Que faire de mes émotions négatives ?

J’ai essayé plusieurs fois d’écrire cet article avec une structure traditionnelle avec plusieurs sous-titres et une avancée mais je n’y arrive tout simplement pas donc let’s go with the flow. On verra bien ce que ça donne.


Je parle beaucoup sur ce blog des choses que j’ai mis en place pour encourager et souligner mes émotions positives, mes nouvelles habitudes pour améliorer mon bien-être, tout le cheminement qui a comme but de me découvrir ainsi que mes forces et en conséquence, être mieux dans mes baskets.

Or, là-dedans, il manque quelque chose: les émotions négatives. Quid ? Qu’est-ce que j’en fais ? Sont-elles éradiquées dans le processus ? Bien sûr que non. Ce n’est pas le but.

J’ai apaisé beaucoup de choses cette dernière année mais il y a un noyau plus profond que je n’ai pas encore atteint. Un noyau qui contient toute ma rage et qui parfois rugit. Je n’arrive pas à mettre des mots justes sur ce noyau car tous ceux qui me viennent en tête me semblent toujours déplacés, disproportionnés ou trop doux dans le cas inverse.

Ce noyau de colère, je le ressens lorsque certains sujets viennent sur le tapis. Je ne vais pas me mettre à hurler contre quelqu’un ou à partir dans des diatribes, c’est plutôt une sensation de douleur profonde que le sujet me provoque. Au final, le mot qui se rapproche le plus, c’est celui là: la douleur. C’est quasiment physique. Le coeur qui bat plus vite, la tension qui monte.

Vous savez pourquoi je ne sais pas quoi faire de cette colère ? Car elle n’a pas de sujet. C’est une douleur diffuse, incompréhensible. Je ne peux confronter personne.

Je sais quels sujets me provoquent cela, je comprends à peu près les sentiments qu’ils créent en moi mais je ne sais pas quoi en faire.

Comme vous avez pu le lire dans des articles précédents, j’ai déjà réussi à plus ou moins faire la paix avec les émotions handicapantes comme celles provoquées par l’anxiété. Les moments d’angoisses sont toujours présents mais ils viennent par période, comme des vagues. J’apprends maintenant à les voir comme des compagnons de route qui pointent du doigt un sujet que je dois aborder mais que j’ai préféré ignorer jusque là.

Ce sur quoi je bute, c’est vraiment la colère. Il y a des choses qui me donnent la sensation d’héberger Hulk en moi, d’avoir un incendie qui s’allume si rapidement et si fort que j’ai envie de mener une révolution. Malgré tout, je me méfie de cette flamme, car même si ses intentions sont toujours louables , elle ne vient pas « du bon endroit ». Elle vient de là où se trouve la vengeance, la prise de pouvoir, l’écrasement de l’autre. Ce n’est pas une partie que je souhaite écouter.

Plusieurs mots associés me viennent en tête, comme « pardon », « guérison » mais ce n’est pas encore l’heure pour moi. Je m’en sens très loin. Je ressens encore l’envie de faire justice par moi même. Je ne saurais même pas qui pardonner, ni pour quoi. (ce n’est pas aussi simple, mais pour la clarté de cet article, nous dirons ça)

Quand cette colère se fait sentir, c’est comme se prendre les pieds dans un rayon de vélo, on est pris dans l’engrenage et on est obligés de faire plusieurs tours avant de pouvoir redescendre. Il me faut du temps pour laisser partir le sujet de ma colère.

Je suis déjà tombée sur quelques suggestions du type: écrire ce qu’on a tout au fond de son coeur dans une lettre pour ensuite la brûler. Sauf que j’ai très peur du feu alors je ne me vois pas faire ça (et je ne suis pas sûre que la déchiqueter me provoquera la même sensation que la voir se consommer sans mon action).

Comme beaucoup de ces articles plus axés « réflexions », je n’ai pas de conclusion car je n’ai aucune solution, aucune idée, aucun avancement. J’observe, je note, je garde la trace du processus.

