me dégager quelques jours pour n’être que dans le silence loin des écrans. A voir si j’arrive à passer le cap. Si j’y arrive, soyez sûrs que je vous écrirais un article à ce sujet 😉

Rouen est agréable. Le centre ville a le charme de l’ancien et je continue à m’émerveiller devant l’architecture. Je continue à découvrir des petites rues et petit à petit j’élargis mon champ d’exploration. Il y a un point sur lequel je n’ai pas encore réussi à m’habituer. C’est un détail et pourtant il me déstabilise à chaque fois. Il y a des passages piétons sans feux. Les voitures laissent passer les piétons. Voilà. On en est à ce stade. Je m’émerveille juste parce que les gens respectent le code de la route. En bas de chez moi, à Paris, nous avons des passages piétons sans feux. Il m’est déjà arrivé d’attendre douze voitures avant qu’une accepte que je traverse. Une personne âgée est morte à cet endroit d’ailleurs, il y a quelques années. Les traces de sang qui ont persisté le lendemain m’avaient choqué. Et lorsque j’en ai parlé à des personnes véhiculées dans Paris, tout de suite le sujet a provoqué de l’énervement « Oui mais si tu savais, c’est horrible de rouler dans Paris ! On s’arrête tous les 15 mètres pour des feux ! Alors si en plus on laissait passer les piétons ! »…

Ici, on me laisse passer. Et je n’ai pas peur de me faire rouler dessus. Voilà. Je sais que c’est mon hypersensbilité qui parle, parce que 99% des gens n’y prêteront pas attention, mais je ne peux m’empêcher d’observer ce genre de choses. Elles disent beaucoup sur l’ambiance d’une ville.

Je flâne, je me balade. Je travaille, aussi. J’ai cette chance de pouvoir emporter avec moi mes sources de revenu. Je suis heureuse d’avoir cette possibilité.

J’ai acheté un sweatshirt rose bonbon dans une frippe. Il s’accorde parfaitement avec mes vans qui ont du rose bonbon sur le côté. Avec mon manteau moumoute on dirait un fluokid de 2005. Je me sens un peu ridicule dans cette mini crise d’ado. Je me demande si on me confond avec les lycéens ou les jeunes étudiants. Je ne me reconnais toujours pas dans le miroir, mais je laisse couler. Ce n’est pas grave. Ca reviendra. Il n’est pas agréable d’être en période de recherche, c’est inconfortable mais cette étape est nécessaire. J’en suis convaincue. (Oui, je me répète par rapport au dernier article, mais ça me trotte dans la tête en ce moment, que voulez-vous !)

Pour la première fois de ma vie, j’ai envie d’aller au spa. J’ai envie d’aller dans cet endroit élégant et luxueux où je prendrais soin de mon corps de manière différente de ce dont j’ai l’habitude. C’est étonnant cette envie soudaine de luxe. Qui vient en parallèle avec ma joie de trouver un sweat de mes rêves à 10€ dans une fripperie. J’aime beaucoup cette ambivalence.

Donc voilà, ma vie pour l’instant est la suivante : je travaille, je me repose, je me balade. Repeat.

Je crois que je suis réellement en train de « prendre soin de moi » car je créée un espace où le silence me permet de m’entendre.

L’importance du silence

Un pause nécessaire

Cela fait maintenant plusieurs semaines que je n’ai pas écris de nouvel article, entre temps j’ai pris la décision d’arrêter la Lettre du Weekend et je ne poste pratiquement pas sur le compte instagram. Est-ce la fin d’A la Roze ? Est-ce que cela signifie que j’abandonne le projet ? Je ne peux pas prédire l’avenir, mais ce n’est pas mon impression.

Je suis donc silencieuse depuis quelques temps.

J’ai pris peur en voyant que j’avais besoin d’espace, car nous savons tous que les projets qui durent dans le temps prennent l’ampleur qu’ils méritent, le font uniquement grâce à la persévérance voire l’abnégation de son créateur.

Alors, je me suis demandé pourquoi je n’arrivais pas à écrire ces temps-ci et pourquoi communiquer à propos de la période que je suis en train de vivre m’est si difficile.

Je n’ai pas grand chose à cacher, et s’il vous est arrivé de lire certains de mes articles les plus personnels, vous savez que je pars du principe qu’il est important de partager avec vous les aspects les moins agréables de mon cheminement dans l’espoir qu’un jour, quelqu’un, s’autorise à ressentir ce qu’il vit sans avoir honte. Mon silence n’est donc pas dû à un souhait de garder pour moi une période compliquée, loin de là.

Je répète souvent qu’il est important de s’écouter, de ne pas penser à ce que les autres pourraient dire. Lorsque j’ai ressenti mon blocage dans l’écriture des articles et des newsletters, j’ai donc appliqué mon principe: je me suis écoutée.

Tant pis si google aurait préféré que je continue à poster toutes les semaines dimanche à 8h, tant pis si les gens m’oublient sur Instagram. Tant pis. C’est pas bien grave.

