Couper ses cheveux longs pour une coupe garçonne: EP.3

Le moment tant redouté est arrivé : je laisse pousser mes cheveux ! Avec les différents confinements et ma vie sociale beaucoup plus tranquille que la normale, c’était « le moment ou jamais » pour passer les différentes étapes de la repousse de cheveux, sans trop de témoins de ces périodes de transitions pas forcément faciles à passer.

Les cheveux, cela pourrait passer pour un sujet superficiel. Comme je vous l’ai déjà dit dans un ancien article, ma position est qu’il ne faut pas nier les émotions et les questionnements que ce genre de sujet nous invite à explorer. Les cheveux ont une place énorme dans notre société. Ils disent des choses sur nous. Ils sont un des éléments clefs de notre « look », c’est-à-dire sur l’image que nous souhaiterions projeter (par exemple la classe sociale dans laquelle nous nous retrouvons ou à laquelle nous aspirons). Parfois, aussi, des éléments incontrôlés et incontrôlables qui disent d’autres choses de nous mais dont nous ne pouvons pas avoir conscience à moins que quelqu’un nous dise ce qu’il a pensé de nous lorsqu’il nous a vu pour la première fois. Impression bien entendu biaisée en fonction des préjugés de la personne. Difficile à démêler tout ça.

Et bien sûr, les cheveux et le choix de sa coupe sont encore fortement ancrés dans un imaginaire genré. Les cheveux longs majoritairement pour les femmes, les cheveux courts majoritairement pour les hommes. Le nombre de fois où j’ai pu entendre dans ma vie que les cheveux longs étaient un signe de féminité… ! 

Si vous avez lu les articles précédents à ce sujet, je pense que nous avons déjà abordé ces sujets mais il me semblait important de remettre un peu de contexte dans la mesure où mon dernier article sur la coupe courte date probablement de l’année dernière. 

Me revoilà donc repartie dans une nouvelle aventure à propos de mes cheveux courts mais qui n’a cette fois rien à voir avec la précédente. 

Me couper les cheveux, avec quelle facilité je l’ai fait.

Je suis venue, on m’a coupé les cheveux, j’étais heureuse, les coiffeuses étaient heureuses, mes proches étaient heureux, le monde n’était que joie fébrile et abasourdie par ce geste radical qui était de dire adieu à toute cette masse capillaire que j’avais si longtemps aimée. 

Couper les cheveux, cet acte libérateur a pris une heure. Un sparadrap que l’on enlève et hop, c’est fait. Une expérience grisante à vivre. Un shot d’adrénaline en ressortant du salon de coiffure en sentant le vent sur mon crâne.

Par contre, faire pousser mes cheveux là… Nous passons à une toute autre expérience. 

Ma dernière coupe courte date d’octobre dernier une semaine ou deux avant le confinement si mes souvenirs sont bons. Je suis donc actuellement à 6 mois de repousse et je peux vous dire que pour l’instant, c’est dur. Rien de grisant à l’horizon. Un exercice de patience qui n’est, de base, pas mon fort. 

Un mulet est apparu assez vite, et même si j’ai de la chance que la mode soit aux années 90, je dois vous avouer que c’est à ce moment là que ma confiance en moi durement acquise a commencé à s’effriter. Me regarder dans la glace est devenu difficile. J’ai vu le processus de dépréciation se mettre en place sans pouvoir agir. Si je voulais les cheveux longs, je devais passer par là. Il n’y a pas mille manières d’y arriver.

Comme cet article sera probablement le dernier de la série puisque nous clôturons un cycle, je dois vous parler de quelque chose. Cette expérience de coupe courte m’aura appris quelque chose d’important: mes grandes idées, mes grands idéaux, c’est bien beau. Mais entre la théorie et la pratique, il y a un gap.

Lorsque j’étais adolescente, j’aurais aimé être androgyne. J’ai énormément lutté mentalement parce que je ne me sentais pas « fille » et ne me retrouvais pas là dedans. Je me sentais floue, ailleurs, quelque part de non dit, jamais évoqué. En gros, quelque part où on me ficherait la paix sur tous ces concepts qui me provoquaient de la souffrance. Rétrospectivement, cela peut sembler con de se dire que ne pas avoir envie de se maquiller, pas envie de mettre de robe ou jupe, pas envie d’apprendre à marcher avec des talons, tout ce genre d’apparat puisse créer de la souffrance, mais dans le contexte de l’adolescence où on aimerait tant être dans la norme, c’est compréhensible. Sale période pour certains (tout le monde ?). 

J’ai ensuite beaucoup travaillé sur moi même pour accepter la part de moi même que l’on aurait tendance à nommer « féminine ». Tout du moins pacifier ma relation avec mon corps (parce que pour le reste, les apparats, on en est toujours au même point).

Tout cela pour en venir à un événement particulier : avec les cheveux courts, on m’a appelé monsieur et contre toute attente j’ai été complètement déstabilisée. Je suis sortie de mes rails. Je me suis sentie mal. 

J’ai remarqué à quel point je ressassais le moment et à quel point je me sentais inconfortable. Et lorsqu’il y a un inconfort de ce genre là, c’est qu’il y a terreau propice pour déconstruire une pensée. C’est là la leçon majeure : déconstruire une pensée théoriquement, c’est super, par contre être suffisamment honnête pour attraper au vol la pensée dans sa vie quotidienne et se dire « tiens, tiens qu’est ce qu’il y a là dessous, autopsions la » c’est autre chose. 

Mon premier réflexe a été la honte car j’avais la sensation d’avoir failli à mes idéaux, à mon système moral. C’est-à-dire que pour moi la richesse réside dans le fait de permettre à chacun d’explorer les nuances des genres. Or, la pensée que j’ai eue (« il m’a dit monsieur -> il n’a pas vu que j’étais une femme -> je suis donc une femme moche ») était l’expression de la petite fille en moi qui voulait tellement, tellement rentrer dans le moule et me voir dans le regard de l’autre comme jolie, ce que le « bonjour monsieur » n’impliquait pas dans ce schéma de pensée. Cet événement me mettait face à mes contradictions et en général, on aime pas ça.

Pourquoi je parle de ce moment ? Car je trouve qu’en général on parle beaucoup de principes et peu de mise en pratique de ses valeurs. Parfois faire ce travail ressemble à du désherbage. Il faut faire le ménage dans toutes les plantes dont vous ne voulez plus dans votre jardin. Il faut les déraciner. Or, si vous ne faites que faire des moodboards sans jamais passer à l’action, votre moodboard est très joli mais ne deviendra jamais concret.

Pour en revenir aux cheveux qui repoussent (oui, je sais, je vous balade un peu dans tous les sens dans cet article, vous me suivez encore ?) : j’ai atteint une nouvelle zone d’inconfort. Déjà de par le temps nécessaire mais surtout par la difficulté de subir son apparence. D’un point de vue confiance en moi, la repousse a tout dévasté. Je me sens laide du matin au soir et chaque coup d’oeil dans le miroir me peine. J’ai beau me dire que n’importe quelle coupe peut être bien si la personne qui la porte l’assume fièrement… je n’y arrive pas. L’état de mes cheveux n’est pas en cohérence avec l’image que je souhaite renvoyer et c’est beaucoup plus pesant qu’il n’y parait. J’aimais l’image que renvoyait mes cheveux longs avec ma frange, j’aimais l’image de mes cheveux courts. Mais le chantier d’une repousse ce n’est qu’un amas de cheveux avec des longueurs différentes partout. Il n’y a aucune affirmation derrière à part l’image d’un certain laisser aller. J’ai du mal à accepter que cela se déroule au même moment où je rencontre de nouvelles personnes puisque j’ai déménagé l’année dernière. Je pense à toutes ces personnes qui n’ont que cette image que je déteste comme référence. 

Il y a sûrement quelque chose d’autre de caché derrière ça. Ce surgissement du rejet envers moi même m’envoie un signal. Je ne sais pas encore le déchiffrer, mais il est là. Possible que ce soit aussi parce que mon choix de faire repousser mes cheveux a été lié à une situation extérieure non choisie (les confinements) plutôt que comme une envie réelle de changer. A creuser ! Pour sûr, je me recouperai les cheveux en coupe garçonne à l’avenir, malgré la repousse qui m’attendra au tournant.

Finalement, vous ne trouvez pas que les cheveux sont un sujet bien plus profond qu’il n’y parait ? 🙂

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Un café s’il vous plait #7: été 2020, vacances, sérénité & Harry Potter

Est-ce que vous allez me jeter des cailloux dessus si je redis encore une fois « quelle année ! » ? Je comprendrais, je n’en peux plus de m’entendre dire ça encore et encore. Cette année est assez étrange sur un plan de la communication : je ressens tellement de choses, j’ai envie de vous partager tellement de réflexions et pourtant rien ne sort. Les mots n’arrivent pas à se former. Je reste muette la plupart du temps devant mon ordinateur, frustrée de ne pas réussir à vous transmettre les émotions qui me traversent.

J’ai la sensation d’avoir beaucoup appris cette année. Quand je regarde en arrière, je vois 2018 comme l’embryon d’un projet, où l’enthousiasme me propulsait en avant, puis est arrivée 2019 en démarrant tranquillement (ce qui me convenait assez bien) pour s’accélérer si rapidement sans crier gare que j’utilisais régulièrement la métaphore d’essayer de contrôler une fusée en plein lancement. Enfin, 2020 a tout dégommé sur son passage, anéantissant non pas mes espoirs, mais une peur profonde en moi, anéantissant aussi certaines idées pré-conçues. Face à l’imprévisible, je me découvre non pas héroïque mais stable. Je tiens la barre. Je continue à naviguer malgré tout. Même si ça me terrifie quelque part.

