Interview Créa #5: Anouk Corolleur, prof de yoga et coach

J’ai découvert Anouk grâce à la magie d’instagram. Parfois, vous ne pouvez pas expliquer pourquoi mais vous accrochez complètement au contenu. Vous scrollez, lisez, likez. Vous vous dites « Damn, j’aimerai connaître cette personne dans la vraie vie ». C’est ce que je me suis dit avec le compte d’Anouk. J’ai tout de suite ressenti une vague de bonnes ondes.

Qu’est-ce que j’y apprécie ? Sa multiplicité. Coach, professeur de yoga, fille de la montagne, surfeuse, baroudeuse, française mais expatriée pendant de longues années,… Une vie riche en sensation et en dépaysement.

Son compte instagram, au lieu de me miner le moral en m’offrant un moyen de comparaison m’encourage à m’accepter entièrement et en douceur. Comme dirait Marie Kondo, it sparks joy.

Anouk a eu la gentillesse de répondre à mon interview créa, et je pense que vous comprendrez rapidement pourquoi cette interview me tient à coeur: on y retrouve des thématiques récurrentes dont je vous parle à travers les articles de ce blog.

Bonne lecture, et merci Anouk !

Pour commencer, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Anouk, j’habite à Bordeaux et j’aide ceux qui veulent sortir de leurs émotions paralysantes pour vivre la vie dont ils rêvent à travers du coaching de vie, du yoga et de la méditation. Je suis une aventurière dans l’âme et depuis petite je suis à la recherche des sensations de glisse. J’ai grandi à Chamonix avec des parents passionnés de ski et de snowboard, puis à 17 ans je suis partie en Australie pour surfer. Cette culture de la glisse et de l’aventure m’a inspirée un mode de vie qui respecte l’environnement, qui me demande de prendre soin ma santé physique, mentale et émotionnelle.

T’es-tu toujours considérée comme une personne créative ?

UN GRAND NON. J’ai une grande sœur extrêmement « créative » au sens traditionnel du terme (bonne en peinture, dessin, art plastique…) du coup je crois que petite je me suis dit que je n’étais pas la créative de la famille. Si j’avais été un Schtroumpf j’aurai été Costaud, celui qui aime le sport. J’étais très bonne en danse, et c’est plus tard, que j’ai compris plus tard que ma créativité s’exprimait à travers le mouvement. Ça a été une grande réalisation car reconnecter avec mon pouvoir créatif voulait en fait dire: arrêter de me juger. Pour moi c’est arrivé lorsque j’avais 21 ans. 

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[…] je crois que petite je me suis dit que je n’étais pas la créative de la famille.
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Dans tes activités professionnelles, comment la créativité trouve-t-elle sa place ?

Dans la façon dont j’écris mon blog, mon site internet, mes posts instagrams, mes offres de services. Je n’essaie pas de rentrer dans le moule de développement personnel ou du yoga, mais au contraire d’incarner ces messages c’est à dire d’être moi-même. 

Comment vis-tu ta créativité ?

Pour que je créer un projet, il faut que je l’ai dans le corps, que sa possibilité me fasse trépigner des pieds et que l’idée tourne presque à l’obsession. Après je crois au principe de co-création. Je m’explique: Ce n’est ni toi, ni moi qui avons créé les océans, les arbres etc… Un fœtus grandi naturellement dans le ventre de sa mère. La mère n’a pas besoin de regarder son ventre chaque jour pour lui dire: POUSSE. Si la mère apporte de l’eau, de la nourriture et reste détendu, alors le reste se fera de manière naturelle et bientôt un beau bébé naîtra au monde. Il y a donc une force puissante de création dans l’univers qui permet à un enfant de devenir un adulte, à une graine de devenir un arbre etc… Lorsque nous voulons créer un projet, nous pouvons utiliser la même force de création. C’est à dire lui apporter ce dont il a besoin pour prendre forme mais sans stress, juste par amour de ce que nous voulons mettre au monde puis laisser la magie opérer. 

La créativité me semble être une notion cousine à la Liberté car c’est grâce à ce besoin que nous affirmons des choix qui peuvent sembler étranges car en dehors du schéma. Qu’en penses-tu ?

Oui complètement ! Créer sa propre réalité basé non pas sur « ce qui a toujours été fait » mais sur le champ infini des possibles. J’adore écouter des histoires insolites de gens qui ont créé de nouvelles voies, de nouvelles façons de vivre. C’est pour ça que voyager, voir, apprendre enrichi notre vocabulaire pour pouvoir créer de nouvelles réalité encore pas explorée. 

Parmi tes clients, as-tu remarqué un blocage au niveau de leur créativité ?

Oui je vois beaucoup de blocage, j’entends beaucoup de gens qui me disent: « Oh mais moi je suis pas créatif ». Je t’avoue que ça a presque tendance à m’énerver tellement c’est une croyance qui limite l’individu ! L’Homme est créatif par nature. Après au niveau des idées il y en a certaines qui vous animeront plus que d’autres. Ce sont celles qui vous font frétiller intérieurement qu’il faut choisir de développer. Les « mauvaises idées » ce sont celles qu’on fait par peur et pour combler son manque d’amour. Par exemple: Pour faire de l’argent ou pour avoir de la reconnaissance… Pour pouvoir trouver des idées qui nous font frétiller il faut prendre soin de notre santé émotionnelle car si on est stressé ou nerveux il sera difficile de sentir l’excitation d’une idée. D’où la méditation, les ballades en natures, le yoga etc… 

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« Oh mais moi je suis pas créatif » […] c’est une croyance qui limite l’individu ! L’Homme est créatif par nature.
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Ressens-tu l’impact du mental sur ta créativité ? Si oui, comment réagis-tu dans les moments où il te freine ?

Oui comme je viens de l’écrire, nos pensées et nos émotions sont extrêmement liées et peut bloquer notre créativité. Pour prendre soin de mon monde intérieur: je médite 10mn le matin et 10mn le soir, je mange sainement, je bois beaucoup d’eau, je fais du sport tous les jours (yoga ou cardio) et je me couche tôt. ça me permet d’avoir une base saine. Je ne crée jamais rien si je ne me sens pas centrée et inspirée, si je bloque je quitte mon ordi et je pars faire un tour dans la nature, je vois des amis, bref je me ressource.

As-tu des ressources qui t’ont aidé à trouver ta voie ou qui te motivent ?

  1. Comme par Magie de Elisabeth Gilbert – Pour mieux comprendre le voyage créatif. 
  2. Daily Love, growing into grace de Mastin Kipp – Pour une dose d’inspiration, de courage, de confiance en soi. 
  3. marieforleo.com – Pour m’aider avec mon business.
  4. Le stage « Trouver votre excellence en action » de Joel Guillon à Paris 

T’arrives-t-il de douter de tes capacités ? Comment arrives-tu à surpasser ce doute ?

OUI ! Le doute fait parti du processus normal de notre expérience humaine et surtout lorsqu’on se lance dans des gros projets! Hier j’ai regardé un documentaire qui s’appelle « The Dawn Wall » (grosse recommandation d’ailleurs). ça parle du grimpeur Tommy Caldwell et de son rêve d’escalader une paroie dans le parc de Yosemite qui avait été décrite comme impossible à escalader. On l’a critiqué, jugé, traité de fou… Mais il ne se laisse pas impressionner et travaille pendant 6 ans pour pouvoir faire naître son projet. Au cours de son aventure bien sûr il doute: « Est ce que c’est vraiment possible de faire ça? », mais il ne lâche rien et sa foi et sa détermination finissent par payer ! 

Quand je me fais prendre par le doute: déjà j’en prends conscience « Ah tiens c’est toi le doute » mais je ne rentre pas dans ses histoires en remettant toute ma vie en question. La joie que mon projet me procure me donne la certitude que je suis sur le bon chemin et il me permet de me sentir chaque jour épanouie et vivante! 

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Le doute fait parti du processus normal de notre expérience humaine et surtout lorsqu’on se lance dans des gros projets !
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En règle générale, penses-tu que le bonheur se choisit ? Si oui, comment cela se traduit-il dans ta vie quotidienne ?

Oui le bonheur se choisi, mais il faut prendre le risque d’être heureux… Car comme dirait le dicton anglais: « Misery likes company » (la misère aime la compagnie). Pour moi une pratique régulière de la méditation me parait primordial, ça me permet de faire des meilleurs choix dans ma vie quotidienne au lieu d’être prisonnière de schémas d’auto sabotage etc… 

Pour conclure, quel message souhaites-tu transmettre au gens sur leur créativité ?

Commencez à émettre la possibilité que vous êtes créatif et laissez vous surprendre.