J’ai vu les signaux m’indiquant un problème, j’ai écouté ce qu’ils avaient à me dire, j’ai donc pris des décisions en conséquence. Je me suis accordé ce silence.


Le silence autour de nous

Franchement, vous ne trouvez pas que nous sommes constamment entouré de bruit, de distractions, d’obligations ? Des choses qui occupent constamment notre esprit, et nous donne la sensation d’être dans un tunnel avec un tapis roulant sur lequel on doit continuer de marcher voire courir si on souhaite atteindre la sortie du tunnel. Or, ce silence, cette pause, c’est ce qui (me) permet de comprendre qu’en réalité, je ne suis pas obligée de courir sur le tapis. Je peux même me laisser emporter, sans panique, enfin, quand j’y arrive. Je peux aussi parfois m’en extirper pour le regarder de l’extérieur.

Au fur et à mesure de ces temps de pauses, on réalise surtout que ce n’est pas un tunnel sombre dans lequel on se trouve. C’est comme si enfin, après tant d’années, on prenait une lampe torche et on faisait « Wowwww mais attendez, y’a des trucs sur les murs ! ». Il y a des choses à voir, et puis au fond, arriver à la sortie du tunnel, je suis pas sûre d’avoir envie que ça arrive très vite, haha.

Le silence est rare.

Nous sommes constamment sollicité par notre travail, notre environnement, notre entourage mais aussi nos besoins physiques et matériels.


Ma période de silence

J’aimerai beaucoup partager avec vous ce que je vis en ce moment, mais j’ai un problème: je n’y arrive pas. Ces derniers mois, je ressens des changements mais pour la plupart, je n’arrive même pas à m’en rendre compte. J’ai cette impression de métamorphose, de changement de peau, de ré-alignement dont il semble à peine que je sois le pilote…

Les séances chez ma psychologue furent intenses, prenantes, déstabilisantes. C’est délicat de décrire ce processus car je ne peux que le deviner. C’est comme si je l’apercevais du coin de l’oeil sans vraiment le voir dans sa globalité, mais je vais malgré tout essayer. Il y a une chose qui arrive régulièrement: lorsque je parle avec elle de certains problèmes, il arrive que lesdits problèmes se résolvent d’eux mêmes par la suite. Pourtant, aucune solution ne semble avoir été formulée, aucun plan d’action mis en place. C’est comme si faire surgir le problème à la conscience me permettait de m’en prémunir. L’image qui me vient en tête est la suivante: c’est comme si je me baladais dans mon inconscient que l’on peut imaginer comme un très long couloir avec des portes menant à différentes pièces. Je discute, je lui montre chaque pièce, on échange à ce propos. Quand le hasard m’amène à revenir dans cette pièce plus tard, je ne me prends plus les pieds dans le tapis, je ne me cogne plus dans le coin de la table, ma manche ne se prend plus dans la poignée de porte… C’est comme si on avait arrangé la pièce pour moi en mon absence. C’est une sensation pour le peu étonnante, croyez moi.

J’en suis là: je ressens qu’il y a des changements en profondeur, des questions lourdes et difficiles qui commencent à remonter à la surface sans que je les vos encore émerger. C’est pour ça que j’ai besoin de silence. La tempête fait rage au large des côtes, et je reste planté là à me demander s’il va pleuvoir demain.

Il me faudra sûrement plusieurs mois, voire plusieurs années pour réellement comprendre ce qui se passe en ce moment, car sans recul, difficile d’analyser.


Et pour vous ?

Je ne doute pas qu’il y a des moments où le silence vous appelle aussi. Bien sûr, il faut tendre l’oreille, être à l’écoute des petits signaux qui vous disent que vous faites des choses qui ne sont pas nécessaires et qui vous pèsent. Ce que l’on oublie parfois, c’est que notre vie est ponctuée d’un milliard de minuscules choses. Il y a des choses de notre quotidien sur lesquelles nous n’avons pas de prise, mais je peux vous assurer qu’il y en a beaucoup sur lesquelles vous pouvez agir si vous prenez le temps d’y réfléchir.

Cela n’a pas été simple de me dire que j’arrêtais la Lettre du Weekend. J’aime aller au bout des choses et au début j’ai cru que c’était un échec, un abandon. Après plusieurs semaines voire mois à y penser, j’ai compris que j’en avais tout simplement fait le tour, que les choses avaient besoin de changement.

Tous les jours, nous nous engageons envers nous même. Nous faisons des choix qui nous paraissent être bénéfiques sur le long terme, mais pour cela nous savons qu’il faut y mettre du sien longtemps. Apprendre l’engagement, et surtout envers soi, c’est primordial, mais l’extrême est de s’enfermer dans ses objectifs sans les remettre à jour. Bien sûr, on peut se tromper mais changer le tir ce n’est pas revenir sur son engagement, c’est l’entériner encore plus profondément. C’est faire preuve d’humilité et se demander comment on peut changer pour le mieux en fonction du contexte qui est le notre.

Je ne sais pas si mon article fera écho en vous.

