L’ère de la vulnérabilité

Bien le bonjour,

Je commence un article sur un coup de tête, je ne l’ai pas du tout préparé mais j’aimerai réussir à le finir avant que les obligations de la vie quotidienne ne viennent me tirailler (sortir les poubelles, faire la vaisselle, une lessive…). Nous sommes donc dimanche matin et je viens de prendre une rasade de café. Mon copain dort encore dans le lit pendant que j’essaye de commencer ma journée sans faire trop de bruit.

J’ai envie de vous parler d’une observation que je me fais régulièrement depuis quelques mois et qui se confirme de jour en jour un peu plus : j’ai la sensation que nous sommes pour beaucoup dans une phase où nous nous montrons de plus en plus vulnérables publiquement. La prise de parole concernant des aspects moins agréables de la vie semble devenir de plus en plus normalisé et je dois vous dire que cela me fait beaucoup de bien. Je crois que lorsqu’on accepte de dévoiler des facettes de soi qui sont moins lisses et brillantes, lorsque l’on met en lumière des endroits qui nous semblent plus sombres, nous permettons aux autres de faire de même au lieu de regarder ailleurs. La honte de ne pas être fort/parfait/à la hauteur de son image perd un peu plus de terrain chaque jour, dans le contenu que je consomme en tout cas, et c’est une sacrée bouffée d’air frais.

Que ce soit dans mon entourage direct ou dans les créateurs de contenu que je suis, le traumatisme d’une épidémie qui éclate et nous force à rester chez soi en écoutant le nombre de morts tomber tous les jours semble avoir permis (forcé ?) une introspection plus ou moins importante. Des remises en question, chacun à sa propre échelle ont pu émerger. Des colères aussi, bien sûr, mais disons une envie de changement. J’ai longtemps été perplexe face à l’utilisation constante du vocabulaire d’un « monde d’avant », d’un « monde d’après », me disant que le paradigme restait fondamentalement le même et que je continuerai à aller prendre un verre avec les copains le vendredi soir une fois le premier confinement fini, en tout cas que la banalité de mon quotidien resterait d’une certaine façon inchangée.

Par contre, peut-être n’est-ce que moi, ou peut-être que j’ai cherché inconsciemment les informations qui me confirmaient ce ressenti, j’ai l’impression que nous avons tous énormément changé au cours de cette année. Comme si certaines futilités n’avaient plus lieu d’être et que MERDE, on a bien le droit de dire qu’on est paumé/triste/hésitant sans avoir peur du jugement de l’autre. Je crois que je commence à voir les contours de ce nouveau monde (certains qui me déplaisent bien entendu) mais d’autres qui me donnent espoir.

Une phrase que j’ai entendu il y a quelques semaines me revient régulièrement « On ne négocie plus avec son âme, c’est fini tout ça ». Je crois que ça résume bien l’ambiance : une sorte de rejet des compromis qui sont en place depuis parfois des années, qui nous font du mal psychologiquement parlant et qui nous semblent, à la lumière de cette nouvelle ère, intolérables. Alors on déménage, on divorce, on se sépare, on vend ses affaires, on dit adieu à des amis qui ne nous veulent pas du bien mais simplement un miroir de leur propre réussite personnelle.

Bref, d’une certaine manière on reprend les reines de sa vie, on donne un coup de pied dans les normes sociales dans lesquelles on a pu s’embourber sans même s’en rendre compte.

Depuis mars, j’ai eu beaucoup de mal à vous écrire, car lorsque l’on est pris dans le tourbillon du changement, c’est difficile de rendre compte de ce qu’on ressent. On est happé plus qu’autre chose et on attend que le tout se calme. Maintenant que cela m’arrive enfin, les mots se bousculent pour vous écrire cet article un peu bordélique.

Par biens des aspects j’ai changé cette année, et j’imagine que vous aussi.

N’ayez pas peur de parler, de vous exprimer.

Je crois que c’est ici que je vais m’arrêter pour aujourd’hui.

Bon dimanche à tous,

Sibylle

Publicité

Un café s’il vous plait #7: été 2020, vacances, sérénité & Harry Potter

Est-ce que vous allez me jeter des cailloux dessus si je redis encore une fois « quelle année ! » ? Je comprendrais, je n’en peux plus de m’entendre dire ça encore et encore. Cette année est assez étrange sur un plan de la communication : je ressens tellement de choses, j’ai envie de vous partager tellement de réflexions et pourtant rien ne sort. Les mots n’arrivent pas à se former. Je reste muette la plupart du temps devant mon ordinateur, frustrée de ne pas réussir à vous transmettre les émotions qui me traversent.

J’ai la sensation d’avoir beaucoup appris cette année. Quand je regarde en arrière, je vois 2018 comme l’embryon d’un projet, où l’enthousiasme me propulsait en avant, puis est arrivée 2019 en démarrant tranquillement (ce qui me convenait assez bien) pour s’accélérer si rapidement sans crier gare que j’utilisais régulièrement la métaphore d’essayer de contrôler une fusée en plein lancement. Enfin, 2020 a tout dégommé sur son passage, anéantissant non pas mes espoirs, mais une peur profonde en moi, anéantissant aussi certaines idées pré-conçues. Face à l’imprévisible, je me découvre non pas héroïque mais stable. Je tiens la barre. Je continue à naviguer malgré tout. Même si ça me terrifie quelque part.

Il me semble que finalement 2019 n’était qu’une simple transition pour en arriver à là je suis maintenant.

2020 est toujours encore en cours et depuis des mois je sens un appel au « nettoyage » intérieur (ok, je vous perds avec cette expression, c’est normal). Disons que je ressens le besoin continuel de faire le point sur ma vie, mes envies, mes peurs, mes ambitions. 2020 me force à définir mon plan de vie (à court & long terme) et à prendre les décisions en conséquence. C’est dur ! Mais nécessaire. Je découvre avec le temps à quel point ce « muscle » de la prise de décision est fondamental mais trop souvent négligé lors de nos apprentissages.

Choisir c’est renoncer, et en apprenant à renoncer à ce qui n’est pas Nous, on apprend à faire le deuil d’images d’épinal que l’on aurait aimé montrer, mais qui ne sont finalement que des fantomes. En apprenant à trancher dans des situations, j’apprends dans le même temps le deuil d’autres lignes temporelles où j’aurai fait le choix inverse. C’est en apprenant cela que j’apprends à être en paix avec là où je suis car je sais pourquoi j’y suis. Théoriquement, ça semble si simple. A mettre en place, je ne vous cache pas que c’est une autre paire de manche.

Qui l’eut cru en commencant ces lignes que j’arriverai à ce sujet ? Pas moi, je peux vous le dire !

Je vous le dis : j’ai tant de choses à dire mais pour l’instant le chemin pour y parvenir est encore chaotique. Néanmoins, l’essentiel c’est que je continue d’essayer 🙂

Partir en vacances

Donc, initialement je pensais vous parler avec légèreté de mes vacances.

Je suis partie deux semaines avec mes parents dans l’endroit où repose une partie de mon coeur : Montalivet, sur la côte Atlantique. Je découvre la région qui l’entoure depuis ma naissance, et elle continue à m’offrir de belles choses. Pendant le confinement j’avais peur de ne pas pouvoir voir ce lieu qui m’est cher cette année, mais nous avons eu la chance de pouvoir y retourner.

Ce n’est pas compliqué, dès que j’y suis, j’y trouve un certain repos. Probablement lié au fait que je suis avec mes parents, que ce sont des vacances ce qui signifie que je n’ai pas d’obligation de travail, mais je pense que cela dépend aussi des pins environnants, du vent qui souffle, de l’air de l’océan, du bruit des vagues qui nous accompagne partout, et de l’atmosphère globale qui malgré l’agitation du marché bondé semble me souffler de ralentir, encore et encore.

J’aime marcher sur les trottoirs constitués simplement de sable et de terre. J’aime voir le coucher de soleil sur l’océan. Et surtout, j’aime découvrir les autres parties du médoc. On se promène, on découvre, rien ne nous est promis et c’est très bien comme ça.

Je vous en ai déjà parlé dans un précédent article mais je souhaiterai souligner une fois encore à quel point j’apprécie les cours de yoga que je prends à Montalivet avec La Bliss Compagnie. Les cours sont du Vinyasa, mais on y trouve une réelle douceur, une écoute sans jugement de son corps. Certes, nous sommes supposés retrouver ça dans tous les cours de yoga, mais parfois il m’arrive dans certains cours de me sentir encouragée dans la performance, à aller toujours plus loin, suer toujours plus. Ce qui parfois me fait énormément de bien, bien sûr, mais ici, j’arrive au juste milieux, à l’équilibre. Et c’est encore mieux. Sans parler que cette année j’ai opté pour les cours en extérieur au milieu de la forêt de pin. Je peux vous dire que la connexion avec la terre me manque maintenant que je suis de retour dans des salles avec le sol bien plat ! Aaaah, l’odeur de la pinède, le bruit des vagues, le soleil qui commence lentement à se coucher… Malgré ma crainte constante de voir une guêpe ou un frelon arriver, je crois que les cours extérieurs deviennent petit à petit mon environnement de pratique préféré.

