Pourquoi il faut repenser l’usage du téléphone

Recevoir des mails, des textos, des appels, du courrier, des messages sur messenger, des messages sur instagram, c’est trop pour moi. C’est tout simplement trop.

Trop de conversations simultanées

Mes notifications sont déjà réduites au minimum depuis plusieurs mois et je passe le plus clair de mon temps avec le téléphone en mode « Ne pas déranger ». Malgré tout, il m’arrive d’avoir simplement envie de l’abandonner quelque part. Centraliser mes moyens de communication dans une seule interface commence à devenir un besoin urgent. Cette démultiplication des messageries cache parfois la réalité: une montagne d’interactions journalières.

Eparpillées sur plusieurs applications, nous pouvons avoir l’impression que tout va bien. Seulement quelques messages ici, d’autres là bas… mais nous nous retrouvons à avoir… des dizaines de conversations en parallèle ! Ce ne sont pas des discussions que vous avez les unes après les autres car vous croisez X ou Y personne dans la rue. Ce sont réellement des conversations qui se passent au même moment. Lorsque vous répondez à une personne, vous pouvez avoir une notification qui vous prévient que quelqu’un a interagit sur une autre.

Le cerveau peut être fatigué de jongler entre plusieurs sujets et un autre concept se dévoile… ces conversations n’ont pas de fin.

Perdre le goût de l’échange

Le téléphone me semble indispensable. Je souhaite pouvoir appeler les secours, retrouver mon chemin ou prévenir d’un retard. Néanmoins, je vois bien qu’il y a quelque chose qui cloche et qui créé de l’inconfort. Il faut que quelque chose change, que je réfléchisse à un nouveau système qui me conviendrait mieux. Ces habitudes sont finalement assez récentes mais je commence à me rendre compte à quel point elles sont déjà ancrées (addiction j’entends ton nom ?).

Souvent, j’aimerai mettre tout sur pause. Parfois, je n’ai même pas envie de répondre aux messages, même si ce sont mes amis. Il y a tout le temps un nouveau « projet » qui démarre. Un projet ! Est-ce normal que ce soit l’impression que cela me donne ? Voir mes amis devient donc un projet où je dois être pro active ? Oh man. Toujours de nouvelles choses à organiser, des doodles à créer, des dates à booker, des cafés à replanifier.

C’est n’importe quoi.

Ce qui m’inquiète c’est aussi de me dire que cela, je le vis… à mon échelle ! Une toute petite échelle ! Je n’ose imaginer pour les personnes connues ou des personnes qui retrouvent 15 appels manqués lorsqu’ils prennent simplement une heure pour aller au sport…

Reprendre le contrôle

Je ressens le besoin de reprendre le contrôle sur tout cela. Il y a quelques mois, j’avais pris la décision d’enlever Whatsapp qui prenait de la place sur mon téléphone. Est-ce que Messenger est le prochain sur la liste ? J’y réfléchis. (note: je relis l’article, et il s’avère que l’application ne marche plus sur mon téléphone depuis quelques jours. J’imagine que cela règle l’affaire)

Imaginons, je fais un ménage radical. Je repars de zéro. Génial ! Sauf que… je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces conversations qui resteront sans réponse car les personnes ne sauront pas que j’ai quitté la plateforme.

Un point important à soulever: est-ce que je ne serais pas entrain de me laisser tyranniser par… la technologie ? Sauf que c’est moi qui utilise cette technologie. C’est moi qui installe ces applications. C’est moi qui accepte de rentrer dans la danse, donc on y revient toujours: c’est à moi de prendre mes responsabilités sur la manière dont j’utilise mon téléphone. Personne ne m’oblige à le prendre en main toutes les 5 minutes.

Je suis donc entrain de réfléchir à différentes types d’organisation. Pour l’instant, elles ne sont pas testées mais voici mes pistes de réflexion:

Idée #1: Éteindre le téléphone sur certaines plages horaires

De cette manière, je m’assure un nombre d’heures où personne ne peut me demander quoi que ce soit. Naturellement je me dis que je pourrais faire ça le soir pour m’empêcher de regarder mon téléphone juste avant de dormir sauf que c’est en général le moment où mes parents m’appellent. Je n’aimerais donc pas que cela engendre un espacement de nos appels. Peut-être que l’inverse est envisageable: décider que je n’allume mon téléphone qu’à partir de 16h par exemple ce qui pourrait me permettre de passer la matinée et une partie de l’après-midi sans téléphone.

