Se réinventer n’est pas se trahir

Peut-être êtes-vous dans une période où vous vous remettez en question. Peut-être êtes-vous à un moment de votre vie où vous voyez bien qu’il y a quelque chose qui cloche mais vous ressentez une forte inertie à faire quoi que ce soit. Changer est une nécessité pour avancer dans sa vie, pour aller vers ses envies, rêves, objectifs. Pourtant, rien n’est plus dur. On se confronte à cette image qu’on renvoie à l’autre, à ces adjectifs qui nous définissent (enfin… on pensait qu’ils nous définissaient). L’envie de changer peut se faire sentir mais comment passer le cap de l’action ? Après l’envie et la conviction que l’on doit changer, c’est la peur qui prend la place. « Que dirons les autres si je ne fais plus ça ? », « Est-ce que ma famille me reconnaîtra ? », « Qui suis-je si je ne suis plus ce personnage dans le schéma familial/amical ? »

Nous nous mettons tout seul dans des cases. On se convainc que les gens autour de nous souhaitent que nous remplissions tel ou tel rôle. Pourtant, nous pouvons changer si nous nous l’autorisons d’abord. J’ai la chance d’avoir autour de moi des personnes qui se sont toujours ré-adapté à mes changements, sans heurts. Des questionnements, des doutes, de la crainte, bien entendu, mais je suis assez têtue pour savoir quand m’écouter, et quand écouter les autres.

J’ai eu très peur de changer car je pensais que changer d’avis était la preuve de ma stupidité, de mon manque de conviction, alors que c’était tout l’inverse. Rester curieux et avoir envie d’essayer de nouvelles choses, c’est justement la preuve que l’on évolue. Mais ça, il m’a fallu du temps pour l’accepter. On a le droit de changer, et c’est même primordial. Je pensais pourtant que si je m’accrochais à ce que je pensais être, je trahirais mes principes. Or, lorsqu’on pense aux personnes que l’on connaît, celles qui sont le plus énervantes sont justement celles hermétiques à toute possibilité de changement.

Notre identité n’est pas fixe, elle est même plutôt difficile à verbaliser. Quand j’y pense, c’est plutôt une sensation qui me vient à l’esprit. C’est une conviction profonde que « Je Suis » et que cela suffit. Disons qu’au lieu de penser à moi en terme de mots, je pense à moi comme un être sensible, point. Je ressens une forte présence, une connexion à moi-même et qu’il n’y a plus à chercher bien loin (enfin, on s’entend hein, ça dépend des jours).

Les mots viennent sceller un concept sur ce que nous imaginons de nous même. C’est aussi pour ça que j’ai eu une étape où je me suis mentalement débattue avec les termes « Minimalisme, Zéro-déchet, Développement Personnel » lors de l’ouverture du blog. Je me sentais frustrée de devoir me mettre des étiquettes pour mieux être visible. Mais ce n’est pas grave. Ca changera avec le temps, comme tout le reste.

En acceptant les changements qui se sont offerts à moi ces dernières années, j’ai compris que mon identité était polymorphe et qu’il n’y avait aucun mérite à s’accrocher coûte que coûte à l’image que l’on se faisait de soi. On change, c’est tout. C’est normal. Potentiellement c’est le signe qu’on ouvre son horizon. Ne pas changer c’est continuer à avoir les mêmes problèmes. Rien de plus frustrant que de regarder quelqu’un se plaindre continuellement de la même chose sans qu’elle ne change quoi que ce soit, n’est-ce pas ?

Au fond, il faut juste garder notre regard sur notre propre route. Ne pas jalouser le voisin (je suis la première à échouer à cette épreuve mais j’essaye de m’améliorer). Ne pas se comparer, juste s’accepter. Aller de l’avant, essayer de résoudre ses problèmes un par un. S’encourager, se donner des petites tapes dans le dos. Et puis changer, ne plus être la même personne qu’il y a 1 mois ou 1 an. Les choses autour de nous évolueront en fonction de nos changements.

De l’amour sur vous,
On se revoit vite !