Je vous souhaite en tout cas un peu de silence pour vous aider à écouter cette petite voix qu’on a tant de mal à écouter (ou devrais-je dire que j’ai du mal à écouter) que l’on pourrait appeler instinct ou intuition.

Bon dimanche à vous ❤

2019, l’année de la libération

C’était la promesse que je m’étais faite en janvier dernier. Je ne savais pas exactement ce que j’entendais par « libération » mais c’est le mot qui s’était imposé à moi, alors je l’avais accepté comme tel.

Aujourd’hui, ce n’est pas un article de conseil. Ce blog est là pour témoigner de mon évolution dans ce grand chamboulement que je vis depuis plus d’un an. J’avais besoin d’écrire, de me débarrasser de mes sentiments.

Here we go.

La frustration d’être lente

Lâcher prise est un sujet difficile pour moi: comment lâcher prise sans avoir la sensation d’être irresponsable ? Comment ne pas mettre tout son être dans chaque action pour éviter que ça dérape ? Or, si les choses doivent déraper, elles déraperont quoi qu’il arrive.

Durant toute ma vie, une chose revient régulièrement, et c’est sûrement quelque chose qui m’embête le plus : je mets plus de temps que les autres à faire les choses et cela depuis toujours. Je ne parle pas de productivité, et de vitesse d’exécution, je parle de réussir à atteindre des palier symboliques de la vie.

Pétrie de peur, j’ai besoin de comprendre les tenants et les aboutissants pour me lancer et quand je ne ressens pas cette maîtrise, j’avance à un rythme particulièrement lent pour m’assurer de ne pas chuter.

Quel que soit le sujet, les personnes qui m’entourent avancent plus vite et je suis très très loin derrière marchant avec précaution.

Cette particularité a des avantages, bien sûr puisque j’apprends des erreurs des autres, ce qui n’est pas négligeable mais parfois, la frustration prend le dessus. En ce moment, c’est le cas. J’aimerai être différente, réussir à foncer tête baissée dans la mêlée et apprendre sur le moment, en ressortir plus forte.

Que garder, que jeter ?

Cette année, à l’image de l’année précédente me semble incroyablement importante. J’en apprends plus sur moi que toutes ces dernières années assemblées. Ce qu’il faut comprendre c’est que la découverte de soi n’est pas une partie de plaisir. C’est être constamment inconfortable car la remise en question est permanente. Ca pique de voir ses défauts, ça pique de regarder là où on en a pas envie. C’est difficile.

L’année de la libération, sonne pour moi comme une émancipation et une page qui se tourne. Dire adieu à certains comportements, dire adieu à certains doutes, certains à priori et surtout à certains mécanismes de défense désuets.

J’en suis rendue à une étape difficile. Une étape où je doute. Je n’arrive pas à entendre mon instinct, je n’arrive pas à savoir ce que je dois faire. Ma créativité m’est d’une grande aide dans ce genre de moment mais elle m’apporte aussi des milliards d’idées de contournements qui, au fond, ne m’aident pas.

Si je devais utiliser une image, ce serait comme si nous étions tous composé de pleins de cailloux avec des formes différentes. Chaque cailloux est un élément qui fait de nous la personne que nous sommes maintenant. La plupart du temps, on avance comme on peut avec tous ces cailloux mais il arrive un moment dans notre vie où on a envie de faire le ménage. On a plus ni l’envie ni la force de trimbaler avec nous tous ces cailloux. Le problème est le même que pour les participants dans l’émission de Marie Kondo: comment savoir si je dois lui dire au revoir ? Ce cailloux a été utile, a été un réconfort, un phare dans la nuit.

Qui suis-je sans ces éléments pour me définir ?

Vous vous retrouvez face à un grand panneau avec écris « JE NE SAIS PAS ».

C’est pour cette raison que c’est si inconfortable de faire sa propre rencontre et de prendre la décision de faire le ménage dans sa vie. On se sent impuissant face à cette indécision. Si vous avez déjà été chez le psy, j’imagine que ce « Je ne sais pas » épuisant résonne en vous.


Aller là où je le souhaite

Je vais vous parler de ce qui m’habite depuis des années. J’ai toujours honte de ne pas avoir encore réussi à accomplir cet objectif.

Cela fait des années que je préviens mes amis que je souhaite quitter Paris dès que j’en aurai la possibilité. Il y a plusieurs années, j’avais postulé à des emplois à Bordeaux dans l’espoir de pouvoir me rapprocher d’une région qui m’est chère. Cela me semblait on ne peut plus classique: j’allais trouver un travail qui me permettrait de trouver un logement sans trop d’encombre. Cela ne s’est malheureusement pas fait.

J’ai toujours espoir de déménager mais n’ayant jamais été dans le système classique du logement, je n’ai pas aucune quittance de loyer à montrer, et maintenant je n’ai même plus de CDI pour rassurer d’autant plus que mon activité est à son tout début. Je me sens dans une impasse à ce propos, la peur de ne jamais réussir à atteindre mon but premier. Qu’importe le nombre de visualisation que je fais, je n’y arrive pas.