Il me semble que finalement 2019 n’était qu’une simple transition pour en arriver à là je suis maintenant.

2020 est toujours encore en cours et depuis des mois je sens un appel au « nettoyage » intérieur (ok, je vous perds avec cette expression, c’est normal). Disons que je ressens le besoin continuel de faire le point sur ma vie, mes envies, mes peurs, mes ambitions. 2020 me force à définir mon plan de vie (à court & long terme) et à prendre les décisions en conséquence. C’est dur ! Mais nécessaire. Je découvre avec le temps à quel point ce « muscle » de la prise de décision est fondamental mais trop souvent négligé lors de nos apprentissages.

Choisir c’est renoncer, et en apprenant à renoncer à ce qui n’est pas Nous, on apprend à faire le deuil d’images d’épinal que l’on aurait aimé montrer, mais qui ne sont finalement que des fantomes. En apprenant à trancher dans des situations, j’apprends dans le même temps le deuil d’autres lignes temporelles où j’aurai fait le choix inverse. C’est en apprenant cela que j’apprends à être en paix avec là où je suis car je sais pourquoi j’y suis. Théoriquement, ça semble si simple. A mettre en place, je ne vous cache pas que c’est une autre paire de manche.

Qui l’eut cru en commencant ces lignes que j’arriverai à ce sujet ? Pas moi, je peux vous le dire !

Je vous le dis : j’ai tant de choses à dire mais pour l’instant le chemin pour y parvenir est encore chaotique. Néanmoins, l’essentiel c’est que je continue d’essayer 🙂

Partir en vacances

Donc, initialement je pensais vous parler avec légèreté de mes vacances.

Je suis partie deux semaines avec mes parents dans l’endroit où repose une partie de mon coeur : Montalivet, sur la côte Atlantique. Je découvre la région qui l’entoure depuis ma naissance, et elle continue à m’offrir de belles choses. Pendant le confinement j’avais peur de ne pas pouvoir voir ce lieu qui m’est cher cette année, mais nous avons eu la chance de pouvoir y retourner.

Ce n’est pas compliqué, dès que j’y suis, j’y trouve un certain repos. Probablement lié au fait que je suis avec mes parents, que ce sont des vacances ce qui signifie que je n’ai pas d’obligation de travail, mais je pense que cela dépend aussi des pins environnants, du vent qui souffle, de l’air de l’océan, du bruit des vagues qui nous accompagne partout, et de l’atmosphère globale qui malgré l’agitation du marché bondé semble me souffler de ralentir, encore et encore.

J’aime marcher sur les trottoirs constitués simplement de sable et de terre. J’aime voir le coucher de soleil sur l’océan. Et surtout, j’aime découvrir les autres parties du médoc. On se promène, on découvre, rien ne nous est promis et c’est très bien comme ça.

Je vous en ai déjà parlé dans un précédent article mais je souhaiterai souligner une fois encore à quel point j’apprécie les cours de yoga que je prends à Montalivet avec La Bliss Compagnie. Les cours sont du Vinyasa, mais on y trouve une réelle douceur, une écoute sans jugement de son corps. Certes, nous sommes supposés retrouver ça dans tous les cours de yoga, mais parfois il m’arrive dans certains cours de me sentir encouragée dans la performance, à aller toujours plus loin, suer toujours plus. Ce qui parfois me fait énormément de bien, bien sûr, mais ici, j’arrive au juste milieux, à l’équilibre. Et c’est encore mieux. Sans parler que cette année j’ai opté pour les cours en extérieur au milieu de la forêt de pin. Je peux vous dire que la connexion avec la terre me manque maintenant que je suis de retour dans des salles avec le sol bien plat ! Aaaah, l’odeur de la pinède, le bruit des vagues, le soleil qui commence lentement à se coucher… Malgré ma crainte constante de voir une guêpe ou un frelon arriver, je crois que les cours extérieurs deviennent petit à petit mon environnement de pratique préféré.

Donc si vous passez dans le coin, profitez-en 🙂

Sur une note beaucoup moins joyeuse, notre chien est mort le lendemain de notre retour de vacances. C’était un très vieux chien donc cela n’était pas surprenant, mais c’est toujours un sacré moment à passer. Je suis contente d’avoir pu être là la nuit où ma vieille mémère nous a quitté, entourée des siens.

Un peu de sérénité

Maintenant que je suis enfin installée à Nantes, que mes affaires sont déballées et agencées de manière à ce que je me sente chez moi, je découvre enfin cette sensation qui m’avait quitté depuis bien longtemps : la sensation d’être au bon endroit. En fait, j’ai retrouvé ma tranquillité d’esprit. Depuis quelques semaines je n’ai tout simplement aucun problème. Enfin, on s’entend j’ai des problèmes matériels, des problèmes administratifs, pratiques… mais pas de problèmes d’un point de vue émotionnel. Je suis au calme. Je suis calme. Je suis bien. Je suis tranquille.

Rien à signaler.

Je dors, je mange, je travaille, je me repose, je vois quelques personnes, je me balade.

Et voilà, mes besoins sont comblés.

Après la tempête du déménagement, je me retrouve paisible.

Ca faisait si longtemps !

Je ne sais pas si cela vous dit quelque chose, mais j’ai régulièrement évoqué l’envie de voir mon style vestimentaire évoluer. Même si j’aime toujours fondamentalement la même chose, je sentais que ma mue intérieure avait besoin d’être traduire à l’extérieur. Des pièces sont venues se rajouter à mon placard (déjà débordant… mmh). Je découvre que les tons chauds me font plutôt bien au teint, et j’expérimente plus avec les motifs qu’habituellement.

Pour couronner le tout, le psoriasis présent sur mon cuir chevelu semble se réduire inexorablement depuis des semaines. Ma mue serait-elle bientôt complète ?

Harry Potter

Pour finir ce petit récapitulatif de l’été 2020, je ne peux pas en parler sans vous dire que j’ai encore une fois relu Harry Potter. J’en avais ressenti le besoin après le déconfinement et pendant ma lecture, je comprenais pourquoi. Harry Potter évoque tellement de sujets fondamentaux (l’amitié, l’amour avec un grand A, le pouvoir, les valeurs, la politique, le courage, la peur…) que je pense que j’ai trouvé écho à mon envie de faire le point sur ma vie que je vous évoquais plus tôt. Cette histoire que je connais pourtant par coeur, me repose les mêmes questions, et toujours j’y trouve une nouvelle réponse.

Et comme toujours, j’ai bien pleuré. Oh, la, la.

Je crois que finalement je n’ai rien à dire de plus sur Harry Potter. C’est tellement une évidence pour moi. J’en ai déjà tellement parlé durant ma vie que je ne vois pas ce que je pourrais ajouter.

On parle (encore) de courage, de renouveau & de savourer l’instant présent

Un renouveau

Début 2020, je formulais mes intentions pour l’année à venir. Je m’encourageais à mettre cette année sous le signe du Courage. Maintenant que septembre arrive, que la fin de 2020 semble presque pointer le bout de son nez alors que je me demande encore où est passé mon été, je me dis que pour l’instant, nous en avons eu du courage.

Du courage pour s’écouter,
Du courage pour ne pas se laisser glisser dans la panique et la peur,
Du courage pour chercher la beauté dans les choses de la vie,
Du courage pour affirmer ses choix,
Du courage pour continuer chaque jour même lorsque ce fut difficile.

Il faut que je vous dise quelque chose, je l’ai sûrement évoqué plusieurs fois : ma période de turbulence a commencé en novembre 2019. Ce mois m’avait montré à quel point il fallait coûte que coûte que je trouve des solutions en 2020. Néanmoins, j’avais peur des conséquences possibles si je changeais des choses dans ma vie.

Avance rapide, nous sommes fin août et novembre dernier me semble faire partie d’une ancienne vie, une ancienne peau dont je n’ai plus rien en commun aujourd’hui. Il me semble avoir fait peau neuve quelque part courant 2020. Probablement en mai ou en juin tombaient les derniers morceaux de ma mue en cours depuis des mois.

Je vous parlais déjà de Courage dans l’article précédent (et dans plusieurs articles, véritable fil rouge finalement) et je vous disais que je voyais pas pourquoi on me disait que j’avais eu du courage de couper mes cheveux / déménager. Après réflexion, je pense ce qui me perturbait était la chose suivante : le courage ne me semblait pas dans l’acte même de couper ses cheveux ou déménager, mais dans le choix conscient de suivre son instinct, de l’accepter pleinement , entièrement tout en ayant en tête les avantages autant que les inconvénients, et d’accepter les conséquences de ce mouvement.

Je parle de mouvement car je m’imagine en effet cet idée de cheminement, et parfois un léger mouvement, un petit pas vers l’avant peut dérouler tout une suite d’événements inenvisageables initialement. L’idée du mouvement (et pas forcément d’avancement linéaire comme on a l’habitude d’imaginer le cheminement dans sa vie) est un concept qui me revient régulièrement en tête depuis quelques temps. Je crois qu’en partie l’idée initiale de passer le mois de mars à Rouen est venu de là : mieux valait bouger, qu’importe que ce soit au bout du monde ou non pour offrir un nouveau cadre temporaire à ma vie dans le but d’observer s’il y avait du changement dans mes réflexions. Le confinement est donc venu mettre de l’immobilité dans mon mouvement et pourtant, cette immobilité m’a permis de faire un des plus grands mouvements possibles : la prise de décision de déménager à Nantes.

Le mouvement dans la cadre de l’immobilité, je trouve ça vraiment beau rétrospectivement.

Ce confinement m’a offert sur un plateau d’argent l’espace pour imaginer la vie que je voulais, loin de mes repères habituels.