Donc si vous passez dans le coin, profitez-en 🙂

Sur une note beaucoup moins joyeuse, notre chien est mort le lendemain de notre retour de vacances. C’était un très vieux chien donc cela n’était pas surprenant, mais c’est toujours un sacré moment à passer. Je suis contente d’avoir pu être là la nuit où ma vieille mémère nous a quitté, entourée des siens.

Un peu de sérénité

Maintenant que je suis enfin installée à Nantes, que mes affaires sont déballées et agencées de manière à ce que je me sente chez moi, je découvre enfin cette sensation qui m’avait quitté depuis bien longtemps : la sensation d’être au bon endroit. En fait, j’ai retrouvé ma tranquillité d’esprit. Depuis quelques semaines je n’ai tout simplement aucun problème. Enfin, on s’entend j’ai des problèmes matériels, des problèmes administratifs, pratiques… mais pas de problèmes d’un point de vue émotionnel. Je suis au calme. Je suis calme. Je suis bien. Je suis tranquille.

Rien à signaler.

Je dors, je mange, je travaille, je me repose, je vois quelques personnes, je me balade.

Et voilà, mes besoins sont comblés.

Après la tempête du déménagement, je me retrouve paisible.

Ca faisait si longtemps !

Je ne sais pas si cela vous dit quelque chose, mais j’ai régulièrement évoqué l’envie de voir mon style vestimentaire évoluer. Même si j’aime toujours fondamentalement la même chose, je sentais que ma mue intérieure avait besoin d’être traduire à l’extérieur. Des pièces sont venues se rajouter à mon placard (déjà débordant… mmh). Je découvre que les tons chauds me font plutôt bien au teint, et j’expérimente plus avec les motifs qu’habituellement.

Pour couronner le tout, le psoriasis présent sur mon cuir chevelu semble se réduire inexorablement depuis des semaines. Ma mue serait-elle bientôt complète ?

Harry Potter

Pour finir ce petit récapitulatif de l’été 2020, je ne peux pas en parler sans vous dire que j’ai encore une fois relu Harry Potter. J’en avais ressenti le besoin après le déconfinement et pendant ma lecture, je comprenais pourquoi. Harry Potter évoque tellement de sujets fondamentaux (l’amitié, l’amour avec un grand A, le pouvoir, les valeurs, la politique, le courage, la peur…) que je pense que j’ai trouvé écho à mon envie de faire le point sur ma vie que je vous évoquais plus tôt. Cette histoire que je connais pourtant par coeur, me repose les mêmes questions, et toujours j’y trouve une nouvelle réponse.

Et comme toujours, j’ai bien pleuré. Oh, la, la.

Je crois que finalement je n’ai rien à dire de plus sur Harry Potter. C’est tellement une évidence pour moi. J’en ai déjà tellement parlé durant ma vie que je ne vois pas ce que je pourrais ajouter.

On parle (encore) de courage, de renouveau & de savourer l’instant présent

Un renouveau

Début 2020, je formulais mes intentions pour l’année à venir. Je m’encourageais à mettre cette année sous le signe du Courage. Maintenant que septembre arrive, que la fin de 2020 semble presque pointer le bout de son nez alors que je me demande encore où est passé mon été, je me dis que pour l’instant, nous en avons eu du courage.

Du courage pour s’écouter,
Du courage pour ne pas se laisser glisser dans la panique et la peur,
Du courage pour chercher la beauté dans les choses de la vie,
Du courage pour affirmer ses choix,
Du courage pour continuer chaque jour même lorsque ce fut difficile.

Il faut que je vous dise quelque chose, je l’ai sûrement évoqué plusieurs fois : ma période de turbulence a commencé en novembre 2019. Ce mois m’avait montré à quel point il fallait coûte que coûte que je trouve des solutions en 2020. Néanmoins, j’avais peur des conséquences possibles si je changeais des choses dans ma vie.

Avance rapide, nous sommes fin août et novembre dernier me semble faire partie d’une ancienne vie, une ancienne peau dont je n’ai plus rien en commun aujourd’hui. Il me semble avoir fait peau neuve quelque part courant 2020. Probablement en mai ou en juin tombaient les derniers morceaux de ma mue en cours depuis des mois.

Je vous parlais déjà de Courage dans l’article précédent (et dans plusieurs articles, véritable fil rouge finalement) et je vous disais que je voyais pas pourquoi on me disait que j’avais eu du courage de couper mes cheveux / déménager. Après réflexion, je pense ce qui me perturbait était la chose suivante : le courage ne me semblait pas dans l’acte même de couper ses cheveux ou déménager, mais dans le choix conscient de suivre son instinct, de l’accepter pleinement , entièrement tout en ayant en tête les avantages autant que les inconvénients, et d’accepter les conséquences de ce mouvement.

Je parle de mouvement car je m’imagine en effet cet idée de cheminement, et parfois un léger mouvement, un petit pas vers l’avant peut dérouler tout une suite d’événements inenvisageables initialement. L’idée du mouvement (et pas forcément d’avancement linéaire comme on a l’habitude d’imaginer le cheminement dans sa vie) est un concept qui me revient régulièrement en tête depuis quelques temps. Je crois qu’en partie l’idée initiale de passer le mois de mars à Rouen est venu de là : mieux valait bouger, qu’importe que ce soit au bout du monde ou non pour offrir un nouveau cadre temporaire à ma vie dans le but d’observer s’il y avait du changement dans mes réflexions. Le confinement est donc venu mettre de l’immobilité dans mon mouvement et pourtant, cette immobilité m’a permis de faire un des plus grands mouvements possibles : la prise de décision de déménager à Nantes.

Le mouvement dans la cadre de l’immobilité, je trouve ça vraiment beau rétrospectivement.

Ce confinement m’a offert sur un plateau d’argent l’espace pour imaginer la vie que je voulais, loin de mes repères habituels.


Le calme après la tempête

Retour à Paris au moment du déconfinement: je n’arrivais plus à trouver de repères. Je me suis beaucoup plainte de me sentir déracinée, dans un tourbillon, emportée par une énergie sur laquelle je n’avais pas de prise et qui me ballottait de droite à gauche jusqu’à épuisement. Néanmoins, je savais que ce que je vivais était obligatoire et temporaire. Je prenais de grandes décisions et elles ne sont que rarement faciles à prendre. Ayant ça en tête, j’ai lâché prise et j’ai attendu que la tempête passe.

Et voilà qu’en août, j’ai eu l’impression d’être recrachée sur la rive après avoir été secouée par les vagues.

J’ai pu me poser, tatonner en cherchant des repères dans cette ville que je connais pourtant comme ma poche.

Qu’est-ce que je veux ?

Qu’est-ce qui me manquait et que je peux faire ici ?

Qu’est-ce que j’attends ?

Quelles sont mes envies pour les mois à venir ? Et les années à venir ?

A l’instant où je vous écris, je profite simplement de chaque jour dans le calme de l’appartement que j’occupe. J’ouvre la fenêtre et j’écoute le bruissement des feuilles des arbres qui font face à ma fenêtre.

Je n’ai fichtrement aucune idée de ce que me réserve l’avenir et étrangement, à l’inverse de mon caractère anxieux qui aime avoir une belle feuille de route définie, cela ne me dérange pas pour l’instant. Je ressens le besoin de profiter de cette période pleinement. D’atterrir et de prendre le temps de savourer.

Comment prendre un tournant dans sa vie

Et me revoilà encore, deux ans après le lancement du blog, deux ans après avoir démissionné, deux ans après avoir lancé mon entreprise, deux ans après avoir commencé une psychothérapie, à prendre un virage dans ma vie.

Cette fois, j’ai décidé de déménager.

Après des années à me plaindre que je souhaitais quitter Paris mais ne sachant pas réellement où je sentais l’envie de poser mes valises, je n’en pouvais plus de m’entendre répéter le même refrain. Le confinement m’aura enfin donné la réponse à ma question, tant de fois posée, mais toujours restée en suspend. Face à mon indécision, une amie me disait régulièrement que si la réponse n’était pas claire, c’est probablement parce que je ne me posais pas la bonne question. Là, la question n’était plus « où as-tu envie d’aller vivre ? » mais « s’il y avait un confinement et que tu pouvais choisir où le passer, où serais-tu ? » et là, la réponse est venue naturellement. J’étais assise sur le lit, les jambes croisées, le dos droit, et c’était tellement évident que j’ai reconnu la voix de mon intuition. Je savais que c’était ça qu’il fallait faire. Repartir vivre dans mon ancienne ville. Que ce n’était pas pour la vie, que si je changeais d’avis dans les années à venir, je pourrais encore une fois prendre un autre virage. C’était ce que je devais faire maintenant.

Si je vous en parle c’est parce que j’ai remarqué une chose dans mes discussions autour de moi : le doute qui m’a habité pendant si longtemps, nous sommes plein à vivre avec. Comme un gros cailloux bien lourd qui nous empêche d’avancer et que l’on continue de trimballer absolument partout avec nous alors que ce cailloux, on était pas obligé de le ramasser sur le bord de la route à la base.

Lorsque j’ai démissionné on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai lancé mon entreprise on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai coupé mes cheveux on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai déménagé on m’a dit : tu as du courage

Pourtant, ces actions ne m’ont pas vraiment demandé du courage (en tout cas pas comme je l’entends).
Je n’ai rien fait que de répondre à mes besoins d’abord, et ensuite à ma curiosité naturelle.