Bien sûr que je n’y arrive pas : je ne fais rien pour.

Je pars perdante: je ne remplis aucune case pour trouver un logement, et mon activité ne gagne pas encore assez pour m’assurer des revenus acceptables alors j’attends que l’activité grandisse, ce qui me semble être la chose la plus logique vue la situation.

Parfois je me demande: est-ce le bon moyen ?

Milieu de l’année a sonné

Je crois toujours a tort que Septembre est le milieu de l’année. C’est juin qui m’indique j’ai déjà consommé la majorité de l’année. J’espère être à la hauteur de la deuxième partie de l’année, à pouvoir me surpasser en laissant de côté les peurs qui me freinent.

Je ne sais pas où je lisais ça, mais quelqu’un disait « Quand je ressens de la jalousie ou l’impression de ne pas être Assez, je me demande si j’échangerais ma vie contre la sienne » et si la réponse est Non, il savait qu’il était sur le bon chemin.

De mon côté, c’est pareil. Est-ce que j’échangerais ma vie contre celle de quelqu’un d’autre à l’instant T ? Non. J’ai la chance de pouvoir lancer mon activité sereinement, sans avoir de couteau sous la gorge grâce à mes économies, l’Etat et ma famille. Je rencontre des personnes incroyables grâce à mes projets de freelance, et je ne savais même pas qu’il était possible d’entretenir des relations aussi épanouissantes avec des clients. Je me sens utile et j’ai trouvé une véritable place de partenaire à leurs côtés.



Pour conclure, je me souhaite pour ces 6 prochains mois de garder le cap. De continuer encore et encore à cultiver cette patience qui me fait défaut. D’arroser toutes les graines que je plante régulièrement. Ne pas baisser les bras. Garder en tête mon objectif premier, celui de trouver un équilibre entre épanouissement personnel et professionnel. Rester positive et continuer à count my blessings. Faire de nouvelles choses même si celles que j’ai faites avant n’ont pas encore payées. Parfois le temps doit aussi faire son travail. Bref, aller de l’avant sans baisser les bras.

Moi aussi j’ai peur de l’avenir

Je vous l’ai déjà évoqué plusieurs fois mais le temps qui passe me terrifie. Je compte les jours, je compte les mois et je ne vois pas les objectifs que je me fixe être atteints. J’ai toujours cette sensation que l’avenir ne peut pas être meilleur que le présent que je vis et cette angoisse me grignote petit à petit. En écrivant ces lignes, je ressens comme un vide. C’est la peur, la peur profonde d’échouer. Je me vois évoluer sur certains plans et stagner sur d’autres qui me semblent cruciaux et ça m’inquiète.

Au moins, je ne regrette rien. Je ne me dis pas « et si j’avais fait ça ? » car rien n’aurai pu se passer différemment. Ce qui a été fait devait l’être à ce moment là. Je le sais. Le passé est derrière moi et ne me dérange pas. Ce sont les éléments plus ou moins tangibles desquels je peux extraire des leçons.

Mais l’avenir… Je préfère souvent ne pas y penser car je ne me sens pas à la hauteur de mes aspirations qui sont pourtant si banales.

Je vais vous le dire de quoi j’ai peur : de me retrouver sans le sous au moment de ma retraite, de devoir me nourrir au minimum voire d’être à la rue. J’ai peur de finir SDF. J’ai peur de devoir vivre au crochet de la société et de mes parents encore quelques années. J’ai peur que ma famille me tourne le dos car je n’arrive pas à vivre confortablement par moi même. J’ai peur que mes amis me trouvent inférieure car je ne gagne pas autant qu’eux. J’ai peur d’avoir un accident et de perdre mes capacités physiques et mentales. J’ai peur d’avoir un cancer. J’ai peur de mourir. J’ai peur de finir seule car aucun homme n’aura accepté d’aimer une personne ne souhaitant pas d’enfant. J’ai peur que si je ne fonde pas de famille, personne ne sera là pour s’occuper de moi pendant mes vieux jours puisque je suis la dernière de la famille. J’ai peur de ne pas réussir à devenir propriétaire alors que je le souhaite si fort, depuis si longtemps. J’ai peur de ne pas être capable de subvenir à mes besoins. J’ai peur de ne jamais avoir d’animal de compagnie. J’ai peur de ne jamais réussir à être indépendante. J’ai peur du déclassement social. J’ai peur de ne pas devenir l’exemple de réussite que je souhaite devenir. J’ai peur de perdre la vue ou l’usage de mes mains.

Si vous saviez comme j’ai peur.

Néanmoins, je sais que ce sont les règles du jeu lorsqu’on décide de ne pas prendre le chemin conventionnel. Alors j’essaye de museler tant bien que mal ces peurs pour qu’elles n’entravent pas mon avancée car le pire serait de se saboter. Ces peurs ne doivent pas me paralyser.