Le calme après la tempête

Retour à Paris au moment du déconfinement: je n’arrivais plus à trouver de repères. Je me suis beaucoup plainte de me sentir déracinée, dans un tourbillon, emportée par une énergie sur laquelle je n’avais pas de prise et qui me ballottait de droite à gauche jusqu’à épuisement. Néanmoins, je savais que ce que je vivais était obligatoire et temporaire. Je prenais de grandes décisions et elles ne sont que rarement faciles à prendre. Ayant ça en tête, j’ai lâché prise et j’ai attendu que la tempête passe.

Et voilà qu’en août, j’ai eu l’impression d’être recrachée sur la rive après avoir été secouée par les vagues.

J’ai pu me poser, tatonner en cherchant des repères dans cette ville que je connais pourtant comme ma poche.

Qu’est-ce que je veux ?

Qu’est-ce qui me manquait et que je peux faire ici ?

Qu’est-ce que j’attends ?

Quelles sont mes envies pour les mois à venir ? Et les années à venir ?

A l’instant où je vous écris, je profite simplement de chaque jour dans le calme de l’appartement que j’occupe. J’ouvre la fenêtre et j’écoute le bruissement des feuilles des arbres qui font face à ma fenêtre.

Je n’ai fichtrement aucune idée de ce que me réserve l’avenir et étrangement, à l’inverse de mon caractère anxieux qui aime avoir une belle feuille de route définie, cela ne me dérange pas pour l’instant. Je ressens le besoin de profiter de cette période pleinement. D’atterrir et de prendre le temps de savourer.

Comment prendre un tournant dans sa vie

Et me revoilà encore, deux ans après le lancement du blog, deux ans après avoir démissionné, deux ans après avoir lancé mon entreprise, deux ans après avoir commencé une psychothérapie, à prendre un virage dans ma vie.

Cette fois, j’ai décidé de déménager.

Après des années à me plaindre que je souhaitais quitter Paris mais ne sachant pas réellement où je sentais l’envie de poser mes valises, je n’en pouvais plus de m’entendre répéter le même refrain. Le confinement m’aura enfin donné la réponse à ma question, tant de fois posée, mais toujours restée en suspend. Face à mon indécision, une amie me disait régulièrement que si la réponse n’était pas claire, c’est probablement parce que je ne me posais pas la bonne question. Là, la question n’était plus « où as-tu envie d’aller vivre ? » mais « s’il y avait un confinement et que tu pouvais choisir où le passer, où serais-tu ? » et là, la réponse est venue naturellement. J’étais assise sur le lit, les jambes croisées, le dos droit, et c’était tellement évident que j’ai reconnu la voix de mon intuition. Je savais que c’était ça qu’il fallait faire. Repartir vivre dans mon ancienne ville. Que ce n’était pas pour la vie, que si je changeais d’avis dans les années à venir, je pourrais encore une fois prendre un autre virage. C’était ce que je devais faire maintenant.

Si je vous en parle c’est parce que j’ai remarqué une chose dans mes discussions autour de moi : le doute qui m’a habité pendant si longtemps, nous sommes plein à vivre avec. Comme un gros cailloux bien lourd qui nous empêche d’avancer et que l’on continue de trimballer absolument partout avec nous alors que ce cailloux, on était pas obligé de le ramasser sur le bord de la route à la base.

Lorsque j’ai démissionné on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai lancé mon entreprise on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai coupé mes cheveux on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai déménagé on m’a dit : tu as du courage

Pourtant, ces actions ne m’ont pas vraiment demandé du courage (en tout cas pas comme je l’entends).
Je n’ai rien fait que de répondre à mes besoins d’abord, et ensuite à ma curiosité naturelle.

Ce n’est pas du courage ou de la bravoure, je veux dire … je n’ai pas risqué ma vie en faisant ça. Les risques étaient calculés (un minimum, je ne suis pas d’une nature téméraire puisque je suis terriblement anxieuse). Ma curiosité était la plus forte et je savais que si je tombais, si je me ramassais, il y aurait bien un moyen d’une manière ou d’une autre de changer de voix.

Bien sûr que je comprends que lorsque l’on a une famille etc, les choses sont différentes, donc je m’adresse plutôt aux personnes comme moi qui ne sont pas mariés, n’ont pas d’enfants, pas de crédit sur le dos, et qui pourtant vivent leur vie comme s’ils étaient pieds & poings liés au projet professionnel qu’ils se sont un jour imaginés (probablement influencé par leurs amis & leur famille).

Le point important à souligner, il me semble, est que je ne sais jamais si « je prends la meilleure des décisions ». Ce que je sais, par contre, c’est que je prends une bonne décision en fonction des informations que j’ai à ma disposition à ce moment là, c’est tout.

J’essaye d’avancer dans ma vie en me disant qu’il y a des périodes, des cycles, et que parfois certains se finissent et que nous devons en faire le deuil. Je sais que nous avons toujours envie d’aller vers « le mieux » mais parfois il faut se demander qu’est-ce que « le mieux » signifie pour soi même (et non pour les autres). Aussi, j’aime voir ces cycles comme étant des petites vies à part entières qui sont tout simplement différentes d’avant. Cela m’aide à les vivre sans être dans un état mental de comparaison mais de simplement la vivre pour ce qu’elle est : différente. Pas moins bien, ou mieux. Juste différent.

J’ai donc déménagé, il y a des choses que je ne peux plus faire, des choses nouvelles que je peux faire. L’important pour moi à l’instant où j’écris, est de savoir si au global ma balance « émotionnelle » est positive ou négative. Car l’idée n’est pas d’être inactif si l’on va mal. C’est l’inverse. C’est de savoir dire « au revoir » aux choses lorsqu’elles ne nous conviennent plus, sans être alourdi par le poids du doute voire pire, du regret.

Est-ce que j’ai eu peur à chaque virage dans ma vie ? Bien entendu. Je continue à avoir peur, toujours. C’est dans ma nature de l’être. Néanmoins, à force de travail pour dépasser les peurs infondées qui m’habitent, je commence à les apprivoiser et à comprendre le vrai message qu’elles souhaitent me faire passer (peur de la mort, peur d’être rejetée, …).

Est-ce que je regrette une de mes décisions ? Pour l’instant, aucune.

Un café s’il vous plait #3: Rouen, Solitude & Autonomie

Deuxième édition de « Un café s’il vous plait »: une catégorie pour vous tenir au courant de mes questionnements, recherches, états d’âmes. L’idée est de partager avec vous où j’en suis sans forcément en faire un long article car tous les sujets ne s’y prêtent pas. C’est spontané, non réfléchi. Disons que c’est une légende Instagram en plus long 😉

C’est parti !


Je suis à Rouen pour le mois de mars. Cette idée m’est venue un dimanche matin, de nulle part. J’étais dans ma chambre à Paris, épuisée et à bout par de mois difficiles dans cette ville, l’envie de prendre l’air se faisait de plus en plus impérieux sans que je n’arrive à définir ce que je devais faire. Je ne savais pas comment faire pour déménager, ni même où aller. Lorsque j’avais partagé ma frustration avec ma psychologue sur mon incapacité à prendre les choses en main, elle m’avait répondu que c’était normal que je n’y arrive pas car je n’étais pas prête émotionnellement. Sur le moment, ce fut un coup dur. Comment ça je n’étais pas prête émotionnellement ? J’étais en colère mais avec le temps j’ai appris qu’en général, elle voyait des choses que je ne voyais pas encore et qu’elle avait probablement raison. Quelques jours plus tard, j’allais rejoindre une amie et nous discutions de ma situation. Je lui fis part de ma frustration vis-à-vis de la situation et de la colère que j’avais ressenti face à ma psy. Avec la sagesse qui la caractérise, elle me dit qu’en effet peut être que déménager était peut être une étape trop grande pour moi à l’heure actuelle (en février donc) et que je devrais me demander s’il n’y avait pas d’étapes intermédiaires qui pourraient m’aider. Cela cogitant sagement dans l’arrière de ma tête, l’idée a donc éclo dans mon esprit un dimanche matin. Rouen, une ville que je n’avais visité qu’une fois une journée d’été. J’avais trouvé cette ville charmante. Pourquoi ne pourrait-elle pas être mon étape intermédiaire ? Je le voyais comme le moyen de me désengluer de ma situation. S’il y a bien quelque chose que j’ai appris ces dernières années, c’est que souvent, il suffit d’un mini mouvement vers une direction pour dérouler tout une suite d’événements innattendus. Alors si le risque n’est pas élevé, autant y aller. J’ai sû que cette idée était la bonne lorsqu’en 30 minutes, je trouvais un nid dans lequel m’installer pour ce mois de découverte et de convalescence. (Merci Eva ❤ Et Gwen ! Et Guillaume !)

Lorsque le projet prenait forme, je ne pensais pas que ce mois à Rouen prendrait la forme d’une convalescence. Pourtant, je quittais Paris à fleur de peau et au fond du trou. Ce que j’expliquais à ma psy avant de partir est que mon humeur au jour le jour n’était pas triste. En surface, je n’étais pas brisée mais je sentais qu’au fond de moi, dans les tréfonds, le désespoir se faisait entendre. Je ne rêvais plus que d’une nuit complète sans être réveillée par le chauffe eau (qui ne marchait pas depuis des mois, et dont il a fallu 4 réparateurs différents avant qu’il soit changé. A noter : J’ai dû attendre 3 semaines pour le premier RDV. 2 semaines pour le deuxième, etc), le radiateur qui me réveille à 4h du matin, qu’on ne peut pas purger nous même car va savoir pourquoi c’est attribué à la co propriété et enfin mon frère qui se réveille parfois à 4h du matin ou 6h du matin mais généralement à 7h15, donc avant moi. Quand votre rêve le plus cher devient une nuit de sommeil, il y a de grande chose que votre désespoir se fasse entendre aussi. Surtout si comme moi, vous avez besoin de 9h complètes pour fonctionner.

