L’ère de la vulnérabilité

Bien le bonjour,

Je commence un article sur un coup de tête, je ne l’ai pas du tout préparé mais j’aimerai réussir à le finir avant que les obligations de la vie quotidienne ne viennent me tirailler (sortir les poubelles, faire la vaisselle, une lessive…). Nous sommes donc dimanche matin et je viens de prendre une rasade de café. Mon copain dort encore dans le lit pendant que j’essaye de commencer ma journée sans faire trop de bruit.

J’ai envie de vous parler d’une observation que je me fais régulièrement depuis quelques mois et qui se confirme de jour en jour un peu plus : j’ai la sensation que nous sommes pour beaucoup dans une phase où nous nous montrons de plus en plus vulnérables publiquement. La prise de parole concernant des aspects moins agréables de la vie semble devenir de plus en plus normalisé et je dois vous dire que cela me fait beaucoup de bien. Je crois que lorsqu’on accepte de dévoiler des facettes de soi qui sont moins lisses et brillantes, lorsque l’on met en lumière des endroits qui nous semblent plus sombres, nous permettons aux autres de faire de même au lieu de regarder ailleurs. La honte de ne pas être fort/parfait/à la hauteur de son image perd un peu plus de terrain chaque jour, dans le contenu que je consomme en tout cas, et c’est une sacrée bouffée d’air frais.

Que ce soit dans mon entourage direct ou dans les créateurs de contenu que je suis, le traumatisme d’une épidémie qui éclate et nous force à rester chez soi en écoutant le nombre de morts tomber tous les jours semble avoir permis (forcé ?) une introspection plus ou moins importante. Des remises en question, chacun à sa propre échelle ont pu émerger. Des colères aussi, bien sûr, mais disons une envie de changement. J’ai longtemps été perplexe face à l’utilisation constante du vocabulaire d’un « monde d’avant », d’un « monde d’après », me disant que le paradigme restait fondamentalement le même et que je continuerai à aller prendre un verre avec les copains le vendredi soir une fois le premier confinement fini, en tout cas que la banalité de mon quotidien resterait d’une certaine façon inchangée.

Par contre, peut-être n’est-ce que moi, ou peut-être que j’ai cherché inconsciemment les informations qui me confirmaient ce ressenti, j’ai l’impression que nous avons tous énormément changé au cours de cette année. Comme si certaines futilités n’avaient plus lieu d’être et que MERDE, on a bien le droit de dire qu’on est paumé/triste/hésitant sans avoir peur du jugement de l’autre. Je crois que je commence à voir les contours de ce nouveau monde (certains qui me déplaisent bien entendu) mais d’autres qui me donnent espoir.

Une phrase que j’ai entendu il y a quelques semaines me revient régulièrement « On ne négocie plus avec son âme, c’est fini tout ça ». Je crois que ça résume bien l’ambiance : une sorte de rejet des compromis qui sont en place depuis parfois des années, qui nous font du mal psychologiquement parlant et qui nous semblent, à la lumière de cette nouvelle ère, intolérables. Alors on déménage, on divorce, on se sépare, on vend ses affaires, on dit adieu à des amis qui ne nous veulent pas du bien mais simplement un miroir de leur propre réussite personnelle.

Bref, d’une certaine manière on reprend les reines de sa vie, on donne un coup de pied dans les normes sociales dans lesquelles on a pu s’embourber sans même s’en rendre compte.

Depuis mars, j’ai eu beaucoup de mal à vous écrire, car lorsque l’on est pris dans le tourbillon du changement, c’est difficile de rendre compte de ce qu’on ressent. On est happé plus qu’autre chose et on attend que le tout se calme. Maintenant que cela m’arrive enfin, les mots se bousculent pour vous écrire cet article un peu bordélique.

Par biens des aspects j’ai changé cette année, et j’imagine que vous aussi.

N’ayez pas peur de parler, de vous exprimer.

Je crois que c’est ici que je vais m’arrêter pour aujourd’hui.

Bon dimanche à tous,

Sibylle

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1 mois sans Instagram

Le mois de septembre fut un peu particulier : c’était ma première rentrée dans le nouvel appartement où j’habite, mon anniversaire (28 ans, youhou) et un mois où j’ai voulu prendre de la distance avec Instagram dont mon utilisation devenait de plus en plus ingérable. Si vous me lisez depuis quelques temps, j’imagine que vous n’êtes pas surpris puisque je passe ma vie à remettre en question mes habitudes et ma consommation au sens large. Cette démarche n’est jamais dans l’optique de me culpabiliser, mais d’aller chercher plus loin la cause de mes comportements. Il est fascinant de se demander le pourquoi du comment, et de prendre un pas de côté sur des sujets qui paraissent parfois évidents. Nos comportements même les plus basiques peuvent dire des choses sur nous, notre éducation, notre vision du monde. Je comprendrais que certains trouvent que je me prends la tête pour rien (on ne va pas se mentir, ça arrive de manière régulière) mais je ne coupe pas à la tradition : j’ai envie de comprendre et d’analyser ma relation à Instagram. 

Mon Ressenti 

Tout d’abord, quel est mon ressenti d’être partie de cette plateforme pendant 1 mois ? 

J’ai adoré. J’ai tout simplement adoré être loin d’Instagram. Je crois que cela est lié avec le fait que je me trouve dans une période qui me semble assez particulière : j’ai 28 ans et tout semble basculer autour de moi. Les bébés arrivent, les familles se forment, les appartements s’achètent… Malheureusement, même si j’ai l’avantage de savoir ce que je veux dans la vie, je reste bien malgré moi perméable à la pression sociale. Et là je la vois bien. Ce qui me frappe le plus est le fait qu’elle m’oppresse de jour en jour alors que… cette pression il n’y a pas UNE personne qui la crée. Elle est diffuse. Elle est sous entendue (parfois). 

Donc, revenons à nos oignons. 

Instagram. 

Mon souci est donc que je ne suis pas imperméable. Quand il y a quelques gouttes de tous ces beaux visuels, ces présentations magnifiques, ces gens qui semblent si intéressants, je maintiens le contrôle de ma barque. Quand ce ne sont plus quelques gouttes mais des torrents d’informations qui me tombent dessus, ça commence à s’infiltrer sous ma peau. C’est vicieux parce qu’on le sent à peine venir. Il faut beaucoup d’écoute de son corps pour sentir les très légères gênes ressenties face à telle ou telle photo. La comparaison fait son oeuvre dans les coulisses et ça a un impact même si on ne s’en rend pas compte tout de suite. Je crois que c’est cela qui m’a le plus étonnée. Qu’importe le nombre de tri que je fais dans les comptes que je suis, qu’importe si je ne vois que les comptes de mes proches, mon cerveau semble avoir pris l’habitude de se comparer. 

Je me demandais ce que serait ma vie sans instagram. 

Est-ce que j’achèterais autant d’objets ?
Est-ce que je m’habillerais autrement ?
Est-ce que mes envies changeraient ? 

Autrement dit, qu’est-ce qu’il se passe lorsque je m’expose à moins d’images au quotidien ? 