Idée #2: Désinstaller Messenger, poster sur Instagram uniquement via Gramblr

Dans ce cas de figure, j’enlèverais donc les deux applications de mon téléphone. Deux questions me viennent en tête: comment expliquer aux gens sur Instagram que je ne vois pas leur DM ? D’autant plus que c’est la messagerie qui au final est la plus agréable d’un point de vue contenu. J’ai vraiment la sensation que les échanges sur instagram de part leurs caractères bienveillants sont ceux qui me font le plus de bien. Néanmoins, je vois bien que je n’arrive pas à avoir une utilisation saine de cette application. Les notifications sont toutes désactivées mais cela ne m’empêche pas de vérifier toutes les 5 minutes si quelque chose de nouveau s’est passé… Bad habit.

Idée #3: Avoir un téléphone qui sert qu’aux urgences

Bon. C’est sûrement l’option la plus radicale. Changer de numéro, ne donner le nouveau uniquement à sa famille/conjoint·e et donc devenir injoignable pour le reste du monde. Comment ferait-on pour me joindre alors ? Dans ce cas, j’avais en tête de supprimer uniquement les appels et les SMS donc je suis toujours disponible sur les autres plateformes. Messenger, Instagram, mails: on reste loin du mythe de l’ermite.

Je n’exclue pas qu’il devient de plus en plus désagréable de changer de numéro avec tous les comptes qui sont liés ensemble (ex. votre numéro de téléphone est lié à votre compte bancaire, etc). Aussi, je ne sais pas comment je réussirais à ne pas vexer la personne en face de moi lorsque je refuse de lui donner mon numéro malgré notre amitié.

Idée #4: Faire une plage horaire unique où je vérifié mes messages

Ici, nous prenons les choses sous un autre angle. Je ne désinstalle rien, la seule chose qui change est mon self control. Ce n’est donc pas l’option la plus facile à mettre en place paradoxalement puisque je peux retomber à tout moment dans mes travers actuels. Le but serait donc de décider d’un horaire où je ferais le tour de toutes les plateformes et où je répondrais aux messages les uns à la suite des autres sans déroger. Le plus compliqué est de garder la tête froide et de ne pas me dire « ah tiens, et si je vérifiais juste une fois ? ». Je sais qu’il existe des applications qui bloquent carrément l’accès aux applications que nous avons désignées mais j’ai toujours détesté me sentir contrainte… Je pourrais néanmoins tester.

Idée #5: Centraliser toutes mes messageries sur une seule application

Il existe plusieurs applications dont le but est de centraliser tous vos messages pour vous éviter de sauter constamment d’une application à l’autre. Pour ce faire il faut bien sûr donner accès à ses comptes à l’application (j’en vois déjà qui grincent des dents). Pour l’instant je n’en ai trouvé aucune qui répondait exactement à mes besoins. Dans celles que j’avais regardé à l’époque ce n’était au final qu’une fenêtre regroupant plusieurs onglets (Slack, Messenger etc) ce qui n’est pas ce que je cherche. Je cherche quelque chose qui va plus loin et qui par exemple aurait une forme aussi simple que celle des messages textes et qui prendrait en compte TOUT. Les messages seraient donc tous présentés les uns à la suite des autres avec la même esthétique que ce soit mail, sms, instagram, messenger,… En arrivant sur l’application j’aurai donc l’impression d’aller voir mes sms sauf qu’en réalité ce seraient toutes mes interactions réunies.

Avez-vous d’autres idées ? Avez-vous un système qui marche pour vous ? Est-ce que vous ressentez aussi ce poids des conversations simultanées ?

Je reviendrais vers vous si je trouve une manière de faire qui me convient 🙂

A très vite,

Sibylle

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Perfectionnisme: quel type êtes-vous ?

