Couper ses cheveux longs pour une coupe garçonne: EP.3

Le moment tant redouté est arrivé : je laisse pousser mes cheveux ! Avec les différents confinements et ma vie sociale beaucoup plus tranquille que la normale, c’était « le moment ou jamais » pour passer les différentes étapes de la repousse de cheveux, sans trop de témoins de ces périodes de transitions pas forcément faciles à passer.

Les cheveux, cela pourrait passer pour un sujet superficiel. Comme je vous l’ai déjà dit dans un ancien article, ma position est qu’il ne faut pas nier les émotions et les questionnements que ce genre de sujet nous invite à explorer. Les cheveux ont une place énorme dans notre société. Ils disent des choses sur nous. Ils sont un des éléments clefs de notre « look », c’est-à-dire sur l’image que nous souhaiterions projeter (par exemple la classe sociale dans laquelle nous nous retrouvons ou à laquelle nous aspirons). Parfois, aussi, des éléments incontrôlés et incontrôlables qui disent d’autres choses de nous mais dont nous ne pouvons pas avoir conscience à moins que quelqu’un nous dise ce qu’il a pensé de nous lorsqu’il nous a vu pour la première fois. Impression bien entendu biaisée en fonction des préjugés de la personne. Difficile à démêler tout ça.

Et bien sûr, les cheveux et le choix de sa coupe sont encore fortement ancrés dans un imaginaire genré. Les cheveux longs majoritairement pour les femmes, les cheveux courts majoritairement pour les hommes. Le nombre de fois où j’ai pu entendre dans ma vie que les cheveux longs étaient un signe de féminité… ! 

Si vous avez lu les articles précédents à ce sujet, je pense que nous avons déjà abordé ces sujets mais il me semblait important de remettre un peu de contexte dans la mesure où mon dernier article sur la coupe courte date probablement de l’année dernière. 

Me revoilà donc repartie dans une nouvelle aventure à propos de mes cheveux courts mais qui n’a cette fois rien à voir avec la précédente. 

Me couper les cheveux, avec quelle facilité je l’ai fait.

Je suis venue, on m’a coupé les cheveux, j’étais heureuse, les coiffeuses étaient heureuses, mes proches étaient heureux, le monde n’était que joie fébrile et abasourdie par ce geste radical qui était de dire adieu à toute cette masse capillaire que j’avais si longtemps aimée. 

Couper les cheveux, cet acte libérateur a pris une heure. Un sparadrap que l’on enlève et hop, c’est fait. Une expérience grisante à vivre. Un shot d’adrénaline en ressortant du salon de coiffure en sentant le vent sur mon crâne.

Par contre, faire pousser mes cheveux là… Nous passons à une toute autre expérience. 

Ma dernière coupe courte date d’octobre dernier une semaine ou deux avant le confinement si mes souvenirs sont bons. Je suis donc actuellement à 6 mois de repousse et je peux vous dire que pour l’instant, c’est dur. Rien de grisant à l’horizon. Un exercice de patience qui n’est, de base, pas mon fort. 

Un mulet est apparu assez vite, et même si j’ai de la chance que la mode soit aux années 90, je dois vous avouer que c’est à ce moment là que ma confiance en moi durement acquise a commencé à s’effriter. Me regarder dans la glace est devenu difficile. J’ai vu le processus de dépréciation se mettre en place sans pouvoir agir. Si je voulais les cheveux longs, je devais passer par là. Il n’y a pas mille manières d’y arriver.

Comme cet article sera probablement le dernier de la série puisque nous clôturons un cycle, je dois vous parler de quelque chose. Cette expérience de coupe courte m’aura appris quelque chose d’important: mes grandes idées, mes grands idéaux, c’est bien beau. Mais entre la théorie et la pratique, il y a un gap.

Lorsque j’étais adolescente, j’aurais aimé être androgyne. J’ai énormément lutté mentalement parce que je ne me sentais pas « fille » et ne me retrouvais pas là dedans. Je me sentais floue, ailleurs, quelque part de non dit, jamais évoqué. En gros, quelque part où on me ficherait la paix sur tous ces concepts qui me provoquaient de la souffrance. Rétrospectivement, cela peut sembler con de se dire que ne pas avoir envie de se maquiller, pas envie de mettre de robe ou jupe, pas envie d’apprendre à marcher avec des talons, tout ce genre d’apparat puisse créer de la souffrance, mais dans le contexte de l’adolescence où on aimerait tant être dans la norme, c’est compréhensible. Sale période pour certains (tout le monde ?). 