Au moment où j’écris ces lignes, je regarde des chiens jouer ensemble avec leurs humains à côté. Je ne peux pas aller « participer » puisque je ne suis pas propriétaire de chien. J’ai déjà l’air assez folle comme ça, pleurant seule dans le par, je ne vais pas en rajouter une couche en allant les voir, l’oeil humide en leur demandant si je peux jouer avec leurs chiens. Je peux regarder au loin mais il y a cette distance fondamentale entre eux et moi.

Ecrire toutes mes peurs ci-dessus m’a rendu très sensible. J’ai les larmes aux yeux car déverser ce qui inquiète bouleverse. Et je me demande « C’est si difficile que ça d’avoir un lopin de terre et un chien à promener ? », « Pourquoi est-ce- que je n’y arrive pas ? », « Pourquoi je bloque ? », « Pourquoi est-ce que cela me met dans un tel état de voir des gens avec des chiens ? », « Qu’est-ce-que ça veut dire ? ».

Je pense à certaines de mes connaissances qui liront ces lignes mais n’aimant pas les animaux me penseront folle.

OK. Retournement de situation en pleine rédaction de cet article: un chien vient de courir jusqu’à moi, sûr de lui, traversant le parc comme une flèche pour venir me dire bonjour, se faire gratouiller le dos et me montrer son ventre. Voilà pourquoi j’ai un tel lien avec ces créatures. Vous vous sentez mal ? Vous pleurez ? Ils ne vous connaissent pas mais se dirigent droit sur vous pour un petit shoot de bonheur. Ils sont contents, et la joie revient. Merci petit doggo d’être venu à moi pendant que je séchais mes larmes.

Revenons à notre sujet principal avant cette interlude canine. La peur. Je vois bien toutes les peurs que j’ai affronté les unes après les autres tout au long de l’année. Je vois toutes les victoires qui me permettent de m’affirmer un peu plus chaque jour. Je vois les signaux positifs qui balisent le chemin. J’ai la conviction d’être là où j’apprends le plus car je suis obligée de voler de mes propres ailes. Je surmonte des épreuves dont je ne me savais pas capable il y a de ça 1 an.

Ces deux polarités (la peur et le dépassement de soi) me mettent dans une situation inconfortable. Je me pose beaucoup de questions du type « Devrais-je faire plus ? » lorsque j’éteins mon ordinateur ou encore « Devrais-je être plus rapide ? » quand je passe du temps sur un sujet qui ne me ramène pas d’argent directement (comme écrire un article par exemple).

J’imagine que c’est cela aussi, grandir. Garder le cap malgré l’inconfort. C’est peut-être cela aussi, de développer son mental. Pourtant, je déteste toujours autant travailler mes abdos au yoga, haha. Trouver son centre, le confort dans l’inconfort, j’y n’y suis pas encore.

Que faire de mes émotions négatives ?

J’ai essayé plusieurs fois d’écrire cet article avec une structure traditionnelle avec plusieurs sous-titres et une avancée mais je n’y arrive tout simplement pas donc let’s go with the flow. On verra bien ce que ça donne.


Je parle beaucoup sur ce blog des choses que j’ai mis en place pour encourager et souligner mes émotions positives, mes nouvelles habitudes pour améliorer mon bien-être, tout le cheminement qui a comme but de me découvrir ainsi que mes forces et en conséquence, être mieux dans mes baskets.

Or, là-dedans, il manque quelque chose: les émotions négatives. Quid ? Qu’est-ce que j’en fais ? Sont-elles éradiquées dans le processus ? Bien sûr que non. Ce n’est pas le but.

J’ai apaisé beaucoup de choses cette dernière année mais il y a un noyau plus profond que je n’ai pas encore atteint. Un noyau qui contient toute ma rage et qui parfois rugit. Je n’arrive pas à mettre des mots justes sur ce noyau car tous ceux qui me viennent en tête me semblent toujours déplacés, disproportionnés ou trop doux dans le cas inverse.

Ce noyau de colère, je le ressens lorsque certains sujets viennent sur le tapis. Je ne vais pas me mettre à hurler contre quelqu’un ou à partir dans des diatribes, c’est plutôt une sensation de douleur profonde que le sujet me provoque. Au final, le mot qui se rapproche le plus, c’est celui là: la douleur. C’est quasiment physique. Le coeur qui bat plus vite, la tension qui monte.

Vous savez pourquoi je ne sais pas quoi faire de cette colère ? Car elle n’a pas de sujet. C’est une douleur diffuse, incompréhensible. Je ne peux confronter personne.

Je sais quels sujets me provoquent cela, je comprends à peu près les sentiments qu’ils créent en moi mais je ne sais pas quoi en faire.

Comme vous avez pu le lire dans des articles précédents, j’ai déjà réussi à plus ou moins faire la paix avec les émotions handicapantes comme celles provoquées par l’anxiété. Les moments d’angoisses sont toujours présents mais ils viennent par période, comme des vagues. J’apprends maintenant à les voir comme des compagnons de route qui pointent du doigt un sujet que je dois aborder mais que j’ai préféré ignorer jusque là.