Retrouvez Anouk:
⤅ sur son site http://anoukcorolleur.com
⤅ sur Instagram @anoukcorolleur

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J’ai testé: une journée de retraite… à la maison

Oui, vous avez bien lu. Une retraite chez soi, sans rien ni personne pour faire l’animation. Etrange, n’est-ce-pas ? Même maintenant que j’ai testé ce concept, je ne sais toujours pas si nous pouvons appeler ça une retraite. Laissez-moi vous expliquer d’où ça sort:

Le concept

En lisant le magazine Respire il y a quelques mois, je suis tombée sur l’article  » Petite retraite at home » expliquant que nous pouvons nous créer notre propre événement et adapter cette idée de moment hors du temps où nous prenons le temps de penser à soi uniquement et à sortir de notre routine bien huilée du weekend. Originellement, le concept semble plutôt pensé pour les personnes n’arrivant pas à se dégager plusieurs jours de vacances ou ne pouvant pas se permettre le coût d’une retraite classique.

En lisant l’article, mes sourcils se sont levés pour plusieurs raisons: en restant chez soi, il me semble compliqué de réussir à créer « un moment qui compte » dont vous vous souviendrez pendant plusieurs années. Car c’est cela qui arrive pendant les retraites, des moments tellement forts que vous pouvez vous mettre à pleurer, à réaliser que vous alliez dans le mur encore et encore sans vous en rendre compte… Nous sommes en dehors de notre environnement routinier et de notre cercle familial, sans le poids de l’organisation, ce qui permet de reprendre contact avec nos envies personnelles. On se laisse porter par le flow et c’est d’autant plus facile que vous voyez les personnes autour de vous faire de même.

Alors, comment réussir recréer cet environnement sans une tierce personne pour nous faire des ateliers ou des cours ? Comment faire alors qu’on viendra vous interrompre toutes les demi-heures pour vous poser des questions ? Franchement, je n’ai pas vu l’intérêt de la chose.

Le déclencheur

Comme souvent, une information qui m’interpelle reste au fond de mon cerveau et continue à être analysée en arrière-plan. Un vendredi après-midi alors que je me sentais particulièrement fatiguée, l’idée m’est revenue en tête. J’ai soudain décidé que le lendemain j’allais tenter une « retraite silencieuse avec moi-même et uniquement moi-même » (dans la limite du possible, puisque n’habitant pas seule, je me voyais mal tourner les talons sans répondre à une question).

Vous vous dites donc « Mais… ce n’est donc pas une retraite silencieuse ? ». Si vous me connaissez depuis quelques temps, vous savez que je préfère faire les choses à ma sauce, et ne pas m’encombrer de dogmes rigides. Je prenais simplement la décision de limiter au maximum mes interactions avec le monde extérieur et que je ne serais pas à l’origine de ces contacts.

Qu’est-ce-que j’ai fait ?

Question légitime. Pendant cette journée, je n’ai fait qu’une chose : rien.

Je ne vous parle pas du « Ohlala, je n’ai rien fait de mon dimanche, j’étais étalée à regarder Netflix toute la journée », non, je vous parle du réel Rien. Choses que nous ne faisons que très rarement puisque même dans les transports en commun nous trouvons le moyen de combler ce vide en regardant notre téléphone ou en lisant.

Téléphone éteint, ordinateur éteint, télévision éteinte, radio éteinte. Rien.

J’ai passé le plus claire de mon temps à regarder dans le vide en réfléchissant. Pourtant, cela n’a rien à voir avec la mélancolie ou la dépression où nous regardons dans le vide car plus rien ne nous fait envie. Contre toute attente, c’était une expérience très joyeuse. J’ai passé ce temps dans ma chambre, à prendre le temps d’apprécier les sensations que j’avais dans mon lit et surtout à ressentir le temps qui s’écoulait extrêmement lentement. On oublie parfois que les minutes peuvent être longues. Que les heures peuvent sembler infinies. Malgré tout, au lieu de sentir un ennui profond, je me sentais maître de mon temps. C’est rassurant de voir qu’en réalité le temps était là, disponible. Je ne manque pas de temps, je l’utilise mal.

Ce temps de conscience avec soi même sans interruption est une denrée rare. Souvent, nous pensons aux choses que pourrions être entrain de faire à la place, ou nous pensons aux choses que nous ferrons plus tard. Dans cas ci, j’étais présente. Ni plus, ni moins. Je voulais profiter de ce temps que je m’offrais.

Remise en question

Ces moments avec moi-même sans distraction m’ont fait un bien fou. Je vous parle souvent de la sensation d’être aligné, d’être exactement où nous sommes supposés être. C’est dingue de se dire qu’un moyen pour y arriver ne demande… rien. Aucune dépense. Aucun investissement. Uniquement une prise de décision.

J’aurai pu penser aux courses que je serais aller faire à la place en temps normal, j’aurai pu élaborer ma future to do list… Il y a toujours quelque chose que nous pourrions être entrain de faire sauf que dans ce cas, j’avais décidé que ce que je devais faire c’était d’être pleinement dans mon repos.

A l’échelle de votre vie, est-ce grave de prendre quelques jours dans l’année pour ce genre d’expérience ? Vos courses peuvent attendre et si elles ne peuvent pas, organisez-vous pour qu’elles ne soient pas un problème. Vous prenez la décision, vous agissez en conséquence. Vous vous faites livrer, vous posez une journée, vous demandez à quelqu’un de vous aider… Vous trouvez une solution. Acceptez de vous faire du bien, agissez en fonction.

« Tu as vraiment passé toute la journée à réfléchir ? »

Je ne suis pas là pour vous vendre du vent, et je ne suis pas non plus un moine bouddhiste. Alors je préfère vous dire la vérité. Entre ces longues heures d’introspection non interrompues, j’ai quand même fait des choses mais qui ne demandaient pas d’allumer le téléphone/ordinateur/télévision/radio. J’ai lu tranquillement un livre et j’ai cuisiné sans regarder l’heure. Une journée comme les autres ? Personnellement, je ne me souviens pas d’une journée à je n’ai ni regardé un écran, ni regardé l’heure, ni parlé avec des gens, ni été distraite.

Ce moment passé était d’une grande valeur. J’ai bien peur que mes mots n’arrivent pas à retranscrire l’expérience que j’ai vécu. Ce n’était pas de la paresse. C’était un exercice de conscience sur la longueur.

Ce que j’en pense

Ecoutez… Je suis moi-même étonnée que cela m’ait fait autant de bien. Toute la journée s’est passée avec un rythme « naturel » que j’avais oublié. Qu’est-ce-que j’entends par là ? En ne faisant rien ou uniquement des petites activités sans écran et sans but, j’ai ressenti la longueur des secondes et des minutes qui s’écoulaient. Ca fait un bien fou. Pas d’instagram qui me fait perdre 5 minutes sans que je m’en rende compte. Pas de checkage intempestif de boîte mail…

Faire cette pause te rappelle que tu as du temps et que nous avons simplement la mauvaise manie d’en perdre dans des choses sans valeurs.

J’étais perplexe au début mais j’adhère finalement à l’idée de me créer un moment particulier où je ne suis disponible pour personne.

Même sur une courte durée comme une journée, on peut ressentir un bénéfice. C’est comme faire un reboot. On laisse le temps à notre cerveau de se reposer, à faire une vraie pause. Sans même essayer d’en avoir, 3 idées me sont venues car ce calme était propice pour que mon cerveau relie des points ensemble.

Alors oui, faites le ! Décidez d’une date, prévenez votre entourage pour qu’ils ne paniquent pas si vous ne répondez pas au téléphone, assurez-vous d’avoir le thé qui vous fait plaisir, le bon livre, la bonne couette, votre tapis de yoga à portée de main, bref entourez-vous de ce qui vous fait vous sentir bien ! Entourez-vous de ces jolies choses et hop, c’est parti !

Pourquoi tout le monde devrait aller chez le psy

Cela fait maintenant 1 an que j’ai des rendez-vous réguliers chez une psychologue. Il m’aura fallu plus de 10 ans avant d’accepter d’y aller. Je n’ai jamais douté de leur utilité alors pourquoi ai-je autant résisté ? Malgré les conseils de mon entourage, malgré les contacts donnés pas les médecins, je n’arrivais pas à passer le pas. Je savais que c’était un pas vers la guérison mais je n’étais pas prête, tout simplement. Je me pensais forte, battante, prête à affronter ça moi même, mais la réalité c’est que c’étaient des excuses.

Maintenant que j’ai passé le cap mental de la première année je peux le dire: tout le monde devrait pousser la porte d’un psychologue au moins une fois dans sa vie de manière voulue et non forcée.

Pourquoi ?

On avance plus vite

Commencer à parler de ses problèmes, c’est commencer à prendre le taureau par les cornes. Bien sûr, ce n’est pas un processus agréable, c’est même carrément fatiguant. C’est étrangement plus simple de se laisser envahir jour après jour par l’angoisse que de se remonter les manches pour y aller. On sort en larmes, on se sent vidé de toute once d’énergie mais c’est pour notre propre bien. Une des choses que j’ai compris c’est que l’humain est terriblement doué pour se trouver des excuses. Aller voir le psy c’est poser les armes au sol, et accepter de se faire face. C’est faire le tri entre ce qui nous sert et ce qui est le résultat de nos divers processus de protection.

Vous ne pourrez pas faire ce travail tout seul car il me semble impossible (?) de se faire face car le cerveau est bien malin et ne se laissera pas faire. Il faut quelqu’un d’en dehors qui vous pose la bonne question au bon moment, qui ne vous laisse pas vous assoupir sur vos jolis mensonges.