J’ai ensuite beaucoup travaillé sur moi même pour accepter la part de moi même que l’on aurait tendance à nommer « féminine ». Tout du moins pacifier ma relation avec mon corps (parce que pour le reste, les apparats, on en est toujours au même point).

Tout cela pour en venir à un événement particulier : avec les cheveux courts, on m’a appelé monsieur et contre toute attente j’ai été complètement déstabilisée. Je suis sortie de mes rails. Je me suis sentie mal. 

J’ai remarqué à quel point je ressassais le moment et à quel point je me sentais inconfortable. Et lorsqu’il y a un inconfort de ce genre là, c’est qu’il y a terreau propice pour déconstruire une pensée. C’est là la leçon majeure : déconstruire une pensée théoriquement, c’est super, par contre être suffisamment honnête pour attraper au vol la pensée dans sa vie quotidienne et se dire « tiens, tiens qu’est ce qu’il y a là dessous, autopsions la » c’est autre chose. 

Mon premier réflexe a été la honte car j’avais la sensation d’avoir failli à mes idéaux, à mon système moral. C’est-à-dire que pour moi la richesse réside dans le fait de permettre à chacun d’explorer les nuances des genres. Or, la pensée que j’ai eue (« il m’a dit monsieur -> il n’a pas vu que j’étais une femme -> je suis donc une femme moche ») était l’expression de la petite fille en moi qui voulait tellement, tellement rentrer dans le moule et me voir dans le regard de l’autre comme jolie, ce que le « bonjour monsieur » n’impliquait pas dans ce schéma de pensée. Cet événement me mettait face à mes contradictions et en général, on aime pas ça.

Pourquoi je parle de ce moment ? Car je trouve qu’en général on parle beaucoup de principes et peu de mise en pratique de ses valeurs. Parfois faire ce travail ressemble à du désherbage. Il faut faire le ménage dans toutes les plantes dont vous ne voulez plus dans votre jardin. Il faut les déraciner. Or, si vous ne faites que faire des moodboards sans jamais passer à l’action, votre moodboard est très joli mais ne deviendra jamais concret.

Pour en revenir aux cheveux qui repoussent (oui, je sais, je vous balade un peu dans tous les sens dans cet article, vous me suivez encore ?) : j’ai atteint une nouvelle zone d’inconfort. Déjà de par le temps nécessaire mais surtout par la difficulté de subir son apparence. D’un point de vue confiance en moi, la repousse a tout dévasté. Je me sens laide du matin au soir et chaque coup d’oeil dans le miroir me peine. J’ai beau me dire que n’importe quelle coupe peut être bien si la personne qui la porte l’assume fièrement… je n’y arrive pas. L’état de mes cheveux n’est pas en cohérence avec l’image que je souhaite renvoyer et c’est beaucoup plus pesant qu’il n’y parait. J’aimais l’image que renvoyait mes cheveux longs avec ma frange, j’aimais l’image de mes cheveux courts. Mais le chantier d’une repousse ce n’est qu’un amas de cheveux avec des longueurs différentes partout. Il n’y a aucune affirmation derrière à part l’image d’un certain laisser aller. J’ai du mal à accepter que cela se déroule au même moment où je rencontre de nouvelles personnes puisque j’ai déménagé l’année dernière. Je pense à toutes ces personnes qui n’ont que cette image que je déteste comme référence. 

Il y a sûrement quelque chose d’autre de caché derrière ça. Ce surgissement du rejet envers moi même m’envoie un signal. Je ne sais pas encore le déchiffrer, mais il est là. Possible que ce soit aussi parce que mon choix de faire repousser mes cheveux a été lié à une situation extérieure non choisie (les confinements) plutôt que comme une envie réelle de changer. A creuser ! Pour sûr, je me recouperai les cheveux en coupe garçonne à l’avenir, malgré la repousse qui m’attendra au tournant.