Ce sur quoi je bute, c’est vraiment la colère. Il y a des choses qui me donnent la sensation d’héberger Hulk en moi, d’avoir un incendie qui s’allume si rapidement et si fort que j’ai envie de mener une révolution. Malgré tout, je me méfie de cette flamme, car même si ses intentions sont toujours louables , elle ne vient pas « du bon endroit ». Elle vient de là où se trouve la vengeance, la prise de pouvoir, l’écrasement de l’autre. Ce n’est pas une partie que je souhaite écouter.

Plusieurs mots associés me viennent en tête, comme « pardon », « guérison » mais ce n’est pas encore l’heure pour moi. Je m’en sens très loin. Je ressens encore l’envie de faire justice par moi même. Je ne saurais même pas qui pardonner, ni pour quoi. (ce n’est pas aussi simple, mais pour la clarté de cet article, nous dirons ça)

Quand cette colère se fait sentir, c’est comme se prendre les pieds dans un rayon de vélo, on est pris dans l’engrenage et on est obligés de faire plusieurs tours avant de pouvoir redescendre. Il me faut du temps pour laisser partir le sujet de ma colère.

Je suis déjà tombée sur quelques suggestions du type: écrire ce qu’on a tout au fond de son coeur dans une lettre pour ensuite la brûler. Sauf que j’ai très peur du feu alors je ne me vois pas faire ça (et je ne suis pas sûre que la déchiqueter me provoquera la même sensation que la voir se consommer sans mon action).

Comme beaucoup de ces articles plus axés « réflexions », je n’ai pas de conclusion car je n’ai aucune solution, aucune idée, aucun avancement. J’observe, je note, je garde la trace du processus.

Je vous tiens au courant si je vois du nouveau 🙂

A la semaine prochaine,

Sibylle

La plénitude ne tombe pas du ciel

ou Comment ça, la plénitude ça se travaille ?

Bonjour toi,

Aujourd’hui j’écris un article pour témoigner d’un beau moment qui m’est arrivé il y a de ça quelques semaines maintenant. Sur ce blog on parle des moments difficiles mais on témoigne aussi des beaux moments qui se présentent. Voici mon article où je vous parle de plénitude et comment cela n’est pas tombé du ciel.

Agir pour son propre bien

Samedi matin, pas d’alarme, je me réveille tard car mon corps en avait besoin. J’avais prévu de me rendre à un événement qui me tenait à coeur mais y aller aurait signifié se presser pour être à l’heure, puis ensuite me presser pour mon rendez-vous suivant. Y aller aurait signifié courir toute la journée pour rattraper le temps que je ne m’étais pas accordé pour respirer.

J’ai décidé de ne pas y aller.

J’aurai pu être triste, j’aurai pu m’en vouloir de ne pas avoir réussi à me lever plus tôt mais rien de tout cela ne s’est passé. Ces pensées n’ont même pas frôlées mon esprit. Je devais me reposer, je l’ai fait, j’ai agis en conséquence sur mon emploi du temps.

J’aurai d’autres occasions d’aller à ce type d’événement et si finalement l’avenir me prouve le contraire, ce n’est pas bien grave non plus. J’ai pris la bonne décision pour ce moment précis.

Accueillir la joie

Le point le plus étonnant de cette journée était la présence d’une joie en moi. Ce n’était pas comme lorsque l’on est de bonne humeur. C’était une sensation qui me suivait partout. J’étais heureuse en allant aux toilettes. J’étais heureuse en étendant mon linge. J’étais heureuse en sortant la vaisselle. J’étais heureuse de tout, de la vie, de mon corps, de ma famille, de mes amis, de la lumière sur le mur, de la chaleur du café contre mes mains… Un moment rare.

C’était cela être aligné.

A un moment, je me suis arrêtée et je me suis fait la réflexion que c’était ça la plénitude, que je devais l’apprécier, l’identifier sans pour autant essayer de m’y accrocher. En profiter d’autant plus que j’ai conscience de son caractère passager.

Un lundi matin comme un autre

Après ce weekend d’une douceur sans précédent, je sentais que ma semaine promettait de belles choses. Pourtant, rien de particulier n’était prévu. Je n’attendais aucune réponse, aucun projet excitant n’était supposé arriver pendant ce laps de temps, vraiment rien de notable à priori. Simplement, je le sentais bien. Je me sentais prête à avancer sur mes projets sur mes objectifs.

C’est à ce moment là que j’ai décidé d’écrire cet article, surtout dans l’optique de vous montrer que ce moment de plénitude est le résultat des jours précédents.

Faire un pas de côté

Revenons en arrière. Vendredi, trois jours avant seulement donc. Je me sentais entre deux eaux: relativement contente mais avec une pointe d’anxiété que j’essayais maladroitement d’ignorer. Or, si j’ai bien appris quelque chose ces derniers mois c’est bien cela:

La cause de l’angoisse doit être travaillée et non pas ignorée

Pour ma part, je savais très bien ce qui provoquait cet inconfort. Il y avait quelque chose que je repoussais depuis des mois. Je n’ai pas miraculeusement trouvé la force de m’y mettre, c’est plus diffus que cela.