Eh bien, la réponse c’est que j’étais bien. Heureuse. Je ressentais le contentement de ma vie. 

Dans « la vraie vie », je ne me compare pas aux amis que je vois ou aux inconnus dans la rue.
Dans « la vraie vie », je ne remets pas en question mes aspirations fondamentales.
Dans « la vraie vie », je ne ressens aucune pression.
Dans « la vraie vie », je mène ma barque et j’en suis heureuse.
Dans « la vraie vie », je suis pleinement moi sans douter. 

Alors pourquoi ça dérape toujours sur instagram ? 

Bien sûr il y a une part d’expérience personnelle. D’autres personnes ne vivront peut être pas cela. Néanmoins, si je parle de cela c’est que je sais que je ne suis pas seule à ressentir ces émotions complexes face à Instagram. J’en parle pour que personne n’ait honte de constater chez lui ce comportement de comparaison alors qu’il se pensait « au dessus de ça » : c’est humain. Lorsqu’on voit des CENTAINES d’images travaillées par jour… Ca nous impacte. C’est normal. L’essentiel c’est d’apprendre à s’écouter à débusquer les pensées néfastes.

N’être « connecté » qu’à sa vie 

Pendant mon absence, une image m’est venue en tête pour parler d’instagram.

Soudain j’ai vu instagram comme une manière d’être connecté à pleins de lignes temporelles différentes. A chaque image, mon cerveau se débranche de MA ligne temporelle pour se connecter à celle de l’image devant moi. Mon cerveau vit quelques millisecondes dans cette autre ligne temporelle puis fait de même à la photo suivante. Comme si on absorbait à chaque fois un petit peu la vie de quelqu’un d’autre. 

Pas d’instagram, pas d’autres timelines. 

Juste notre vie. Aussi simple que cela. 

Ma propre vision des choses, mes propres envies, mon propre ressenti. Rien d’autres. 

Il n’y a plus à chercher, si on ne se sent pas proche de soi, décentré, perdu, il faut tout couper. Faut plus être joignable. 

Etre centré était évident pendant cette période. Y’avait même pas à essayer. L’espace pour soi que l’on peut trouver en yoga était toujours avec moi. Jamais parasité. 

Du temps gagné 

ALORS LA. Le pire dans cette histoire c’est que je ne crois pas être quelqu’un « pendu » à son téléphone à checker instagram toutes les 30 secondes. Je n’imagine pas le soulagement que cela pourrait être d’arrêter pour quelqu’un qui y passe plus de temps que moi. Ce n’est pas compliqué, on a du temps pour tous les loisirs pour lesquels on n’en trouve pas habituellement. Pas de DM à répondre, pas de commentaire, pas de like surprise qui nous provoque u petit shoot, pas de légende à créer, pas de story à regarder… Aaaah mais c’est qu’on le managerait presque ce compte ! 

Pendant ce temps loin de tout ça, j’ai réalisé que même quelqu’un qui ne partage rien sur ce réseau peut passer un temps monstrueux dessus à consommer du contenu ou à intéragir avec ses amis, à commenter un post de quelqu’un qu’il apprécie, ou encore à découvrir de nouveaux comptes dans l’onglet découverte… Aie, Aie, Aie. Personne n’est à l’abri. 

Les comptes qui me sont précieux 

Pendant ce mois à l’écart du bruit que provoque Instagram, j’ai pensé régulièrement à plusieurs comptes dont l’activité me manquait. Cette pause m’a donc permis de me rendre compte des comptes qui m’apportaient réellement quelque chose. Ceux avec lesquels mon cerveau ne se compare pas mais dont j’apprécie sincèrement l’apport. 

Ne les ayant pas notés au fur et à mesure je crains d’en oublier, mais si mes souvenirs sont bons, les comptes que j’étais heureuse de retrouver furent : @manonlecor, @leigheasan, @parolesdeyogis, @joseeannesarazincote, @mangoandsalt. Il y en a sûrement d’autres mais ce sont les premiers qui me vont venus à l’esprit, alors laissons ça comme ça. 

Retrouver une clarté d’esprit 

S’il n’y avait qu’une chose à retenir de cet article, ce serait que si vous manquez de clarté d’esprit, demandez-vous s’il y a des choses dont vous pouvez vous départir dans votre quotidien pour mieux vous retrouver. Il suffit parfois de supprimer quelques applications, ou ne plus aller sur certains sites pour finalement y voir plus clair.

Si chaque nuage était l’avis de quelqu’un, avec tout ce que l’on voit tous les jours en allant sur les différents réseaux sociaux, il ne nous serait plus possible de voir le ciel DU TOUT. Ce serait un ciel couvert toute la journée. Alors rendez-vous service.  

Et maintenant ? 

Pour l’instant j’oscille encore. J’ai re-supprimé l’application car dès que je l’aie sur mon téléphone, je me retrouve à regarder régulièrement s’il y a du nouveau. Pour l’instant je me laisse juste la possibilité d’aller sur la version web qui ne me provoque pas du tout le même comportement. A voir si je change d’avis avec le temps ! 

Pour conclure, je ne peux que vous encourager à analyser votre consommation des différents sites ou applications que vous utilisez au quotidien. Il se pourrait que vous ayez de mauvaises surprises en découvrant que vous passez beaucoup plus de temps que vous n’auriez imaginé dessus ! 

Un café s’il vous plait #7: été 2020, vacances, sérénité & Harry Potter

Est-ce que vous allez me jeter des cailloux dessus si je redis encore une fois « quelle année ! » ? Je comprendrais, je n’en peux plus de m’entendre dire ça encore et encore. Cette année est assez étrange sur un plan de la communication : je ressens tellement de choses, j’ai envie de vous partager tellement de réflexions et pourtant rien ne sort. Les mots n’arrivent pas à se former. Je reste muette la plupart du temps devant mon ordinateur, frustrée de ne pas réussir à vous transmettre les émotions qui me traversent.

J’ai la sensation d’avoir beaucoup appris cette année. Quand je regarde en arrière, je vois 2018 comme l’embryon d’un projet, où l’enthousiasme me propulsait en avant, puis est arrivée 2019 en démarrant tranquillement (ce qui me convenait assez bien) pour s’accélérer si rapidement sans crier gare que j’utilisais régulièrement la métaphore d’essayer de contrôler une fusée en plein lancement. Enfin, 2020 a tout dégommé sur son passage, anéantissant non pas mes espoirs, mais une peur profonde en moi, anéantissant aussi certaines idées pré-conçues. Face à l’imprévisible, je me découvre non pas héroïque mais stable. Je tiens la barre. Je continue à naviguer malgré tout. Même si ça me terrifie quelque part.

Il me semble que finalement 2019 n’était qu’une simple transition pour en arriver à là je suis maintenant.