Finalement, vous ne trouvez pas que les cheveux sont un sujet bien plus profond qu’il n’y parait ? 🙂

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Couper ses cheveux longs pour une coupe garçonne: EP.2

S’il y a bien un sujet sans réelle importance qui pourtant en revêt de manière disproportionnée dans la vie, c’est les cheveux. Des poils sur le crâne qui signent une partie de notre identité. La coupe de cheveux que l’on choisit (ou subit) semble dire des choses sur nous que nous contrôlons à peine. Elle nous représente, est comme une carte de visite montrée à chaque personne que l’on rencontre. La symbolique est d’autant plus forte que devoir trimballer une coupe de cheveux que l’on estime ratée peut sembler être un calvaire pour le porteur : l’image que l’on a de soi à l’intérieur (ou que l’on aimerait projeter) n’est pas en accord avec l’extérieur. « Ce n’est pas moi ».

Comme si ces poils parlaient pour nous.

Comme vous le savez, j’ai coupé ma tignasse l’été dernier. C’est un changement que je n’avais moi même pas venu venir. La curiosité l’a emporté sur la peur. Je n’avais pas d’attente ou d’image précise en tête sur comment ça allait rendre. J’avais envie que ça soit joli, bien sûr, mais c’était avant tout une exploration. Pourquoi je faisais ça ? …Pourquoi pas ? C’est sûrement cette attente relativement basse qui a favorisé une acceptation très rapide de cette nouvelle tête que j’offrais au monde.

Par contre, un tel changement a été un élément très perturbateur sur ce qu’il se passait très très loin en sous-marin dans ma tête. Je voulais faire bouger les lignes, j’ai été servie. Qu’importe le résultat, je voulais voir. Le geste était si fort qu’au lieu de trouver des réponses, cela a permis d’ouvrir la porte à encore plus de questions.

Avant de me couper les cheveux, j’avais peur, bien entendu mais malgré tout je voulais symboliquement laisser derrière moi les choses dont je n’avais plus besoin. Dans mon cas, couper mes cheveux aussi courts (et de manière volontaire) est synonyme d’une prise de contrôle sur quelque chose qui m’échappe. C’est prendre une décision et aller de l’avant. C’est me prouver que je suis capable même si je ne sais pas vers quelles mers cela mène. Je n’ai pas sourcillé, je n’ai pas douté, j’ai coupé. J’ai vu mes cheveux s’étaler au sol et rien de grandiose ne s’est passé : je ne les avais finalement plus sur ma tête avant même qu’ils tombent.

Même si je n’ai jamais regretté d’avoir coupé mes cheveux, je dois avouer que les tourments inattendus qui ont suivi, ne sont pas particulièrement agréables. La chose la plus présente dans mon quotidien est la suivante : je ne me sens plus Moi dans mes vêtements. J’ai pourtant toujours eu des goûts vestimentaires relativement clairs & définis. Sur ce point, je me sentais même plutôt bien, je faisais entièrement confiance en mon instinct même sur des goûts parfois ne faisant pas l’unanimité. Et là, tout est parti en fumée. Cette confiance en moi passant par les vêtements a tout simplement disparu. Je découvrais que ne plus avoir mon éternelle frange et cheveux longs changeait toute l’esthétique de mes tenues, changeait toute cette enveloppe que j’offre au monde !

J’en profite pour faire une parenthèse : se sentir SOI MEME dans ses vêtements n’est PAS un sujet superficiel. Certains ont besoin que leurs vêtements reflètent leur image d’eux même, d’autres s’en foutent complètement. C’est comme ça et les deux ressentis sont autant valables l’un que l’autre. Ne pas se sentir à l’aise dans ses vêtements peut provoquer la sensation d’être « immonde », « moche » (…) ce qui n’est clairement souhaitable à personne.

Donc, couper mes cheveux a été un changement de paradigme.

Soudain, mes tenues boyish que j’affectionnais tant avec mon ancienne coupe ne me plaisaient plus du tout. Dans ma tête, la tenue boyish était équilibrée par le symbole des cheveux longs, or sans cela, cela me semblait trop, trop, trop. Ce n’était plus moi. Je ne me reconnaissais plus dans mes vêtements. Et c’est à ce moment là qu’arrivent perpétuellement les mêmes pensées :

Je pourrais me maquiller

Bien sûr.

Mon cerveau, adepte du chemin de pensée paresseux et traditionnel s’est dit que je si je voulais me sentir plus féminine, je pourrais me maquiller.