Je vous tiens au courant si je vois du nouveau 🙂

A la semaine prochaine,

Sibylle

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Pourquoi je fais des choses « qui ne me ressemblent pas » (et que vous devriez faire de même)

Depuis que j’habite dans mon appartement donc depuis 3 ans à peu près, je suis fascinée par le café en bas de chez moi. Il ne paye pas de mine mais c’est un des seuls lieux qu’il m’ait été donné de voir avec une véritable mixité sociale. On y retrouve autant de propriétaires d’appartements d’une centaine de mètres carrés (dans Paris !) que d’ouvriers finissant leur journée. Il m’aura fallu 3 ans pour finalement m’installer en terrasse pour profiter du soleil. Pourquoi cela m’a-t-il pris autant de temps ? Je ne sais pas exactement. Je me disais constamment que c’était mieux de faire des économies en faisant mon chocolat chaud ou ma citronnade à la maison. Sauf qu’aujourd’hui, c’est l’endroit où j’écris ces lignes. Enfin ! Une boucle est bouclée. C’est insignifiant et pourtant si symbolique car vraiment, cela faisait longtemps que je souhaitais y aller.

Faire des choses qui ne nous ressemblent pas

Mon intention pour l’année 2019 est le mot « libération ». J’ai besoin de me délester de mes préjugés envers moi même. Je décide de moins me limiter, d’essayer, tester et apprendre. Je compte explorer différentes facettes de ma personnalité qui m’intéressent mais qui soit me font peur soit n’ont jamais eu la possibilité de s’exprimer.

Pour vous donner un exemple concret, j’ai toujours pensé que « j’étais nulle » en présentation orale. Or, même si je ne vais clairement pas monter un spectacle de one man show demain, je réalise que la grande majorité de mes présentations se sont bien passées. Je ne suis donc pas « nulle », c’est simplement que je n’apprécie pas cet exercice. Finalement ce sont 2 choses très différentes ne pas aimer et « être nul ». Il m’aura fallu, quoi… 9 ans pour enfin comprendre la différence. Purée.

Finalement, si j’utilise les grands mots, nous pourrions dire que j’ai donc commencé mon processus de « réalisation et d’acceptation ».

Voici mon avancée à l’heure qu’il est. Si cela vous dit, j’ai envie de partager avec vous mes changements, plus ou moins grands. Tant pis, allons dans le côté « carnet de bord ».

Je me suis inscrite à des événements de networking…?

Je peux vous assurer que cela semble à l’opposé de ma personnalité, plutôt loup solitaire comme penchant. J’ai toujours pensé que c’était l’équivalent de l’enfer sur terre pour une personne hypersensible comme moi, or, je découvre qu’après tant d’années à travailler sur ce point, les résultats sont (enfin) là.

Je suis allée au premier rendez-vous… sereine. On aurait dit un poisson certes hésitant au début mais nageant sans difficulté. Je découvre une facilité de connexion aux gens. Je suis la première étonnée (pourtant je n’aime toujours pas aller en soirée).

J’ai acheté un livre à propos… de la vente ?

Et j’ai choisi un livre bien, mais alors bien kitsch sur le sujet. Ce livre est l’épitome d’un livre de coaching à l’américaine, qui à priori à l’opposé de mes intérêts ou de mon caractère. Il est tellement éloigné que j’ai naturellement envie de justifier son achat auprès de mes amis. « Non mais, je compte pas rouler les gens dans la farine, hein ! ».

Wait a minute…

Parce que vendre quelque chose, parler de manière à ce que ce soit clair et désirable est l’équivalent de « rouler dans la farine » quelqu’un dans ta tête Sibylle ? On tombe sur un point intéressant ! Une pensée à déconstruire. Et hop, on retombe sur ce grand classique « Quelle est ma valeur ? Suis-je légitime ? »

J’ai envie de comprendre, de découvrir un domaine qui me semble être dans une stratosphère différente de la mienne. J’essaye de me détacher de mes anciens labels sans en rajouter d’autres à la place ou peut-être celui de « curieuse », tout simplement.