2020 est toujours encore en cours et depuis des mois je sens un appel au « nettoyage » intérieur (ok, je vous perds avec cette expression, c’est normal). Disons que je ressens le besoin continuel de faire le point sur ma vie, mes envies, mes peurs, mes ambitions. 2020 me force à définir mon plan de vie (à court & long terme) et à prendre les décisions en conséquence. C’est dur ! Mais nécessaire. Je découvre avec le temps à quel point ce « muscle » de la prise de décision est fondamental mais trop souvent négligé lors de nos apprentissages.

Choisir c’est renoncer, et en apprenant à renoncer à ce qui n’est pas Nous, on apprend à faire le deuil d’images d’épinal que l’on aurait aimé montrer, mais qui ne sont finalement que des fantomes. En apprenant à trancher dans des situations, j’apprends dans le même temps le deuil d’autres lignes temporelles où j’aurai fait le choix inverse. C’est en apprenant cela que j’apprends à être en paix avec là où je suis car je sais pourquoi j’y suis. Théoriquement, ça semble si simple. A mettre en place, je ne vous cache pas que c’est une autre paire de manche.

Qui l’eut cru en commencant ces lignes que j’arriverai à ce sujet ? Pas moi, je peux vous le dire !

Je vous le dis : j’ai tant de choses à dire mais pour l’instant le chemin pour y parvenir est encore chaotique. Néanmoins, l’essentiel c’est que je continue d’essayer 🙂

Partir en vacances

Donc, initialement je pensais vous parler avec légèreté de mes vacances.

Je suis partie deux semaines avec mes parents dans l’endroit où repose une partie de mon coeur : Montalivet, sur la côte Atlantique. Je découvre la région qui l’entoure depuis ma naissance, et elle continue à m’offrir de belles choses. Pendant le confinement j’avais peur de ne pas pouvoir voir ce lieu qui m’est cher cette année, mais nous avons eu la chance de pouvoir y retourner.

Ce n’est pas compliqué, dès que j’y suis, j’y trouve un certain repos. Probablement lié au fait que je suis avec mes parents, que ce sont des vacances ce qui signifie que je n’ai pas d’obligation de travail, mais je pense que cela dépend aussi des pins environnants, du vent qui souffle, de l’air de l’océan, du bruit des vagues qui nous accompagne partout, et de l’atmosphère globale qui malgré l’agitation du marché bondé semble me souffler de ralentir, encore et encore.

J’aime marcher sur les trottoirs constitués simplement de sable et de terre. J’aime voir le coucher de soleil sur l’océan. Et surtout, j’aime découvrir les autres parties du médoc. On se promène, on découvre, rien ne nous est promis et c’est très bien comme ça.

Je vous en ai déjà parlé dans un précédent article mais je souhaiterai souligner une fois encore à quel point j’apprécie les cours de yoga que je prends à Montalivet avec La Bliss Compagnie. Les cours sont du Vinyasa, mais on y trouve une réelle douceur, une écoute sans jugement de son corps. Certes, nous sommes supposés retrouver ça dans tous les cours de yoga, mais parfois il m’arrive dans certains cours de me sentir encouragée dans la performance, à aller toujours plus loin, suer toujours plus. Ce qui parfois me fait énormément de bien, bien sûr, mais ici, j’arrive au juste milieux, à l’équilibre. Et c’est encore mieux. Sans parler que cette année j’ai opté pour les cours en extérieur au milieu de la forêt de pin. Je peux vous dire que la connexion avec la terre me manque maintenant que je suis de retour dans des salles avec le sol bien plat ! Aaaah, l’odeur de la pinède, le bruit des vagues, le soleil qui commence lentement à se coucher… Malgré ma crainte constante de voir une guêpe ou un frelon arriver, je crois que les cours extérieurs deviennent petit à petit mon environnement de pratique préféré.

Donc si vous passez dans le coin, profitez-en 🙂

Sur une note beaucoup moins joyeuse, notre chien est mort le lendemain de notre retour de vacances. C’était un très vieux chien donc cela n’était pas surprenant, mais c’est toujours un sacré moment à passer. Je suis contente d’avoir pu être là la nuit où ma vieille mémère nous a quitté, entourée des siens.

Un peu de sérénité

Maintenant que je suis enfin installée à Nantes, que mes affaires sont déballées et agencées de manière à ce que je me sente chez moi, je découvre enfin cette sensation qui m’avait quitté depuis bien longtemps : la sensation d’être au bon endroit. En fait, j’ai retrouvé ma tranquillité d’esprit. Depuis quelques semaines je n’ai tout simplement aucun problème. Enfin, on s’entend j’ai des problèmes matériels, des problèmes administratifs, pratiques… mais pas de problèmes d’un point de vue émotionnel. Je suis au calme. Je suis calme. Je suis bien. Je suis tranquille.

Rien à signaler.

Je dors, je mange, je travaille, je me repose, je vois quelques personnes, je me balade.

Et voilà, mes besoins sont comblés.

Après la tempête du déménagement, je me retrouve paisible.

Ca faisait si longtemps !

Je ne sais pas si cela vous dit quelque chose, mais j’ai régulièrement évoqué l’envie de voir mon style vestimentaire évoluer. Même si j’aime toujours fondamentalement la même chose, je sentais que ma mue intérieure avait besoin d’être traduire à l’extérieur. Des pièces sont venues se rajouter à mon placard (déjà débordant… mmh). Je découvre que les tons chauds me font plutôt bien au teint, et j’expérimente plus avec les motifs qu’habituellement.

Pour couronner le tout, le psoriasis présent sur mon cuir chevelu semble se réduire inexorablement depuis des semaines. Ma mue serait-elle bientôt complète ?

Harry Potter

Pour finir ce petit récapitulatif de l’été 2020, je ne peux pas en parler sans vous dire que j’ai encore une fois relu Harry Potter. J’en avais ressenti le besoin après le déconfinement et pendant ma lecture, je comprenais pourquoi. Harry Potter évoque tellement de sujets fondamentaux (l’amitié, l’amour avec un grand A, le pouvoir, les valeurs, la politique, le courage, la peur…) que je pense que j’ai trouvé écho à mon envie de faire le point sur ma vie que je vous évoquais plus tôt. Cette histoire que je connais pourtant par coeur, me repose les mêmes questions, et toujours j’y trouve une nouvelle réponse.

Et comme toujours, j’ai bien pleuré. Oh, la, la.

Je crois que finalement je n’ai rien à dire de plus sur Harry Potter. C’est tellement une évidence pour moi. J’en ai déjà tellement parlé durant ma vie que je ne vois pas ce que je pourrais ajouter.