En gros, trouver le bon psy c’est trouver celui qui voit clair dans votre bullshit et qui a les bons mots pour vous les faire voir. Sans lui, je préfère « survivre » plutôt que de me battre face à mes « démons ». J’ai plus avancé en 1 an qu’en 10. Je ne suis pas sure que ce soit visible pour mes proches, mais j’ai la sensation de me délester petit à petit de poids qui m’encombraient. Maintenant il reste les plus costauds. Patience.

Avoir un espace neutre

Une chose étrange est qu’aller voir une psychologue me donne l’impression de pouvoir tout lui dire sans être jugée. Pourtant, ce n’est pas un endroit où je ne suis pas contre-dite. On me fait voir les choses sous un autre angle, il y a du répondant en face. Malgré tout, je n’ai pas l’impression que ma valeur dépend des mots que je dis. Ma psychologue n’a rien à voir avec ma vie quotidienne, je ne peux pas risquer « de la perdre » ou risquer « qu’elle ne m’aime pas ». Son opinion de moi n’a pas d’incidence sur ma vie. Je suis libre de voguer au coeur de mes contradictions et de mes hontes devant elle. Certaines me posent plus de réticences bien sûr, mais j’y vais quand même. « J’ai envie de parler de ça aujourd’hui ».

Les amis, la famille, nos compagnons ont tous une place importante pour notre santé mentale mais ils ne peuvent pas être notre psychologue. Certains vous donneront de précieux conseils, d’autres vous aimeront dans vos pires moments où vous leur avouez vos plus intimes secrets, et il y en a même qui seront là pour venir vous chercher n’importe où à 4h du matin quelle que soit la raison. Néanmoins, ils ne peuvent pas vous guider dans votre propre et unique parcours. Ils sont là pour être votre entourage, pas pour prendre en main votre vie.

Les coups de mou, ça arrive

Aller voir un psy, ce n’est pas être fou. Repeat after me. Aller voir un psy, ce n’est pas être fou.

Oui, j’y vais depuis 1 an. Oui, certains y vont toutes leurs vies. Ca ne veut pas dire qu’ils sont fous. Parfois, on a juste besoin d’avoir ce temps pour soi pour mieux naviguer dans la vie. Certains y vont pour un problème précis, d’autres car ils ne savent pas trop mais ils sentent bien qu’il y a un truc qui cloche.

Par contre, c’est aussi possible de n’y aller que quelques fois et ont éclairci le soucis qui les pesaient.

Et même si finalement votre problème mérite plus de séances mais que vous ne le sentez pas: rien ne vous empêche de ne pas y retourner.

Quels qu’ils soient, nous avons tous des obstacles qui se mettent en travers de notre chemin, de la colère que l’on enterre car nous nous sommes tus, des émotions que nous avons mis sous le tapis pour nous protéger car nous ne savions qu’en faire. On avance coûte que coûte, nous ne sommes pas faibles, n’est-ce pas ? J’ai mis mes pieds devant l’autre même lorsque tout mon être criait « non ! », ça me semblait être ça le courage à l’époque, non ? Peut-être en partie, mais maintenant je me dis que le courage c’était de prendre les choses en main et les régler une bonne fois « pour toute » (j’aimerais que ce soit aussi simple).

Si quelque chose vous empêche d’avancer, si vous ressentez un cailloux dans la chaussure, pourquoi ne pas tenter une séance ? Cela peut déjà vous faire sacrément du bien.

Je vais finir cet article en vous souhaitant de prendre soin de vous pendant cette nouvelle année. Nous sommes fort·e·s et courageux·ses alors faisons nous face, laissons derrière nous ce qui ne nous sert plus ! Prenons de la place, ouvrons nos ailes, foutez au sol toutes les merdes qui vous encombraient. On peut le faire !

Les bases #3 – Faire les choses à sa manière

ou Comment apprendre à se faire confiance

Vendredi soir, 22 heures, j’ai besoin d’écrire un article dans la catégorie Les bases qui me semble fondamental et qui doit absolument trouver sa place sur ce blog.

Dans ma vie, c’est honnêtement un des piliers fondateurs.

C’est la thématique qui revient tout au long de ma vie, que j’aborde constamment avec ma psychologue et qui guide beaucoup de mes pas.

Comment vivre lorsqu’on se sent différent ?

C’est ça ma problématique. La mienne. Celle qui est la cause de mes angoisses, celle qui me met constamment des obstacles sur la route. Mon challenge personnel. La route que je vais devoir débroussailler pour aller mieux.

Je pense que nous sommes très nombreux à avoir la même.

Depuis ma plus tendre enfance je suis tourmentée par ça. Les fois où je me suis sentie à ma place quelque part sont très rares. J’ai la sensation de toujours avoir eu conscience des modèles sociaux préconçus qui sont les plus confortables, ceux qui me permettraient de passer incognito mais je suis tiraillée entre mon envie d’être aimée et donc de ne pas faire de vague et mon besoin d’être moi même sans concession.

Pour donner des exemples de « modèles »: tu es une fille donc tu aimes ça, si tu veux que tes parents t’aiment tu devrais agir de telle manière ou dans l’autre sens, tu vois bien que ta timidité t’est reprochée et non valorisée, donc tu comprends que tu ne rentres pas dans le modèle qui plait aux professeurs ou aux amis de tes parents, etc.

C’est un déchirement permanent. Une douleur qui est toujours là, où que tu ailles, quoi que tu fasses, qu’importe la distraction.

La sensation d’avoir toujours été en compromis par rapport à ma propre personnalité provoque un conflit puisque sur « les grandes lignes » je me suis accrochée aux schémas traditionnels pensant que de cette manière je serais aimée mais dès que j’en avais l’opportunité je reprenais le contrôle sur les petites choses qui étaient à ma portée.

Je vous parle de ma douleur pour vous expliquer le contexte de mon témoignage.

Mon expérience a un pendant négatif comme vous avez pu le constater mais a aussi un aspect que je n’échangerais pour rien au monde.

Je suis un électron libre.

Je ne peux pas faire partie d’un groupe aveuglément. Je fais confiance en mon esprit critique. Je vois d’un mauvais oeil tout ce qui a des règles très strictes sans raison. Je remets constamment l’autorité en question.

Pourquoi je vous parle de ça ? Et pourquoi ça peut vous aider ?

Je vous en parle parce que ce blog parle de Développement Personnel. Parce que je parle de Minimalisme. Parce que je suis Féministe. Parce que je fais du Yoga. Parce que je suis Végétarienne. Parce que j’ai fait des études de Design. Pleins de petites cases toutes prêtes, bien lisses, bien propres.

Dans tous ces domaines, j’ai rencontré quelque chose qui me terrifie sincèrement. Y penser me provoque des angoisses. Des gens qui cherchent La Vérité, immuable, écrite dans le marbre. Des préceptes à suivre. Prends ce chemin, et c’est là que tu trouveras ta libération ou ta consécration. Il faut faire ci, il faut faire ca. Pas autrement. C’est ainsi. Ce sont les règles.

Vous savez pourquoi cela me met autant mal à l’aise ? Parce que ces personnes qui recherchent une réponse préconçue à leurs problèmes me semblent fragiles et influençables.

Faites vous confiance. Vous n’avez pas besoin d’une Figure, d’un Guide tout puissant ou d’un mode d’emploi sous forme de livre pour savoir ce qui serait bon pour vous. Bien sûr il faut demander de l’aide, bien sûr il faut être le moteur de sa guérison mais justement, gardez bien ce pouvoir entre vos mains, ne laissez pas quelqu’un vous faire croire qu’il peut porter ce fardeau à votre place ou le faire disparaître.

Ce n’est pas un coup de baguette magique.

Je suis beaucoup de comptes instagram parlant des thèmes évoqués ci-dessus, surtout Minimalisme, Zéro Déchet et Yoga. Chaque groupe a ses propres règles et j’ai pu constater une autre facette de cette recherche de faire rentrer tout le monde dans le moule: le scrutement des « erreurs » des autres. J’en ai vu passer des commentaires assassins pour dire que la personne ne respectait pas ses propres engagements, qu’elle ne devrait pas dire haut et fort qu’elle était de telle mouvance, que c’était une vendue…

Come on.

Vous n’êtes pas des saints. Je ne suis pas une sainte. On redescend tous ensemble sur terre quelques minutes.

Pour le besoin de rendre la ligne éditoriale de ce blog claire auprès des lecteurs il a bien fallu que j’utilise des étiquettes mais sachez que si vous êtes intéressés par quelque chose, rien ne vous oblige à embrasser les préceptes à la lettre. Réfléchissez en fonction de vos valeurs, de vos envies, de ce qui vous semble juste. La vie n’est pas une solution mathématique où vous devrez forcément appliquer telle méthode pour arriver à tel but. Faites les choses à votre sauce, appropriez les vous.