Un cours d’essai de Krav Maga… ?!

En parallèle de mon obsession pour le café en bas de chez moi, je souhaite depuis plusieurs années découvrir cette discipline. Ne plus avoir l’impression d’être une cible sur pattes dans l’espace public, là est mon but. Ne plus avoir peur de mon ombre. Ne plus avoir peur des regards trop insistants qui ne présagent rien de bon. Ne plus avoir peur quand un homme se dirige vers moi l’air déterminé quand je suis seule et que mon cerveau se met à calculer « Où est la sortie ? Est-ce qu’il est trop fort pour moi ? Où est mon téléphone ? »… Laisser ma peur au placard. Comprendre mes ressources. On s’entend, ce n’est pas en un cours que quoi que ce soit se fera, mais c’est un étape sur mon chemin.

Initialement, j’avais écris une très longue tirade qui venait du coeur sur ce que j’appelle « l’agglomérat de violence liée au sexe. Tous ces événements que nous ne distinguons même plus les uns des autres dans nos souvenirs tellement nous en avons vécu. » Je le garde peut-être pour plus tard. Je vous propose donc de sauter directement à la conclusion de cet article quelque peu décousu.

Alors vous voyez, je change. Je me cherche. Je me découvre aussi, beaucoup. Je vois que j’ai des forces inexploitées ou tues depuis longtemps. C’est un travail très intéressant à faire. Chaque petit pas compte dans cette histoire. On peut se sentir devenir plus fort et moins hésitant à chaque victoire. Chaque petite montagne me rapproche un peu plus d’une Sibylle « complète » qui n’a pas peur de son identité.

Il y a tant de choses qu’on a envie de faire mais que l’on a étouffé et mis très loin de côté pour de multiples raisons qui nous sont propres. Peur de déplaire, peur de se faire humilier, peur d’une réaction violente, peur de l’échec, …

S’il y a des choses qui reviennent régulièrement dans votre tête et qui vous feraient plaisir mais que vous trouvez toujours un moyen de ne pas la concrétiser, essayez de faire un tout petit pas vers ces envies. Allez voir si elles ne pourraient pas vous montrer que finalement vous êtes beaucoup plus fort que ce que vous pensez être.

J’espère que vous allez bien,

Je vous souhaite pleins de bonnes choses,

Vous êtes suffisants. (On me dit dans l’oreillette que « Vous vous suffisez à vous-même » est plus approprié)

Sibylle

De Timide Maladive à Réservée: mon évolution

La timidité est un poids que nous sommes énormément à porter depuis l’enfance. Le sujet me semble assez vaste pour pouvoir faire l’objet d’une suite d’articles, qu’en pensez-vous ? Dans celui-ci, je pensais commencer en faisant le point sur ma propre évolution vis-à-vis de la timidité. Certaines personnes arrivent à s’en départir, à évoluer autour de cette peur pendant que d’autres n’arrivent pas à lui faire face et ce handicap continue de les tyranniser années après années.

Cet article est finalement très lié à celui où je parle de mon envie d’être invisible présente depuis l’enfance. Être invisible c’est empêcher l’interaction avec l’Autre avant même que l’opportunité se présente, c’est éviter ce malaise profond que provoque la timidité autour de certaines personnes ou situations.

*

Enfance – Période dite « Timidité maladive »

Comme je vous le disais dans l’article que je mentionne plus haut, lorsque j’étais enfant la solitude ne me posait pas de problème. Elle m’offrait le confort de la tranquillité, de l’absence de surprise et surtout de conflits. Je me suis toujours bien entendu avec ma personne et même dans les moments les plus bas, je n’ai jamais eu peur d’être face à moi-même. C’est une situation qui m’apaise plus qu’elle ne me pèse.