Ce n’est pas du courage ou de la bravoure, je veux dire … je n’ai pas risqué ma vie en faisant ça. Les risques étaient calculés (un minimum, je ne suis pas d’une nature téméraire puisque je suis terriblement anxieuse). Ma curiosité était la plus forte et je savais que si je tombais, si je me ramassais, il y aurait bien un moyen d’une manière ou d’une autre de changer de voix.

Bien sûr que je comprends que lorsque l’on a une famille etc, les choses sont différentes, donc je m’adresse plutôt aux personnes comme moi qui ne sont pas mariés, n’ont pas d’enfants, pas de crédit sur le dos, et qui pourtant vivent leur vie comme s’ils étaient pieds & poings liés au projet professionnel qu’ils se sont un jour imaginés (probablement influencé par leurs amis & leur famille).

Le point important à souligner, il me semble, est que je ne sais jamais si « je prends la meilleure des décisions ». Ce que je sais, par contre, c’est que je prends une bonne décision en fonction des informations que j’ai à ma disposition à ce moment là, c’est tout.

J’essaye d’avancer dans ma vie en me disant qu’il y a des périodes, des cycles, et que parfois certains se finissent et que nous devons en faire le deuil. Je sais que nous avons toujours envie d’aller vers « le mieux » mais parfois il faut se demander qu’est-ce que « le mieux » signifie pour soi même (et non pour les autres). Aussi, j’aime voir ces cycles comme étant des petites vies à part entières qui sont tout simplement différentes d’avant. Cela m’aide à les vivre sans être dans un état mental de comparaison mais de simplement la vivre pour ce qu’elle est : différente. Pas moins bien, ou mieux. Juste différent.

J’ai donc déménagé, il y a des choses que je ne peux plus faire, des choses nouvelles que je peux faire. L’important pour moi à l’instant où j’écris, est de savoir si au global ma balance « émotionnelle » est positive ou négative. Car l’idée n’est pas d’être inactif si l’on va mal. C’est l’inverse. C’est de savoir dire « au revoir » aux choses lorsqu’elles ne nous conviennent plus, sans être alourdi par le poids du doute voire pire, du regret.

Est-ce que j’ai eu peur à chaque virage dans ma vie ? Bien entendu. Je continue à avoir peur, toujours. C’est dans ma nature de l’être. Néanmoins, à force de travail pour dépasser les peurs infondées qui m’habitent, je commence à les apprivoiser et à comprendre le vrai message qu’elles souhaitent me faire passer (peur de la mort, peur d’être rejetée, …).

Est-ce que je regrette une de mes décisions ? Pour l’instant, aucune.

Un café s’il vous plait #3: Rouen, Solitude & Autonomie

Deuxième édition de « Un café s’il vous plait »: une catégorie pour vous tenir au courant de mes questionnements, recherches, états d’âmes. L’idée est de partager avec vous où j’en suis sans forcément en faire un long article car tous les sujets ne s’y prêtent pas. C’est spontané, non réfléchi. Disons que c’est une légende Instagram en plus long 😉

C’est parti !


Je suis à Rouen pour le mois de mars. Cette idée m’est venue un dimanche matin, de nulle part. J’étais dans ma chambre à Paris, épuisée et à bout par de mois difficiles dans cette ville, l’envie de prendre l’air se faisait de plus en plus impérieux sans que je n’arrive à définir ce que je devais faire. Je ne savais pas comment faire pour déménager, ni même où aller. Lorsque j’avais partagé ma frustration avec ma psychologue sur mon incapacité à prendre les choses en main, elle m’avait répondu que c’était normal que je n’y arrive pas car je n’étais pas prête émotionnellement. Sur le moment, ce fut un coup dur. Comment ça je n’étais pas prête émotionnellement ? J’étais en colère mais avec le temps j’ai appris qu’en général, elle voyait des choses que je ne voyais pas encore et qu’elle avait probablement raison. Quelques jours plus tard, j’allais rejoindre une amie et nous discutions de ma situation. Je lui fis part de ma frustration vis-à-vis de la situation et de la colère que j’avais ressenti face à ma psy. Avec la sagesse qui la caractérise, elle me dit qu’en effet peut être que déménager était peut être une étape trop grande pour moi à l’heure actuelle (en février donc) et que je devrais me demander s’il n’y avait pas d’étapes intermédiaires qui pourraient m’aider. Cela cogitant sagement dans l’arrière de ma tête, l’idée a donc éclo dans mon esprit un dimanche matin. Rouen, une ville que je n’avais visité qu’une fois une journée d’été. J’avais trouvé cette ville charmante. Pourquoi ne pourrait-elle pas être mon étape intermédiaire ? Je le voyais comme le moyen de me désengluer de ma situation. S’il y a bien quelque chose que j’ai appris ces dernières années, c’est que souvent, il suffit d’un mini mouvement vers une direction pour dérouler tout une suite d’événements innattendus. Alors si le risque n’est pas élevé, autant y aller. J’ai sû que cette idée était la bonne lorsqu’en 30 minutes, je trouvais un nid dans lequel m’installer pour ce mois de découverte et de convalescence. (Merci Eva ❤ Et Gwen ! Et Guillaume !)

Lorsque le projet prenait forme, je ne pensais pas que ce mois à Rouen prendrait la forme d’une convalescence. Pourtant, je quittais Paris à fleur de peau et au fond du trou. Ce que j’expliquais à ma psy avant de partir est que mon humeur au jour le jour n’était pas triste. En surface, je n’étais pas brisée mais je sentais qu’au fond de moi, dans les tréfonds, le désespoir se faisait entendre. Je ne rêvais plus que d’une nuit complète sans être réveillée par le chauffe eau (qui ne marchait pas depuis des mois, et dont il a fallu 4 réparateurs différents avant qu’il soit changé. A noter : J’ai dû attendre 3 semaines pour le premier RDV. 2 semaines pour le deuxième, etc), le radiateur qui me réveille à 4h du matin, qu’on ne peut pas purger nous même car va savoir pourquoi c’est attribué à la co propriété et enfin mon frère qui se réveille parfois à 4h du matin ou 6h du matin mais généralement à 7h15, donc avant moi. Quand votre rêve le plus cher devient une nuit de sommeil, il y a de grande chose que votre désespoir se fasse entendre aussi. Surtout si comme moi, vous avez besoin de 9h complètes pour fonctionner.

Je suis arrivée le weekend dernier. Je vous écris et cela fait pile une semaine.

En trois jours, les tensions qui me mettaient mal à l’aise dans mon dos tendu à l’extrême se sont apaisées d’elles même. Je sens qu’il y en a encore mais mon dos retrouve une douceur oubliée. L’environnement dans lequel je me trouve est plongé dans un quasi silence permanent. Pas de travaux (oui, car ça aussi, c’est un problème que j’avais à Paris. Mon immeuble semble constamment en travaux, et quand ce n’est pas le mien, c’est celui d’en face, etc). Pas d’enfants qui dévalent les escaliers en criant. Je peux rester la journée durant dans l’appartement sans que personne ne sonne, personne ne rentre, personne ne vienne. Pas de livreur. D’arnaqueurs sous couvert d’être ramoneur (je vous jure. Vivre dans un immeuble avec des retraités c’est se méfier de chaque personne qui sonne à la porte). Pas de réparateur. Rien. Je suis SEULE. Mon isolement n’est rompu que lorsqu’un chat miaule sur le palier et que je dois l’avouer, je vais vite regarder s’il est à proximité pour pouvoir lui faire des gratouilles pendant quelques minutes.

Je dors. Dans un quasi silence complet. Je me sens comme une plante désséchée qui retrouve petit à petit la vie.

Il faut comprendre une chose, j’ai 27 ans et je n’ai jamais habité seule.
Ayant fait mes études dans la même ville que mes parents, j’ai habité chez eux pendant tout ce temps (ce qui ne m’a pas posé de problème d’ailleurs, l’espace y étant grand, je m’y sentais très bien)
J’ai pu goûter à cette joie de la solittue pendant 2 mois lors de mon premier stage. Lors de mes 6 mois au Canada, j’étais en colocation. Ensuite, lors de mon stage de fin d’études de 6 mois, j’ai vécu finalement 3 mois avec mon copain. Pendant 2 mois dans mon logement car il n’avait pas de logement au début et 1 mois à la fin car à l’inverse, c’est moi qui n’avait pas de logement. Depuis, j’habite en colocation avec mon frère.

27 ans et les seules miettes de solitude que j’ai pu m’accorder ont été de 2 mois en 2012~, 3 mois en 2015, 1 mois en 2020. 6 mois en 27 ans. Y’a un soucis quelque part.

Rouen, donc. On y revient.

Le quartier où je suis est rempli de chats. Ils sont partout et pour mon plus grand bonheur ils sont majoritairement friands de contact humain. Ils viennent, ils parlent, ils marchent à mes côtés pendant quelques mètres. La présence animale me manque constamment à Paris, cela n’a rien de nouveau, je ne vais pas revenir là dessus.

Hier, alors que je suis allée me chercher un plateau de sushis végétariens, j’avais dans les oreilles mes écouteurs avec de la musique pop à fond. C’est un détail mais étrangement, cela ne m’arrive pas souvent. Je sais que mon humeur est au beau fixe lorsque l’envie me vient de marcher, musique dans les oreilles, et la sensation de voir un film se dérouler devant nous. Sur le chemin de retour, les skaters roulaient sur le parvis et pendant qu’ils glissaient sur leur planche, je me sentais glisser de la même manière. J’étais légère, tout était fluide et joyeux.