Se réinventer n’est pas se trahir

Peut-être êtes-vous dans une période où vous vous remettez en question. Peut-être êtes-vous à un moment de votre vie où vous voyez bien qu’il y a quelque chose qui cloche mais vous ressentez une forte inertie à faire quoi que ce soit. Changer est une nécessité pour avancer dans sa vie, pour aller vers ses envies, rêves, objectifs. Pourtant, rien n’est plus dur. On se confronte à cette image qu’on renvoie à l’autre, à ces adjectifs qui nous définissent (enfin… on pensait qu’ils nous définissaient). L’envie de changer peut se faire sentir mais comment passer le cap de l’action ? Après l’envie et la conviction que l’on doit changer, c’est la peur qui prend la place. « Que dirons les autres si je ne fais plus ça ? », « Est-ce que ma famille me reconnaîtra ? », « Qui suis-je si je ne suis plus ce personnage dans le schéma familial/amical ? »

Nous nous mettons tout seul dans des cases. On se convainc que les gens autour de nous souhaitent que nous remplissions tel ou tel rôle. Pourtant, nous pouvons changer si nous nous l’autorisons d’abord. J’ai la chance d’avoir autour de moi des personnes qui se sont toujours ré-adapté à mes changements, sans heurts. Des questionnements, des doutes, de la crainte, bien entendu, mais je suis assez têtue pour savoir quand m’écouter, et quand écouter les autres.

J’ai eu très peur de changer car je pensais que changer d’avis était la preuve de ma stupidité, de mon manque de conviction, alors que c’était tout l’inverse. Rester curieux et avoir envie d’essayer de nouvelles choses, c’est justement la preuve que l’on évolue. Mais ça, il m’a fallu du temps pour l’accepter. On a le droit de changer, et c’est même primordial. Je pensais pourtant que si je m’accrochais à ce que je pensais être, je trahirais mes principes. Or, lorsqu’on pense aux personnes que l’on connaît, celles qui sont le plus énervantes sont justement celles hermétiques à toute possibilité de changement.

Notre identité n’est pas fixe, elle est même plutôt difficile à verbaliser. Quand j’y pense, c’est plutôt une sensation qui me vient à l’esprit. C’est une conviction profonde que « Je Suis » et que cela suffit. Disons qu’au lieu de penser à moi en terme de mots, je pense à moi comme un être sensible, point. Je ressens une forte présence, une connexion à moi-même et qu’il n’y a plus à chercher bien loin (enfin, on s’entend hein, ça dépend des jours).

Les mots viennent sceller un concept sur ce que nous imaginons de nous même. C’est aussi pour ça que j’ai eu une étape où je me suis mentalement débattue avec les termes « Minimalisme, Zéro-déchet, Développement Personnel » lors de l’ouverture du blog. Je me sentais frustrée de devoir me mettre des étiquettes pour mieux être visible. Mais ce n’est pas grave. Ca changera avec le temps, comme tout le reste.

En acceptant les changements qui se sont offerts à moi ces dernières années, j’ai compris que mon identité était polymorphe et qu’il n’y avait aucun mérite à s’accrocher coûte que coûte à l’image que l’on se faisait de soi. On change, c’est tout. C’est normal. Potentiellement c’est le signe qu’on ouvre son horizon. Ne pas changer c’est continuer à avoir les mêmes problèmes. Rien de plus frustrant que de regarder quelqu’un se plaindre continuellement de la même chose sans qu’elle ne change quoi que ce soit, n’est-ce pas ?

Au fond, il faut juste garder notre regard sur notre propre route. Ne pas jalouser le voisin (je suis la première à échouer à cette épreuve mais j’essaye de m’améliorer). Ne pas se comparer, juste s’accepter. Aller de l’avant, essayer de résoudre ses problèmes un par un. S’encourager, se donner des petites tapes dans le dos. Et puis changer, ne plus être la même personne qu’il y a 1 mois ou 1 an. Les choses autour de nous évolueront en fonction de nos changements.

De l’amour sur vous,
On se revoit vite !

Couper ses cheveux longs pour une coupe garçonne: EP.1

Il y a encore un mois, j’arborais fièrement une tignasse de cheveux longs, avec une frange qui me suivait depuis bien longtemps. J’ai passé un cap que je n’avais jamais envisagé : j’ai tout coupé. J’ai maintenant les cheveux très courts. Alors que je ne n’avais jamais eu les cheveux au dessus des épaules auparavant ! C’est un changement qui est radical et qui pourtant ne change rien du tout… Cette expérience me fait vivre quelque chose de très étonnant et c’est pour ça que j’avais envie de vous en parler ! Elle me questionne, m’intrigue et je n’arrive même pas à comprendre la profondeur du changement qu’elle provoque.

Pourquoi je me suis coupé les cheveux ?

Un jour, l’idée de me couper les cheveux m’est venue en tête. A partir de là, je n’ai pas réussi à m’en débarrasser. Mon intuition me disait « essaye, il faut que tu saches ce que ça fait ». Tout couper est devenu en quelques semaines une véritable idée fixe. Je sentais que c’était une étape dans mon cheminement. C’était un moment particulier où ma vie semblait trop statique et j’attendais un « message » de mon intuition me disant quelle était la prochaine étape à suivre. Ma réaction lorsque j’ai pensé à tout couper était tellement forte que je ne pouvais pas la laisser dormir dans un coin de ma tête. Il fallait que je ressente ce que ça fait de laisser derrière soi des années de cheveux. Avoir une nouvelle tête à offrir au monde. Je ressentais le besoin de découvrir quelle serait ma réaction face à un tel changement. J’y pensais constamment. Est-ce que je le vivrais difficilement ? Est-ce que je regretterais ? Est-ce que je me sentirais légère ? Est-ce que ce serait facile à vivre ? Il fallait que je sache. Est-ce que j’étais vraiment prête ?

J’en parlais autour de moi à qui voulait bien l’entendre. Mon premier élan fut de partir du principe que j’allais couper moi même avec une tondeuse. Étrangement, je n’avais pas plus peur que ça et je me disais qu’il fallait simplement qu’on m’aide pour faire la partie arrière. La réaction de mon entourage étant unanime « Ne le fais pas toi même », j’ai accepté de me plier à la sagesse collective pour finalement les faire couper par quelqu’un.

Chose étrange: c’est au moment où j’ai décidé que j’irai chez le coiffeur que le doute est apparu. Le faire moi même comporte un risque que j’arrive à anticiper. Oui, je me doute que ça ne sera pas joli joli dès le début. J’en ai conscience. Par contre, confier cette tâche à une tierse personne et donc lui donner la responsabilité de ma coupe rendait la prise de risque plus grande dans ma tête car je n’allais pas contrôler cette partie.

Alors qu’initialement je comptais juste assouvir mon désir de raser la tête, j’étais soudain face à ce que je déteste : devoir exprimer mes envies clairement à autrui. Je déteste errer mille ans sur Pinterest pour trouver les 2 seules coupes qui ne me débectent pas, je déteste observer chaque détail pour réussir à définir ce que j’aime ou ce que je n’aime pas. J’ai passé un temps fou à chercher des photos pour donner une direction claire à ma demande. Et surtout ça a commencé à me faire encore plus peur : il y avait tellement de coupes que je détestais au cours de mes recherches que je commençais à me demander si je n’allais pas me retrouver avec l’une d’elle sur la tête.

Alors que j’avais sereinement décidé de me couper les cheveux, les moments de préparation n’ont pas été agréables. J’allais devoir déléguer, donner le contrôle de cette expérience et je n’appréciais pas cette perspective.

