Un café s’il vous plait #7: été 2020, vacances, sérénité & Harry Potter

Est-ce que vous allez me jeter des cailloux dessus si je redis encore une fois « quelle année ! » ? Je comprendrais, je n’en peux plus de m’entendre dire ça encore et encore. Cette année est assez étrange sur un plan de la communication : je ressens tellement de choses, j’ai envie de vous partager tellement de réflexions et pourtant rien ne sort. Les mots n’arrivent pas à se former. Je reste muette la plupart du temps devant mon ordinateur, frustrée de ne pas réussir à vous transmettre les émotions qui me traversent.

J’ai la sensation d’avoir beaucoup appris cette année. Quand je regarde en arrière, je vois 2018 comme l’embryon d’un projet, où l’enthousiasme me propulsait en avant, puis est arrivée 2019 en démarrant tranquillement (ce qui me convenait assez bien) pour s’accélérer si rapidement sans crier gare que j’utilisais régulièrement la métaphore d’essayer de contrôler une fusée en plein lancement. Enfin, 2020 a tout dégommé sur son passage, anéantissant non pas mes espoirs, mais une peur profonde en moi, anéantissant aussi certaines idées pré-conçues. Face à l’imprévisible, je me découvre non pas héroïque mais stable. Je tiens la barre. Je continue à naviguer malgré tout. Même si ça me terrifie quelque part.

Il me semble que finalement 2019 n’était qu’une simple transition pour en arriver à là je suis maintenant.

2020 est toujours encore en cours et depuis des mois je sens un appel au « nettoyage » intérieur (ok, je vous perds avec cette expression, c’est normal). Disons que je ressens le besoin continuel de faire le point sur ma vie, mes envies, mes peurs, mes ambitions. 2020 me force à définir mon plan de vie (à court & long terme) et à prendre les décisions en conséquence. C’est dur ! Mais nécessaire. Je découvre avec le temps à quel point ce « muscle » de la prise de décision est fondamental mais trop souvent négligé lors de nos apprentissages.

Choisir c’est renoncer, et en apprenant à renoncer à ce qui n’est pas Nous, on apprend à faire le deuil d’images d’épinal que l’on aurait aimé montrer, mais qui ne sont finalement que des fantomes. En apprenant à trancher dans des situations, j’apprends dans le même temps le deuil d’autres lignes temporelles où j’aurai fait le choix inverse. C’est en apprenant cela que j’apprends à être en paix avec là où je suis car je sais pourquoi j’y suis. Théoriquement, ça semble si simple. A mettre en place, je ne vous cache pas que c’est une autre paire de manche.

Qui l’eut cru en commencant ces lignes que j’arriverai à ce sujet ? Pas moi, je peux vous le dire !

Je vous le dis : j’ai tant de choses à dire mais pour l’instant le chemin pour y parvenir est encore chaotique. Néanmoins, l’essentiel c’est que je continue d’essayer 🙂

Partir en vacances

Donc, initialement je pensais vous parler avec légèreté de mes vacances.

Je suis partie deux semaines avec mes parents dans l’endroit où repose une partie de mon coeur : Montalivet, sur la côte Atlantique. Je découvre la région qui l’entoure depuis ma naissance, et elle continue à m’offrir de belles choses. Pendant le confinement j’avais peur de ne pas pouvoir voir ce lieu qui m’est cher cette année, mais nous avons eu la chance de pouvoir y retourner.

Ce n’est pas compliqué, dès que j’y suis, j’y trouve un certain repos. Probablement lié au fait que je suis avec mes parents, que ce sont des vacances ce qui signifie que je n’ai pas d’obligation de travail, mais je pense que cela dépend aussi des pins environnants, du vent qui souffle, de l’air de l’océan, du bruit des vagues qui nous accompagne partout, et de l’atmosphère globale qui malgré l’agitation du marché bondé semble me souffler de ralentir, encore et encore.