Dans notre vie professionnelle, nous avons tous rencontré des personnes s’auto proclamant perfectionnistes, le brandissant comme une de leur qualité principale dans leur travail. Pourtant, il m’est arrivé d’en observer et quelque chose me dérangeait. Un je ne sais quoi qui instaurait le doute. Quand je pense au perfectionnisme, la première image qui me vient est celle de l’artisan et du savoir-faire. La qualité, délicatesse, le bon geste. Une manière de travailler qui ne prend pas des raccourcis cache misère pour plus de productivité. Un processus de travail en dehors du temps et de la notion de rentabilité. C’est mon image d’Épinal.

Pourtant, en observant certaines personnes un je ne sais quoi m’a perturbé. Leur perfectionnisme m’interrogeait.

Ils n’allaient pas toujours au bout de leur projet mais avaient tendance à recommencer encore et encore. Ils s’échinaient à mettre les premières pierres de leur projet dans différents ordres mais ne passaient pas à l’étape suivante. Ils semblaient bloqués dans une boucle. Ils recherchaient la perfection dans un brouillon au lieu de chercher le potentiel dans le entrain de s’écrire.

Est-ce qu’on ne confond pas perfectionnisme et doute ?

Dès que nous parlons de projets qui n’aboutissent pas ou des personnes qui ont tendance à procrastiner, le mot de perfectionnisme revient sans cesse. « Si je n’arrive pas à aller jusqu’au bout c’est que j’ai peur que ça ne soit pas à la hauteur de mes attentes. J’aimerai que ça soit parfait. » Je me demande si nous n’utilisons pas ce terme par habitude. Quelqu’un recommençant depuis le début inlassablement trouvera plus de réconfort dans le mot « perfectionnisme » que s’il se dit « merde, je n’ai pas confiance en moi ».

Pourtant, je pense qu’il y a bel et bien des perfectionnistes. Disons qu’instinctivement je les vois plutôt comme des gens avec une vision précise de ce qu’ils souhaitent accomplir. Ils ne tergiverseront pas pendant des heures car ce n’est pas le doute qui les habite mais la confiance. Ils savent jusqu’où ils souhaitent mener leur projet et le visualisent dans le moindre détail. Ils savent détecter quand ce qu’ils ont produit représente une bonne base et se mettent à l’améliorer sans cesse jusqu’à ce que cela rejoigne au maximum l’image qu’ils ont en tête.

Deux approches différentes

La différence n’est pas aussi nette et précise dans la vie mais je vois néanmoins une réelle différence dans les deux approches.

L’une espère créer en une seule fois quelque chose d’idéal qui ne nécessiterait pas d’amélioration majeure. Réussir à sortir de soi quelque chose à l’état quasiment fini est un projet pratiquement voué à l’échec… C’est un but inatteignable pour beaucoup de mortels, ce qui peut en paralyser plus d’un.

La deuxième approche me semble être plus objective sur la manière d’aborder un projet. Elle prend en compte la notion de potentiel et d’amélioration que semble réfuter la première. Son perfectionnisme est déterminé et n’est pas le symptôme d’un doute face à ses capacités. Il sait ce qu’il vaut et ce qu’il veut. Il ne lâchera pas tant que son projet n’est pas au niveau mais il ne repart pas de zéro indéfiniment. On solidifie les bases, et on avance. Il voit tous les détails qui nécessitent d’être améliorés et il le fait. Il est exigent mais juste.

Et moi ?

Pour ma part, je ne saurais me situer. J’aurai peut-être dit que j’étais perfectionniste en sortant de l’école mais rétrospectivement je pense que cela aurait été un moyen de cacher mon manque de confiance. Le problème, c’est qu’en étant à la recherche de la perfection, je finis toujours insatisfaite et rien ne trouve grâce à mes yeux. J’essaye de ne plus partir à la recherche de l’impossible mais du meilleur que je puisse fournir avec les facteurs environnants comme le temps alloué au projet, quel est son but, etc. Faire du mieux que je peux sans non plus y laisser ma peau.

Disons que maintenant, je n’ai pas ce mot qui me vient en tête en premier si je dois me décrire.

De votre côté, est-ce que vous voyez où je veux en venir ? Est-ce que vous avez eu des collègues présentant une de ces deux approches ? Peut-être même est-ce vous même ? 🙂

À bientôt,

Sibylle