Finalement, j’ai saturé. Je suis arrivée au point du « fuck it, je voulais juste tout couper, moi ! » et j’ai seulement gardé quelques photos qui me semblaient cohérentes. (NB: Ce point sans retour du « fuck it » est vraiment un outils précieux dans ma vie, je suis heureuse d’en être naturellement dotée, je devrais lui consacrer un article d’ailleurs)

Les cheveux et la féminité

C’est un point central dans cette expérience. Mes cheveux, avec le recul, ont toujours eu une double utilité : exprimer ma féminité tout autant que celle de la cacher. J’utilisais ce code social accepté de tous qu’avec les cheveux longs j’étais de sexe féminin, mais ces mêmes cheveux me permettaient aussi de me sentir en sécurité derrière eux. Ils cachaient ma poitrine, ils étaient un rempart face au monde extérieur. Mes longs cheveux me donnaient l’impression d’être moins visible, protégée, à l’abris des regards de ces vieux bonhommes qui m’ont emmerdé tout au long de ma vie dans l’espace public. Ma frange, elle, cachait ce front et plus largement cette peau acnéique qui en gardera toujours les traces.

Pour simplifier, je dirais que ces cheveux me permettaient d’envoyer au monde « là, ça va, vous comprenez bien que je suis une fille là ? Vous allez pas m’emmerder comme ça ? » tout en me donnant accès à des manières de dissimuler cette féminité qui m’a toujours malheureusement donné le sentiment d’être vulnérable.

Si comme moi, vous avez une longue histoire conflictuelle avec votre féminité (ou ce qu’il en reste), vous vous reconnaîtrez sûrement dans cette ambivalence. Répondre juste assez aux codes sociaux pour passer sous le radar, tout en se protégeant des attaques possibles. Ne pas se faire voir, ne pas se faire remarquer. Eviter les ennuis. (spoiler: ça ne marche pas)

Je sais bien que je n’étais pas seule à ne pas réussir à marcher sereinement dans la rue avec une queue de cheval. Cette peur viscérale de me faire empoigner par ces cheveux qui quelques secondes avant virevoltaient, innocemment. Étonnement, les chignons ne me provoquaient pas la même peur, alors enfin je pouvais gagner quelques degrés en fraîcheur et en praticité.

Il y aurait bien trop de choses à dire sur mes peurs (fondées ou non), ma condition de femme, et mes cheveux.

J’aimerai néanmoins aborder encore un point : en discutant avec ma mère, j’ai remarqué un changement entre les générations. Lorsqu’elle était dans sa vingtaine voire même avant, ce n’était pas un événement qu’une fille se fasse une coupe garçonne. Cet acte ne semblait pas revêtir la même symbolique que ce j’ai pu constater aujourd’hui. Dans la mesure où elle habitait Paris, j’imagine que ce n’était pas pareil dans la reste de la France, mais en tout cas, dans son milieu, se couper les cheveux courts était assez habituel.

Pourtant, en discutant avec mon propre entourage, j’ai découvert une crainte qui m’a étonnée. « Ohlala, mais t’es sûre… vraiment sûre ? », « Tu n’as pas peur ? », « Tu as vraiment du courage, je n’aurai jamais osé ! », « Tu as eu de la chance que ça t’aille, car ça ne va pas à tout le monde, et sûrement pas à moi »…

Or, vous voyez bien que cela n’est à priori pas logique. Je suis bien heureuse de vivre dans la société actuelle et non pas celle dans laquelle ma mère a grandi. Sur certains points nous faisons des avancées incroyables. Naturellement, à chaud, j’aurai dit que forcément nous avions aussi avancé à propos de nos cheveux. On peut les teindre, on peut en faire ce qu’on veut. Sur le principe. Rien ne nous empêche… à part nous même (dans mon milieu ndlr).

Est-ce que le cheveux est devenu encore plus symbolique qu’il l’était auparavant ?

Je ne m’attendais pas à découvrir autant de peur chez mes soeurs (je n’ai pas d’autres idées de mots. Paires ?). Pourquoi avons-nous si peur d’explorer ? Pourquoi arrive-t-on à encourager les autres dans leurs singularité mais pas à nous l’autoriser nous même ?

Nous avançons sur tant de choses. Où est ma révolution capillaire ?

Pour finir, je répondrais à la question que tout le monde me pose: et mon mec dans l’histoire ?

Peu de surprise à ce niveau, il adorait mes cheveux longs. Plus ils l’étaient, plus il les aimait. Quand je lui ai parlé de mon envie de couper (enfin, que je l’ai littéralement bassiné pendant des semaines), sa réaction fut la suivante : « j’aime tes cheveux longs, mais si t’as envie de couper, coupe. ». A noter: c’est finalement la seule réponse qui aurait pu convenir dans mon cas. Il me fait part de sa préférence mais m’encourage à suivre mon envie.

Vous savez ce qui me rend dingue ? C’est que j’ai eu peur qu’il ne m’aime plus à cause de mes cheveux courts. Qu’il me repousserait, qu’il me dirait « c’est fini » à cause de putain de cheveux, DE POILS sur ma tête.

Donc oui, nous en sommes encore là, mes amis. Une fille qui a peur d’être rejetée pour son apparence physique. Au moins, j’ai su débusquer la pensée et l’exposer à la lumière et c’est grâce à cette réalisation que je peux la mettre à mal.

Il va bien falloir conclure ce premier article ! J’espère que ce petit voyage au fin fond de mes doutes, de mes peurs, de mes réflexions vous auront parlé, interrogé. Bien sûr, je ne fais part que de ma vision biaisée des choses (comme nous le sommes tous à notre manière), donc n’hésitez pas à venir enrichir le propos avec vos propres expériences et pistes de réflexion !

Moi aussi j’ai peur de l’avenir

Je vous l’ai déjà évoqué plusieurs fois mais le temps qui passe me terrifie. Je compte les jours, je compte les mois et je ne vois pas les objectifs que je me fixe être atteints. J’ai toujours cette sensation que l’avenir ne peut pas être meilleur que le présent que je vis et cette angoisse me grignote petit à petit. En écrivant ces lignes, je ressens comme un vide. C’est la peur, la peur profonde d’échouer. Je me vois évoluer sur certains plans et stagner sur d’autres qui me semblent cruciaux et ça m’inquiète.

Au moins, je ne regrette rien. Je ne me dis pas « et si j’avais fait ça ? » car rien n’aurai pu se passer différemment. Ce qui a été fait devait l’être à ce moment là. Je le sais. Le passé est derrière moi et ne me dérange pas. Ce sont les éléments plus ou moins tangibles desquels je peux extraire des leçons.

Mais l’avenir… Je préfère souvent ne pas y penser car je ne me sens pas à la hauteur de mes aspirations qui sont pourtant si banales.