Il vaut mieux que ça vienne de votre coeur, que vous avanciez à votre rythme en passant les étapes les unes après les autres en choisissant celles qui vous semblent importantes. C’est votre cheminement.

Au début, je n’ai parlé à personne de mon intérêt pour le Minimalisme ou le Zéro Déchet car justement, je ne voulais pas que l’on projette sur moi l’image mentale qu’avait la personne du mouvement et que l’on commence à me faire remarquer toutes les choses « qu’ils me restaient à faire » selon eux.

Pour conclure cet article où j’ai un peu divagué à droite à gauche, je voudrais donc vous le redire: on s’en fout de pas remplir la case. Avoir une individualité n’est pas une mauvaise chose. Ne pas être une copie conforme du voisin aussi. N’ayez pas peur de suivre vos envies même si elles peuvent sembler un peu bizarres et surtout ne perdez jamais votre esprit critique, c’est important. Devenez votre propre boussole.

A bientôt,

Sibylle

Comment j’ai compris que j’étais mon propre problème (parfois)

Note: Même si cela peut sembler évident je préfère préciser que la réflexion que je vais vous partager m’est personnelle et qu’elle s’applique uniquement à une situation où il n’y a pas d’abus de la part de la personne en face.

Je parle d’un contexte ordinaire type relation avec des amis, relation avec des collègues, ou encore relation avec la famille, des personnes avec qui j’aurai à la base une relation relativement saine. Exemple: tu étais persuadé qu’un professeur te détestait et te tyrannisait alors qu’en fait tu comprends des décennies plus tard que tu avais un mauvais comportement avec lui.

Par contre, si vous êtes dans une situation où vous vous sentez manipulé ou abusé, c’est très important que vous alliez demander conseil ou aide, que ce soit auprès de vos proches, vos amis, associations ou même police s’il le faut. Prenez soin de vous.


Là, c’est un sujet compliqué. C’est dur. Ca pique. L’ego hurle de douleur. Non, je fais de mon mieux, laissez moi tranquille. Je doute bien assez constamment, pas besoin de me faire douter encore plus, pas besoin de me montrer du doigt.

Je suis entrain de me poser beaucoup de questions sur le sujet et je vais essayer de rendre compréhensibles les pensées qui prennent forment dans ma tête.

Nous sommes beaucoup à douter des autres, de nous même, de notre valeur ainsi que de nos capacités, n’est-ce pas ? Je fais partie de votre team ! Pourtant, je me demande si parfois ces doutes ne sont pas une manière de nous distraire pour ne pas regarder du bon côté, celui qui demanderait de nous remettre réellement en question.

J’en entends déjà se dire « Ah non, non, non mais je passe mon temps à me remettre en question, c’est justement mon problème » mais j’ai l’impression que dans la majorité des cas… ça nous semble vrai, mais au fond… c’est faux ?

Je vais essayer de vous expliquer avec un bon vieil exemple, vous direz ce que vous en pensez.

Je travaillais sur quelque chose et la fatigue m’a fait baisser la garde. Le doute a vu la brèche et s’est engouffré. Beaucoup de frustration et d’énervement en sont sorti. Je me sentais mal, je doutais et j’étais énervée contre le monde autour de moi. Une mauvaise énergie. Celle qui emporte vers le fond en un rien de temps.

J’étais donc là, entrain de ruminer, ronchonner, ronger mon frein. A un moment, je discute avec une amie et elle me demande une question toute simple: « Comment tu vas? ». Je lui explique je me sens mal, je verse ma bile sur moi et sur le monde. Soudain, j’ai une épiphanie: je suis le moteur de mon propre problème.

Les circonstances ne sont pas parfaites, tout ne va clairement pas dans le meilleur des mondes dans mon quotidien mais quelques semaines plus tôt avec les mêmes circonstances voire des circonstances encore plus compliquées j’allais clairement mieux. Je me sentais toute légère et heureuse alors que le contexte n’était pas favorable.

Pourquoi ?

Parce que j’avais la bonne énergie et ce n’est pas quelque chose qui vous tombe dessus. Vous avez votre mot à dire. Dans mon cas, il m’arrive de me laisser aller dans l’énergie négative car elle me permet de repousser le problème soit sur les autres soit sur quelque chose que je ne peux pas changer, ce qui me déresponsabilise de mon « malheur »: j’ai l’impression d’être victime des circonstances.

Qu’est-ce que ça change de se rendre compte de ça ?

C’est se regarder en face. Voir son comportement non pas sous un angle exagéré (trop laxiste ou trop exigeant) ce n’est pas simple à vivre. Me regarder sous un autre angle m’a  fait dire « Putain, j’ai vraiment eu un sale comportement dans cette histoire ». Or, quelques minutes plus tôt, je balançais tout mon malheur sur le reste du monde. On aime pas se rendre compte que nous ne sommes pas des oies blanches avançant avec innocence et éthique sur notre chemin de vie.

A ce moment là, les doutes que j’avais me concernant ou sur les autres ne m’ont pas aidé à me remettre en question. Ils m’ont aveuglé. Je n’ai pas vu que j’étais aussi responsable de la situation. Je n’ai pas vu ma manière d’être ou mon réflexe de mettre le blâme sur quelqu’un d’autre. J’étais occupée à douter de mes capacités, des intentions de la personne en face, du monde en général.

Me rendre compte que j’avais mon rôle à jouer m’a fait instantanément du bien. Certes, je ne pouvais pas rendre la situation 100% meilleure mais la part qui m’incombait pouvait être améliorée grandement. J’ai tout de suite compris ce que je pouvais faire de mon côté. Je ne peux pas tout contrôler mais je me dois d’être active concernant ce qui peut l’être.

La réalisation que je pouvais reprendre le contrôle ne serait-ce que 50% d’une situation au lieu de me placer en personne impuissante m’a permis d’aller de l’avant, de faire un reality check de mon propre comportement.

Pour conclure, je pense que c’est une étape dans mon cheminement car j’ai justement l’habitude de trouver des excuses pour les mauvais comportements des autres envers moi. Ayant conscience de cette tendance, je m’étais en parallèle confortée dans l’idée que j’étais une petite chose naïve et toute douce qui n’a pas de mauvais comportement. Je me suis donc rendue compte que je n’étais pas cette colombe blanche trop gentille avec les autres. Parfois, je peux être une p*tain de pain in the *ss.

Les 10 mauvaises habitudes que j’ai perdu (ou presque)

Refaire sa journée en boucle avant de dormir

Cette mauvaise habitude est partie sans même que j’essaye de m’en débarrasser, ce qui est assez étonnant. Je me revois repenser à chacune de mes interactions de la journée en me demandant si j’ai été assez claire, si j’ai pu être brusque malgré moi, si j’aurai pu être plus incisive, trouver une meilleure répartie… Pourtant, cette remise en question permanente ne m’aidait pas à m’améliorer pour le lendemain mais provoquait encore plus de doute et m’empêchait de trouver le sommeil…

À noter: il m’arrive encore d’avoir du mal à m’endormir mais maintenant cela n’est plus focalisé sur le passé mais sur mes plans d’avenir…

Prendre du café en intraveineuse

J’aime le café. Je répète: j’aime le café. Je suis hypersensible, anxieuse et j’ai un (tout petit, no worries) problème au coeur. Vous savez donc ce qui devrait être proscrit de ma consommation ? Oui, le café. J’ai drastiquement réduit, je pense être passée d’une moyenne de 5 cafés allongés par jour à 2. Parfois je n’en prends qu’un, parfois aucun. Lorsque je travaillais dans un bureau, c’est à peine si je me rendais compte des tasses que je m’enfilais. Besoin de faire une petite pause ? Café. Besoin d’une boisson chaude réconfortante dans un moment difficile ? Café. Café ! Café !

Pas de doute: mes angoisses et mon coeur me remercient.

Tout prendre pour moi

C’est dur ! Par exemple, vous allez voir quelqu’un et cette personne vous répond mal, très mal. Comment ne pas le prendre pour soi ? En lui laissant le bénéfice du doute. Peut-être passe-t-elle une journée vraiment difficile dont nous n’avons pas conscience. Comme nous n’habitons pas dans le monde des Bisounours, si après plusieurs essais son attitude ne change pas malgré votre politesse, eh bien… Qu’est-ce-que ça peut faire ? Je sais que j’ai été correcte, que je lui ai laissé plusieurs chances, je ne suis donc pas le problème. Je limite au maximum les rapports avec cette personne, voire je coupe complètement les ponts. (Bien sûr, le problème est plus compliqué si la personne… est votre boss !)

Mal me parler

Ce point, j’en parle dans mon programme 5 jours pour changer d’état d’esprit. C’est un des changements qui a eu le plus d’impact sur ma santé mentale. Quand je parle de mal se parler, je fais référence au bourreau qui peut régner dans notre petite tête. Quoi que l’on fasse, ce n’est pas suffisant pour lui, jamais. Ce qui a changé dans mon rapport avec lui (enfin, moi) c’est que si je souhaitais aller mieux, il n’y avait pas 1000 possibilités. Je devais être dans ma propre équipe. Il m’est impossible d’avancer si je suis dans l’équipe adversaire. Je ne dis pas qu’il faut s’aveugler et penser que nous sommes parfaits et au dessus de tout. Simplement, ça me sert à rien que je me dise que je suis une incompétente pour tout et n’importe quoi. Avoir conscience que l’on peut s’améliorer, oui. Penser que nous ne valons rien, non.