Avant de couper mes cheveux, je pensais même que ce serait l’occasion de commencer. Je pensais que j’en aurai envie une fois l’étape passée. La réponse est non. Toujours pas.

Je ne me suis jamais maquillé et l’envie n’est pas apparue comme par magie. Ne serait-ce qu’acheter un mascara signifierait acheter un démaquillant. Acheter un démaquillant signifierait acheter des cotons pour l’utiliser. Etc, etc. Commencer à me maquiller c’est laisser entrer tout un système dans sa salle de bain et ce système, je n’y adhère pas.

Je crois fondamentalement qu’il n’y a rien à « embellir » et que ce secteur nous pousse simplement à croire que l’on est pas assez ou que si vous l’êtes, c’est uniquement grâce à leurs produits. J’ai toujours intellectualisé le problème de la sorte : la problématique réelle est de m’accepter telle que je suis malgré les complexes. Et dans mon cas, je vois cette option du maquillage comme une béquille qui m’aiderait sûrement quelque temps mais qui finalement m’éloignerait encore un peu plus d’une acceptation pleine et entière de moi même.

Je devrais mettre mes boots à talons

J’adore les bottines. Avant, même si les talons n’étaient pas très hauts, les bottines faisaient partie de mon uniforme. Et puis les baskets ont refait leur apparition & maintenant leur confort incomparable me fait les choisir plutôt que mes fidèles bottines.

J’aime la sensation que j’ai en portant mes bottines. Avec, je me sens grande, forte, présente. Par contre, elles me font me sentir vulnérables le soir passé 23h, et que le « clac clac » de mes talons est pratiquement le seul son qui résonne dans les rues peu passantes de mon arrondissement. Les boots que j’aime tant, me donnent l’impression de trahir ma présence sur un radar alors que les baskets me rassurent : elles ne donnent pas ma position, et je peux partir en courant à n’importe quel instant. Alors, on s’entend bien, ça me rend furieuse de ressentir ça. Je ne pense pas qu’il soit normal de devoir activer le mode « survie » dès que je fous le pieds dehors mais que voulez-vous. J’essaye d’être toujours transparente avec vous dans la retranscription de mes sentiments et c’est la triste vérité : j’ai toujours peur. J’en suis là pour l’instant (mais pour ceux qui se demandent : oui, je fais des progrès avec ma psy sur ce sujet. J’ai des angoisses ciblées. Et je peux vous jurer que sous ces airs assez ridicules, ce n’est vraiment pas agréable à vivre quotidiennement)

Pour revenir au sujet des bottines (comment ça on parlait de cheveux à la base ?), ma réflexion m’amène encore ailleurs : je suis maintenant freelance, ce qui me permet de passer le plus clair de mon temps pieds nus. Je découvre donc, que lorsque je remets ces bottines, que je qualifiais pourtant moi même de « vrais petits chaussons », mon pied est maintenant inconfortable dedans. Ni plus, ni moins. Les bottines que j’ai ont des talons certes, peu hauts, mais malgré tout plus hauts que des bottines dites « plates » (mais qui ont en réalité quelques centimètres de talons). Ce dernier type de bottine, ne pose pas problème à mon pied. Par contre, mettez le dans les X cms de ma paire préférée, et hop, je comprends que c’est trop haut. Que ce n’est pas normal. Que la courbe que me demande la chaussure n’est pas faite pour mon pied.

Je suis déshabituée de l’inconfort permanent dans lequel je me trouvais. Je n’en avais même plus conscience, habituée par des années et des années de semelles courbées.

Je les portais 10 heures durant et tout allait bien.

Maintenant, l’idée de passer l’après-midi avec me fatigue d’avance et je pense au moment où je vais les enlever avant même de les mettre.

Je trouve ça fou.