J’aime marcher sur les trottoirs constitués simplement de sable et de terre. J’aime voir le coucher de soleil sur l’océan. Et surtout, j’aime découvrir les autres parties du médoc. On se promène, on découvre, rien ne nous est promis et c’est très bien comme ça.

Je vous en ai déjà parlé dans un précédent article mais je souhaiterai souligner une fois encore à quel point j’apprécie les cours de yoga que je prends à Montalivet avec La Bliss Compagnie. Les cours sont du Vinyasa, mais on y trouve une réelle douceur, une écoute sans jugement de son corps. Certes, nous sommes supposés retrouver ça dans tous les cours de yoga, mais parfois il m’arrive dans certains cours de me sentir encouragée dans la performance, à aller toujours plus loin, suer toujours plus. Ce qui parfois me fait énormément de bien, bien sûr, mais ici, j’arrive au juste milieux, à l’équilibre. Et c’est encore mieux. Sans parler que cette année j’ai opté pour les cours en extérieur au milieu de la forêt de pin. Je peux vous dire que la connexion avec la terre me manque maintenant que je suis de retour dans des salles avec le sol bien plat ! Aaaah, l’odeur de la pinède, le bruit des vagues, le soleil qui commence lentement à se coucher… Malgré ma crainte constante de voir une guêpe ou un frelon arriver, je crois que les cours extérieurs deviennent petit à petit mon environnement de pratique préféré.

Donc si vous passez dans le coin, profitez-en 🙂

Sur une note beaucoup moins joyeuse, notre chien est mort le lendemain de notre retour de vacances. C’était un très vieux chien donc cela n’était pas surprenant, mais c’est toujours un sacré moment à passer. Je suis contente d’avoir pu être là la nuit où ma vieille mémère nous a quitté, entourée des siens.

Un peu de sérénité

Maintenant que je suis enfin installée à Nantes, que mes affaires sont déballées et agencées de manière à ce que je me sente chez moi, je découvre enfin cette sensation qui m’avait quitté depuis bien longtemps : la sensation d’être au bon endroit. En fait, j’ai retrouvé ma tranquillité d’esprit. Depuis quelques semaines je n’ai tout simplement aucun problème. Enfin, on s’entend j’ai des problèmes matériels, des problèmes administratifs, pratiques… mais pas de problèmes d’un point de vue émotionnel. Je suis au calme. Je suis calme. Je suis bien. Je suis tranquille.

Rien à signaler.

Je dors, je mange, je travaille, je me repose, je vois quelques personnes, je me balade.

Et voilà, mes besoins sont comblés.

Après la tempête du déménagement, je me retrouve paisible.

Ca faisait si longtemps !

Je ne sais pas si cela vous dit quelque chose, mais j’ai régulièrement évoqué l’envie de voir mon style vestimentaire évoluer. Même si j’aime toujours fondamentalement la même chose, je sentais que ma mue intérieure avait besoin d’être traduire à l’extérieur. Des pièces sont venues se rajouter à mon placard (déjà débordant… mmh). Je découvre que les tons chauds me font plutôt bien au teint, et j’expérimente plus avec les motifs qu’habituellement.

Pour couronner le tout, le psoriasis présent sur mon cuir chevelu semble se réduire inexorablement depuis des semaines. Ma mue serait-elle bientôt complète ?

Harry Potter

Pour finir ce petit récapitulatif de l’été 2020, je ne peux pas en parler sans vous dire que j’ai encore une fois relu Harry Potter. J’en avais ressenti le besoin après le déconfinement et pendant ma lecture, je comprenais pourquoi. Harry Potter évoque tellement de sujets fondamentaux (l’amitié, l’amour avec un grand A, le pouvoir, les valeurs, la politique, le courage, la peur…) que je pense que j’ai trouvé écho à mon envie de faire le point sur ma vie que je vous évoquais plus tôt. Cette histoire que je connais pourtant par coeur, me repose les mêmes questions, et toujours j’y trouve une nouvelle réponse.