A Paris, je perds très rapidement mes résolutions de ne pas laisser mon emploi du temps se surcharger. Je me retrouve avec des gens à voir tous les soirs, et c’est pour vous dire, j’ai d’abord écrit « je me retrouve avec des choses à faire tous les soirs ». Lorsque je laisse mon emploi du temps se remplir, je transforme des moments agréables en des tâches à cocher dans une to do list. Ce n’est bénéfique pour personne. Mes amis me retrouvent épuisée. C’est rarement le fun quelqu’un d’épuisé.

Ici, je me retiens. J’ai vu des ateliers qui m’intéressaient dans des studios de yoga mais j’ai décidé de ne pas m’inscrire. De ne RIEN mettre dans mon agenda. Je dois me réapproprier mon temps. Mon temps, n’est pas là pour être rempli. Pour l’instant, il est vrai que je me distrais, je regarde des vidéos youtube, j’écoute beaucoup de podcast. J’aimerai réussir à me dégager quelques jours pour n’être que dans le silence loin des écrans. A voir si j’arrive à passer le cap. Si j’y arrive, soyez sûrs que je vous écrirais un article à ce sujet 😉

Rouen est agréable. Le centre ville a le charme de l’ancien et je continue à m’émerveiller devant l’architecture. Je continue à découvrir des petites rues et petit à petit j’élargis mon champ d’exploration. Il y a un point sur lequel je n’ai pas encore réussi à m’habituer. C’est un détail et pourtant il me déstabilise à chaque fois. Il y a des passages piétons sans feux. Les voitures laissent passer les piétons. Voilà. On en est à ce stade. Je m’émerveille juste parce que les gens respectent le code de la route. En bas de chez moi, à Paris, nous avons des passages piétons sans feux. Il m’est déjà arrivé d’attendre douze voitures avant qu’une accepte que je traverse. Une personne âgée est morte à cet endroit d’ailleurs, il y a quelques années. Les traces de sang qui ont persisté le lendemain m’avaient choqué. Et lorsque j’en ai parlé à des personnes véhiculées dans Paris, tout de suite le sujet a provoqué de l’énervement « Oui mais si tu savais, c’est horrible de rouler dans Paris ! On s’arrête tous les 15 mètres pour des feux ! Alors si en plus on laissait passer les piétons ! »…

Ici, on me laisse passer. Et je n’ai pas peur de me faire rouler dessus. Voilà. Je sais que c’est mon hypersensbilité qui parle, parce que 99% des gens n’y prêteront pas attention, mais je ne peux m’empêcher d’observer ce genre de choses. Elles disent beaucoup sur l’ambiance d’une ville.

Je flâne, je me balade. Je travaille, aussi. J’ai cette chance de pouvoir emporter avec moi mes sources de revenu. Je suis heureuse d’avoir cette possibilité.

J’ai acheté un sweatshirt rose bonbon dans une frippe. Il s’accorde parfaitement avec mes vans qui ont du rose bonbon sur le côté. Avec mon manteau moumoute on dirait un fluokid de 2005. Je me sens un peu ridicule dans cette mini crise d’ado. Je me demande si on me confond avec les lycéens ou les jeunes étudiants. Je ne me reconnais toujours pas dans le miroir, mais je laisse couler. Ce n’est pas grave. Ca reviendra. Il n’est pas agréable d’être en période de recherche, c’est inconfortable mais cette étape est nécessaire. J’en suis convaincue. (Oui, je me répète par rapport au dernier article, mais ça me trotte dans la tête en ce moment, que voulez-vous !)

Pour la première fois de ma vie, j’ai envie d’aller au spa. J’ai envie d’aller dans cet endroit élégant et luxueux où je prendrais soin de mon corps de manière différente de ce dont j’ai l’habitude. C’est étonnant cette envie soudaine de luxe. Qui vient en parallèle avec ma joie de trouver un sweat de mes rêves à 10€ dans une fripperie. J’aime beaucoup cette ambivalence.

Donc voilà, ma vie pour l’instant est la suivante : je travaille, je me repose, je me balade. Repeat.

Je crois que je suis réellement en train de « prendre soin de moi » car je créée un espace où le silence me permet de m’entendre.

27 ans : mes envies pour l’année à venir

Hey ! Cela fait déjà plus d’un an que vous suivez mes pérégrinations sur ce blog ! C’est fou, non ? Je vous avais déjà écris pour mes 26 ans, une année qui fut charnière. Comment seront mes 27 ans ? Prospère, je l’espère. J’espère que la transformation sera aussi juste que l’année précédente et aussi riche en apprentissages.

J’avais commencé à écrire l’article il y a quelques jours mais j’avais d’emblée adopter un ton beaucoup trop sombre pour un article que je souhaitais léger. Ma peur du temps qui passe avait de toute évidence pris le contrôle de mes doigts tapant sur le clavier.

Oui, aujourd’hui j’ai simplement envie de partager mes espoirs pour l’année à venir. Je n’ai pas envie de grande réflexion, introspection, doute, ou émotions. Mon anniversaire reste pour moi un sujet aussi joyeux que sensible (comme pour beaucoup je l’imagine), je préfère donc me rouler dans l’aspect positif comme s’il s’agissait d’une couette protectrice.

Que dit-on à la nostalgie de l’enfance sans responsabilité ? NOT TODAY. (mais reviens demain)

J’ai commencé l’année de mes 26 ans pouvoir imaginer ce qui m’attendrait. C’était bien, c’était challengeant, c’était frustrant et gratifiant. Rien n’a été simple et pourtant j’ai pu voir de belles augures régulièrement. Je pense avoir plus grandi entre mes 25 et 27 ans qu’entre mes 20 à 25. Même si la différence était sûrement là, j’imagine qu’elle fut beaucoup moins marquante.

Bon alors, je veux quoi ?

(à noter : pour garder la spontanéité dans l’écriture de cet article, les listes ne sont pas faites par ordre d’importance)

Pour l’année à venir, j’aimerais + de

…de musique

Ces dernières années, pour protéger mes oreilles, j’ai écouté beaucoup moins de musique. Pourtant, je me rends compte ces dernières semaines que l’émotion que procure la musique serait sûrement la bienvenue. Lors de la première écriture de cet article, j’écoutais le mix Haim de Spotify, et je me suis souvenu que cela me faisait toujours beaucoup de bien.

…de danse

J’ai une relation très conflictuelle avec la danse depuis mon adolescence. J’adore danser dans les foules compactes, me sentant happée dans le mouvement, sautant et me dandinant comme un seul homme avec ces inconnus autour de moi. Par contre, ces dernières années, la danse presque rituelle que je pratiquais surtout en concert, comme la musique, a perdu de l’importance dans ma vie. Je me suis éloignée de ce corps qui se perd et sue à l’unisson. Ce n’est que récemment que je me suis rendue compte à quel point mes pieds étaient vissés au sol. J’ai perdu une certaine connexion avec mon corps et il me semble important de la retrouver. Je pensais essayer de danser seule chez moi, mais pour l’instant je n’ai même pas réussi à faire ça. Affaire à suivre.

…d’océan ou d’eau en général

Plus le temps passe, plus je ressens un appel à l’eau. Pourtant, je suis la dernière personne que vous verrez à la piscine municipale. Je n’y arrive plus. L’eau froide. L’odeur. Le regard de l’autre. La sensation de devoir faire des longueurs alors que j’ai juste envie de profiter de ce moment. Juste le corps dans l’eau. Je suis remplie de peurs autour de l’eau, pourtant il fut un temps où j’étais « un petit poisson ». L’eau était un élément où je me sentais bien et l’environnement autour m’importait peu. Après tant d’années, je re-découvre cet appel. Cet été, j’ai eu envie de me jeter dans l’eau, de m’y glisser de sentir le poids, l’immersion, les vagues mais je n’ai pas réussi à céder. Pas encore. A noter: l’année dernière, à la veille de mes 26 ans, j’avais réussi à me baigner dans une piscine privée. Cela faisait probablement 10 ans que je n’avais pas réussi à faire ça. C’était un très grand moment d’émotion de retrouver cette sensation.

Je pense que cet appel de l’eau n’est pas uniquement lié à l’expérience dans l’eau. Etre à proximité d’une grande zone d’eau où je peux tremper les pieds me rend déjà très heureuse.

… »Trust your fucking guts Sibylle« 

Ce que j’ai appris cette année, c’est que je peux vraiment me faire confiance. Avant, je ne pouvais pas me fier à ma boussole interne car l’anxiété l’avait complètement déréglé. Avec plus d’un an de travail avec ma psychologue, je commence à enfin être à l’écoute de mon intuition (et non pas de mes peurs). Apprendre à s’écouter, à sonder ce qu’on ressent et prendre des décisions en conséquence.

Il faut que je continue à aller vers là où je sens que je dois aller car il y a quelque chose en chemin que j’ai envie d’apprendre. Toutes les expériences n’ont pas été positives, mais tous ces moments désagréables m’aident à aiguiser la finesse de mon intuition.

C’est un soulagement de se rendre compte qu’on peut se faire confiance.

On est capable.