Le matin, j’ai décidé de prendre le temps de me faire une session de yoga de 40 minutes environ pour réveiller ce corps embrumé par le sommeil. Je n’ai pas choisi une session énergique pour partir sur les chapeaux de roues. Non. J’ai choisi une vidéo toute douce. J’ai pris le temps de faire les mouvements dans la lenteur. Nous avons tellement l’habitude d’être dans le mouvement, de passer d’une tâche à l’autre que je découvre la frustration que me provoque la lenteur. J’ai eu envie d’aller plus vite, j’ai eu envie de passer à l’asana suivant mais c’est exactement pour cette raison que ce jour là j’avais besoin de me limiter. Je me sentais déjà plus à même d’accomplir les choses mais à leurs rythmes naturels et non en poussant, forçant, me battant pour accélérer.

Changer de perspective

Je me suis sentie comme une plante qui commençait à se tourner vers les rayons du soleil. Je voyais le soleil baignant les arbres, je voyais ma chance dans les détails de ma journée. Je n’ai pas consciemment pris la décision de les remarquer, c’est venu sans même que je m’en rende compte.

J’ai avancé sur le fameux sujet qui devenait une épine dans le pieds à force de le reléguer sous le tapis. Déjà, je me sentais mieux d’avoir lancé le processus. Je reprenais le contrôle.

Le soir, j’avais un cours de yoga de prévu. Comme le matin, c’était une session axée sur la lenteur et le lâcher prise. J’ai senti à quel point mon corps avait accumulé de la douleur en seulement quelques jours. J’ai toujours du mal à décrire mes sensations pendant les cours tellement il y a de couches différentes de ressentis qui se superposent. Disons que cette fois ci, j’ai senti que le travail se faisait en profondeur. Mon esprit était pile poil prêt pour ça à ce moment là.

En sortant, je me sentais légère, légère, légère. Cela aurait pu m’encourager à passer une soirée tranquille sous la couette mais neni ! Une énergie autre que celle « du feu » s’était mise en route. J’ai travaillé toute la soirée dans la joie. Ce genre de moment où tu le fais entièrement pour toi, pour ton propre kiff.

Je me suis endormie heureuse et apaisée, contente d’avoir non pas eu peur devant mes angoisses et tout faire pour les ignorer mais avoir pris le temps d’abord de me calmer et ensuite de reprendre un tant soit peu le contrôle en travaillant sur ce qui me perturbait.

Soudain, surgit le trauma

Bon. Aujourd’hui ce ne sera pas un billet doux et optimiste. Si c’est ce dont vous avez besoin au moment où vous lisez cet article, je vous recommande de remettre à plus tard votre lecture. Ce ne sera pas triste non plus, un simple témoignage de mon parcours.

Il y a du décalage dans la publication des articles pour me permettre d’avoir une activité régulière mais une des conséquences positive de cette organisation est la possibilité de se détacher du contenu grâce au temps.

Il y a quelques jours j’ai vécu un épisode que ne m’était encore jamais arrivé. Je me doutais que j’y passerais un jour ou l’autre mais j’imaginais que ce serait dans l’enceinte du cabinet de ma psychologue.

Nous sommes avec * et nous entamons une discussion sur un sujet de discorde. C’est toujours le même sujet qui revient, inlassablement. Les questions restent les mêmes, les réponses aussi. Pas de solution, frustration. Toujours la même histoire, les mêmes problèmes, la même conclusion.

Cette fois, une phrase est formulée différemment, je tique dessus car je ne suis pas d’accord. Je commence à expliquer ma vision des choses. Ma gestuelle est parlante: je plis mes genoux, j’enlace mes jambes. Je commence à me gratter les jambes compulsivement. Chose qui ne m’était pas arrivée depuis longtemps. Mes mots ont du mal à sortir. Je bredouille des bouts de phrases, je cherche à garder le fil de ma pensée malgré mon esprit qui souhaite s’arrêter là.

Je suis en lutte, comme chez la psy. Je continue, je m’acharne.

Soudain, le gouffre s’ouvre. Je ne suis plus dans le monde réel. Je me retrouve en une fraction de seconde au fond de l’abysse. Lors d’une séance chez le psychologue vous descendez en vous par étape, votre cerveau profite de quelques minutes d’adaptation avant de se plonger dans l’introspection. Là, aucune préparation. C’est un raz de marée.

Je me trouve au fond de l’océan, là où la lumière ne passe pas. La nuit y est épaisse et permanente. On n’y distingue à peine les silhouettes, on sent des présences autour de nous. Elles nous frôlent mais il est impossible de complètement les voir. C’est un autre monde. Toutes les choses que votre cerveau a cherché à chasser s’y trouvent.

Tout craque. La brèche s’ouvre, tout explose. Les larmes qui ont tant de mal à couler librement normalement sont des torrents qui dévalent mes joues avec violence. Je me roule sur le côté, je ne peux pas lutter, je gémis de douleur, de tristesse.