Les souvenirs d’enfance sont sélectifs, je n’ai que des bribes par-ci, par là mais ma famille est d’accord sur un point: j’ai toujours été extrêmement timide.

Je me souviens d’un épisode en CP où l’institutrice me demande de lire à voix haute quelque chose qui se trouve au tableau. Le peur m’envahit, me paralyse et je me met à pleurer sans pouvoir prononcer un mot. En réponse, l’institutrice me reprend un de mes bons points durement acquis. Je me revois ouvrir ma boîte à points, et marcher dans l’allée pour lui donner ce point qui m’était dû. (note à moi-même: est-ce que ma méfiance vis-à-vis de l’autorité me viendrait de cet épisode ?)

Cette expérience est à l’image du reste. Que ce soit des réunions de famille, des colonies de vacances ou des activités extra-scolaires, tout me donnait envie de me mettre en boule et d’attendre que le temps passe. En discutant de ma relation avec mes grands-parents avec mon frère, il m’a fait cette réflexion: « Comment créer un lien avec un enfant qui refuse de parler ? ». En bref, j’étais un petit hérisson. S’il est à l’aise, il se détend et vadrouille mais dès qu’un danger lui semble proche, il se recroqueville sur lui-même.

Parallèlement, on vous explique que votre comportement n’est pas celui attendu, qu’il est mal vu et qu’il faudrait changer. J’en garde un goût amer, une sensation d’être incomprise et parfois de trop.

*

Adolescence & études supérieures – Soudain, l’envie de plaire

Je passerais vite sur l’adolescence car mes souvenirs sont tellement à vifs et bordéliques que je n’arrive pas à prendre de recul sur cette période malgré les années qui passent. Vivant de multiples vies parallèles ne se chevauchant que rarement à ce moment là, j’ai une image globale très floue de toutes ces années.

J’ai fait connaissance avec une bonne partie de mes amis de l’époque via Internet et que je les rencontrais seulement plus tard, même s’ils habitaient qu’à quelques rues de chez moi. Une fois que vous avez parlé pendant des dizaines et des dizaines d’heures avec quelqu’un, il est beaucoup plus facile d’avoir une conversation IRL avec lui. Ah, internet. Merci d’avoir été mon vecteur de sociabilité. Le pays rêvé où la timidité n’existe presque plus.

Le point intéressant se situe plus tard: lorsque vous vous êtes senti autant vulnérable et inadapté dans votre enfance, il reste des traces de ces pensées dans votre manière de réfléchir ou d’anticiper les évènements.

Après le lycée, le moment crucial du supérieur arrive. Recommencer à zéro et toutes les angoisses qui vont avec. Serais-je à la hauteur des obstacles qui m’attendent ? Je n’en savais rien et j’en étais terrifiée. Et soudain, me tombe dessus la question: et si je ne me faisais pas d’amis ? et si je n’avais personne avec qui déjeuner le premier jour ?

Bien sûr, 8 ans plus tard, je m’amuse de repenser à quel point j’ai pu vivre intensément ces doutes qui peuvent sembler ridicules mais à 18 ans à l’aube d’une nouvelle vie, ces tourments sont bien compréhensibles.

Là est donc rentré en compte quelque chose qui ne m’avait jamais vraiment importé: je voulais plaire. Voyez à quel point nous entrons dans une problématique à l’opposé de mon enfance !

Je ne parle pas de plaire physiquement mais de plaire tout court. On m’avait souvent dit jusque là que j’avais l’air froide, distante, arrogante, désagréable et le poids de ces mots me semblait annoncer une terrible nouvelle: personne ne voudrait être mon ami.

N’oubliez pas, ces situations me faisaient remonter des peurs d’enfance. Cela ne semble pas rationnel (Hello Sibylle, réfléchis 30 secondes, bien sûr que tu vas te faire des amis, et non tu ne passeras pas 5 ans à manger toute seule le midi !) mais sur le moment, la peur est si forte qu’elle semble couler de source.