…Connaissance de soi

Ahlalala. Encore beaucoup de temps passé avec moi même en perspective ! Qu’il est intéressant de se découvrir. Faire des choses dont on ne se croyait pas capable. Remettre en question les mots avec lesquels on se définie. Se demander pourquoi on fait tel ou telle chose. Pour qui je le fais ? Apprendre à se connaître est une étape étrangement simple et compliquée (simple : tout est déjà là en nous, compliqué : il faut être honnête avec soi même et je découvre que l’humaine aime se berner de narrations pour éviter de se regarder droit dans les yeux). L’exploration du Soi est fascinant. J’aime autant que ça me rend inconfortable. J’aime donc beaucoup ça.

…Prendre plus de photos

Je me rends compte que j’ai aussi perdu cette habitude : prendre des photos souvenirs avec mon téléphone. J’ai bien compris l’année dernière que je n’avais plus envie de trimbaler un réflex avec moi, mais j’ai vraiment envie d’avoir plus de photos du monde extérieur. Finalement, je ne prends des photos que chez moi ou pour montrer quelque chose qui m’a étonné dans la rue.

J’aimerai donc reprendre le pli d’immortaliser les jolis moments ou les jolies choses que je croise.

…Trouver mon style

Bon. En soi, c’est un peu trop radical dit comme ça. J’ai déjà un style vestimentaire mais certaines choses ne me conviennent plus. L’année dernière j’avais envie de ré-équilibrer un vestiaire majoritairement noir, bleu marine, vert foncé. J’avais envie d’inviter la lumière avec des éléments plus clairs. Un pantalon blanc est venu égayer ma penderie, par exemple. Avec mon changement capillaire, radical lui pour le coup, certaines tenues que j’adorais ne me plaisent plus autant qu’avant. Je vais garder l’oeil sur mon envie pour comprendre ce qui doit changer.

Pour l’année à venir, j’aimerais – de …

…Sorties à l’extérieur (restaurant + verres)

LE pôle de dépense que je n’arrive pas à gérer. Ca me rend folle. Je n’ai aucun self control sur ce point. J’ai envie de blâmer en partie Paris puisqu’il y est assez difficile d’avoir une vie sociale épanouissante sans se couper un bras mais c’est bel et bien moi qui fait le code de ma carte bancaire et non la ville de Paris…

Pour l’année à venir, j’aimerais autant de …

  • de yoga (mon allié contre vents et marées)
  • de temps pour moi (pour savoir où aller)
  • de lectures (pour m’inspirer)
  • d’avion (c’est-à-dire zéro)

6 mini-habitudes qui changent le quotidien

C’est la rentrée, vous en avez entendu partout, vous ne pouvez pas passer à côté. Même en étant partie en juillet et n’ayant donc pas de « réelle » rentrée, je vois que le rythme change. La douceur qui s’était installée ces deux derniers mois se fait balayer d’un revers de main. Ca y est, les objectifs reviennent reviennent sur le devant de la scène et le monde se met à prendre de la vitesse.

Pour éviter de partir tête baissée dans cette nouvelle énergie, je me suis demandé quelles habitudes j’avais eu ces derniers mois et qui me faisaient du bien alors qu’elles n’ont pas demandé de grands changements dans mon quotidien ? Parfois c’est bien de faire de grands bouleversements mais si vous ne vous sentez pas très à l’aise dans votre en vie ce moment, vous pouvez vous sentir paralysé face à l’idée de faire un grand remue-ménage.

Je comprends que l’on puisse se dire « mais changer des choses infimes dans sa vie n’aura pas d’impact, c’est impossible » mais me concernant, c’est faux. Changer une petite chose dans son quotidien sans difficulté et ressentir rapidement une amélioration nous encourage à continuer de changer, petit à petit.

La chose à laquelle je réfléchis en ce moment est la suivante: en me coupant les cheveux, j’ai découvert à ma grande surprise qu’ils occupaient une place indéniable dans « mon espace mental ». Pourtant, cela était tellement ancré (puisque je n’ai jamais eu les cheveux courts auparavant) que je ne pouvais pas voir à quel point ils étaient présents dans mon quotidien: Ne plus faire rétro planning mental pour savoir quand les laver, quand ma frange va être grasse, anticiper le temps pour les sécher avant de sortir…

En partant de ce constat, je me rends compte qu’il y a sûrement des dizaines de choses qui, de la même manière, prennent beaucoup de place dans ma vie sans que je puisse avoir le recul nécessaire pour le voir.

Dans cet article, je partage avec vous les quelques points sur lesquels j’ai changé mes habitudes et qui une fois accumulé, me rendent plus sereine.

Instagram sur l’ordinateur

Peut-être vous souvenez-vous de l’article que j’avais écrit à propos de mon utilisation du téléphone. Je n’arrivais pas à trouver de point d’équilibre à ce sujet et ce surtout à cause d’Instagram. J’avais même envie de ne plus avoir de « smartphone » à un certain point.

Entre temps, j’ai tout simplement enlevé Instagram du téléphone et je ne le réinstallais qu’au moment de poster des photos. Ce n’était pas franchement pratique pour être tout à fait honnête.

Maintenant, j’en suis arrivée à ce point là: j’ai installé l’application sur mon ordinateur pour ne pas avoir de vilain geste de scroller et recharger par réflexe. Si j’en ressens l’envie le weekend, je m’autorise à le réinstaller mais le dimanche soir je lui dis bye-bye. Avec le temps, je passe de moins en moins de temps dessus grâce à ce changement de plateforme. Il est clairement moins agréable de naviguer dessus sur mon ordi qu’avec le téléphone. J’ai aussi fait un tri relativement impitoyable dans mes abonnements. Cela n’est pas à sous-estimer puisqu’être abonné à moins de compte réduit le débit de nouveautés.

Relire ses livres

Ma manière de lire des livres est la suivante : j’alterne entre boulimie de livres et des périodes creuses. Ces trois derniers mois ont été justement à l’image de cette envie insatiable de lire plus, plus, plus. Malheureusement je ne trouve pas de livres récents dans ma bibliothèque et encore moins sur les sujets qui m’intéressent… Me voilà donc obligée d’en acheter et je ne trouve pas toujours ce que je souhaite dans les librairies de seconde main. Les livres neufs représentent un sacré budget… surtout lorsque vous avez un rythme d’un bouquin tous les deux jours (sans parler que les livres que je cherche sont rarement des formats poches…).

Et là, étrangement, j’ai eu envie de relire 1 livre qui m’avait beaucoup plus l’année dernière… et puis un deuxième… un troisième… J’ai dû relire 5 ou 6 bouquins déjà présents dans ma bibliothèque et ce fut une expérience étonnement agréable. Je comprends que ce qui m’a inspiré la première fois était toujours là. D’autant plus que ces livres sont ceux qui m’ont aidé à remodeler ma vie pour qu’elle colle mieux à mes aspirations.

Ce que j’apprécie aussi est de remarquer qu’à la deuxième lecture, ce ne sont pas toujours les mêmes informations qui restent avec nous. J’ai la sensation qu’en relisant ces livres, je m’en suis encore plus imprégnée et que ces relectures m’ont permis de confirmer une fois encore que je savais quel chemin prendre.

Marcher dès que possible

Ai-je vraiment besoin d’en dire plus ?

Même 15 minutes.

Juste, le faire. Tranquillement. Faire ne serait-ce qu’un tour de paté de maison.

Être seul avec soi même.

Simplifier

Bon, ce point est assez vague car il peut s’appliquer à énormément de choses dans votre vie quotidienne. Simplifier: faire de le tri dans ses activités quotidiennes: qu’est-ce-qui est nécessaire ? Qu’est-ce-que je fais par obligation alors que personne ne me l’a demandé ? Qu’est-ce-que je peux déléguer ? Si je ne devais faire que 3 choses aujourd’hui, qu’est-ce-que c’est ? Qu’-est-ce qui me fait du bien ? Quels sont les sujets qui peuvent attendre ? Y-a-t-il une date butoir ou peut-on tout simplement l’annuler ?

Je vous en parlais dans un post instagram la semaine dernière: en relisant Dominique Loreau, j’en suis venue à enlever un tapis qui cachait la moquette que je trouve si vilaine dans ma chambre. Cela faisait quelques semaines que je me disais « mmh. Il m’emmerde ce tapis à toujours glisser, à s’enrouler autour du pieds de mon lit, à prendre les saletés dans les franges… » mais je n’arrivais pas à l’enlever car c’était plus joli ainsi.

En relisant un passage du livre en question, je me suis dit que j’allais essayer sans. Juste pour voir s’il se passerait quelque chose… ou pas.

Une fois le fameux tapis sous le lit, je ne faisais bien sûr qu’une fixette sur cette étendue maronnasse de moquette. Et puis mon oeil s’est habitué à voir ma chambre plus épurée. Tant pis pour l’esthétique (qui l’eût cru que je dirais ça un jour). Ce tapis disparu enlevait en même temps une source supplémentaire stimulation pour mon cerveau (idem: qui l’eût cru que j’écrirai cette phrase un jour).

J’ai donc découvert la chose suivante: ce tapis faisait de la liste « des parasites mentaux » comme l’étaient mes cheveux. Ca prend de la place dans mon esprit. Pourtant, ce n’est RIEN à l’échelle de la vie. Rien, rien, rien. Je découvre donc que ces petits cailloux, riquiqui, forment finalement des petits dos d’ânes sur la route de notre vie quotidienne. Ils ne sont pas assez grands pour qu’ils nous empêchent réellement d’avancer mais on doit quand même se concentrer dessus. Moins de dos d’ânes, moins d’encombrement « mental ».