Je vais vous le dire de quoi j’ai peur : de me retrouver sans le sous au moment de ma retraite, de devoir me nourrir au minimum voire d’être à la rue. J’ai peur de finir SDF. J’ai peur de devoir vivre au crochet de la société et de mes parents encore quelques années. J’ai peur que ma famille me tourne le dos car je n’arrive pas à vivre confortablement par moi même. J’ai peur que mes amis me trouvent inférieure car je ne gagne pas autant qu’eux. J’ai peur d’avoir un accident et de perdre mes capacités physiques et mentales. J’ai peur d’avoir un cancer. J’ai peur de mourir. J’ai peur de finir seule car aucun homme n’aura accepté d’aimer une personne ne souhaitant pas d’enfant. J’ai peur que si je ne fonde pas de famille, personne ne sera là pour s’occuper de moi pendant mes vieux jours puisque je suis la dernière de la famille. J’ai peur de ne pas réussir à devenir propriétaire alors que je le souhaite si fort, depuis si longtemps. J’ai peur de ne pas être capable de subvenir à mes besoins. J’ai peur de ne jamais avoir d’animal de compagnie. J’ai peur de ne jamais réussir à être indépendante. J’ai peur du déclassement social. J’ai peur de ne pas devenir l’exemple de réussite que je souhaite devenir. J’ai peur de perdre la vue ou l’usage de mes mains.

Si vous saviez comme j’ai peur.

Néanmoins, je sais que ce sont les règles du jeu lorsqu’on décide de ne pas prendre le chemin conventionnel. Alors j’essaye de museler tant bien que mal ces peurs pour qu’elles n’entravent pas mon avancée car le pire serait de se saboter. Ces peurs ne doivent pas me paralyser.

Au moment où j’écris ces lignes, je regarde des chiens jouer ensemble avec leurs humains à côté. Je ne peux pas aller « participer » puisque je ne suis pas propriétaire de chien. J’ai déjà l’air assez folle comme ça, pleurant seule dans le par, je ne vais pas en rajouter une couche en allant les voir, l’oeil humide en leur demandant si je peux jouer avec leurs chiens. Je peux regarder au loin mais il y a cette distance fondamentale entre eux et moi.

Ecrire toutes mes peurs ci-dessus m’a rendu très sensible. J’ai les larmes aux yeux car déverser ce qui inquiète bouleverse. Et je me demande « C’est si difficile que ça d’avoir un lopin de terre et un chien à promener ? », « Pourquoi est-ce- que je n’y arrive pas ? », « Pourquoi je bloque ? », « Pourquoi est-ce que cela me met dans un tel état de voir des gens avec des chiens ? », « Qu’est-ce-que ça veut dire ? ».

Je pense à certaines de mes connaissances qui liront ces lignes mais n’aimant pas les animaux me penseront folle.

OK. Retournement de situation en pleine rédaction de cet article: un chien vient de courir jusqu’à moi, sûr de lui, traversant le parc comme une flèche pour venir me dire bonjour, se faire gratouiller le dos et me montrer son ventre. Voilà pourquoi j’ai un tel lien avec ces créatures. Vous vous sentez mal ? Vous pleurez ? Ils ne vous connaissent pas mais se dirigent droit sur vous pour un petit shoot de bonheur. Ils sont contents, et la joie revient. Merci petit doggo d’être venu à moi pendant que je séchais mes larmes.

Revenons à notre sujet principal avant cette interlude canine. La peur. Je vois bien toutes les peurs que j’ai affronté les unes après les autres tout au long de l’année. Je vois toutes les victoires qui me permettent de m’affirmer un peu plus chaque jour. Je vois les signaux positifs qui balisent le chemin. J’ai la conviction d’être là où j’apprends le plus car je suis obligée de voler de mes propres ailes. Je surmonte des épreuves dont je ne me savais pas capable il y a de ça 1 an.

Ces deux polarités (la peur et le dépassement de soi) me mettent dans une situation inconfortable. Je me pose beaucoup de questions du type « Devrais-je faire plus ? » lorsque j’éteins mon ordinateur ou encore « Devrais-je être plus rapide ? » quand je passe du temps sur un sujet qui ne me ramène pas d’argent directement (comme écrire un article par exemple).

J’imagine que c’est cela aussi, grandir. Garder le cap malgré l’inconfort. C’est peut-être cela aussi, de développer son mental. Pourtant, je déteste toujours autant travailler mes abdos au yoga, haha. Trouver son centre, le confort dans l’inconfort, j’y n’y suis pas encore.

Que faire de mes émotions négatives ?

J’ai essayé plusieurs fois d’écrire cet article avec une structure traditionnelle avec plusieurs sous-titres et une avancée mais je n’y arrive tout simplement pas donc let’s go with the flow. On verra bien ce que ça donne.


Je parle beaucoup sur ce blog des choses que j’ai mis en place pour encourager et souligner mes émotions positives, mes nouvelles habitudes pour améliorer mon bien-être, tout le cheminement qui a comme but de me découvrir ainsi que mes forces et en conséquence, être mieux dans mes baskets.

Or, là-dedans, il manque quelque chose: les émotions négatives. Quid ? Qu’est-ce que j’en fais ? Sont-elles éradiquées dans le processus ? Bien sûr que non. Ce n’est pas le but.

J’ai apaisé beaucoup de choses cette dernière année mais il y a un noyau plus profond que je n’ai pas encore atteint. Un noyau qui contient toute ma rage et qui parfois rugit. Je n’arrive pas à mettre des mots justes sur ce noyau car tous ceux qui me viennent en tête me semblent toujours déplacés, disproportionnés ou trop doux dans le cas inverse.

Ce noyau de colère, je le ressens lorsque certains sujets viennent sur le tapis. Je ne vais pas me mettre à hurler contre quelqu’un ou à partir dans des diatribes, c’est plutôt une sensation de douleur profonde que le sujet me provoque. Au final, le mot qui se rapproche le plus, c’est celui là: la douleur. C’est quasiment physique. Le coeur qui bat plus vite, la tension qui monte.

Vous savez pourquoi je ne sais pas quoi faire de cette colère ? Car elle n’a pas de sujet. C’est une douleur diffuse, incompréhensible. Je ne peux confronter personne.

Je sais quels sujets me provoquent cela, je comprends à peu près les sentiments qu’ils créent en moi mais je ne sais pas quoi en faire.

Comme vous avez pu le lire dans des articles précédents, j’ai déjà réussi à plus ou moins faire la paix avec les émotions handicapantes comme celles provoquées par l’anxiété. Les moments d’angoisses sont toujours présents mais ils viennent par période, comme des vagues. J’apprends maintenant à les voir comme des compagnons de route qui pointent du doigt un sujet que je dois aborder mais que j’ai préféré ignorer jusque là.

Ce sur quoi je bute, c’est vraiment la colère. Il y a des choses qui me donnent la sensation d’héberger Hulk en moi, d’avoir un incendie qui s’allume si rapidement et si fort que j’ai envie de mener une révolution. Malgré tout, je me méfie de cette flamme, car même si ses intentions sont toujours louables , elle ne vient pas « du bon endroit ». Elle vient de là où se trouve la vengeance, la prise de pouvoir, l’écrasement de l’autre. Ce n’est pas une partie que je souhaite écouter.