Alors j’ai décidé de changer. Je suis complètement sortie de ma zone de confort. Je ne sais pas si ces efforts étaient visibles mais mon dieu, j’ai essayé si fort d’être une personne agréable. Le revers de la médaille est que maintenant je cherche à retrouver cette petite Sibylle revêche qui à sa manière ne faisait aucune concession.

À force de vouloir plaire, j’ai atteint un stade où je n’arrivais plus à accéder à ma force intérieure, à ma capacité à dire que je n’étais pas d’accord, je n’étais plus entière car j’avais consciemment décidé d’étouffer une partie de moi: celle qui m’a fait me sentir mal-aimée mais qui sait comment me protéger. C’est de cette manière que l’on peut perdre la trace de son amour propre et que l’on devient le complice de situations qui ne nous conviennent pas.

*

Maintenant – Imprévisible mais plus calme

Que dire de maintenant… C’est mitigé. Certaines situations ne me provoquent plus de vagues d’émotions incontrôlables, donc il y a du progrès. Par exemple, je suis allée à des anniversaires où je ne connaissais personne et j’ai parlé à des gens. Et par dessus tout: j’ai survécu. Honnêtement, des situations de ce genre ne seront jamais agréables pour moi mais au moins j’ai pu être fière en rentrant chez moi.

Il y a des périodes où je suis plus ou moins timide, sans explication particulière. Il y a des jours où demander un renseignement à un vendeur me demande un réel effort, où je me répète la phrase plusieurs fois avant d’aller le voir alors que d’autres fois je serais très heureuse de bavarder avec cette personne. Il m’arrive encore de paniquer au restaurant lorsqu’on me pose une question inattendue et je continue de prendre la première possibilité qu’on me propose, même si je la déteste. C’est la vie.

Pour conclure, ma timidité m’a toujours embêté mais dans le même temps c’est une pierre angulaire de mon identité. Je sais maintenant que tout cela peut changer. Si je ne souhaite plus être timide, on peut m’en faire sortir car j’ai déjà un pas en dehors du piège. La question est: qui suis-je si je ne suis pas timide ? Qu’est-ce que cela signifierait Sibylle sans timidité ? En se qualifiant de la sorte toute sa vie, on peut s’enfermer dans un rôle et se limiter.

Alors je me demande: qui suis-je ?

Big up à tous les timides,

Sibylle

Minimalisme #2: blogs & réseaux sociaux

Cet article fait partie d’un thème nommé « Commencer le minimalisme » découpé en trois épisodes : 


 

Aujourd’hui, nous allons continuer d’échanger autour des ressources disponibles existantes sur le minimalisme. Lorsqu’on est intéressé par le sujet, on ne sait pas forcément où regarder pour débuter, trouver des conseils, des recettes… D’où mon idée de faire ces articles regroupant des ressources utiles ou inspirantes pour débuter.

Je vais partager avec vous les blogs et comptes instagram qui m’ont aidé ou m’inspirent au quotidien.

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Les bases #1 – C’est ok d’être différent

Bienvenue dans une petite série d’articles nommé Les bases ! Les bases de quoi ? De l’acceptation de soi, de l’amour propre, d’estime de soi, appelez cela comme vous le souhaitez. Réfléchir autour de ces sujets vous permettra de repartir sur des bases saines, qui seront essentielles pour prendre les bonnes décisions dans votre vie. (damn, je vois grand)

Nous sommes tous d’accord avec cette phrase en général: « C’est ok d’être différent », nous nous sommes même sûrement déjà entendu dire que oui, nous sommes tous uniques, chacun son chemin, il ne faut pas se comparer aux autres, non, non, non.

Sur le principe, on est tous d’accord.