Je suis arrivée le weekend dernier. Je vous écris et cela fait pile une semaine.

En trois jours, les tensions qui me mettaient mal à l’aise dans mon dos tendu à l’extrême se sont apaisées d’elles même. Je sens qu’il y en a encore mais mon dos retrouve une douceur oubliée. L’environnement dans lequel je me trouve est plongé dans un quasi silence permanent. Pas de travaux (oui, car ça aussi, c’est un problème que j’avais à Paris. Mon immeuble semble constamment en travaux, et quand ce n’est pas le mien, c’est celui d’en face, etc). Pas d’enfants qui dévalent les escaliers en criant. Je peux rester la journée durant dans l’appartement sans que personne ne sonne, personne ne rentre, personne ne vienne. Pas de livreur. D’arnaqueurs sous couvert d’être ramoneur (je vous jure. Vivre dans un immeuble avec des retraités c’est se méfier de chaque personne qui sonne à la porte). Pas de réparateur. Rien. Je suis SEULE. Mon isolement n’est rompu que lorsqu’un chat miaule sur le palier et que je dois l’avouer, je vais vite regarder s’il est à proximité pour pouvoir lui faire des gratouilles pendant quelques minutes.

Je dors. Dans un quasi silence complet. Je me sens comme une plante désséchée qui retrouve petit à petit la vie.

Il faut comprendre une chose, j’ai 27 ans et je n’ai jamais habité seule.
Ayant fait mes études dans la même ville que mes parents, j’ai habité chez eux pendant tout ce temps (ce qui ne m’a pas posé de problème d’ailleurs, l’espace y étant grand, je m’y sentais très bien)
J’ai pu goûter à cette joie de la solittue pendant 2 mois lors de mon premier stage. Lors de mes 6 mois au Canada, j’étais en colocation. Ensuite, lors de mon stage de fin d’études de 6 mois, j’ai vécu finalement 3 mois avec mon copain. Pendant 2 mois dans mon logement car il n’avait pas de logement au début et 1 mois à la fin car à l’inverse, c’est moi qui n’avait pas de logement. Depuis, j’habite en colocation avec mon frère.

27 ans et les seules miettes de solitude que j’ai pu m’accorder ont été de 2 mois en 2012~, 3 mois en 2015, 1 mois en 2020. 6 mois en 27 ans. Y’a un soucis quelque part.

Rouen, donc. On y revient.

Le quartier où je suis est rempli de chats. Ils sont partout et pour mon plus grand bonheur ils sont majoritairement friands de contact humain. Ils viennent, ils parlent, ils marchent à mes côtés pendant quelques mètres. La présence animale me manque constamment à Paris, cela n’a rien de nouveau, je ne vais pas revenir là dessus.

Hier, alors que je suis allée me chercher un plateau de sushis végétariens, j’avais dans les oreilles mes écouteurs avec de la musique pop à fond. C’est un détail mais étrangement, cela ne m’arrive pas souvent. Je sais que mon humeur est au beau fixe lorsque l’envie me vient de marcher, musique dans les oreilles, et la sensation de voir un film se dérouler devant nous. Sur le chemin de retour, les skaters roulaient sur le parvis et pendant qu’ils glissaient sur leur planche, je me sentais glisser de la même manière. J’étais légère, tout était fluide et joyeux.

A Paris, je perds très rapidement mes résolutions de ne pas laisser mon emploi du temps se surcharger. Je me retrouve avec des gens à voir tous les soirs, et c’est pour vous dire, j’ai d’abord écrit « je me retrouve avec des choses à faire tous les soirs ». Lorsque je laisse mon emploi du temps se remplir, je transforme des moments agréables en des tâches à cocher dans une to do list. Ce n’est bénéfique pour personne. Mes amis me retrouvent épuisée. C’est rarement le fun quelqu’un d’épuisé.

Ici, je me retiens. J’ai vu des ateliers qui m’intéressaient dans des studios de yoga mais j’ai décidé de ne pas m’inscrire. De ne RIEN mettre dans mon agenda. Je dois me réapproprier mon temps. Mon temps, n’est pas là pour être rempli. Pour l’instant, il est vrai que je me distrais, je regarde des vidéos youtube, j’écoute beaucoup de podcast. J’aimerai réussir à me dégager quelques jours pour n’être que dans le silence loin des écrans. A voir si j’arrive à passer le cap. Si j’y arrive, soyez sûrs que je vous écrirais un article à ce sujet 😉

Rouen est agréable. Le centre ville a le charme de l’ancien et je continue à m’émerveiller devant l’architecture. Je continue à découvrir des petites rues et petit à petit j’élargis mon champ d’exploration. Il y a un point sur lequel je n’ai pas encore réussi à m’habituer. C’est un détail et pourtant il me déstabilise à chaque fois. Il y a des passages piétons sans feux. Les voitures laissent passer les piétons. Voilà. On en est à ce stade. Je m’émerveille juste parce que les gens respectent le code de la route. En bas de chez moi, à Paris, nous avons des passages piétons sans feux. Il m’est déjà arrivé d’attendre douze voitures avant qu’une accepte que je traverse. Une personne âgée est morte à cet endroit d’ailleurs, il y a quelques années. Les traces de sang qui ont persisté le lendemain m’avaient choqué. Et lorsque j’en ai parlé à des personnes véhiculées dans Paris, tout de suite le sujet a provoqué de l’énervement « Oui mais si tu savais, c’est horrible de rouler dans Paris ! On s’arrête tous les 15 mètres pour des feux ! Alors si en plus on laissait passer les piétons ! »…

Ici, on me laisse passer. Et je n’ai pas peur de me faire rouler dessus. Voilà. Je sais que c’est mon hypersensbilité qui parle, parce que 99% des gens n’y prêteront pas attention, mais je ne peux m’empêcher d’observer ce genre de choses. Elles disent beaucoup sur l’ambiance d’une ville.

Je flâne, je me balade. Je travaille, aussi. J’ai cette chance de pouvoir emporter avec moi mes sources de revenu. Je suis heureuse d’avoir cette possibilité.

J’ai acheté un sweatshirt rose bonbon dans une frippe. Il s’accorde parfaitement avec mes vans qui ont du rose bonbon sur le côté. Avec mon manteau moumoute on dirait un fluokid de 2005. Je me sens un peu ridicule dans cette mini crise d’ado. Je me demande si on me confond avec les lycéens ou les jeunes étudiants. Je ne me reconnais toujours pas dans le miroir, mais je laisse couler. Ce n’est pas grave. Ca reviendra. Il n’est pas agréable d’être en période de recherche, c’est inconfortable mais cette étape est nécessaire. J’en suis convaincue. (Oui, je me répète par rapport au dernier article, mais ça me trotte dans la tête en ce moment, que voulez-vous !)

Pour la première fois de ma vie, j’ai envie d’aller au spa. J’ai envie d’aller dans cet endroit élégant et luxueux où je prendrais soin de mon corps de manière différente de ce dont j’ai l’habitude. C’est étonnant cette envie soudaine de luxe. Qui vient en parallèle avec ma joie de trouver un sweat de mes rêves à 10€ dans une fripperie. J’aime beaucoup cette ambivalence.

Donc voilà, ma vie pour l’instant est la suivante : je travaille, je me repose, je me balade. Repeat.

Je crois que je suis réellement en train de « prendre soin de moi » car je créée un espace où le silence me permet de m’entendre.

Couper ses cheveux longs pour une coupe garçonne: EP.2

S’il y a bien un sujet sans réelle importance qui pourtant en revêt de manière disproportionnée dans la vie, c’est les cheveux. Des poils sur le crâne qui signent une partie de notre identité. La coupe de cheveux que l’on choisit (ou subit) semble dire des choses sur nous que nous contrôlons à peine. Elle nous représente, est comme une carte de visite montrée à chaque personne que l’on rencontre. La symbolique est d’autant plus forte que devoir trimballer une coupe de cheveux que l’on estime ratée peut sembler être un calvaire pour le porteur : l’image que l’on a de soi à l’intérieur (ou que l’on aimerait projeter) n’est pas en accord avec l’extérieur. « Ce n’est pas moi ».

Comme si ces poils parlaient pour nous.

Comme vous le savez, j’ai coupé ma tignasse l’été dernier. C’est un changement que je n’avais moi même pas venu venir. La curiosité l’a emporté sur la peur. Je n’avais pas d’attente ou d’image précise en tête sur comment ça allait rendre. J’avais envie que ça soit joli, bien sûr, mais c’était avant tout une exploration. Pourquoi je faisais ça ? …Pourquoi pas ? C’est sûrement cette attente relativement basse qui a favorisé une acceptation très rapide de cette nouvelle tête que j’offrais au monde.

Par contre, un tel changement a été un élément très perturbateur sur ce qu’il se passait très très loin en sous-marin dans ma tête. Je voulais faire bouger les lignes, j’ai été servie. Qu’importe le résultat, je voulais voir. Le geste était si fort qu’au lieu de trouver des réponses, cela a permis d’ouvrir la porte à encore plus de questions.

Avant de me couper les cheveux, j’avais peur, bien entendu mais malgré tout je voulais symboliquement laisser derrière moi les choses dont je n’avais plus besoin. Dans mon cas, couper mes cheveux aussi courts (et de manière volontaire) est synonyme d’une prise de contrôle sur quelque chose qui m’échappe. C’est prendre une décision et aller de l’avant. C’est me prouver que je suis capable même si je ne sais pas vers quelles mers cela mène. Je n’ai pas sourcillé, je n’ai pas douté, j’ai coupé. J’ai vu mes cheveux s’étaler au sol et rien de grandiose ne s’est passé : je ne les avais finalement plus sur ma tête avant même qu’ils tombent.