Plusieurs mots associés me viennent en tête, comme « pardon », « guérison » mais ce n’est pas encore l’heure pour moi. Je m’en sens très loin. Je ressens encore l’envie de faire justice par moi même. Je ne saurais même pas qui pardonner, ni pour quoi. (ce n’est pas aussi simple, mais pour la clarté de cet article, nous dirons ça)

Quand cette colère se fait sentir, c’est comme se prendre les pieds dans un rayon de vélo, on est pris dans l’engrenage et on est obligés de faire plusieurs tours avant de pouvoir redescendre. Il me faut du temps pour laisser partir le sujet de ma colère.

Je suis déjà tombée sur quelques suggestions du type: écrire ce qu’on a tout au fond de son coeur dans une lettre pour ensuite la brûler. Sauf que j’ai très peur du feu alors je ne me vois pas faire ça (et je ne suis pas sûre que la déchiqueter me provoquera la même sensation que la voir se consommer sans mon action).

Comme beaucoup de ces articles plus axés « réflexions », je n’ai pas de conclusion car je n’ai aucune solution, aucune idée, aucun avancement. J’observe, je note, je garde la trace du processus.

Je vous tiens au courant si je vois du nouveau 🙂

A la semaine prochaine,

Sibylle

De l’importance de verbaliser sa tristesse

Comme je vous en parlais, dans mon expérience changer la manière dont je me parlais fut un tournant primordial. Prêter attention au langage que j’employais à mon égard m’a permis de réaliser à quel point j’avais été mon propre bourreau.

Je pense aussi que la manière de parler en général doit être observée. Il y a beaucoup de choses qui nous provoquent des réactions épidermiques, qui nous énervent et nous encouragent à déverser notre bile.

La bile, je la vois partout sur internet. Elle me pèse, elle me confronte, elle me donne l’impression d’être attaquée personnellement. Le plus dur, c’est de m’en défaire.

J’essaye d’assainir mon langage, dans ma tête d’abord puis dans ma communication mais c’est dur. J’ai envie de partager avec le monde tout ce qui m’énerve mais la grande majorité n’en vaut vraiment pas la peine.

Il y a ces deux extrêmes présents partout: cette bile mais aussi le déni. L’aspect parfait que nous pointons souvent du doigt sur Instagram. Le déni de la difficulté, le déni de la douleur, des échecs, de l’effort non récompensé, de la tristesse.

Alors il m’est important de contrôler mon énervement, ma rage, voire ma violence car elle n’est souvent pas la meilleure des conseillères mais ma tristesse, elle, vaut la peine que je la verbalise sinon j’aurai la sensation qu’elle prend racine.

Quand je parle de verbalisation, je ne pense pas à noircir des pages de carnet en disant à quel point « machin est débile, et à quel point je suis incomprise par ce monde trop aveugle pour voir mon potentiel » (blablabla… Souvenez-vous de vos journaux intimes d’adolescence, normalement vous comprendrez ce à quoi je fais référence, haha).

Ce à quoi je pense, c’est plutôt prendre le temps de me questionner sur l’émotion que je ressens pour essayer de comprendre d’où elle vient. C’est mettre des mots sur un mal qui parfois prend une forme aux contours flous. Réussir à sortir de moi même des sensations qui m’inconfortent. Il y a beaucoup de sujets que je n’arrive pas à aborder à l’écris. La peur de laisser des traces. Aucune raison valable.

Admettre que nous ne sommes pas des êtres parfaits et insubmersibles comme nous souhaiterons nous le faire croire à nous même, c’est important. C’est en parlant, en discutant, en mettant à la lumière ces sensations désagréables (mais sans bile) que nous arriverons à la laisser partir. Sinon, elle reste là voire on s’y accroche. Vite, vite, la bile arrive et nous commençons à nous nourrir de cette tristesse devenue sentiment d’injustice. « Gnnn, on m’a poussé. Gnnn, on a pris ma place. Gnnn, les gens sont tous nuls. Gnnn, ils ont piqué ce qui m’appartenait [en parlant de quelque chose qui ne peut pas être possédé] »

Je ne suis pas psychologue, ni quoi que ce soit, seulement une personne qui a eu tendance à s’accrocher à cet énervement. Peut-être que je ne relie pas les bonnes notions ensemble mais les experts le feront à ma place. Est-ce que vous voyez là où je veux en venir ?

Réussir à mettre des mots sur cette vague d’émotions que j’ai ressenti récemment m’a aidé à me sentir épaulé. Des petits mots, même courts, me faisaient comprendre que je n’étais pas seule et surtout que ce n’est jamais un état permanent. La tristesse se transforme et éventuellement s’en va comme elle est venue.

Pourquoi tout le monde devrait aller chez le psy

Cela fait maintenant 1 an que j’ai des rendez-vous réguliers chez une psychologue. Il m’aura fallu plus de 10 ans avant d’accepter d’y aller. Je n’ai jamais douté de leur utilité alors pourquoi ai-je autant résisté ? Malgré les conseils de mon entourage, malgré les contacts donnés pas les médecins, je n’arrivais pas à passer le pas. Je savais que c’était un pas vers la guérison mais je n’étais pas prête, tout simplement. Je me pensais forte, battante, prête à affronter ça moi même, mais la réalité c’est que c’étaient des excuses.

Maintenant que j’ai passé le cap mental de la première année je peux le dire: tout le monde devrait pousser la porte d’un psychologue au moins une fois dans sa vie de manière voulue et non forcée.

Pourquoi ?

On avance plus vite

Commencer à parler de ses problèmes, c’est commencer à prendre le taureau par les cornes. Bien sûr, ce n’est pas un processus agréable, c’est même carrément fatiguant. C’est étrangement plus simple de se laisser envahir jour après jour par l’angoisse que de se remonter les manches pour y aller. On sort en larmes, on se sent vidé de toute once d’énergie mais c’est pour notre propre bien. Une des choses que j’ai compris c’est que l’humain est terriblement doué pour se trouver des excuses. Aller voir le psy c’est poser les armes au sol, et accepter de se faire face. C’est faire le tri entre ce qui nous sert et ce qui est le résultat de nos divers processus de protection.

Vous ne pourrez pas faire ce travail tout seul car il me semble impossible (?) de se faire face car le cerveau est bien malin et ne se laissera pas faire. Il faut quelqu’un d’en dehors qui vous pose la bonne question au bon moment, qui ne vous laisse pas vous assoupir sur vos jolis mensonges.

En gros, trouver le bon psy c’est trouver celui qui voit clair dans votre bullshit et qui a les bons mots pour vous les faire voir. Sans lui, je préfère « survivre » plutôt que de me battre face à mes « démons ». J’ai plus avancé en 1 an qu’en 10. Je ne suis pas sure que ce soit visible pour mes proches, mais j’ai la sensation de me délester petit à petit de poids qui m’encombraient. Maintenant il reste les plus costauds. Patience.