Parfois ça revient. Hier encore, j’ai oublié mon linge dans la machine et mon réflexe a été de me dire « Quelle conne ! » sauf que mon cerveau a bloqué. Je me suis dit « WOW ! Hey ! Tout doux, on se calme ! On est pas sur une fin du monde ». Je ne laisse pas mon tyran intérieur faire la loi.

Penser que tout est pour la vie

Là, on est sur un sujet où j’ai encore beaucoup de travail à faire. J’ai la sensation que quelque soit la décision que je prends, je la prends pour la vie. Même la plus simple décision me donne l’impression de m’engager sur le long terme. Par exemple, une pensée qui m’a déjà traversé l’esprit: « Si je prends un abonnement Spotify et que je le garde à vie, cela représentera une fortune… ». C’est clairement disproportionné. Je n’ai pas besoin de considérer ce genre de choses à l’échelle de ma vie. Quand je pars au galop dans ce genre de pensée, j’ai beaucoup de mal à me forcer à prendre du recul et à me dire que je choisis pour maintenant et que je pourrais changer d’avis plus tard.

Acheter tout et tout le temps

Je vous en parlais déjà dans plusieurs articles: j’essaye de trouver une consommation raisonnable en accord avec mes valeurs plutôt que de me laisser embarquer par la fièvre acheteuse qui m’entoure. Je ne suis pas irréprochable* (et je ne compte pas le devenir) mais j’ai déjà bien avancé dans la réflexion. Avant, aucune question autre que mon budget ne me traversait l’esprit au moment de faire un nouvel achat. Maintenant, je souhaite mettre mon argent là où je l’ai décidé. Qu’est-ce que ça change ? Eh bien, prendre une décision consciente implique un choix, une réflexion entre plusieurs possibilités. Parfois cela peut susciter des questionnements dans l’entourage mais ce n’est pas grave. Tant que je me sens cohérente, tout va bien. La phrase « acheter c’est voter » me revient souvent en tête et prendre chaque jour un peu plus d’ampleur.

*Par exemple, Je comptais acheter mon nouvel ordinateur en reconditionné mais j’ai finalement opté pour un neuf… 

Rejeter quelque chose en bloc

Avoir un avis tranché n’est pas une mauvaise chose en soit sauf que parfois cela m’empêche de découvrir de nouvelles choses car je ne suis pas ouverte à ce que je ne comprends pas. Ces derniers mois, j’essaye d’avoir une approche plus douce en partant du principe que je peux faire confiance à mon instinct: je prends ce qui m’apporte quelque chose, je laisse de côté ce qui ne me parle pas. L’exemple de la religion ou de la spiritualité peut être un bon exemple. Dans mon cas, j’ai reçu une éducation religieuse que je rejette car mes expériences m’ont montré une institution dans laquelle je ne me reconnais pas (du tout, du tout, du tout). Néanmoins, je comprends que la foi puisse avoir une place prépondérante dans la vie des individus, elle peut donner un sens à leur vie, un réconfort, un moteur. Tout ce qui touche à la religion ou à la spiritualité peut donc provoquer en moi un rejet en bloc sauf qu’en faisant cela, je me ferme aux subtilités qu’elle peut impliquer. J’apprends à me faire confiance, à avoir une spiritualité sans nom, sans forme définie, sans mot pour la décrire, protéiforme, libre, quelque chose qui m’est propre et qui ne s’associe à aucun mouvement.

M’imaginer passager au lieu de conducteur de ma vie

Nous sommes beaucoup à vivre notre vie comme spectateur et non pas comme acteur. C’est fou le temps qu’il m’a fallu pour m’en rendre compte… Peut-être car cela est plus simple car c’est un moyen de nous créer des excuses pour ne rien faire ? Je n’en sais rien. Cette manière de voir la vie me donnait la sensation de ne pas pouvoir changer ma situation, que tout était joué d’avance. Nous n’avons pas toutes les cartes en main, c’est évident, mais celles que j’ai, pourquoi les mettrais-je de côté ? Ce serait dommage. Devenir actif demande à dépasser beaucoup de peurs et ça n’est clairement pas confortable mais c’est gratifiant. C’est comme découvrir sa vie sous un nouveau jour.

Repousser les choses qui me font du bien

La bataille ultime ! Nous savons tous ce qui nous ferait du bien, mais passer à l’action, c’est encore autre chose. Nous avons tous entendu une blague sur les personnes qui prennent un abonnement à la salle de sport mais qui n’y vont qu’une fois. Ce que je découvre c’est que le bonheur ça se travaille, ça demande des efforts, c’est décider que notre bien-être fait partie de nos priorités et agir en conséquence. Au final, c’est en lien direct avec le point précédent. Reprendre le contrôle de son navire et se débarrasser petit à petit de cette sensation d’impuissance qui peut nous habiter.

Me focaliser sur le détail qui fâche

Ce point pourrait s’apparenter à l’art de voir le verre à moitié vide. Il n’est pas possible que tout soit parfait, alors pourquoi s’accrocher à cet espoir ? Pourquoi se gâcher une soirée parce que quelqu’un n’a pas pu venir alors que vous avez tous vos autres amis autour de vous ? Je me demande si cette manière de se focaliser sur le négatif n’est pas la partie visible d’un iceberg beaucoup plus grand. En ne voyant que cela, nous renforçons notre idée initiale qu’il ne nous arrive que la vie n’est faite que de déception. Cette croyance est là, tapie dans notre inconscient et elle cherche à se nourrir de toutes les petites choses qui peuvent lui donner raison. Si cette pensée invasive n’était pas là, nous aurions peut-être une vision moins biaisée des événements.

Bonus: imaginer que je suis en proie à une mort imminente

J’ai retrouvé mon feu créateur

C’est rigolo de voir comment les choses se connectent ensemble. J’ai pensé à ce titre d’article il y a peut-être une semaine. J’avais hésité à mettre une expression plus neutre telle que « énergie créative » et en plus je le trouvais un peu racoleur. Qui suis-je pour dire comment on retrouve son feu créateur ? Soudain, dans une de mes lectures, je tombe sur un chapitre portant exactement ce nom. J’en ai déduis que je devais le garder comme tel.

Pour répondre à ma propre question, je ne peux pas dire comment on le retrouve, je peux simplement témoigner de ma propre expérience.

Sa disparition

Le feu créateur. J’en avais presque oublié l’existence tellement je m’étais éloignée de mes envies. Sachant que j’exerce un métier créatif, c’est assez terrifiant de me dire que je l’avais autant égaré. J’ai énormément appris depuis le début de mes études, que ce soit apprendre à générer des idées, à trouver de l’inspiration ailleurs et à avoir une méthodologie de travail mais j’ai aussi appris en parallèle à limiter l’importance du feu créateur, la passion. C’est un travail, il ne faut donc pas qu’un salarié ne puisse pas produire car il ne le sent plus.

Ce qui est étonnant, c’est que j’étais inspirée parfois, oui, mais rien à voir avec l’énergie monstrueuse que nous provoque le feu créateur. On a la sensation de pouvoir déplacer des montagnes à la force de nos bras, on a des problèmes pour dormir car on a des idées qui jaillissent non-stop dans la tête. L’énergie se propage dans notre corps, ce sont des moments très intenses. Tout cela avait disparu.

L’image qui me vient en tête est celui d’un champ, qui aurait été cultivé de manière intensive et qui m’aurait laissé à sec, appauvrie, et épuisée.

Il y bien eu des petits soubresauts d’énergie par ci, par là. Se réveiller le samedi matin et avoir une idée de projet en tête à mettre dans mon portfolio puis bosser dessus pendant tout le weekend, mais cela restait anecdotique comparé à avant. J’ai toujours eu des projets, des envies, des fantasmes alors je voyais bien que quelque chose clochait.

À l’heure où j’écris, cela fait 3 mois que j’ai quitté mon dernier travail [ndlr. article écrit début juillet]. Tout ce temps a été nécessaire pour retrouver ce feu. Je pensais pourtant à ce moment là qu’il ne faudrait que quelques semaines pour voir revenir forces et inspiration. C’était complètement naïf et issu d’une pensée productiviste de la création: « d’accord pour quelques semaines de repos mais il faudra repartir sur les chapeaux de roue ! » sauf que mon corps et mon esprit n’en avaient que faire.

J’étais en jachère, j’ai attendu.*

Je ne me suis pas forcée à dessiner alors que je n’en avais pas envie, ou à faire des projets en plus pour mon portfolio. J’ai lu des livres, des articles sur des sujets qui m’intéressent et non pas dans le but de faire de la veille. Je me suis nourrie.

Sa réapparition

J’imagine que j’étais entrain de finir un cycle dans ma vie. Ces cycles nous les connaissons tous et même si nous n’arrivons pas à les nommer, nous les ressentons très forts. La nature suit inexorablement son cours. Les choses commencent, évoluent, finissent.