Même si je n’ai jamais regretté d’avoir coupé mes cheveux, je dois avouer que les tourments inattendus qui ont suivi, ne sont pas particulièrement agréables. La chose la plus présente dans mon quotidien est la suivante : je ne me sens plus Moi dans mes vêtements. J’ai pourtant toujours eu des goûts vestimentaires relativement clairs & définis. Sur ce point, je me sentais même plutôt bien, je faisais entièrement confiance en mon instinct même sur des goûts parfois ne faisant pas l’unanimité. Et là, tout est parti en fumée. Cette confiance en moi passant par les vêtements a tout simplement disparu. Je découvrais que ne plus avoir mon éternelle frange et cheveux longs changeait toute l’esthétique de mes tenues, changeait toute cette enveloppe que j’offre au monde !

J’en profite pour faire une parenthèse : se sentir SOI MEME dans ses vêtements n’est PAS un sujet superficiel. Certains ont besoin que leurs vêtements reflètent leur image d’eux même, d’autres s’en foutent complètement. C’est comme ça et les deux ressentis sont autant valables l’un que l’autre. Ne pas se sentir à l’aise dans ses vêtements peut provoquer la sensation d’être « immonde », « moche » (…) ce qui n’est clairement souhaitable à personne.

Donc, couper mes cheveux a été un changement de paradigme.

Soudain, mes tenues boyish que j’affectionnais tant avec mon ancienne coupe ne me plaisaient plus du tout. Dans ma tête, la tenue boyish était équilibrée par le symbole des cheveux longs, or sans cela, cela me semblait trop, trop, trop. Ce n’était plus moi. Je ne me reconnaissais plus dans mes vêtements. Et c’est à ce moment là qu’arrivent perpétuellement les mêmes pensées :

Je pourrais me maquiller

Bien sûr.

Mon cerveau, adepte du chemin de pensée paresseux et traditionnel s’est dit que je si je voulais me sentir plus féminine, je pourrais me maquiller.

Avant de couper mes cheveux, je pensais même que ce serait l’occasion de commencer. Je pensais que j’en aurai envie une fois l’étape passée. La réponse est non. Toujours pas.

Je ne me suis jamais maquillé et l’envie n’est pas apparue comme par magie. Ne serait-ce qu’acheter un mascara signifierait acheter un démaquillant. Acheter un démaquillant signifierait acheter des cotons pour l’utiliser. Etc, etc. Commencer à me maquiller c’est laisser entrer tout un système dans sa salle de bain et ce système, je n’y adhère pas.

Je crois fondamentalement qu’il n’y a rien à « embellir » et que ce secteur nous pousse simplement à croire que l’on est pas assez ou que si vous l’êtes, c’est uniquement grâce à leurs produits. J’ai toujours intellectualisé le problème de la sorte : la problématique réelle est de m’accepter telle que je suis malgré les complexes. Et dans mon cas, je vois cette option du maquillage comme une béquille qui m’aiderait sûrement quelque temps mais qui finalement m’éloignerait encore un peu plus d’une acceptation pleine et entière de moi même.

Je devrais mettre mes boots à talons

J’adore les bottines. Avant, même si les talons n’étaient pas très hauts, les bottines faisaient partie de mon uniforme. Et puis les baskets ont refait leur apparition & maintenant leur confort incomparable me fait les choisir plutôt que mes fidèles bottines.

J’aime la sensation que j’ai en portant mes bottines. Avec, je me sens grande, forte, présente. Par contre, elles me font me sentir vulnérables le soir passé 23h, et que le « clac clac » de mes talons est pratiquement le seul son qui résonne dans les rues peu passantes de mon arrondissement. Les boots que j’aime tant, me donnent l’impression de trahir ma présence sur un radar alors que les baskets me rassurent : elles ne donnent pas ma position, et je peux partir en courant à n’importe quel instant. Alors, on s’entend bien, ça me rend furieuse de ressentir ça. Je ne pense pas qu’il soit normal de devoir activer le mode « survie » dès que je fous le pieds dehors mais que voulez-vous. J’essaye d’être toujours transparente avec vous dans la retranscription de mes sentiments et c’est la triste vérité : j’ai toujours peur. J’en suis là pour l’instant (mais pour ceux qui se demandent : oui, je fais des progrès avec ma psy sur ce sujet. J’ai des angoisses ciblées. Et je peux vous jurer que sous ces airs assez ridicules, ce n’est vraiment pas agréable à vivre quotidiennement)

Pour revenir au sujet des bottines (comment ça on parlait de cheveux à la base ?), ma réflexion m’amène encore ailleurs : je suis maintenant freelance, ce qui me permet de passer le plus clair de mon temps pieds nus. Je découvre donc, que lorsque je remets ces bottines, que je qualifiais pourtant moi même de « vrais petits chaussons », mon pied est maintenant inconfortable dedans. Ni plus, ni moins. Les bottines que j’ai ont des talons certes, peu hauts, mais malgré tout plus hauts que des bottines dites « plates » (mais qui ont en réalité quelques centimètres de talons). Ce dernier type de bottine, ne pose pas problème à mon pied. Par contre, mettez le dans les X cms de ma paire préférée, et hop, je comprends que c’est trop haut. Que ce n’est pas normal. Que la courbe que me demande la chaussure n’est pas faite pour mon pied.

Je suis déshabituée de l’inconfort permanent dans lequel je me trouvais. Je n’en avais même plus conscience, habituée par des années et des années de semelles courbées.

Je les portais 10 heures durant et tout allait bien.

Maintenant, l’idée de passer l’après-midi avec me fatigue d’avance et je pense au moment où je vais les enlever avant même de les mettre.

Je trouve ça fou.

Il est possible que vous vous sentiez un peu perdu à ce moment là de l’article: mais où ai-je envie d’en venir ? Ne vous inquiétez pas, je tiens la barre. Là où je veux en venir, la question fondamentale qui se cache derrière toutes mes réflexions est la suivante : c’est quoi la signification de la féminité pour moi (et uniquement moi) ? Maintenant que j’ai dit au revoir à une certaine forme de féminité, quelle est donc celle qui maintenant me semble pertinente pour moi maintenant ? Qu’est-ce que je projette derrière ce mot de « féminité » qui m’a si longtemps posé problème ? Qu’est-ce que je cherche ? Quelle est ma propre définition ? Comment je la vis, la ressens ? Je suis tiraillée entre mon intellect qui me dit que je n’ai pas besoin d’attribut matériel de féminité pour l’être, que féminin ou non, là n’est pas la question, que je dois « juste » me concentrer sur ce qui fait sens pour moi. Dans le même temps, je pense à pleins d’idéaux avec lesquels j’ai forcément grandi dont je n’arrive pas à savoir s’ils sont une véritable envie personelle ou simplement une envie de me réfugier dans une idée pré-conçue rassurante.

Quand j’ai coupé mes cheveux, je pensais juste continuer ma vie comme avant mais avec les cheveux courts. La réalité est finalement toute autre. Je comprends que je suis en pleine déconstruction. J’explose les murs de ma maison pour pouvoir faire une gigantesque rénovation, qui je l’espère sera positive. Je garde en tête que pour pouvoir arriver à mon but – un belle nouvelle maison avec des fondations remises à niveau – c’est normal de supporter des mois de travaux, de poussières, d’avoir des doutes, d’avoir l’impression de ne pas en voir le bout. Ce dont j’ai besoin : m’écouter, me faire confiance et être patiente.

Je sais que cet article est beaucoup trop long mais j’ai encore une pensée qui me vient systématiquement lorsque je pense au fait que je ne me reconnais plus dans le miroir et ensuite vous pouvez retourner vaquer à vos occupations :

Changer de garde robe, ce n’est pas écolo

Hey oui, je me suis dit ça régulièrement cette année. Beaucoup de nouveaux vêtements sont venus rejoindre mon placard pour m’aider dans mon exploration. Même si la plupart de ces pièces sont de seconde main, je suis embêtée de ne pas avoir mis d’autres pièces jusqu’au bout « juste » à cause de mes cheveux. Parfois ce sont des pièces qui me plaisent esthétiquement, je les aime sur le portant mais je ne les aime plus sur moi. L’enthousiasme n’est plus là. Ce n’est pas la lassitude, ce ne sont pas des achats impulsifs ratés. C’est simplement qu’ils ne me renvoient plus la même image qu’avant. J’ai du mal à m’en séparer (d’habitude je donne les vêtements dont je ne souhaite plus) car je n’ai pas vu ce revirement venir. Néanmoins, il ne fait aucun doute que je dois passer par là. Je fais ce que je peux pour limiter mon impact en choisissant de la seconde main en main propre de préférence.

Je vous en parlerais sûrement plus en profondeur dans le prochain article parlant de mes achats vestimentaires (qui arrivera en juillet normalement).

Pour conclure, je voudrais souligner un point qui me semble important : ce n’est pas parce que je me trouve dans un brouillard identitaire à l’heure où j’écris ces lignes que ma coupe de cheveux est un événement négatif. Toute expérience n’a pas à être « géniale » ou « nulle ». Je pense même que ce serait très enfantin de chercher coûte que coûte à simplifier un événement et à vouloir le mettre dans une case de cette manière.

Le changement, c’est souvent inconfortable. On va d’un point A à un point B, mais le chemin entre les deux est parfois sinueux, désagréable, challengeant, énervant, frustrant, tout ce que vous voulez. Malgré tout, ce n’est pas parce que ce n’est pas confortable sur le moment, que ce moment ne vaut pas la peine d’être vécue. Vous êtes peut être en chemin pour la meilleure aventure de votre vie mais vous ne le saurez que bien plus tard. Evoluer, ce n’est pas toujours joyeux et ça n’en met pas toujours plein la vue. Grandir, c’est pas toujours des grandes étapes aussi marquantes que de se couper les cheveux.