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Pourquoi je fais des choses « qui ne me ressemblent pas » (et que vous devriez faire de même)

Depuis que j’habite dans mon appartement donc depuis 3 ans à peu près, je suis fascinée par le café en bas de chez moi. Il ne paye pas de mine mais c’est un des seuls lieux qu’il m’ait été donné de voir avec une véritable mixité sociale. On y retrouve autant de propriétaires d’appartements d’une centaine de mètres carrés (dans Paris !) que d’ouvriers finissant leur journée. Il m’aura fallu 3 ans pour finalement m’installer en terrasse pour profiter du soleil. Pourquoi cela m’a-t-il pris autant de temps ? Je ne sais pas exactement. Je me disais constamment que c’était mieux de faire des économies en faisant mon chocolat chaud ou ma citronnade à la maison. Sauf qu’aujourd’hui, c’est l’endroit où j’écris ces lignes. Enfin ! Une boucle est bouclée. C’est insignifiant et pourtant si symbolique car vraiment, cela faisait longtemps que je souhaitais y aller.

Faire des choses qui ne nous ressemblent pas

Mon intention pour l’année 2019 est le mot « libération ». J’ai besoin de me délester de mes préjugés envers moi même. Je décide de moins me limiter, d’essayer, tester et apprendre. Je compte explorer différentes facettes de ma personnalité qui m’intéressent mais qui soit me font peur soit n’ont jamais eu la possibilité de s’exprimer.

Pour vous donner un exemple concret, j’ai toujours pensé que « j’étais nulle » en présentation orale. Or, même si je ne vais clairement pas monter un spectacle de one man show demain, je réalise que la grande majorité de mes présentations se sont bien passées. Je ne suis donc pas « nulle », c’est simplement que je n’apprécie pas cet exercice. Finalement ce sont 2 choses très différentes ne pas aimer et « être nul ». Il m’aura fallu, quoi… 9 ans pour enfin comprendre la différence. Purée.

Finalement, si j’utilise les grands mots, nous pourrions dire que j’ai donc commencé mon processus de « réalisation et d’acceptation ».

Voici mon avancée à l’heure qu’il est. Si cela vous dit, j’ai envie de partager avec vous mes changements, plus ou moins grands. Tant pis, allons dans le côté « carnet de bord ».

Je me suis inscrite à des événements de networking…?

Je peux vous assurer que cela semble à l’opposé de ma personnalité, plutôt loup solitaire comme penchant. J’ai toujours pensé que c’était l’équivalent de l’enfer sur terre pour une personne hypersensible comme moi, or, je découvre qu’après tant d’années à travailler sur ce point, les résultats sont (enfin) là.

Je suis allée au premier rendez-vous… sereine. On aurait dit un poisson certes hésitant au début mais nageant sans difficulté. Je découvre une facilité de connexion aux gens. Je suis la première étonnée (pourtant je n’aime toujours pas aller en soirée).

J’ai acheté un livre à propos… de la vente ?

Et j’ai choisi un livre bien, mais alors bien kitsch sur le sujet. Ce livre est l’épitome d’un livre de coaching à l’américaine, qui à priori à l’opposé de mes intérêts ou de mon caractère. Il est tellement éloigné que j’ai naturellement envie de justifier son achat auprès de mes amis. « Non mais, je compte pas rouler les gens dans la farine, hein ! ».

Wait a minute…

Parce que vendre quelque chose, parler de manière à ce que ce soit clair et désirable est l’équivalent de « rouler dans la farine » quelqu’un dans ta tête Sibylle ? On tombe sur un point intéressant ! Une pensée à déconstruire. Et hop, on retombe sur ce grand classique « Quelle est ma valeur ? Suis-je légitime ? »

J’ai envie de comprendre, de découvrir un domaine qui me semble être dans une stratosphère différente de la mienne. J’essaye de me détacher de mes anciens labels sans en rajouter d’autres à la place ou peut-être celui de « curieuse », tout simplement.

Un cours d’essai de Krav Maga… ?!

En parallèle de mon obsession pour le café en bas de chez moi, je souhaite depuis plusieurs années découvrir cette discipline. Ne plus avoir l’impression d’être une cible sur pattes dans l’espace public, là est mon but. Ne plus avoir peur de mon ombre. Ne plus avoir peur des regards trop insistants qui ne présagent rien de bon. Ne plus avoir peur quand un homme se dirige vers moi l’air déterminé quand je suis seule et que mon cerveau se met à calculer « Où est la sortie ? Est-ce qu’il est trop fort pour moi ? Où est mon téléphone ? »… Laisser ma peur au placard. Comprendre mes ressources. On s’entend, ce n’est pas en un cours que quoi que ce soit se fera, mais c’est un étape sur mon chemin.