Finalement, quelques mois après, je ressens soudain ce feu. Il est là, il m’empêche de dormir, c’est comme une envie de pisser. Je noircis des pages entières d’envies, de discussions intérieures, d’idées de choses à créer.

Je ne sais pas s’il y a un seul élément déclencheur. Ce serait plutôt le résultat de plusieurs énergies qui se rencontrent.

  • Je suis sortie plusieurs fois de ma zone de confort pendant mes mois de « jachère ». Étant de nature anxieuse et timide, les événements sortant de mon quotidien bien balisé peuvent facilement m’effrayer malgré l’attrait que j’ai pour eux. À plusieurs reprises j’ai dit « oui » avec mon coeur à des choses où mon cerveau me disait « non ». Cela aurait été plus simple de dire non, mais je l’ai fait et je suis heureuse de ne pas avoir écouté mon angoisse. Dans ce territoire, il n’y a pas de petite victoire.
  • Il m’arrive d’avoir des moments de descente où mon moral est très très bas.  Récemment, quand j’en ai eu, j’ai été très épaulée par mes amis. Sentir ce soutien met beaucoup de baume au coeur. Leur présence, leurs mots doux, me permettent de remonter plus vite à la surface. Pendant que j’échangeais sur mes doutes avec eux, j’ai pu me rendre compte de la confiance qu’ils avaient en moi et lorsque nous sommes dans une période où la confiance en soi manque, ça change tout.

Ce feu que je pensais perdu, que j’imaginais comme une peau de serpent dont j’aurai mué, était en fait toujours là. Il y a toujours des petits crépitements de vie qui attendent qu’on les nourrisse pour devenir une flamme qui ne demande qu’à grandir. Depuis, dès que je le sens revenir, je m’y adonne. J’écris des articles, je prends des photos, je fais des dessins. Il faut le prioriser, le favoriser.

*Tout en continuant mes recherches d’emploi. Cela aussi est une longue histoire.

25 ans, l’année de tous les changements

Bonjour, bonjour ! 🙂

Aujourd’hui, je prends la plume pour faire le point sur l’année passée et réfléchir sur mes envies pour l’année qui arrive.

Il y a des années plus simples que les autres et celle-ci n’en fait clairement pas partie mais ce n’est pas forcément négatif. Il s’est passé énormément de choses et j’ai fait face à de nombreux challenges. Toutes mes convictions ont été chamboulées et j’ai beau avoir appris de nombreuses leçons, je continue à tâtonner pour trouver mon chemin.

Faisons le bilan…

1. L’année où j’ai démissionné

Cela fait plusieurs fois que j’en parle, donc je m’excuse si certaines sont las. Néanmoins, je ne pouvais pas passer outre car ce fut sûrement L’Étape décisive de cette année. Partir d’une situation qui ne nous convient plus est parfois plus dur que ça en l’air. On se remet en question, on doute, on a peur de l’avenir et puis on fait ses comptes. L’adage est bien connu: on sait ce qu’on perd mais pas ce qu’on trouve. Rien n’est là pour nous rassurer. Étant de nature anxieuse, faire ce pas m’a donné un bon coup aux fesses pour remettre les choses à plat. Ce n’est pas une décision que tout le monde peut se permettre de prendre mais je le pouvais, alors je l’ai fait. J’essaye de faire de cette expérience quelque chose qui me force à grandir et que je ne pourrais pas regretter.

2. L’année où je me suis mise sérieusement au minimalisme

Pour faire peau neuve, j’ai trié. Beaucoup trié. Malgré tout, mes armoires continuent d’être remplies de choses en trop alors je vous laisse imaginer avant… J’apprends à me détacher doucement des choses et à ne plus rendre chaque objet sentimental. Si je perdais la bague de mes 25 ans, il me semble normal d’avoir un contre-coup mais me sentir triste car je ne peux plus mettre un t-shirt que j’ai usé jusqu’à la corde, c’est un peu trop. Mettre trop de sentiment dans des choses inanimées m’amènent à tout accumuler. J’essaye de réguler les objets qui rentrent dans ma vie mais ce n’est pas simple.

Le minimalisme s’est aussi immiscé dans mon état d’esprit. Se remettre en question, se demander « De quoi ai-je besoin ? », « Est-ce nécessaire de s’énerver pour ça ? ». Je m’apaise, petit à petit. Mon copain est là pour me rappeler de prendre les choses comme elles viennent quand je commence à résister. Mes conflits internes sont toujours présents, ce qui est normal, mais ils s’espacent et c’est agréable.

3. L’année où ma conscience écologique s’est réveillée

Je pense que ce changement est lié à tous ces tris que j’ai effectué. Ca chamboule de se rendre compte qu’après 7 ou 8 allers-retours à la benne à vêtements, il y avait encore et toujours des choses en trop. Je me suis rendue compte de la montagne d’objet en ma possession et ce que cela pouvait signifier à l’échelle mondiale.

J’ai remarqué que souvent lorsque je tentais quelque chose qui pourrait être labellisé comme « Bobo/Écolo », les gens étaient prompts à m’interpeller et vouloir me pousser dans mes retranchements. Je ne comprends pas cette réaction teintée d’agressivité. Qu’est-ce que cela signifie ? Pourquoi cette violence ?

Je vous ferais peut-être un article sur les changements précis que j’ai effectué, tous les petits gestes écolos qui se sont intégrés petit à petit dans ma vie mais je ne me sens pas légitime de parler sur ce sujet. Si le zéro déchet vous intéresse, il y a déjà beaucoup de blogs très complets qui vous guideront dans votre cheminement. Vous pouvez en trouver quelques-uns sur mon article concernant le Minimalisme : les blogs & les comptes instagram.

Globalement, mes efforts furent axés sur la réduction de déchet et une revisite de mes habitudes de consommation.

4. L’année où je suis allée voir le psy

Je vous ai déjà raconté comment j’ai réussi à passer le cap sur Amavi. Ce fut un moment crucial. J’ai entamé ce travail il y a 9 mois maintenant et je ne peux que me remercier d’avoir fait ça. J’ai accepté que j’avais besoin que l’on m’aide pour avancer, qu’on ne peut pas toujours tout faire soi-même, qu’on avait le droit de ne pas se sentir bien malgré toutes les belles choses présentent dans nos vies et qu’accepter cela ne fait pas de moi une mauvaise personne. J’apprends doucement que pleurer c’est commencer à guérir et qu’il y a des endroits où je peux lâcher prise.

5. L’année où je commence tout juste à me faire confiance

C’est dur, mon dieu c’est dur. J’essaye de m’écouter, j’apprends que parfois le fait de ne pas m’acharner sur un sujet, laisser reposer quelques temps peut m’aider à mieux y revenir plus tard. J’essaye de ne pas m’en vouloir si je ne suis pas un robot productif et que j’ai besoin de repos, d’aller plus dans le ressenti alors que j’ai l’habitude de continuer contre vents et marées malgré les signaux que mon corps m’envoie.

6. L’année où je l’ai dit: Je suis végétarienne

Oh man. Cela est un long sujet. Mes questionnements ont commencé à l’adolescence puis ont continué jusqu’à aujourd’hui. Le plus dur est de l’affirmer car on sait très bien que l’on aura parfois des réactions pas franchement bienveillantes. Comme pour la fibre écolo dont je parle au dessus, vous ne savez jamais si vous êtes bons pour un interrogatoire. Certaines personnes s’expriment de manière que nous avons l’impression qu’on leur doit des explications, alors qu’au fond, cela ne les regarde même pas. Le fait est que beaucoup de nos moments de convivialités sont autour de la nourriture, il est donc difficile que cela passe inaperçu.

7. L’année où j’ai approfondi ma pratique du yoga

Les semaines où je n’ai pas pratiqué furent rares et j’en suis très heureuse. J’ai souvent réussi à avoir plusieurs moments dédiés à ma pratique dans une semaine et j’ai osé me confronter à des postures que je n’avais pas envie de travailler jusque là. J’ai un sentiment de malaise face à certaines postures car je les voyais beaucoup sur les comptes de yoga sur Instagram ou Pinterest que je suis et elles m’obsédaient autant que j’en faisais un rejet total. J’ai donc surpassé ce blocage et je travaille là dessus à mon rythme.

8. L’année où j’essaye de vaincre ma phobie administrative

C’est simple, si j’en avais les moyens j’aurai quelqu’un pour faire tous les papiers possibles et imaginables. Il suffit de voir un courrier arriver sous ma porte me demandant de joindre 3 documents différents pour que la sensation d’étouffement arrive. Tellement d’organismes qui n’ont aucun moyen de communication les uns des autres, tellement spécificités à chacun… et aucun endroit commun qui pourrait nous aider à naviguer entre tout ça. En gros, c’est une dépense d’énergie que j’aimerais ne pas avoir.