De mon côté je ne vois pas très bien où je vais, mais je savais juste que ma première étape était celle-ci. Point. Je n’avais pas réfléchir plus loin, je me doutais que le reste se déroulerait tout seul. C’est comme si j’avais mis un coup de pied dans la fourmilière des idées pré-conçues que j’avais sur ce qui faisait de moi Moi et qu’à partir de là je devais (re)commencer à construire. Ce n’est pas simple mais c’est le même engagement que j’ai pris envers moi même lorsque j’ai pris mon premier RDV chez la psychologue : je dois savoir. Pour moi. Je dois le faire pour moi.

Un café s’il vous plait #2: des livres, le ménage d’Instagram, prendre son temps

Deuxième édition de « Un café s’il vous plait »: une catégorie pour vous tenir au courant de mes questionnements, recherches, états d’âmes. L’idée est de partager avec vous où j’en suis sans forcément en faire un long article car tous les sujets ne s’y prêtent pas. C’est spontané, non réfléchi. Disons que c’est une légende Instagram en plus long 😉

C’est parti !

Boulimie de livres

J’ai des périodes comme ça où je ne peux pas m’empêcher de lire plusieurs heures par jour. On pourrait se dire que c’est génial et même donner l’impression que je suis Ô combien intellectuelle (alors que… vraiment pas) mais la vérité est que ces périodes concordent en général à celles où j’éprouve des difficultés dans certaines sphères de ma vie. Les livres deviennent rapidement ma béquille, mon échappatoire avec l’espoir de trouver des solutions au passage.

Alors depuis début décembre j’ai lu.

Je me suis dit que même si je n’avais pas encore trouvé les réponses à mes questions (normal, elles sont en moi et non pas perdues entre deux feuillets), je pouvais quand même vous parler des livres qui sont passés sous mes yeux.

  • Harry Potter 1, 2, 3
  • Chez soi, Mona Chollet
  • Tout Quitter, Anais Vanel
  • La Disparition de Josef Mengele, Olivier Guez
  • La Réconciliation, Lily Barbery
  • Le Silence des Etoiles, Sanaa K
  • Au Soleil Couchant, Hwang Sok-yong
  • Nosaka aime les Chats, Nosaka Akiyuki
  • Sorcières, Mona Chollet (en cours de lecture)
  • Everything is Figureoutable, Marie Forleo (en cours de lecture)

Je n’ai pas forcément envie de partager avec vous mon avis concernant ces livres car s’il y a bien un sujet où chacun a une sensibilité unique c’est la lecture. Alors même si certains livres m’ont moins parlé que d’autres, ce n’est pas dit qu’ils ne vous emporteront pas dans un tourbillon d’émotions et deviendront un souvenir marquant qui vous accompagnera tout au long de votre vie. Par contre, je peux vous dire que j’ai été happée par Harry Potter, encore et toujours. Ma dernière lecture remonte à 4 ans environ donc j’ai eu la joie de pouvoir re-découvrir certains passages que ma mémoire avait oublié, comblant les trous avec les adaptations cinématographiques. Il n’y a pas à dire: certes je n’ai jamais eu de doudou en peluche mais la série Harry Potter joue ce rôle.

Je ne sais même pas où j’ai trouvé le temps de lire tout ça. En me levant le matin, en faisant des petites pauses la journée, à la pause déjeuner, dans le train, dans le métro… Rares sont les jours où je n’ai pas été accompagnée d’un livre.

Ces périodes si particulières me rappellent celles de mon enfance où je lisais un livre par jour pendant les vacances d’été. Surtout un été particulier où je lisais, lisais, lisais. On m’avait expliqué que je devais me calmer sur la lecture et lire plus lentement. Mais tout ce que je retiens est cette sensation commune aux deux périodes : la peur du changement, le besoin d’être rassurée et de me sentir entourée grâce aux personnages des livres. Étonnement, je crois me souvenir que cette période précise concorde exactement avec les vacances où j’ai eu mes premières règles et donc mes premières journées à vivre recluse pliée en deux de douleurs (mais on avait pensé à une indigestion car je refusais d’admettre l’hypothèse des règles… Mais c’était avant de voir 2 jours plus tard que ce que je pensais être le pire était arrivé).

Instagram : Reprendre à zéro

Ceux qui me suivent sur Instagram ont peut-être remarqué une chose étrange : je n’ai plus de post visible sur mon compte. Ca m’a pris un matin. Sans crier gare. Il fallait que tout disparaisse. J’ai tout archivé avant même d’avoir fini mon petit-déjeuner. Ce n’était pas prévu, et je n’ai aucune idée de ce que je vais faire de mon compte.

Je n’y trouve plus ma voix.

Je n’arrive plus à savoir ce que j’ai envie de partager.

Et je me dis : le temps que je passe à écrire les légendes, ne serait-ce pas mieux que je le passe à écrire des articles ? De cette manière pas de limite de caractère, je peux m’épancher autant que je le souhaite.

J’ai aussi fait (encore et encore !) le ménage dans les comptes que je suis pour ne garder que ceux dont j’ouvre les stories (qui est pour moi le signe que j’ai envie de savoir ce qu’il se passe pour eux).

Parfois je me demande: mais elle serait comment ma vie si je n’avais plus ces points de comparaison constants dans ma poche ? Bien sûr, je trouverais la possibilité de me comparer autrement mais est-ce que cela réduirait l’opportunité ? Est-ce que m’éviter de voir autant d’images chaque jour me permettrait d’être moins tiraillée dans mes envies ?

Donc à voir, mon compte instagram est en friche et ce pour un temps indéterminé. Si cela vous intéresse, je pourrais bien sûr vous tenir au courant si je ressens des changements vis-à-vis de ma relation à Instagram. Pour l’instant, ce serait comme un break où j’ai besoin de prendre du recul. Qu’est-ce que je veux retirer de cette plateforme ?

30 jours de yoga

Comme vous avez pu le remarquer, je suis dans une période assez floue depuis quelques mois. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que je me tourne toujours vers le yoga et la méditation lorsque j’ai besoin de retrouver mon chemin. Comme les livres, c’est devenu un réflexe avec le temps. Pendant que les livres me permettent de m’enfuir, et le yoga me force à faire face à mes émotions.

Je ne sais pas trop pourquoi, l’idée de faire 30 jours de yoga s’est immiscée dans ma tête.

Alors bien sûr, il y a le challenge de la chaîne Youtube Yoga with Adriene. Je n’ai jamais suivi le calendrier. J’ai déjà fait un des challenges mais en plein mois de juillet juste parce que j’en avais envie. Cette fois, en voyant la communication sur le compte Instagram d’Adrien Mischler, je me suis dit « mmh. Je peux toujours m’inscrire. ». On verra.

Finalement, et comme pour beaucoup de choses, j’ai eu envie de le faire à ma sauce.

Je garde ses vidéos comme base mais j’ai commencé les 30 jours le 30 décembre 2019 où le programme n’avait pas encore commencé. Aussi, certains jours je vais à des cours de yoga collectif, donc si je ne fais pas la vidéo du jour, je la fais le lendemain et ce n’est pas grave. Le jour où j’écris je ne suis qu’au jour 10 du programme alors que dans « mon » programme, j’en suis au quinzième jour dont 2 jours où je n’ai pas fait de yoga. Tant pis.

Je ne fais pas un challenge.

J’expérimente.

Il y a 2 jours où je n’en ai pas fait et je n’ai ni honte, ni ne ressent de culpabilité.

Ces sentiments n’ont pas leurs places dans ma pratique du yoga.

J’ai envie de voir ce que je ressens si je fais du yoga tous les jours. Ni plus, ni moins. Je veux juste essayer autre chose, bouger la routine et observer si cela provoque des émotions, des idées, des réponses. Je souhaite créer cette bulle dans mon quotidien où je peux juste être Là. Et rien d’autres.

De. La. Simplicité. (et pas de performance !)

(Si vous vous demandez combien de temps durent les vidéos du « vrai » challenge de Yoga With Adriene: la première dure 45 mins mais celles d’après sont autour de 25 minutes)

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui. Des petites réflexions concernant ma vie en ce moment. Est-ce que vous vous y retrouvez aussi ? Est-ce que vous aussi ces derniers mois sont pleins de questionnements, de remise en question ?

A très vite,

Sibylle

27 ans : mes envies pour l’année à venir

Hey ! Cela fait déjà plus d’un an que vous suivez mes pérégrinations sur ce blog ! C’est fou, non ? Je vous avais déjà écris pour mes 26 ans, une année qui fut charnière. Comment seront mes 27 ans ? Prospère, je l’espère. J’espère que la transformation sera aussi juste que l’année précédente et aussi riche en apprentissages.

J’avais commencé à écrire l’article il y a quelques jours mais j’avais d’emblée adopter un ton beaucoup trop sombre pour un article que je souhaitais léger. Ma peur du temps qui passe avait de toute évidence pris le contrôle de mes doigts tapant sur le clavier.

Oui, aujourd’hui j’ai simplement envie de partager mes espoirs pour l’année à venir. Je n’ai pas envie de grande réflexion, introspection, doute, ou émotions. Mon anniversaire reste pour moi un sujet aussi joyeux que sensible (comme pour beaucoup je l’imagine), je préfère donc me rouler dans l’aspect positif comme s’il s’agissait d’une couette protectrice.

Que dit-on à la nostalgie de l’enfance sans responsabilité ? NOT TODAY. (mais reviens demain)

J’ai commencé l’année de mes 26 ans pouvoir imaginer ce qui m’attendrait. C’était bien, c’était challengeant, c’était frustrant et gratifiant. Rien n’a été simple et pourtant j’ai pu voir de belles augures régulièrement. Je pense avoir plus grandi entre mes 25 et 27 ans qu’entre mes 20 à 25. Même si la différence était sûrement là, j’imagine qu’elle fut beaucoup moins marquante.