Et comme toujours, j’ai bien pleuré. Oh, la, la.

Je crois que finalement je n’ai rien à dire de plus sur Harry Potter. C’est tellement une évidence pour moi. J’en ai déjà tellement parlé durant ma vie que je ne vois pas ce que je pourrais ajouter.

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C’est quoi se sentir chez soi ?

C’est quoi se sentir chez soi ?

Depuis plusieurs années, je me questionne sur le sentiment d’être chez soi et le concept de la Maison. Je le recherche sans avoir l’impression de le trouver. Est-ce que je suis à la maison dans les endroits où je déambule sans jamais avoir besoin d’un quelconque plan car la carte s’est imprégnée jusque dans mon être ? Est-ce là où se trouvent la majorité de mes affaires ? Est-ce là où j’ai envie de poser mes valises pour plusieurs années ? Est-ce là où j’ai des centaines de souvenirs qui parsèment les rues ? Est-ce l’endroit où j’ai passé le plus de temps dans ma vie ? Qu’est-ce qui définit la Maison ? Est-ce définit par la sensation de bien-être qui m’envahit quand j’arrive à un endroit précis ?

Paris ? Nantes ? Ailleurs ?

Pourquoi est-ce que le seul endroit où je me sens pleinement à la maison est un endroit où je n’ai pas vécu ? Où je n’ai pas d’amis ? Aucun bâtiment faisant office de port d’attache.

Pourquoi est-ce que Paris ne me donne plus l’impression d’être chez moi malgré les souvenirs, mes amis et le toit sur ma tête ? D’autant plus que je suis dans un quartier que je connais comme ma poche où l’histoire familiale est présente à chaque coin de rue.

Pourquoi est-ce que Nantes n’est pas exactement ma maison non plus ? Malgré l’attachement que j’ai pour cette ville où j’ai doucement grandi pendant plus d’une décennie. Je la vois enfin avec l’oeil neuf du touriste et pourtant il suffit d’un weekend pluvieux pour me rappeler la longueur des hivers tellement humides que j’abandonne toute perspective d’avoir les cheveux domestiqués. Même le vent me semble différent de celui de Paris. Pourquoi ?

Mes racines sont là, éparpillées mais elles ne m’apportent pas le réconfort que j’en attends.

Où est mon Heimat ?

Je me doute que si l’on est bien dans sa tête, on se trouve bien n’importe où mais cela m’interroge sur deux points: le premier voudrait dire que je peux être entièrement et pleinement épanouie ici sauf que je ne le suis pas. J’ai bien conscience que j’ai sûrement bâti une résistance sur ce point. J’ai envie d’aller voir ailleurs, et cela m’obsède. Je me dis, Sibylle cela fait déjà plusieurs années que tu souhaites partir, et tu es toujours là, empêtrée dans le filet parisien ». Je m’en fais une montagne.

Le deuxième point est le suivant: est-ce que mes envies de retourner près de l’océan, de changer de paysage, d’avoir un extérieur ne sont pas valides ? Sont-elles simplement des illusions données par mon cerveau ? Pourquoi est-ce que tout ce que je souhaite serait nécessairement superficiel ? Certains ont envie de changer de vie et d’avoir des enfants en dehors de Paris, personne ne les questionne. Leur choix semble compréhensible pour tout le monde. Pourquoi est-ce que je me sens tant illégitime de vouloir des choses ? Pourquoi est-ce que je remets constamment en question chacune de mes envies profondes ?

Ces questions nous emmènent à la plus importante de toute: Pourquoi est-ce que je ne fais pas confiance à ma petite voix ? Où est-ce que ça bloque ?

Ma première maison reste mon corps, la coquille que je trimballe avec moi nuit et jour. Je dois peut-être apprendre à l’habiter avant tout, au lieu de la squatter comme si on allait me l’enlever incessamment sous peu.

Je laisse ces interrogations en suspend.

A très vite,

Sibylle