Initialement, j’avais écris une très longue tirade qui venait du coeur sur ce que j’appelle « l’agglomérat de violence liée au sexe. Tous ces événements que nous ne distinguons même plus les uns des autres dans nos souvenirs tellement nous en avons vécu. » Je le garde peut-être pour plus tard. Je vous propose donc de sauter directement à la conclusion de cet article quelque peu décousu.

Alors vous voyez, je change. Je me cherche. Je me découvre aussi, beaucoup. Je vois que j’ai des forces inexploitées ou tues depuis longtemps. C’est un travail très intéressant à faire. Chaque petit pas compte dans cette histoire. On peut se sentir devenir plus fort et moins hésitant à chaque victoire. Chaque petite montagne me rapproche un peu plus d’une Sibylle « complète » qui n’a pas peur de son identité.

Il y a tant de choses qu’on a envie de faire mais que l’on a étouffé et mis très loin de côté pour de multiples raisons qui nous sont propres. Peur de déplaire, peur de se faire humilier, peur d’une réaction violente, peur de l’échec, …

S’il y a des choses qui reviennent régulièrement dans votre tête et qui vous feraient plaisir mais que vous trouvez toujours un moyen de ne pas la concrétiser, essayez de faire un tout petit pas vers ces envies. Allez voir si elles ne pourraient pas vous montrer que finalement vous êtes beaucoup plus fort que ce que vous pensez être.

J’espère que vous allez bien,

Je vous souhaite pleins de bonnes choses,

Vous êtes suffisants. (On me dit dans l’oreillette que « Vous vous suffisez à vous-même » est plus approprié)

Sibylle

Interview Créa #4 – Sophie Trem, entrepreneur et fondatrice The Good Mood Class

Je suis excitée comme une puce à l’idée de ce que je vais écrire: Sophie Trem du blog The Other Art of Living a eu la gentillesse de répondre à mon Interview Créa #2 ! Vous la connaissez sûrement déjà car nous sommes une soixantaine de milliers de personnes à la suivre sur instagram pour sa joie de vivre, son sens de la famille, les valeurs d’amour de l’autre et de l’amour de soi qu’elle véhicule.

Sophie fait partie des personnes que je souhaitais très très fort interroger pour cette catégorie: sa créativité et son goût du développement personnel sont bien connus. Les petites mains bienveillantes dans les coulisses de l’univers s’en sont mêlées (portant cette fois le doux prénom d’Angelika) et m’ont permises de lui envoyer mes questions.

Vous êtes prêts ? Les voici !

Ce que j’apprécie dans les images que tu postes, c’est la bonne humeur omniprésente. Par exemple, le dimanche où tu fêtais tes 20 ans de relation avec ton mari et que vous avez fait des aller-retours entre le jardin et la maison: cela aurait pu être une raison de frustration pour beaucoup mais cela n’a pas semblé l’être pour toi. As-tu toujours su voir le verre à moitié plein ou est-ce un travail sur toi ?

Hahha c’était un peu relou quand même tous ces allers retours 😉 J’ai vite remarqué que ça servait pas à grand chose de voir le verre à moitié vide, donc j’ai pris l’habitude de voir le bon côté des choses, c’est comme une gymnastique, à force de pratiquer ça devient naturel!

En règle général, penses-tu que le bonheur se choisit ? Si oui, comment cela se manifeste-t-il dans ta vie quotidienne ?

Oui tout à fait, à tout moment, chaque instant tu le crées, et tu le choisis donc le bonheur c’est ce que tu souhaites en faire, on peut être heureux avec peu. Pour moi le bonheur c’est être aligné entre mes convictions / propos et ce que je fais, en gros être bien dans ma tête et dans mes pompes !

Avant tu ne te considérais pas comme étant une personne créative. Y-a-t-il eu un moment clef où tu t’es rendu compte de ton propre potentiel ?

En fait je voyais bien que j’étais toujours attirée par le côté créatif mais je me disais que ce n’était pas pour moi, je n’étais pas dans cette case, c’est moi qui ne m’autorisais pas de l’être car je ne voyais pas par ce prisme les premières années de ma vie. Je pense qu’en effet instagram a beaucoup joué dans ce déclic, car pour la première fois je faisais quelque chose de créatif par moi même de A_Z , de la photo à la mise en scène, le stylisme, instagram à ses débuts était comme un carnet vierge sur lequel je posais de jolies choses sans savoir vraiment pourquoi.

A-t-il été facile pour toi d’accepter ta part créative ? Cela a-t-il été une remise en question de ce qui te définissait par rapport aux autres ?