Pas de cheveux, pas d’problème.

Pas de tapis, pas d’problème.

Ce petit exemple très précis est à l’image de notre vie : encombrée de mille milliards de petites actions que nous pensons « inoffensives » (on s’entend, elles ne vont pas se mettre à nous attaquer hein) mais qui finalement ont un impact sur notre mental car elles nous alourdissent.

Cela me rappelle lorsque j’avais décidé de passer mon téléphone en « Ne Pas Déranger » de manière permanente et d’enlever toute notification autre que les appels et les messages. Je m’étais rendue compte à quel point ces micros-demandes constantes polluaient mon environnement. Je pouvais enfin passer des heures ininterrompus sur un sujet. Pas de bruit, pas de distraction. Je retrouvais ma capacité de concentration.

Idem en ce qui concerne les informations que j’avais pour habitude de regarder plusieurs fois par jour. Il y a quelques années déjà, j’avais décidé de simplement écouter à la radio le midi et le soir et maintenant j’en suis rendue à uniquement surveiller les gros titres de Le Monde 1 fois par jour (ou 2) et à lire des articles sur lesquels je souhaite de plus amples détails.

Chose incroyable s’il en est : les informations importantes viennent jusqu’à moi malgré tout. Plus besoin de ce flux d’informations quasi permanente (qui ne faisait qu’augmenter mon anxiété et me mettait la tête dans le guidon de l’information plutôt que de me permettre une prise de recul).

Simplifier, c’est donc un principe que vous pouvez adapter à des domaines très divers de votre vie. Chacun ses besoins et ses envies. Faites-vous confiance. Et surtout, même si ça vous semble ridicule (hello j’ai enlevé 1 tapis et je vous en parle), n’ayez pas honte. C’est votre vie, votre expérience.

10 minutes à soi

Je pense que je vous en avais déjà parlé dans un autre article mais en écoutant une émission de radio il y a quelques années, une personne conseillait de s’octroyer 10 minutes de repos sans rien faire. Pas forcément dans l’optique de méditer mais d’avoir simplement 10 minutes de silence (idéalement), de pause, d’immobilité pour soi. Etre assis dans un fauteuil, sur une chaise et simplement être pendant 10 minutes. Pas d’objectif. Pas de but et surtout pas de stimulii externe… Juste se faire un cadeau, de soi à soi, de dix minutes. Une durée faisable pour tout le monde.

En général je le fais quand je prends mon café. Je suis là, la tasse entre les mains et je regarde dans le vide. Je ne fais rien. Je regarde la lumière, mon environnement, le ciel… Je suis passive et observatrice.

10 minutes, c’est tout (mais c’est déjà ça).

Ecrire ses envies

Dernier point, mais pas des moindres.

Si vous êtes comme moi, rêver n’est pas vraiment un problème. J’en ai pleins et je m’amuse à en parler à qui veut l’entendre. J’ai envie de pleins de choses différentes, parfois même contradictoires. En parler à l’oral me fait plaisir, m’euphorise. Par contre, les noter avec intention dans un carnet, m’est beaucoup plus compliqué. J’ai longtemps eu peur de ne pas utiliser les bons termes, d’être trop vague ou trop précise. J’avais la sensation en prenant mon stylo que je faisais un pacte avec moi même. Bref, j’avais du mal à lâcher prise.

Maintenant, c’est toujours une épreuve à laquelle je m’efforce de m’habituer.

Régulièrement, je prends le temps de prendre un stylo, un carnet qui est dédié aux affaires « personnelles » et je me demande « Qu’est-ce-que je souhaite pour les mois à venir ? », « Les années à venir ? », « Si je pouvais avoir + de quelque chose dans ma vie, ce serait quoi ? », « et en moins ? », « De quoi n’ai-je plus besoin ? », « Quelle est la vie à laquelle j’aspire maintenant ? », « Qu’est-ce-que je veux ?« 

Puis je fais une liste.

Sans trop me prendre la tête.

Plus ça va, moins je pèse mes mots, plus je laisse les envies jaillir dans les remettre en question.

Je passe 10 minutes, concentrée sur ma feuille. J’écris, puis je laisse l’exercice germer dans ma tête. Je ne relis quasiment jamais ce qui y est écrit car je pars du principe que les choses importantes feront leur propre chemin jusqu’à mon cerveau. J’ai la sensation que cet exercice m’aide à trouver mon chemin, celui qui me correspond. Si je m’éloigne trop longtemps de ce que je souhaite, je me retrouve à faire seulement ce que j’imagine que les gens veulent de moi.



Bonne rentrée à vous tous,

Prenez soin de vous.

On se revoit vite !

Sibylle

Comment je sais que je suis sur le bon chemin ?

Ce matin, je crois que j’ai compris une chose : toutes les choses que je n’arrive pas à nommer dont je vous parle régulièrement depuis plusieurs mois, que je ressens d’une manière pourtant très fortes, quelles soient confortables ou non, sont le signe que les pièces de mon puzzle personnel se mettent enfin ensemble. Elles commencent à former un tout, mais si on ne regarde que chaque pièce, on ne peut pas comprendre ce qu’elles signifient. Elles semblent si petites. Ne contiennent qu’un tout petit morceau de l’image.

Lorsque j’ai commencé ce blog, je me doutais que j’étais au début de quelque chose, potentiellement assez grand (et il l’est déjà à sa manière pour ce qu’il m’a déjà offert). Je savais que ce blog et tout ce qu’il enclencherait mentalement et socialement m’aiderait à prendre le chemin qui me correspond. Ecrire ces articles me permet de verbaliser ces sensations diffuses, de me mettre à la place de l’observateur et d’être constamment dans un questionnement face à ce que je vis. Je ne suis pas plus dans la position de celui qui reçoit ou qui est passif. Je savais qu’en faisant ce mouvement vers mes envies, je prenais donc la place de celui qui fait, qui va de l’avant.

La question que je me suis posée est la suivante: comment je fais pour savoir que je suis sur le bon chemin ? Qu’est-ce qui me fait dire que j’ai fait les bons choix ? Qu’est-ce qui au quotidien me fait penser que la route est celle qu’il me faut ?

L’apaisement

La chose la plus étonnante la suivante: malgré les eaux troubles, malgré les changements permanents, les difficultés, le doute et les défis qui se présentent, je ressens au fond de moi un apaisement. Mes angoisses sont toujours là, parfois trop présentes mais elles ne remettent pas en doute toute ma vie. Je n’ai plus l’impression d’être piégée. A la limite, j’ai peur des vastes possibilités qui s’offrent à moi (comment choisir ?). C’est une sensation profonde qu’une lutte a pris fin à chaque moment où j’ai fait des choix. C’est l’indécision qui me torturait. Je devais prendre des actions mais j’avais peur. Pourtant, accepter « mon sort » ne me convenait pas. C’est la prise de décision qui m’a aidé à mettre fin à cette sensation de « mourir de l’intérieur ».

L’apaisement c’est aussi mon esprit, mon corps, qui savent que je les écoute (du moins, j’essaye). Je prête l’oreille à leurs demandes. Je m’arrête régulièrement pour observer quand je sens qu’il se « passe des trucs ». Ils n’ont pas besoin de déchaîner des tsunamis d’émotions pour que je daigne y prêter attention. J’ai compris que ce que je ressens d’un point de vue émotionnel ou physique est souvent une réponse à quelque chose qui me tracasse. Exemple: j’ai découvert qu’il arrive souvent que les angoisses qui me paralysent dès le réveil soient le signe qu’il y a un sujet où je n’ai pas encore fait face à mes responsabilités, qu’il y a quelque chose que j’essaye de mettre sous le tapis, d’oublier parce que je crains d’y faire face. Ca peut être quelque chose d’aucun con que prendre un rendez-vous chez le gynéco… Quelque chose que je repousse et dont je souhaiterais très fort qu’il disparaisse. Or, on sait tous que c’est n’est pas possible. J’essaye de ne plus prendre ces symptômes comme une entité à part entière qui m’habite: j’ai compris que dans mon cas, c’était un signal et rien de plus.

L’apaisement que je ressens n’est pas un déni de la réalité, où je ne vois que ce que je veux. C’est plutôt une conviction que je peux me faire confiance pour trouver le chemin. Une confiance en mes capacités, en mon esprit critique, en mon instinct pour aller plus loin que l’endroit confiné où me garde la peur. Je fais face au doute, à la désillusion, à la difficulté de ne pas atteindre ses objectifs dans les délais que je m’étais imparti. Pourtant, lorsque je me pose, que je m’écoute longuement, je vois bien que je ne souhaite pas abandonner. Le voyage que je fais me convient.