Il est possible que vous vous sentiez un peu perdu à ce moment là de l’article: mais où ai-je envie d’en venir ? Ne vous inquiétez pas, je tiens la barre. Là où je veux en venir, la question fondamentale qui se cache derrière toutes mes réflexions est la suivante : c’est quoi la signification de la féminité pour moi (et uniquement moi) ? Maintenant que j’ai dit au revoir à une certaine forme de féminité, quelle est donc celle qui maintenant me semble pertinente pour moi maintenant ? Qu’est-ce que je projette derrière ce mot de « féminité » qui m’a si longtemps posé problème ? Qu’est-ce que je cherche ? Quelle est ma propre définition ? Comment je la vis, la ressens ? Je suis tiraillée entre mon intellect qui me dit que je n’ai pas besoin d’attribut matériel de féminité pour l’être, que féminin ou non, là n’est pas la question, que je dois « juste » me concentrer sur ce qui fait sens pour moi. Dans le même temps, je pense à pleins d’idéaux avec lesquels j’ai forcément grandi dont je n’arrive pas à savoir s’ils sont une véritable envie personelle ou simplement une envie de me réfugier dans une idée pré-conçue rassurante.

Quand j’ai coupé mes cheveux, je pensais juste continuer ma vie comme avant mais avec les cheveux courts. La réalité est finalement toute autre. Je comprends que je suis en pleine déconstruction. J’explose les murs de ma maison pour pouvoir faire une gigantesque rénovation, qui je l’espère sera positive. Je garde en tête que pour pouvoir arriver à mon but – un belle nouvelle maison avec des fondations remises à niveau – c’est normal de supporter des mois de travaux, de poussières, d’avoir des doutes, d’avoir l’impression de ne pas en voir le bout. Ce dont j’ai besoin : m’écouter, me faire confiance et être patiente.

Je sais que cet article est beaucoup trop long mais j’ai encore une pensée qui me vient systématiquement lorsque je pense au fait que je ne me reconnais plus dans le miroir et ensuite vous pouvez retourner vaquer à vos occupations :

Changer de garde robe, ce n’est pas écolo

Hey oui, je me suis dit ça régulièrement cette année. Beaucoup de nouveaux vêtements sont venus rejoindre mon placard pour m’aider dans mon exploration. Même si la plupart de ces pièces sont de seconde main, je suis embêtée de ne pas avoir mis d’autres pièces jusqu’au bout « juste » à cause de mes cheveux. Parfois ce sont des pièces qui me plaisent esthétiquement, je les aime sur le portant mais je ne les aime plus sur moi. L’enthousiasme n’est plus là. Ce n’est pas la lassitude, ce ne sont pas des achats impulsifs ratés. C’est simplement qu’ils ne me renvoient plus la même image qu’avant. J’ai du mal à m’en séparer (d’habitude je donne les vêtements dont je ne souhaite plus) car je n’ai pas vu ce revirement venir. Néanmoins, il ne fait aucun doute que je dois passer par là. Je fais ce que je peux pour limiter mon impact en choisissant de la seconde main en main propre de préférence.

Je vous en parlerais sûrement plus en profondeur dans le prochain article parlant de mes achats vestimentaires (qui arrivera en juillet normalement).

Pour conclure, je voudrais souligner un point qui me semble important : ce n’est pas parce que je me trouve dans un brouillard identitaire à l’heure où j’écris ces lignes que ma coupe de cheveux est un événement négatif. Toute expérience n’a pas à être « géniale » ou « nulle ». Je pense même que ce serait très enfantin de chercher coûte que coûte à simplifier un événement et à vouloir le mettre dans une case de cette manière.

Le changement, c’est souvent inconfortable. On va d’un point A à un point B, mais le chemin entre les deux est parfois sinueux, désagréable, challengeant, énervant, frustrant, tout ce que vous voulez. Malgré tout, ce n’est pas parce que ce n’est pas confortable sur le moment, que ce moment ne vaut pas la peine d’être vécue. Vous êtes peut être en chemin pour la meilleure aventure de votre vie mais vous ne le saurez que bien plus tard. Evoluer, ce n’est pas toujours joyeux et ça n’en met pas toujours plein la vue. Grandir, c’est pas toujours des grandes étapes aussi marquantes que de se couper les cheveux.

De mon côté je ne vois pas très bien où je vais, mais je savais juste que ma première étape était celle-ci. Point. Je n’avais pas réfléchir plus loin, je me doutais que le reste se déroulerait tout seul. C’est comme si j’avais mis un coup de pied dans la fourmilière des idées pré-conçues que j’avais sur ce qui faisait de moi Moi et qu’à partir de là je devais (re)commencer à construire. Ce n’est pas simple mais c’est le même engagement que j’ai pris envers moi même lorsque j’ai pris mon premier RDV chez la psychologue : je dois savoir. Pour moi. Je dois le faire pour moi.