Mais dans la pratique, dès que vous faites un pas de côté, vous sentez soudain tout le poids des injonctions de la société sur vos petites épaules. Tout le monde, en pensant bien faire, vous rappelle que ce que vous faites n’est pas dans les clous. « As-tu pensé aux risques ? », « Es-tu sûre que tu ne vas pas le regretter ? »,  etc.

Pour donner un exemple, il n’y a pas spécialement de métiers créatifs dans ma famille. À la dernière réunion de famille, j’avais déjà posé ma démission et je me préparais à être au chômage (finalement un travail s’est présenté après, mais à ce moment là, ce n’était pas encore fait). Vous n’imaginez pas la peur que ça a été. J’étais rongée de l’intérieur par l’idée de leur annoncer que je partais, et que j’allais tête baissée vers le chômage et que c’était mon choix ! J’ai décidé de ne rien dire, que j’avais le droit de ne pas en parler. Je ne sais pas si c’était la bonne décision mais en tout cas ça m’a évité de passer une journée entière à raconter mon histoire toute fraîche et douloureuse à tout un chacun.

Vous n’avez pas à justifier vos choix.

Je ne pense pas que c’était une bonne chose de ne pas en parler à ma réunion de famille, car pour ça j’ai dû mentir mais avec le recul je me rends compte que j’ai le droit de ne pas parler de choses qui me mettent mal à l’aise. Les gens n’ont pas de droit sur vous. Maintenant, quand je sens que je vais vers une conversation qui ne me plait guère, je préfère le dire directement à la personne.

« Je suis désolée, je sais que tu n’as pas de mauvaises intentions mais je ne souhaite pas en discuter maintenant. »

Les gens comprennent. Ils seront sûrement surpris par votre refus, mais c’est une réaction normale ! Si la personne insiste par contre, vous avez le droit de lui expliquer que vous n’irez pas plus loin dans la conversation, point. Je me doute bien que c’est simple à écrire sur papier mais que pour certaines personnes c’est impensable de refuser une conversation mais vous y arriverez, et vous vous sentirez soulagés. Je jure que le monde ne s’écroulera pas, parole d’angoissée ! 🙂

Vous vous différenciez, et ça c’est bien !

On dit de moi que je suis parfois un peu bizarre, on m’a aussi qualifié de lunaire et même deux fois de mystérieuse ?! Je ne l’ai pas décidé. Pendant longtemps j’aurai préféré être « comme tout le monde » (what does it even mean?) car ces différences ne sont que le résultat de mes angoisses, de mon mal être profond qui m’a longtemps empêché d’être à l’aise dans le monde, et avec le temps je me retrouve dans un mélange entre « très à l’aise » et « envie d’aller me mettre en PLS dans un coin de la pièce » non anticipable. Néanmoins, j’ai lâché prise. Je n’y peux rien, donc… Je m’en fous. Même si parfois la situation peut me frustrer.

On arrive pas à me mettre dans un case ? HELL YEAH! C’est plutôt pas mal finalement, si ça peut permettre que l’on se souvienne de moi ! Être différente ça peut aussi permettre d’avoir des liens privilégiés avec les gens: certaines personnes viennent discuter avec toi car tu les as intrigué. Quand je dis cela, je pense aussi aux gens très timides, qui peuvent passer des journées entières sans ouvrir la bouche, car il arrive souvent qu’il y ait une personne qui vienne à votre rencontre pour vous mettre à l’aise et cela donne souvent  place à des relations tout de suite très amicales.

La conclusion a cet article, c’est que votre capacité à accepter vos différences est très fortement reliée à votre relation aux autres, puisque les différences n’existent que dans un contexte où il y a plusieurs éléments. Une différence nait d’une comparaison. Ne plus avoir peur de ses différences, c’est aussi ne plus avoir peur de la comparaison avec les autres. C’est dur, je sais… mais vous y arriverez !

À très vite pour discuter d’un nouveau thème dans la rubrique « Les bases » !

Sibylle