Ai-je déjà vécu ce moment ? Peut-être à l’annonce de l’accident de * et *… Pourtant, j’avais gardé un pied dans la réalité à cette fois-ci. Là, je ne suis plus nul part.

Le traumatisme que je cherchais est là. Je le piste depuis janvier. En octobre, il se montre mais je n’y comprends rien. Pas de flashback, pas de réminiscence mais la douleur insoutenable, témoin, résidu du passé. Je ne suis même pas sûre de vouloir savoir. J’ai peur de la découverte autant que j’ai peur que l’on me mette des faux souvenirs dans la tête.

La question persiste: que s’est-il passé ? C’est une enquête policière. J’ai un dossier complet débordant de preuves mais aucun suspect, aucun mobile pour le crime.

C’est terrifiant à vivre mais je suis soulagée de voir que j’avance.

Note: au cas où, je préfère préciser que ce n’est que l’image de l’article représente une douleur/un trauma mais ce n’est qu’une métaphore.

Comment j’ai trouvé le psy qu’il me fallait

Bonjour tout le monde 🙂

Aujourd’hui, nous allons parler d’un sujet qui me tient particulièrement à coeur car j’ai mis beaucoup de temps à accepter d’aller voir un psychologue, et quand le jour est venu, j’ai eu la chance de trouver dès le premier coup une personne avec qui les séances se déroulent dans la confiance.

Trouver le psy qui nous convienne, je le souhaite à tout le monde.

J’ai erré plusieurs fois sur Doctolib ou sur google pour en trouver un mais toutes mes recherches se sont conclues que par un doute encore plus fort qu’avant de les commencer. Qui choisir ? Pourquoi est-ce que j’en prendrais un plus que l’autre ? Quel est le bon prix ? Je n’avais clairement pas envie d’aller de personne en personne pour les « tester ». Cela aurait impliqué recommencer le travail à chaque fois en expliquant ma situation douloureuse sans avancer dans le processus et de débourser une somme astronomique dans ces essais. Je voulais me sentir en confiance avant même de le rencontrer.

Comment faire ? Je n’exclue pas le facteur chance que j’ai eu dans ma recherche mais de mon côté je vois deux manières de procéder*:

Demander à son entourage

C’est de cette manière que j’ai trouvé la personne qui allait me suivre.

Je peux tout à fait comprendre que certaines personnes aient du mal à le faire : on peut avoir honte de se sentir mal ou on peut ne pas avoir envie que les gens autour « nous voient différemment » ou encore être dans un milieu où aller voir un psychologue n’est pas accepté. Dans ce cas, essayez de voir s’il n’y a pas au moins une personne dans votre entourage qui se trouve plus sur la même longueur d’onde que vous, quelqu’un avec qui vous ne ressentirez pas cette gêne et demandez lui si elle ne connaîtrait pas quelqu’un. Même si elle n’aura peut-être pas de recommandation directement, elle peut avoir entendu parler autour d’elle d’un bon psychologue et pourra se renseigner pour vous pour récupérer son nom, on ne sait jamais !

De mon côté, je suis partie du principe que quelqu’un suivant une de mes amies avec une sensibilité similaire aurait plus de chance de me convenir et je n’ai pas eu peur d’en parler autour de moi. Ce n’est pas honteux d’aller voir un psy et chacun peut en avoir besoin à un moment dans sa vie. Ce n’est en aucun cas un signe de faiblesse.

Demander à son médecin traitant

Si vous avez un médecin traitant qui vous connait bien, c’est une bonne chose de se tourner vers lui pour avoir son avis sur la question. D’abord il saura mieux si vous avez besoin d’un psychologue ou d’un psychiatre, et ensuite il pourra vous recommander des praticiens pouvant coller à votre personnalité.

Cela peut sembler étrange de le formuler de la sorte mais mon ancien médecin traitant, celui qui m’a suivi de la fin de mon enfance jusqu’à la fin de mes études supérieures, essayait toujours de m’envoyer chez des personnes douces, quelle que soit leur spécialité, car avec ma sensibilité accrue, il y avait de fortes chances que je me retrouve en larmes avant la fin d’un rendez-vous. Une phrase brutale ou mal formulée et les grandes eaux arrivaient. C’est ce médecin qui a utilisé le terme « hyper sensible » pour la première fois et elle a travaillé en fonction de ça.

C’est vraiment génial d’avoir pu être accompagné aussi longtemps sans être jugée et je l’en remercie. (J’ai beaucoup pleuré en allant chez des spécialistes quand même… mais c’est une autre histoire 🙂 )

En conclusion, essayez d’en parler avec des personnes en qui vous avez confiance, il y a sûrement plus de gens autour de vous qui vont chez un psy que vous ne l’imaginez. Ils pourront répondre aux questions que vous vous posez, vous dire comment se déroule une séance, combien ils payent, quelle est leur fréquence de RDV…

En espérant que vous trouverez chaussure à votre pied,

À bientôt !

Sibylle


*si vous en avez d’autres, je pourrais les rajouter 🙂