Avoir un espace neutre

Une chose étrange est qu’aller voir une psychologue me donne l’impression de pouvoir tout lui dire sans être jugée. Pourtant, ce n’est pas un endroit où je ne suis pas contre-dite. On me fait voir les choses sous un autre angle, il y a du répondant en face. Malgré tout, je n’ai pas l’impression que ma valeur dépend des mots que je dis. Ma psychologue n’a rien à voir avec ma vie quotidienne, je ne peux pas risquer « de la perdre » ou risquer « qu’elle ne m’aime pas ». Son opinion de moi n’a pas d’incidence sur ma vie. Je suis libre de voguer au coeur de mes contradictions et de mes hontes devant elle. Certaines me posent plus de réticences bien sûr, mais j’y vais quand même. « J’ai envie de parler de ça aujourd’hui ».

Les amis, la famille, nos compagnons ont tous une place importante pour notre santé mentale mais ils ne peuvent pas être notre psychologue. Certains vous donneront de précieux conseils, d’autres vous aimeront dans vos pires moments où vous leur avouez vos plus intimes secrets, et il y en a même qui seront là pour venir vous chercher n’importe où à 4h du matin quelle que soit la raison. Néanmoins, ils ne peuvent pas vous guider dans votre propre et unique parcours. Ils sont là pour être votre entourage, pas pour prendre en main votre vie.

Les coups de mou, ça arrive

Aller voir un psy, ce n’est pas être fou. Repeat after me. Aller voir un psy, ce n’est pas être fou.

Oui, j’y vais depuis 1 an. Oui, certains y vont toutes leurs vies. Ca ne veut pas dire qu’ils sont fous. Parfois, on a juste besoin d’avoir ce temps pour soi pour mieux naviguer dans la vie. Certains y vont pour un problème précis, d’autres car ils ne savent pas trop mais ils sentent bien qu’il y a un truc qui cloche.

Par contre, c’est aussi possible de n’y aller que quelques fois et ont éclairci le soucis qui les pesaient.

Et même si finalement votre problème mérite plus de séances mais que vous ne le sentez pas: rien ne vous empêche de ne pas y retourner.

Quels qu’ils soient, nous avons tous des obstacles qui se mettent en travers de notre chemin, de la colère que l’on enterre car nous nous sommes tus, des émotions que nous avons mis sous le tapis pour nous protéger car nous ne savions qu’en faire. On avance coûte que coûte, nous ne sommes pas faibles, n’est-ce pas ? J’ai mis mes pieds devant l’autre même lorsque tout mon être criait « non ! », ça me semblait être ça le courage à l’époque, non ? Peut-être en partie, mais maintenant je me dis que le courage c’était de prendre les choses en main et les régler une bonne fois « pour toute » (j’aimerais que ce soit aussi simple).

Si quelque chose vous empêche d’avancer, si vous ressentez un cailloux dans la chaussure, pourquoi ne pas tenter une séance ? Cela peut déjà vous faire sacrément du bien.

Je vais finir cet article en vous souhaitant de prendre soin de vous pendant cette nouvelle année. Nous sommes fort·e·s et courageux·ses alors faisons nous face, laissons derrière nous ce qui ne nous sert plus ! Prenons de la place, ouvrons nos ailes, foutez au sol toutes les merdes qui vous encombraient. On peut le faire !

Comment j’ai trouvé le psy qu’il me fallait

Bonjour tout le monde 🙂

Aujourd’hui, nous allons parler d’un sujet qui me tient particulièrement à coeur car j’ai mis beaucoup de temps à accepter d’aller voir un psychologue, et quand le jour est venu, j’ai eu la chance de trouver dès le premier coup une personne avec qui les séances se déroulent dans la confiance.

Trouver le psy qui nous convienne, je le souhaite à tout le monde.

J’ai erré plusieurs fois sur Doctolib ou sur google pour en trouver un mais toutes mes recherches se sont conclues que par un doute encore plus fort qu’avant de les commencer. Qui choisir ? Pourquoi est-ce que j’en prendrais un plus que l’autre ? Quel est le bon prix ? Je n’avais clairement pas envie d’aller de personne en personne pour les « tester ». Cela aurait impliqué recommencer le travail à chaque fois en expliquant ma situation douloureuse sans avancer dans le processus et de débourser une somme astronomique dans ces essais. Je voulais me sentir en confiance avant même de le rencontrer.

Comment faire ? Je n’exclue pas le facteur chance que j’ai eu dans ma recherche mais de mon côté je vois deux manières de procéder*:

Demander à son entourage

C’est de cette manière que j’ai trouvé la personne qui allait me suivre.

Je peux tout à fait comprendre que certaines personnes aient du mal à le faire : on peut avoir honte de se sentir mal ou on peut ne pas avoir envie que les gens autour « nous voient différemment » ou encore être dans un milieu où aller voir un psychologue n’est pas accepté. Dans ce cas, essayez de voir s’il n’y a pas au moins une personne dans votre entourage qui se trouve plus sur la même longueur d’onde que vous, quelqu’un avec qui vous ne ressentirez pas cette gêne et demandez lui si elle ne connaîtrait pas quelqu’un. Même si elle n’aura peut-être pas de recommandation directement, elle peut avoir entendu parler autour d’elle d’un bon psychologue et pourra se renseigner pour vous pour récupérer son nom, on ne sait jamais !

De mon côté, je suis partie du principe que quelqu’un suivant une de mes amies avec une sensibilité similaire aurait plus de chance de me convenir et je n’ai pas eu peur d’en parler autour de moi. Ce n’est pas honteux d’aller voir un psy et chacun peut en avoir besoin à un moment dans sa vie. Ce n’est en aucun cas un signe de faiblesse.

Demander à son médecin traitant

Si vous avez un médecin traitant qui vous connait bien, c’est une bonne chose de se tourner vers lui pour avoir son avis sur la question. D’abord il saura mieux si vous avez besoin d’un psychologue ou d’un psychiatre, et ensuite il pourra vous recommander des praticiens pouvant coller à votre personnalité.

Cela peut sembler étrange de le formuler de la sorte mais mon ancien médecin traitant, celui qui m’a suivi de la fin de mon enfance jusqu’à la fin de mes études supérieures, essayait toujours de m’envoyer chez des personnes douces, quelle que soit leur spécialité, car avec ma sensibilité accrue, il y avait de fortes chances que je me retrouve en larmes avant la fin d’un rendez-vous. Une phrase brutale ou mal formulée et les grandes eaux arrivaient. C’est ce médecin qui a utilisé le terme « hyper sensible » pour la première fois et elle a travaillé en fonction de ça.

C’est vraiment génial d’avoir pu être accompagné aussi longtemps sans être jugée et je l’en remercie. (J’ai beaucoup pleuré en allant chez des spécialistes quand même… mais c’est une autre histoire 🙂 )

En conclusion, essayez d’en parler avec des personnes en qui vous avez confiance, il y a sûrement plus de gens autour de vous qui vont chez un psy que vous ne l’imaginez. Ils pourront répondre aux questions que vous vous posez, vous dire comment se déroule une séance, combien ils payent, quelle est leur fréquence de RDV…

En espérant que vous trouverez chaussure à votre pied,

À bientôt !

Sibylle


*si vous en avez d’autres, je pourrais les rajouter 🙂