L’année où j’essaye d’ouvrir mon esprit
L’année où j’ai fait un road trip avec mon père
L’année où j’ai fait ma première retraite de yoga
L’année où j’ai réouvert un blog
L’année où j’ai recommencé à écrire
L’année où j’essaye d’aller contre mes craintes

Pour l’année à venir…

Mes envies pour l’année à venir sont à la fois flous et précis, difficiles et pourtant atteignables… Je ne sais pas exactement comment les formuler car j’ai parfois peur de vouloir quelque chose de très concret, d’aller jusqu’à lui et de me rendre compte que ce n’était pas ce dont j’avais besoin. Néanmoins, cela nous permet d’avancer malgré tout, mais vous voyez ce que je veux dire.

Retrouver mon indépendance financière
Être quelque part où je me sens chez chez moi, libre de créer comme il me plait
J’aimerais changer de ville, ce qui n’est pas nouveau
Aller jusqu’au bout et même encore plus loin que ce que j’imagine pour mes projets
Être fière de ce que j’aurai fait
Bonus: avoir trouvé un rythme financier et de travail qui me permette de savoir si je peux accueillir un chat ou un chien dans ma vie.

Allé, c’est parti pour mes 26 ans !

Sibylle

Le développement personnel & moi : un conflit

S’il y a bien une chose étonnante, c’est que je fasse un blog qui traite de développement personnel. N’importe lequel de mes amis pourra vous dire que je porte un regard très critique sur ce business voire que je suis pétrie de perplexité à son égard. Ai-je eu une illumination et me suis-je mise à acheter tous les livres du rayon à la Fnac ? Non.

Un business avant tout

J’ai longtemps été persuadée que ce business profitait de la faiblesse des gens pour mieux leur extorquer de l’argent, que les consommateurs de ces livres et formations cherchaient une paix intérieure qui n’existe pas et qu’ils étaient voués à chercher indéfiniment de nouvelles solutions à leurs problèmes et donc à toujours consommer de nouveaux produits.

Ma vision actuelle des choses est que ce système ne s’applique pas seulement au développement personnel mais que c’est tout simplement comment marche notre monde. Toujours créer de nouveaux produits pour non pas répondre à vos besoins mais pour en générer des nouveaux.

Mon avis n’a donc pas fondamentalement changé concernant le business mais ce qui est différent c’est que je comprends maintenant qu’il existe réellement des outils qui peuvent avoir une influence positive sur notre mental et nous aider à mieux vivre notre vie.

Le déclic

Que s’est-il passé ? C’est un mélange de plusieurs facteurs.

Il y a un peu plus d’un an maintenant, lorsque j’étais déjà au creux de la vague et que je me sentais dépérir chaque jour un peu plus, je suis tombée sur des podcasts traitant des digital nomads. La plupart étaient des hommes parlant à bâtons rompus de leurs idées d’entreprises, de leurs parcours d’entrepreneurs et comment ils se faisaient de l’argent plus ou moins passivement. Je me sentais à l’opposé de ces personnes car je n’ai jamais nourri l’envie d’être entrepreneur, et que j’étais clairement plutôt dans l’optique d’être salariée avec des revenus stables pour pouvoir acheter un appartement quelque part dans les années à venir*.

Pourtant, au fond de moi-même, sans m’en rendre compte, un déclic s’était fait. Je voyais qu’il y avait d’autres modes de vie que les gens autour de moi. Que certaines personnes avaient une relation différente avec la notion d’argent et de travail. Surtout, ce n’était pas une personne qui parlait de son expérience comme un gourou mais plusieurs personnes qui s’exprimaient et dont les expériences se ressemblaient. S’ils étaient autant c’est qu’au fond possible.

On pouvait avoir une autre conception de la vie que le chemin classique.

Une nouvelle vision des choses

A partir de là, j’ai senti que le moule dans lequel je m’étais efforcée de vouloir rentrer me faisait suffoquer. Je commençais à me demander ce qui m’importait, à moi personnellement, sans prendre en compte ce qu’on attendait de moi.

C’est en parallèle qu’a commencé mon cheminement vers le minimalisme. Je me posais des questions sur mes valeurs, mes envies, l’avenir que je voulais.

À un moment, il m’est devenu intolérable de subir la situation. Il fallait de toute urgence que je recommence à avoir du respect envers moi-même sans quoi je me mettais en danger (mentalement). J’ai pris la décision de m’écouter, coûte que coûte même si je ne savais pas où cela me mènerait. J’ai décidé d’avoir confiance en mes capacités.

Je peux vous dire que c’est un pas gigantesque, et c’est sûrement cela que tous les livres de développement personnel essayent de provoquer: la confiance. Avoir la foi en nous. Ne pas se raccrocher à un élément extérieur qui nous prendrait la main. Être sa propre boussole et prendre ce qu’il y a à prendre partout où on passe.

Je me dois de nuancier mon propos: ma décision de partir de la boîte où j’étais depuis plusieurs années a été appuyée par ma famille. Je savais que je n’étais pas seule. C’est une chance. Grâce à ça j’ai réussi à sauter dans le vide l’esprit un peu plus serein, et j’ai déployé mes ailes pendant la chute.

Ce n’est pas vivre dans le monde des bisounours

Dans les mois qui suivirent, le destin m’a mis des obstacles sur la route, mais j’avais appris la leçon. Je me respecte et je sors des situations où on ne m’en montre pas.

Bien sûr tout n’est pas rose, et j’ai pleuré, j’ai encore la boule au ventre quand je me réveille parfois, il m’arrive de douter mais maintenant je ne suis plus passive de ma situation, je me fais confiance pour trouver le chemin.

Pendant ces longs mois d’incubation, j’ai trouvé sur la route des gens inspirants, ou des livres qui m’ont ouvert l’esprit ou encore j’ai découvert une manière de penser qui m’aide à avancer au lieu de tergiverser inlassablement. C’est tout ça que je souhaitais partager avec vous dans ce blog.

Alors non, je ne connais tous les grands noms du développement personnel, et je n’en ai honnêtement pas grand chose à carrer, je ne connais pas non plus les méthodes existantes. Je ne peux parler que des sujets qui m’ont aidé à titre personnels. Tout ce que je peux dire c’est que j’ai parcouru un long chemin.

Much love,

Sibylle

*C’est toujours un de mes projets, mais dans un peu plus longtemps que ce que j’imaginais.

Interview Créa #1 – Manon Lecor

Nous inaugurons aujourd’hui une nouvelle catégorie sur ce blog : L’interview Créa ! Mon but étant de partager avec vous des portraits de personnes créatives exerçant des métiers différents les uns des autres. J’aimerais que l’on y discute de nos méthodes de travail pour créer, nos inspirations, nos blocages, nos doutes… Que vous exerciez un métier dit « créatif » ou non, vous pourrez vous y retrouver, découvrir comment ces personnes abordent leurs projets et même parfois tomber sur un mot, une phrase, qui résonnera en vous et vous aidera à avancer sur vos propres projets.

Pour cette tout première interview, je suis très heureuse de vous présenter celle de Manon Lecor ! Vous avez pu voir dans mon précédent article Minimalisme #2: blogs & réseaux sociaux qu’elle faisait partie des personnes qui m’inspirent au quotidien. Manon tient donc un blog sur le minimalisme, le zéro déchet et la mode éthique. J’aime son franc-parler et surtout son refus de rentrer dans une case bien définie. Elle n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat quand elle en ressent le besoin, et j’apprécie cette envie de ne pas être une « vitrine » bien propre, bien lisse de soi-même sur les réseaux sociaux.

Pour cette interview nous allons nous intéresser à son travail d’écriture car Manon est aussi écrivain. En parallèle avec son activité en auto-entrepreneur de formation en réseaux sociaux et rédaction web, elle a publié son premier roman « Quand s’en ira la peur ». Elle est en ce moment en plein travail d’écriture sur de nouveaux manuscrits et son prochain roman ne devrait pas tarder à trouver maison d’édition à son pied. C’est en tout cas tout le bien que je lui souhaite !

Pour commencer, te considères-tu comme une personne créative ?

J’ai mis du temps à l’admettre mais oui ! Il faut bien le dire, je suis une personne qui s’épanouit dans la création. Pour mon cas, ce sera surtout l’écriture et la photographie, parfois le dessin. Avec du recul, même j’ai toujours été dans cette logique de « création » mais sans le savoir évidemment car personne ne vient nous dire un jour « dis donc, quelle créativité ! ».

Pour beaucoup de personnes, il est difficile de se lancer dans un projet créatif (comme celui d’écrire un livre). As-tu eu du mal à te lancer dans l’écriture de ton premier roman ?

Se lancer n’est pas le plus dur. Le plus dur c’est d’aller au bout. Quand j’ai commencé à écrire mon livre, j’étais dans une période calme, une période « de rien », j’avais du temps et j’ai commencé à écrire quelques lignes sur mon ordinateur. Puis ça a donné une vingtaine de pages. J’ai alors compris que quelque chose pouvait naître… Et c’est là où la difficulté commence. Comme un footing qui commence comme une promenade et qui se transforme peu à peu en marathon, ce serait dommage de ne pas franchir la ligne d’arrivée.