La joie

Chose étrange (enfin, qui ne devrait pas) j’ai des poussées de joies. Oui, j’utilise le terme « poussée » comme on le dirait pour des boutons. Ce sont des irruptions incontrôlables de bonheur. A quoi ça ressemble ? Pour vous donner un exemple, il m’en est arrivé une ce matin. Je me suis autorisée une petite pause de lecture (pour remplacer la fameuse pause de 11h de mon ancienne vie de salariée). J’ai déplacé ma chaise jusqu’au rebord de la fenêtre où je peux profiter du soleil. La fameuse « poussée de joie » m’est venue au moment où je me suis rendue compte que j’étais là, entrain de lire tranquillement au soleil, sans un bruit autour de moi (à part ceux auxquels nous sommes habitués à Paris). La réalisation de ce moment m’a provoqué une sorte de chaleur dans la poitrine, une joie sincère de pouvoir m’octroyer ce plaisir sans devoir demander à quiconque. Apprécier la douceur de l’instant. Je savais qu’à ce moment là, je faisais les choses de la manière dont elles me faisaient du bien, que j’étais au bon endroit au bon moment. J’étais heureuse de pouvoir me créer un environnement qui était propice au calme et à l’introspection, comme j’en ai tant besoin.

Quels sont les moments qui vous feront ce genre d’effet ? Cela dépend de chacun, bien sûr. Tout le monde n’est pas sensible aux mêmes choses, j’imagine bien.

Parfois, je travaille en legging avec un podcast en fond sonore, et quand je m’en rends compte, je glousse de joie. Je suis bien quoi, alors une joie assez « pure » digne d’une gamine s’empare de moi. Je suis contente, je souris, je rigole toute seule et je continue de travailler le coeur léger.

D’ailleurs, cela ne revêt pas toujours un aspect physique. Parfois la joie est là, tranquille, présente mais elle n’a pas besoin de se montrer par des rires ou des sourires. Un calme précieux m’habite.

Ce particulier dans cette joie, c’est qu’elle n’est pas voulue. Je n’essaye pas de la provoquer, de la faire venir. Elle me tombe dessus, puis repart tranquillement sans faire de vague. Je ne m’arroche pas à elle, j’ai bien conscience qu’elle est d’une nature passagère. Il ne sert à rien d’avoir l’intention de la garder auprès de soi. Je la ressens régulièrement à pleins de petits, tout petits moments, qui semblent si futiles. Pourtant, c’est un indicateur révélateur que je suis pour l’instant sur de bons rails.

Le corps en paix

Les mals de ventre divers et variés sont un peu mes spécialités (en écrivant ces mots, je me rends compte qu’on a vraiment un soucis à ce niveau dans la famille). Que ce soit lié à la digestion, au stress ou aux règles, j’ai toujours eu des problèmes au niveau du ventre. Il y a bien sûr d’autres problèmes récurrents qui viennent d’ajouter comme ces fameuses migraines qui me tombent dessus, et une vie à me balader avec des mouchoirs car je suis toujours un peu enrhumée, quoi qu’il arrive.

C’est à ce sujet que les choses ont sûrement le plus changé depuis que j’ai commencé à me prendre en main. Moi qui avait l’habitude d’avoir toujours mal quelque part et qui avait vraiment accepté cet état de fait, j’ai découvert (sans même le demander !) qu’autre chose était possible.

Mes douleurs ont drastiquement baissé. Elles n’ont pas toutes disparues mais j’ai l’impression d’avoir été gâtée d’un nouveau corps tout neuf. Comment aurais-je pu me rendre compte que ces foutus jeans me faisaient autant mal et empêchaient une bonne digestion ? Comment peut-on éviter ça dans un environnement où venir en legging ferait lever les sourcils (car associé à de la flemmardise ?!) ?

Bien sûr, je ne peux témoigner que de mon expérience, donc elle ne peut pas être généralisée. Néanmoins, je constate que mon corps que je voyais comme quelque chose qui me faisait mal semble lui aussi apaisé. J’ai découvert que je n’avais en réalité pas de problème de digestion, juste un problème à rester à angle droit pendant des heures dans un pantalon qui serre mon bide alors que je viens de manger.

Même si nous ne sommes pas encore complètement réconciliés lui et moi, je suis heureuse de constater une telle harmonie avec mon corps. Je l’ai toujours chéri, lui qui me porte, qui me permet de vivre une vie aussi libre mais j’ai engrangé une sorte de rancune malgré tout, surtout à cause des douleurs de règles qu’il me causait. Un sentiment d’injustice m’a souvent habité « Pourquoi n’ai-je pas des règles moins douloureuses ? Pourquoi les hommes n’ont ils pas à endurer ni cette douleur ni celle de l’enfantement ? ». Enfin, vous voyez le tableau.

Mon corps donc, comme mon mental, semblent apprécier le chemin de manière commune et c’est sûrement à cela que je me dis « C’est la bonne route, le feu est au vert ». Je garde toujours en tête que les situations sont temporaires: si dans un an les choses ne me conviennent plus, je pourrais changer de cap, essayer autre chose. Je n’ai plus cette sensation de pieds et poings liés. Je marche, j’apprends, parfois je gambade gaiement, parfois je perdue, il m’arrive même de revenir sur mes pas mais j’ai toujours cette intuition que je n’ai pas encore tout vu.

Et voilà, ce sont toutes ces petites choses qui m’aident à penser qu’en ce moment je suis là où je dois être. A l’instant, tout va bien. Demain ? Je ne sais pas. Mais aujourd’hui, oh oui.

L’importance du silence

Un pause nécessaire

Cela fait maintenant plusieurs semaines que je n’ai pas écris de nouvel article, entre temps j’ai pris la décision d’arrêter la Lettre du Weekend et je ne poste pratiquement pas sur le compte instagram. Est-ce la fin d’A la Roze ? Est-ce que cela signifie que j’abandonne le projet ? Je ne peux pas prédire l’avenir, mais ce n’est pas mon impression.

Je suis donc silencieuse depuis quelques temps.

J’ai pris peur en voyant que j’avais besoin d’espace, car nous savons tous que les projets qui durent dans le temps prennent l’ampleur qu’ils méritent, le font uniquement grâce à la persévérance voire l’abnégation de son créateur.

Alors, je me suis demandé pourquoi je n’arrivais pas à écrire ces temps-ci et pourquoi communiquer à propos de la période que je suis en train de vivre m’est si difficile.

Je n’ai pas grand chose à cacher, et s’il vous est arrivé de lire certains de mes articles les plus personnels, vous savez que je pars du principe qu’il est important de partager avec vous les aspects les moins agréables de mon cheminement dans l’espoir qu’un jour, quelqu’un, s’autorise à ressentir ce qu’il vit sans avoir honte. Mon silence n’est donc pas dû à un souhait de garder pour moi une période compliquée, loin de là.

Je répète souvent qu’il est important de s’écouter, de ne pas penser à ce que les autres pourraient dire. Lorsque j’ai ressenti mon blocage dans l’écriture des articles et des newsletters, j’ai donc appliqué mon principe: je me suis écoutée.

Tant pis si google aurait préféré que je continue à poster toutes les semaines dimanche à 8h, tant pis si les gens m’oublient sur Instagram. Tant pis. C’est pas bien grave.

J’ai vu les signaux m’indiquant un problème, j’ai écouté ce qu’ils avaient à me dire, j’ai donc pris des décisions en conséquence. Je me suis accordé ce silence.


Le silence autour de nous

Franchement, vous ne trouvez pas que nous sommes constamment entouré de bruit, de distractions, d’obligations ? Des choses qui occupent constamment notre esprit, et nous donne la sensation d’être dans un tunnel avec un tapis roulant sur lequel on doit continuer de marcher voire courir si on souhaite atteindre la sortie du tunnel. Or, ce silence, cette pause, c’est ce qui (me) permet de comprendre qu’en réalité, je ne suis pas obligée de courir sur le tapis. Je peux même me laisser emporter, sans panique, enfin, quand j’y arrive. Je peux aussi parfois m’en extirper pour le regarder de l’extérieur.

Au fur et à mesure de ces temps de pauses, on réalise surtout que ce n’est pas un tunnel sombre dans lequel on se trouve. C’est comme si enfin, après tant d’années, on prenait une lampe torche et on faisait « Wowwww mais attendez, y’a des trucs sur les murs ! ». Il y a des choses à voir, et puis au fond, arriver à la sortie du tunnel, je suis pas sûre d’avoir envie que ça arrive très vite, haha.

Le silence est rare.

Nous sommes constamment sollicité par notre travail, notre environnement, notre entourage mais aussi nos besoins physiques et matériels.


Ma période de silence

J’aimerai beaucoup partager avec vous ce que je vis en ce moment, mais j’ai un problème: je n’y arrive pas. Ces derniers mois, je ressens des changements mais pour la plupart, je n’arrive même pas à m’en rendre compte. J’ai cette impression de métamorphose, de changement de peau, de ré-alignement dont il semble à peine que je sois le pilote…

Les séances chez ma psychologue furent intenses, prenantes, déstabilisantes. C’est délicat de décrire ce processus car je ne peux que le deviner. C’est comme si je l’apercevais du coin de l’oeil sans vraiment le voir dans sa globalité, mais je vais malgré tout essayer. Il y a une chose qui arrive régulièrement: lorsque je parle avec elle de certains problèmes, il arrive que lesdits problèmes se résolvent d’eux mêmes par la suite. Pourtant, aucune solution ne semble avoir été formulée, aucun plan d’action mis en place. C’est comme si faire surgir le problème à la conscience me permettait de m’en prémunir. L’image qui me vient en tête est la suivante: c’est comme si je me baladais dans mon inconscient que l’on peut imaginer comme un très long couloir avec des portes menant à différentes pièces. Je discute, je lui montre chaque pièce, on échange à ce propos. Quand le hasard m’amène à revenir dans cette pièce plus tard, je ne me prends plus les pieds dans le tapis, je ne me cogne plus dans le coin de la table, ma manche ne se prend plus dans la poignée de porte… C’est comme si on avait arrangé la pièce pour moi en mon absence. C’est une sensation pour le peu étonnante, croyez moi.