Bon alors, je veux quoi ?

(à noter : pour garder la spontanéité dans l’écriture de cet article, les listes ne sont pas faites par ordre d’importance)

Pour l’année à venir, j’aimerais + de

…de musique

Ces dernières années, pour protéger mes oreilles, j’ai écouté beaucoup moins de musique. Pourtant, je me rends compte ces dernières semaines que l’émotion que procure la musique serait sûrement la bienvenue. Lors de la première écriture de cet article, j’écoutais le mix Haim de Spotify, et je me suis souvenu que cela me faisait toujours beaucoup de bien.

…de danse

J’ai une relation très conflictuelle avec la danse depuis mon adolescence. J’adore danser dans les foules compactes, me sentant happée dans le mouvement, sautant et me dandinant comme un seul homme avec ces inconnus autour de moi. Par contre, ces dernières années, la danse presque rituelle que je pratiquais surtout en concert, comme la musique, a perdu de l’importance dans ma vie. Je me suis éloignée de ce corps qui se perd et sue à l’unisson. Ce n’est que récemment que je me suis rendue compte à quel point mes pieds étaient vissés au sol. J’ai perdu une certaine connexion avec mon corps et il me semble important de la retrouver. Je pensais essayer de danser seule chez moi, mais pour l’instant je n’ai même pas réussi à faire ça. Affaire à suivre.

…d’océan ou d’eau en général

Plus le temps passe, plus je ressens un appel à l’eau. Pourtant, je suis la dernière personne que vous verrez à la piscine municipale. Je n’y arrive plus. L’eau froide. L’odeur. Le regard de l’autre. La sensation de devoir faire des longueurs alors que j’ai juste envie de profiter de ce moment. Juste le corps dans l’eau. Je suis remplie de peurs autour de l’eau, pourtant il fut un temps où j’étais « un petit poisson ». L’eau était un élément où je me sentais bien et l’environnement autour m’importait peu. Après tant d’années, je re-découvre cet appel. Cet été, j’ai eu envie de me jeter dans l’eau, de m’y glisser de sentir le poids, l’immersion, les vagues mais je n’ai pas réussi à céder. Pas encore. A noter: l’année dernière, à la veille de mes 26 ans, j’avais réussi à me baigner dans une piscine privée. Cela faisait probablement 10 ans que je n’avais pas réussi à faire ça. C’était un très grand moment d’émotion de retrouver cette sensation.

Je pense que cet appel de l’eau n’est pas uniquement lié à l’expérience dans l’eau. Etre à proximité d’une grande zone d’eau où je peux tremper les pieds me rend déjà très heureuse.

… »Trust your fucking guts Sibylle« 

Ce que j’ai appris cette année, c’est que je peux vraiment me faire confiance. Avant, je ne pouvais pas me fier à ma boussole interne car l’anxiété l’avait complètement déréglé. Avec plus d’un an de travail avec ma psychologue, je commence à enfin être à l’écoute de mon intuition (et non pas de mes peurs). Apprendre à s’écouter, à sonder ce qu’on ressent et prendre des décisions en conséquence.

Il faut que je continue à aller vers là où je sens que je dois aller car il y a quelque chose en chemin que j’ai envie d’apprendre. Toutes les expériences n’ont pas été positives, mais tous ces moments désagréables m’aident à aiguiser la finesse de mon intuition.

C’est un soulagement de se rendre compte qu’on peut se faire confiance.

On est capable.

…Connaissance de soi

Ahlalala. Encore beaucoup de temps passé avec moi même en perspective ! Qu’il est intéressant de se découvrir. Faire des choses dont on ne se croyait pas capable. Remettre en question les mots avec lesquels on se définie. Se demander pourquoi on fait tel ou telle chose. Pour qui je le fais ? Apprendre à se connaître est une étape étrangement simple et compliquée (simple : tout est déjà là en nous, compliqué : il faut être honnête avec soi même et je découvre que l’humaine aime se berner de narrations pour éviter de se regarder droit dans les yeux). L’exploration du Soi est fascinant. J’aime autant que ça me rend inconfortable. J’aime donc beaucoup ça.

…Prendre plus de photos

Je me rends compte que j’ai aussi perdu cette habitude : prendre des photos souvenirs avec mon téléphone. J’ai bien compris l’année dernière que je n’avais plus envie de trimbaler un réflex avec moi, mais j’ai vraiment envie d’avoir plus de photos du monde extérieur. Finalement, je ne prends des photos que chez moi ou pour montrer quelque chose qui m’a étonné dans la rue.

J’aimerai donc reprendre le pli d’immortaliser les jolis moments ou les jolies choses que je croise.

…Trouver mon style

Bon. En soi, c’est un peu trop radical dit comme ça. J’ai déjà un style vestimentaire mais certaines choses ne me conviennent plus. L’année dernière j’avais envie de ré-équilibrer un vestiaire majoritairement noir, bleu marine, vert foncé. J’avais envie d’inviter la lumière avec des éléments plus clairs. Un pantalon blanc est venu égayer ma penderie, par exemple. Avec mon changement capillaire, radical lui pour le coup, certaines tenues que j’adorais ne me plaisent plus autant qu’avant. Je vais garder l’oeil sur mon envie pour comprendre ce qui doit changer.

Pour l’année à venir, j’aimerais – de …

…Sorties à l’extérieur (restaurant + verres)

LE pôle de dépense que je n’arrive pas à gérer. Ca me rend folle. Je n’ai aucun self control sur ce point. J’ai envie de blâmer en partie Paris puisqu’il y est assez difficile d’avoir une vie sociale épanouissante sans se couper un bras mais c’est bel et bien moi qui fait le code de ma carte bancaire et non la ville de Paris…

Pour l’année à venir, j’aimerais autant de …

  • de yoga (mon allié contre vents et marées)
  • de temps pour moi (pour savoir où aller)
  • de lectures (pour m’inspirer)
  • d’avion (c’est-à-dire zéro)

Se réinventer n’est pas se trahir

Peut-être êtes-vous dans une période où vous vous remettez en question. Peut-être êtes-vous à un moment de votre vie où vous voyez bien qu’il y a quelque chose qui cloche mais vous ressentez une forte inertie à faire quoi que ce soit. Changer est une nécessité pour avancer dans sa vie, pour aller vers ses envies, rêves, objectifs. Pourtant, rien n’est plus dur. On se confronte à cette image qu’on renvoie à l’autre, à ces adjectifs qui nous définissent (enfin… on pensait qu’ils nous définissaient). L’envie de changer peut se faire sentir mais comment passer le cap de l’action ? Après l’envie et la conviction que l’on doit changer, c’est la peur qui prend la place. « Que dirons les autres si je ne fais plus ça ? », « Est-ce que ma famille me reconnaîtra ? », « Qui suis-je si je ne suis plus ce personnage dans le schéma familial/amical ? »

Nous nous mettons tout seul dans des cases. On se convainc que les gens autour de nous souhaitent que nous remplissions tel ou tel rôle. Pourtant, nous pouvons changer si nous nous l’autorisons d’abord. J’ai la chance d’avoir autour de moi des personnes qui se sont toujours ré-adapté à mes changements, sans heurts. Des questionnements, des doutes, de la crainte, bien entendu, mais je suis assez têtue pour savoir quand m’écouter, et quand écouter les autres.

J’ai eu très peur de changer car je pensais que changer d’avis était la preuve de ma stupidité, de mon manque de conviction, alors que c’était tout l’inverse. Rester curieux et avoir envie d’essayer de nouvelles choses, c’est justement la preuve que l’on évolue. Mais ça, il m’a fallu du temps pour l’accepter. On a le droit de changer, et c’est même primordial. Je pensais pourtant que si je m’accrochais à ce que je pensais être, je trahirais mes principes. Or, lorsqu’on pense aux personnes que l’on connaît, celles qui sont le plus énervantes sont justement celles hermétiques à toute possibilité de changement.

Notre identité n’est pas fixe, elle est même plutôt difficile à verbaliser. Quand j’y pense, c’est plutôt une sensation qui me vient à l’esprit. C’est une conviction profonde que « Je Suis » et que cela suffit. Disons qu’au lieu de penser à moi en terme de mots, je pense à moi comme un être sensible, point. Je ressens une forte présence, une connexion à moi-même et qu’il n’y a plus à chercher bien loin (enfin, on s’entend hein, ça dépend des jours).

Les mots viennent sceller un concept sur ce que nous imaginons de nous même. C’est aussi pour ça que j’ai eu une étape où je me suis mentalement débattue avec les termes « Minimalisme, Zéro-déchet, Développement Personnel » lors de l’ouverture du blog. Je me sentais frustrée de devoir me mettre des étiquettes pour mieux être visible. Mais ce n’est pas grave. Ca changera avec le temps, comme tout le reste.

En acceptant les changements qui se sont offerts à moi ces dernières années, j’ai compris que mon identité était polymorphe et qu’il n’y avait aucun mérite à s’accrocher coûte que coûte à l’image que l’on se faisait de soi. On change, c’est tout. C’est normal. Potentiellement c’est le signe qu’on ouvre son horizon. Ne pas changer c’est continuer à avoir les mêmes problèmes. Rien de plus frustrant que de regarder quelqu’un se plaindre continuellement de la même chose sans qu’elle ne change quoi que ce soit, n’est-ce pas ?

Au fond, il faut juste garder notre regard sur notre propre route. Ne pas jalouser le voisin (je suis la première à échouer à cette épreuve mais j’essaye de m’améliorer). Ne pas se comparer, juste s’accepter. Aller de l’avant, essayer de résoudre ses problèmes un par un. S’encourager, se donner des petites tapes dans le dos. Et puis changer, ne plus être la même personne qu’il y a 1 mois ou 1 an. Les choses autour de nous évolueront en fonction de nos changements.