Maintenant que tu en es à l’écriture de ton quatrième roman, as-tu trouvé la méthode de travail qui te convient pour écrire ?

J’ai écrit 2 romans, l’un est publié, l’autre est envoyé aux maisons d’édition. Je travaille sur deux autres manuscrits en même temps. Pour le premier, je n’ai eu aucune méthode et ça a rendu la tâche bien plus douloureuse. Pour le deuxième, j’ai appliqué une méthode. Élaborer un plan et mon idée était aussi plus précise. Pour le troisième, je suis en roue libre et le quatrième, je fais comme pour le deuxième : un plan précis et en plus une discipline de fer : j’écris tous les jours 1000 mots. Je compare souvent la démarche créative au sport, mais si on ne se donne pas des objectifs, il y a le risque de se laisser aller et laisser le temps passer. Hors le temps est la composante la plus importante pour la création.

[…] une discipline de fer : j’écris tous les jours 1000 mots.

T’est-il déjà arrivé d’avoir des blocages créatifs comme celui de la page blanche ? Si oui, comment as-tu réussi à le faire passer et comment évites-tu d’en avoir ?

Ce n’est pas tant la page blanche, mais plutôt le « je suis nulle ». Parfois, je me force à écrire alors que mon mental me hurle que je suis nulle, que ce que j’écris est mauvais, mais tant pis j’avance. Après je relis. Parfois c’est nul, mais au moins j’ai avancé dans mon histoire et je peux le rectifier. Parfois, c’est pas si mal et deux trois retouches suffisent pour améliorer le texte. Il faut en tout cas y aller. Les artistes, les créatifs d’aujourd’hui et d’avant aussi, n’ont toujours montré que le meilleur mais il faut faire des choses mauvaises pour faire des choses bonnes. Je compare ça plutôt à la cuisine au lieu du sport cette fois-ci : parfois, on fait un excellent gâteau et la fois suivante, avec la même recette, il n’est pas bon. L’histoire de quelques degrés dans le four ou alors une autre marque de farine. Et parfois quelque chose qu’on considère comme mauvais va être adoré par les gens.

[…] mon mental me hurle que je suis nulle, que ce que j’écris est mauvais, mais tant pis j’avance.

Dans mon métier de designer graphique, nous sommes en recherche permanente d’inspiration. Est-ce pareil dans le travail d’écriture ?

Bien sûr ! L’inspiration est pour moi le carburant de mon cerveau. On absorbe les choses, les idées, les créations des autres et on la transforme pour en sortir quelque chose d’autre et ainsi de suite. Sans inspiration, il n’y aurait pas d’oeuvre ou de création. Quand on va dans un musée, on peut reconnaître l’époque d’un tableau uniquement par le style, parce qu’à une époque tout le monde avait le même « style » mais chacun avait son « truc ». Je vais même plus loin en disant que pour apprendre à créer, il n’est pas mal de copier. Si je ne me trompe pas, c’est Sartre qui, lorsqu’il était enfant, écrivait à sa sauce les histoires qu’il lisait dans les livres. Il copiait l’histoire mais l’écrivait avec son écriture.

A-t-il été compliqué pour toi de dire que tu étais écrivain ? Étais-tu intimidée par le regard des autres sur ton travail ?

J’ai pu le dire une fois publiée. Avant, je ne le disais pas. Le problème du métier d’écrivain, comme tous les métiers créatifs, est qu’il faut montrer patte blanche. Être publié pour un écrivain, être exposé pour un peintre ou un photographe, avoir fait les études qu’il faut pour un graphiste, etc…

Ressens-tu l’influence de ton mental sur ta créativité ? Arrives-tu à le gérer facilement au quotidien ?

Mon mental est mon pire ennemi et mon meilleur ami en matière de création. Depuis que j’ai accepté d’être une créative, mon mental s’en donne à coeur joie. Rien que de répondre à cette interview, je ressens le syndrôme de l’imposteur. Mais je crois qu’on est tous touché par ça. Qui peut dire « mon oeuvre, mon dessin, mon livre, ma photo est incroyable ». En tout cas, j’essaye de ne pas trop me dévaloriser seule, bien que je le fasse beaucoup en public (ça me rassure de dire que je suis nulle avant les autres puissent le dire). Et depuis quelques temps, grâce à ma pratique de la photo argentique, je me surprends à être fière de certains clichés que je fais, et je le dis sur les réseaux sociaux.

Mon mental est mon pire ennemi et mon meilleur ami en matière de création.

Pour toi, qu’est-ce qui te semble le plus dur à vivre en tant qu’auto-entrepreneur ? Et en tant qu’écrivain ?

La précarité, la solitude et la non-compréhension. Je gagne à peine 1,7€ par livre vendu, je ne gagne pas ma vie, je n’ai pas de reconnaissance sociale. Les gens pensent souvent que, parce que tu as des abonnés sur Instagram, parce que tu as écrit un livre, ta vie est simple et que tu n’es pas à plaindre. Mais la précarité des artistes est un fait ! Et un ami écrivain (connu) m’a dit un jour : « prépare toi à ne jamais vivre de ton écriture ». Mon activité en Freelance est une super expérience mais peu sont les gens qui comprennent que lorsqu’on vend une prestation 100, 200, 300€, on en verra à peine la moitié sur notre compte bancaire.

Idem, mais cette fois, qu’est-ce qui te semble le plus gratifiant ?

La liberté, le bien-être et le temps. Lorsque j’étais salariée, j’ai toujours eu des relations assez toxiques dans mon entourage professionnel. On ne choisit pas les gens avec qui on travaille et pire, on passe 8 à 10h par jour avec eux. Je perdais ma personnalité et je devenais aigrie. Je devenais le cliché du « le patron c’est un con » et « hors de question de faire des heures supplémentaires ». Ma vie était chronométrée. Aujourd’hui, je ne me pose plus la question. Parfois, je ne fais rien, parfois je me mets au travail très tôt. Parfois je n’ai pas de client, parfois j’ai plein de missions d’un coup. Travailler à son compte, c’est être dans un grand pré, travailler dans une entreprise, c’est être enfermée dans une toute petite pièce.

As-tu reçu des conseils qui t’ont aidé pour avancer dans la vie professionnelle et créative ?

J’ai reçu toutes sortes de conseil : trouve un job stable et bien payé pour continuer à écrire, achète une maison au lieu de payer un loyer… Ma vie n’est rassurante pour personne, pas même pour moi. Les conseils servent souvent à sécuriser une action. Quand j’ai besoin d’un conseil, je cherche sur internet ou auprès des personnes qui m’inspirent. Une entrepreneuse de Los Angeles a dit un jour qu’elle ne voulait pas créer qu’une seule activité (elle travaille dans la mode), au lieu de créer une marque. Elle en a lancé 4. Comme ça, si l’une se casse la binette, il en reste d’autres pour continuer. Je trouve que c’est un bon conseil. Et un autre conseil reçu ce week-end pendant le concert de Patti Smith à la Route du Rock de Saint-Malo. Elle a dit « Be healthy, be happy and be fucking free ».

As-tu des ressources (livres, blogs, podcasts…) qui t’ont aidé à trouver la voie qui te convenait ? Qui t’ont aidé à te poser les bonnes questions ?

La première chose qui m’a aidé à me poser les bonnes questions, c’est ma santé et mon corps. J’étais toujours mal, et c’est ça qui m’a aidé à me dire « tiens tiens, si j’essayais autre chose ». Ensuite des livres m’ont beaucoup aidé, notamment l’autobiographie de Simone de Beauvoir (tous les tomes). J’ai appris grâce à sa vie que je n’étais pas obligée d’être une femme, comme on l’entend aujourd’hui. Béa Johnson avec son livre sur le zéro déchet a aussi radicalement changé mon existence et mon rapport à la planète. Les Minimalists avec leur documentaire m’ont appris à revoir ma vision du bonheur (que je liais beaucoup à l’argent). Niveau podcast, l’émission de France Inter Grand Bien Vous Fasse est géniale pour tous les sujets liés au développement personnel. Le livre les 4 accords toltèques m’ont appris aussi qu’il ne faut rien prendre personnellement et ne pas faire de supposition. La clé du bonheur. Et enfin, je dirai qu’il faut être curieux. Se détacher des informations qu’on nous donne pour aller voir ailleurs : les autres pays, les autres cultures… Ça développe l’empathie et c’est assez chouette comme outil pour la créativité. Se mettre à la place de quelqu’un d’autre pour comprendre ses actes, c’est une grande richesse.

J’étais toujours mal, et c’est ça qui m’a aidé à me dire « tiens tiens, si j’essayais autre chose »

Initialement, je pensais vous faire une conclusion reprenant plusieurs points qui me semblaient intéressants à explorer mais l’interview étant très riche, je vais éviter de vous faire une longue conclusion et je vais simplement vous laisser vous reposer sur tout cela.

Merci Manon d’avoir accepté de répondre à mon interview et de l’avoir fait avec autant d’implication. Je pense sincèrement que ces réponses sont un très bon terreau de réflexion.

À bientôt tout le monde,

Sibylle