C’était une libération plus qu’autre chose, je pouvais enfin être de l’autre côté, là où je m’éclatais vraiment, où le job était de rendre plus joli, plus communiquant le projet, toute la partie que j’aimais en fait. C’est comme si toute ma vie j’étais joueur de foot alors que ce que j’aime c’est être cheerleader LOL tu es au même endroit, mais tu ne fais pas du tout la même chose, et pourtant l’un a besoin de l’autre.

Pour moi le bonheur c’est être aligné entre mes convictions/propos et ce que je fais

— Sophie Trem, The Other Art of Living

En discutant avec toi, nous étions en accord à propos de notre conviction que tout le monde est créatif par nature. De part ton expérience, pourquoi les gens se définissent comme étant pas créatif ?

Tout le monde peut être créatif je pense, mais tout le monde ne l’est pas forcément et n’en a peut être pas envie? Créatif a une dimension artistique, c’est-à-dire une part de mystère que l’on ne maîtrise pas vraiment en fait, et je pense que souvent les gens aiment être rassurés et faire des choses qui rentrent plus dans des cases, et pour moi il n’y a pas de problème à ça tant que ça leur plait! Mais il y a en effet de la créativité partout.

As-tu ressenti le poids des injonctions de la société lors de tes changements de vie ? As-tu ressenti une incompréhension de ton entourage ?

Evidemment , imagine a mon grand âge 😉 Au début j’ai dû me boucher les oreilles pour ne pas me laisser influencer et tenir bon, car tout le monde cherchait à me raisonner et me disait de reprendre mes esprits et un bon job.

As-tu des moments de doutes vis-à-vis de tes choix professionnels ? Des moments où ton mental se rebelle ?

Aujourd’hui plus du tout, j’avance petit à petit, un pas après l’autre en écoutant mon intuition, avec les gens qui m’accompagnent, on teste, on apprend ,on avance.

Ressens-tu l’impact de ton mental sur ta vie créative ?

Totalement tout est lié, le corps, l’esprit, la créativité se nourrit de tout ça.

As-tu toujours suivi ton intuition ou as-tu dû apprendre à l’apprivoiser ?

Avant je savais que j’avais un mode intuition et dès que je l’utilisais il fonctionnait, sauf que je n’osais pas le mettre en marche tout le temps. Dès que j’ai accepté de le mettre en mode ON tout le temps, tout a changé. Intuition vs rationalité, mais ça demande un peu de temps avec de se laisser guider comme ça je pense.

As-tu une méthode de travail précise que tu utilises pour la plupart de tes projets ?

Aucune LOL, il faudrait peut être que je m’y mette d’ailleurs.

T’arrive-t-il d’être en panne d’inspiration ? Si oui, comment arrives-tu à y remédier ?

Jamais, j’ai beaucoup trop d’imagination et j’ai une dream list tellement longue que même une vie ça suffira pas hahaha.

 T’es-tu déjà senti “coincée” dans un projet ou accepté un projet où ton intuition te disait de ne pas y aller ?

Oui, et j’essaye de percevoir dès le départ si ça vaut le coup ou pas, si je sens que ça coince dès le départ je n’insiste pas car je sais que c’est un signe que ce n’est pas la bonne direction.

As-tu des livres ou ressources qui t’ont débloqué d’un point de vue créatif ou professionnel ?

Le pouvoir de l’intention m’a totalement fait shifter.

Au début j’ai dû me boucher les oreilles pour ne pas me laisser influencer et tenir bon, car tout le monde cherchait à me raisonner et me disait de reprendre mes esprits et un bon job.

En te voyant travailler en équipe pour The Good Mood Class, je me demandais si pour toi travailler en équipe était primordial ? Est-ce une manière de fonctionner qui te plaît particulièrement ?

Oui j’adore le travail en équipe, pour moi on avance mieux, on va plus loin, et on apprend plus. Tu partages tellement plus en équipe, les bons souvenirs, les mésaventures mais au final c’est ça la vie sinon on se ferait chier ! Et puis je suis très famille donc c’est esprit que j’ai toujours connu et que j’aime.

As-tu l’impression d’avoir deux personnalités : une pour la vie pro et une pour la vie perso ? 

Non je suis trop entière je crois et c’est en général ce que les gens me disent on me retrouve partout pareille, y’a pas de surprise en général.

Je viens tout juste de décider que je lançais mon activité, as-tu un conseil pour cette période de transition ?

Félicitations! Eclates toi, écoutes toi 🙂

Things always happen for a good reason