De l’amour sur vous,
On se revoit vite !

Comment je sais que je suis sur le bon chemin ?

Ce matin, je crois que j’ai compris une chose : toutes les choses que je n’arrive pas à nommer dont je vous parle régulièrement depuis plusieurs mois, que je ressens d’une manière pourtant très fortes, quelles soient confortables ou non, sont le signe que les pièces de mon puzzle personnel se mettent enfin ensemble. Elles commencent à former un tout, mais si on ne regarde que chaque pièce, on ne peut pas comprendre ce qu’elles signifient. Elles semblent si petites. Ne contiennent qu’un tout petit morceau de l’image.

Lorsque j’ai commencé ce blog, je me doutais que j’étais au début de quelque chose, potentiellement assez grand (et il l’est déjà à sa manière pour ce qu’il m’a déjà offert). Je savais que ce blog et tout ce qu’il enclencherait mentalement et socialement m’aiderait à prendre le chemin qui me correspond. Ecrire ces articles me permet de verbaliser ces sensations diffuses, de me mettre à la place de l’observateur et d’être constamment dans un questionnement face à ce que je vis. Je ne suis pas plus dans la position de celui qui reçoit ou qui est passif. Je savais qu’en faisant ce mouvement vers mes envies, je prenais donc la place de celui qui fait, qui va de l’avant.

La question que je me suis posée est la suivante: comment je fais pour savoir que je suis sur le bon chemin ? Qu’est-ce qui me fait dire que j’ai fait les bons choix ? Qu’est-ce qui au quotidien me fait penser que la route est celle qu’il me faut ?

L’apaisement

La chose la plus étonnante la suivante: malgré les eaux troubles, malgré les changements permanents, les difficultés, le doute et les défis qui se présentent, je ressens au fond de moi un apaisement. Mes angoisses sont toujours là, parfois trop présentes mais elles ne remettent pas en doute toute ma vie. Je n’ai plus l’impression d’être piégée. A la limite, j’ai peur des vastes possibilités qui s’offrent à moi (comment choisir ?). C’est une sensation profonde qu’une lutte a pris fin à chaque moment où j’ai fait des choix. C’est l’indécision qui me torturait. Je devais prendre des actions mais j’avais peur. Pourtant, accepter « mon sort » ne me convenait pas. C’est la prise de décision qui m’a aidé à mettre fin à cette sensation de « mourir de l’intérieur ».

L’apaisement c’est aussi mon esprit, mon corps, qui savent que je les écoute (du moins, j’essaye). Je prête l’oreille à leurs demandes. Je m’arrête régulièrement pour observer quand je sens qu’il se « passe des trucs ». Ils n’ont pas besoin de déchaîner des tsunamis d’émotions pour que je daigne y prêter attention. J’ai compris que ce que je ressens d’un point de vue émotionnel ou physique est souvent une réponse à quelque chose qui me tracasse. Exemple: j’ai découvert qu’il arrive souvent que les angoisses qui me paralysent dès le réveil soient le signe qu’il y a un sujet où je n’ai pas encore fait face à mes responsabilités, qu’il y a quelque chose que j’essaye de mettre sous le tapis, d’oublier parce que je crains d’y faire face. Ca peut être quelque chose d’aucun con que prendre un rendez-vous chez le gynéco… Quelque chose que je repousse et dont je souhaiterais très fort qu’il disparaisse. Or, on sait tous que c’est n’est pas possible. J’essaye de ne plus prendre ces symptômes comme une entité à part entière qui m’habite: j’ai compris que dans mon cas, c’était un signal et rien de plus.

L’apaisement que je ressens n’est pas un déni de la réalité, où je ne vois que ce que je veux. C’est plutôt une conviction que je peux me faire confiance pour trouver le chemin. Une confiance en mes capacités, en mon esprit critique, en mon instinct pour aller plus loin que l’endroit confiné où me garde la peur. Je fais face au doute, à la désillusion, à la difficulté de ne pas atteindre ses objectifs dans les délais que je m’étais imparti. Pourtant, lorsque je me pose, que je m’écoute longuement, je vois bien que je ne souhaite pas abandonner. Le voyage que je fais me convient.

La joie

Chose étrange (enfin, qui ne devrait pas) j’ai des poussées de joies. Oui, j’utilise le terme « poussée » comme on le dirait pour des boutons. Ce sont des irruptions incontrôlables de bonheur. A quoi ça ressemble ? Pour vous donner un exemple, il m’en est arrivé une ce matin. Je me suis autorisée une petite pause de lecture (pour remplacer la fameuse pause de 11h de mon ancienne vie de salariée). J’ai déplacé ma chaise jusqu’au rebord de la fenêtre où je peux profiter du soleil. La fameuse « poussée de joie » m’est venue au moment où je me suis rendue compte que j’étais là, entrain de lire tranquillement au soleil, sans un bruit autour de moi (à part ceux auxquels nous sommes habitués à Paris). La réalisation de ce moment m’a provoqué une sorte de chaleur dans la poitrine, une joie sincère de pouvoir m’octroyer ce plaisir sans devoir demander à quiconque. Apprécier la douceur de l’instant. Je savais qu’à ce moment là, je faisais les choses de la manière dont elles me faisaient du bien, que j’étais au bon endroit au bon moment. J’étais heureuse de pouvoir me créer un environnement qui était propice au calme et à l’introspection, comme j’en ai tant besoin.

Quels sont les moments qui vous feront ce genre d’effet ? Cela dépend de chacun, bien sûr. Tout le monde n’est pas sensible aux mêmes choses, j’imagine bien.

Parfois, je travaille en legging avec un podcast en fond sonore, et quand je m’en rends compte, je glousse de joie. Je suis bien quoi, alors une joie assez « pure » digne d’une gamine s’empare de moi. Je suis contente, je souris, je rigole toute seule et je continue de travailler le coeur léger.

D’ailleurs, cela ne revêt pas toujours un aspect physique. Parfois la joie est là, tranquille, présente mais elle n’a pas besoin de se montrer par des rires ou des sourires. Un calme précieux m’habite.

Ce particulier dans cette joie, c’est qu’elle n’est pas voulue. Je n’essaye pas de la provoquer, de la faire venir. Elle me tombe dessus, puis repart tranquillement sans faire de vague. Je ne m’arroche pas à elle, j’ai bien conscience qu’elle est d’une nature passagère. Il ne sert à rien d’avoir l’intention de la garder auprès de soi. Je la ressens régulièrement à pleins de petits, tout petits moments, qui semblent si futiles. Pourtant, c’est un indicateur révélateur que je suis pour l’instant sur de bons rails.

Le corps en paix

Les mals de ventre divers et variés sont un peu mes spécialités (en écrivant ces mots, je me rends compte qu’on a vraiment un soucis à ce niveau dans la famille). Que ce soit lié à la digestion, au stress ou aux règles, j’ai toujours eu des problèmes au niveau du ventre. Il y a bien sûr d’autres problèmes récurrents qui viennent d’ajouter comme ces fameuses migraines qui me tombent dessus, et une vie à me balader avec des mouchoirs car je suis toujours un peu enrhumée, quoi qu’il arrive.

C’est à ce sujet que les choses ont sûrement le plus changé depuis que j’ai commencé à me prendre en main. Moi qui avait l’habitude d’avoir toujours mal quelque part et qui avait vraiment accepté cet état de fait, j’ai découvert (sans même le demander !) qu’autre chose était possible.

Mes douleurs ont drastiquement baissé. Elles n’ont pas toutes disparues mais j’ai l’impression d’avoir été gâtée d’un nouveau corps tout neuf. Comment aurais-je pu me rendre compte que ces foutus jeans me faisaient autant mal et empêchaient une bonne digestion ? Comment peut-on éviter ça dans un environnement où venir en legging ferait lever les sourcils (car associé à de la flemmardise ?!) ?

Bien sûr, je ne peux témoigner que de mon expérience, donc elle ne peut pas être généralisée. Néanmoins, je constate que mon corps que je voyais comme quelque chose qui me faisait mal semble lui aussi apaisé. J’ai découvert que je n’avais en réalité pas de problème de digestion, juste un problème à rester à angle droit pendant des heures dans un pantalon qui serre mon bide alors que je viens de manger.

Même si nous ne sommes pas encore complètement réconciliés lui et moi, je suis heureuse de constater une telle harmonie avec mon corps. Je l’ai toujours chéri, lui qui me porte, qui me permet de vivre une vie aussi libre mais j’ai engrangé une sorte de rancune malgré tout, surtout à cause des douleurs de règles qu’il me causait. Un sentiment d’injustice m’a souvent habité « Pourquoi n’ai-je pas des règles moins douloureuses ? Pourquoi les hommes n’ont ils pas à endurer ni cette douleur ni celle de l’enfantement ? ». Enfin, vous voyez le tableau.

Mon corps donc, comme mon mental, semblent apprécier le chemin de manière commune et c’est sûrement à cela que je me dis « C’est la bonne route, le feu est au vert ». Je garde toujours en tête que les situations sont temporaires: si dans un an les choses ne me conviennent plus, je pourrais changer de cap, essayer autre chose. Je n’ai plus cette sensation de pieds et poings liés. Je marche, j’apprends, parfois je gambade gaiement, parfois je perdue, il m’arrive même de revenir sur mes pas mais j’ai toujours cette intuition que je n’ai pas encore tout vu.

Et voilà, ce sont toutes ces petites choses qui m’aident à penser qu’en ce moment je suis là où je dois être. A l’instant, tout va bien. Demain ? Je ne sais pas. Mais aujourd’hui, oh oui.