J’en suis là: je ressens qu’il y a des changements en profondeur, des questions lourdes et difficiles qui commencent à remonter à la surface sans que je les vos encore émerger. C’est pour ça que j’ai besoin de silence. La tempête fait rage au large des côtes, et je reste planté là à me demander s’il va pleuvoir demain.

Il me faudra sûrement plusieurs mois, voire plusieurs années pour réellement comprendre ce qui se passe en ce moment, car sans recul, difficile d’analyser.


Et pour vous ?

Je ne doute pas qu’il y a des moments où le silence vous appelle aussi. Bien sûr, il faut tendre l’oreille, être à l’écoute des petits signaux qui vous disent que vous faites des choses qui ne sont pas nécessaires et qui vous pèsent. Ce que l’on oublie parfois, c’est que notre vie est ponctuée d’un milliard de minuscules choses. Il y a des choses de notre quotidien sur lesquelles nous n’avons pas de prise, mais je peux vous assurer qu’il y en a beaucoup sur lesquelles vous pouvez agir si vous prenez le temps d’y réfléchir.

Cela n’a pas été simple de me dire que j’arrêtais la Lettre du Weekend. J’aime aller au bout des choses et au début j’ai cru que c’était un échec, un abandon. Après plusieurs semaines voire mois à y penser, j’ai compris que j’en avais tout simplement fait le tour, que les choses avaient besoin de changement.

Tous les jours, nous nous engageons envers nous même. Nous faisons des choix qui nous paraissent être bénéfiques sur le long terme, mais pour cela nous savons qu’il faut y mettre du sien longtemps. Apprendre l’engagement, et surtout envers soi, c’est primordial, mais l’extrême est de s’enfermer dans ses objectifs sans les remettre à jour. Bien sûr, on peut se tromper mais changer le tir ce n’est pas revenir sur son engagement, c’est l’entériner encore plus profondément. C’est faire preuve d’humilité et se demander comment on peut changer pour le mieux en fonction du contexte qui est le notre.

Je ne sais pas si mon article fera écho en vous.

Je vous souhaite en tout cas un peu de silence pour vous aider à écouter cette petite voix qu’on a tant de mal à écouter (ou devrais-je dire que j’ai du mal à écouter) que l’on pourrait appeler instinct ou intuition.

Bon dimanche à vous ❤

2019, l’année de la libération

C’était la promesse que je m’étais faite en janvier dernier. Je ne savais pas exactement ce que j’entendais par « libération » mais c’est le mot qui s’était imposé à moi, alors je l’avais accepté comme tel.

Aujourd’hui, ce n’est pas un article de conseil. Ce blog est là pour témoigner de mon évolution dans ce grand chamboulement que je vis depuis plus d’un an. J’avais besoin d’écrire, de me débarrasser de mes sentiments.

Here we go.

La frustration d’être lente

Lâcher prise est un sujet difficile pour moi: comment lâcher prise sans avoir la sensation d’être irresponsable ? Comment ne pas mettre tout son être dans chaque action pour éviter que ça dérape ? Or, si les choses doivent déraper, elles déraperont quoi qu’il arrive.

Durant toute ma vie, une chose revient régulièrement, et c’est sûrement quelque chose qui m’embête le plus : je mets plus de temps que les autres à faire les choses et cela depuis toujours. Je ne parle pas de productivité, et de vitesse d’exécution, je parle de réussir à atteindre des palier symboliques de la vie.

Pétrie de peur, j’ai besoin de comprendre les tenants et les aboutissants pour me lancer et quand je ne ressens pas cette maîtrise, j’avance à un rythme particulièrement lent pour m’assurer de ne pas chuter.

Quel que soit le sujet, les personnes qui m’entourent avancent plus vite et je suis très très loin derrière marchant avec précaution.

Cette particularité a des avantages, bien sûr puisque j’apprends des erreurs des autres, ce qui n’est pas négligeable mais parfois, la frustration prend le dessus. En ce moment, c’est le cas. J’aimerai être différente, réussir à foncer tête baissée dans la mêlée et apprendre sur le moment, en ressortir plus forte.

Que garder, que jeter ?

Cette année, à l’image de l’année précédente me semble incroyablement importante. J’en apprends plus sur moi que toutes ces dernières années assemblées. Ce qu’il faut comprendre c’est que la découverte de soi n’est pas une partie de plaisir. C’est être constamment inconfortable car la remise en question est permanente. Ca pique de voir ses défauts, ça pique de regarder là où on en a pas envie. C’est difficile.

L’année de la libération, sonne pour moi comme une émancipation et une page qui se tourne. Dire adieu à certains comportements, dire adieu à certains doutes, certains à priori et surtout à certains mécanismes de défense désuets.

J’en suis rendue à une étape difficile. Une étape où je doute. Je n’arrive pas à entendre mon instinct, je n’arrive pas à savoir ce que je dois faire. Ma créativité m’est d’une grande aide dans ce genre de moment mais elle m’apporte aussi des milliards d’idées de contournements qui, au fond, ne m’aident pas.

Si je devais utiliser une image, ce serait comme si nous étions tous composé de pleins de cailloux avec des formes différentes. Chaque cailloux est un élément qui fait de nous la personne que nous sommes maintenant. La plupart du temps, on avance comme on peut avec tous ces cailloux mais il arrive un moment dans notre vie où on a envie de faire le ménage. On a plus ni l’envie ni la force de trimbaler avec nous tous ces cailloux. Le problème est le même que pour les participants dans l’émission de Marie Kondo: comment savoir si je dois lui dire au revoir ? Ce cailloux a été utile, a été un réconfort, un phare dans la nuit.

Qui suis-je sans ces éléments pour me définir ?

Vous vous retrouvez face à un grand panneau avec écris « JE NE SAIS PAS ».

C’est pour cette raison que c’est si inconfortable de faire sa propre rencontre et de prendre la décision de faire le ménage dans sa vie. On se sent impuissant face à cette indécision. Si vous avez déjà été chez le psy, j’imagine que ce « Je ne sais pas » épuisant résonne en vous.


Aller là où je le souhaite

Je vais vous parler de ce qui m’habite depuis des années. J’ai toujours honte de ne pas avoir encore réussi à accomplir cet objectif.

Cela fait des années que je préviens mes amis que je souhaite quitter Paris dès que j’en aurai la possibilité. Il y a plusieurs années, j’avais postulé à des emplois à Bordeaux dans l’espoir de pouvoir me rapprocher d’une région qui m’est chère. Cela me semblait on ne peut plus classique: j’allais trouver un travail qui me permettrait de trouver un logement sans trop d’encombre. Cela ne s’est malheureusement pas fait.

J’ai toujours espoir de déménager mais n’ayant jamais été dans le système classique du logement, je n’ai pas aucune quittance de loyer à montrer, et maintenant je n’ai même plus de CDI pour rassurer d’autant plus que mon activité est à son tout début. Je me sens dans une impasse à ce propos, la peur de ne jamais réussir à atteindre mon but premier. Qu’importe le nombre de visualisation que je fais, je n’y arrive pas.

Bien sûr que je n’y arrive pas : je ne fais rien pour.

Je pars perdante: je ne remplis aucune case pour trouver un logement, et mon activité ne gagne pas encore assez pour m’assurer des revenus acceptables alors j’attends que l’activité grandisse, ce qui me semble être la chose la plus logique vue la situation.

Parfois je me demande: est-ce le bon moyen ?

Milieu de l’année a sonné

Je crois toujours a tort que Septembre est le milieu de l’année. C’est juin qui m’indique j’ai déjà consommé la majorité de l’année. J’espère être à la hauteur de la deuxième partie de l’année, à pouvoir me surpasser en laissant de côté les peurs qui me freinent.

Je ne sais pas où je lisais ça, mais quelqu’un disait « Quand je ressens de la jalousie ou l’impression de ne pas être Assez, je me demande si j’échangerais ma vie contre la sienne » et si la réponse est Non, il savait qu’il était sur le bon chemin.

De mon côté, c’est pareil. Est-ce que j’échangerais ma vie contre celle de quelqu’un d’autre à l’instant T ? Non. J’ai la chance de pouvoir lancer mon activité sereinement, sans avoir de couteau sous la gorge grâce à mes économies, l’Etat et ma famille. Je rencontre des personnes incroyables grâce à mes projets de freelance, et je ne savais même pas qu’il était possible d’entretenir des relations aussi épanouissantes avec des clients. Je me sens utile et j’ai trouvé une véritable place de partenaire à leurs côtés.



Pour conclure, je me souhaite pour ces 6 prochains mois de garder le cap. De continuer encore et encore à cultiver cette patience qui me fait défaut. D’arroser toutes les graines que je plante régulièrement. Ne pas baisser les bras. Garder en tête mon objectif premier, celui de trouver un équilibre entre épanouissement personnel et professionnel. Rester positive et continuer à count my blessings. Faire de nouvelles choses même si celles que j’ai faites avant n’ont pas encore payées. Parfois le temps doit aussi faire son travail. Bref, aller de l’avant sans baisser les bras.