Pourquoi je fais des choses « qui ne me ressemblent pas » (et que vous devriez faire de même)

Depuis que j’habite dans mon appartement donc depuis 3 ans à peu près, je suis fascinée par le café en bas de chez moi. Il ne paye pas de mine mais c’est un des seuls lieux qu’il m’ait été donné de voir avec une véritable mixité sociale. On y retrouve autant de propriétaires d’appartements d’une centaine de mètres carrés (dans Paris !) que d’ouvriers finissant leur journée. Il m’aura fallu 3 ans pour finalement m’installer en terrasse pour profiter du soleil. Pourquoi cela m’a-t-il pris autant de temps ? Je ne sais pas exactement. Je me disais constamment que c’était mieux de faire des économies en faisant mon chocolat chaud ou ma citronnade à la maison. Sauf qu’aujourd’hui, c’est l’endroit où j’écris ces lignes. Enfin ! Une boucle est bouclée. C’est insignifiant et pourtant si symbolique car vraiment, cela faisait longtemps que je souhaitais y aller.

Faire des choses qui ne nous ressemblent pas

Mon intention pour l’année 2019 est le mot « libération ». J’ai besoin de me délester de mes préjugés envers moi même. Je décide de moins me limiter, d’essayer, tester et apprendre. Je compte explorer différentes facettes de ma personnalité qui m’intéressent mais qui soit me font peur soit n’ont jamais eu la possibilité de s’exprimer.

Pour vous donner un exemple concret, j’ai toujours pensé que « j’étais nulle » en présentation orale. Or, même si je ne vais clairement pas monter un spectacle de one man show demain, je réalise que la grande majorité de mes présentations se sont bien passées. Je ne suis donc pas « nulle », c’est simplement que je n’apprécie pas cet exercice. Finalement ce sont 2 choses très différentes ne pas aimer et « être nul ». Il m’aura fallu, quoi… 9 ans pour enfin comprendre la différence. Purée.

Finalement, si j’utilise les grands mots, nous pourrions dire que j’ai donc commencé mon processus de « réalisation et d’acceptation ».

Voici mon avancée à l’heure qu’il est. Si cela vous dit, j’ai envie de partager avec vous mes changements, plus ou moins grands. Tant pis, allons dans le côté « carnet de bord ».

Je me suis inscrite à des événements de networking…?

Je peux vous assurer que cela semble à l’opposé de ma personnalité, plutôt loup solitaire comme penchant. J’ai toujours pensé que c’était l’équivalent de l’enfer sur terre pour une personne hypersensible comme moi, or, je découvre qu’après tant d’années à travailler sur ce point, les résultats sont (enfin) là.

Je suis allée au premier rendez-vous… sereine. On aurait dit un poisson certes hésitant au début mais nageant sans difficulté. Je découvre une facilité de connexion aux gens. Je suis la première étonnée (pourtant je n’aime toujours pas aller en soirée).

J’ai acheté un livre à propos… de la vente ?

Et j’ai choisi un livre bien, mais alors bien kitsch sur le sujet. Ce livre est l’épitome d’un livre de coaching à l’américaine, qui à priori à l’opposé de mes intérêts ou de mon caractère. Il est tellement éloigné que j’ai naturellement envie de justifier son achat auprès de mes amis. « Non mais, je compte pas rouler les gens dans la farine, hein ! ».

Wait a minute…

Parce que vendre quelque chose, parler de manière à ce que ce soit clair et désirable est l’équivalent de « rouler dans la farine » quelqu’un dans ta tête Sibylle ? On tombe sur un point intéressant ! Une pensée à déconstruire. Et hop, on retombe sur ce grand classique « Quelle est ma valeur ? Suis-je légitime ? »

J’ai envie de comprendre, de découvrir un domaine qui me semble être dans une stratosphère différente de la mienne. J’essaye de me détacher de mes anciens labels sans en rajouter d’autres à la place ou peut-être celui de « curieuse », tout simplement.

Un cours d’essai de Krav Maga… ?!

En parallèle de mon obsession pour le café en bas de chez moi, je souhaite depuis plusieurs années découvrir cette discipline. Ne plus avoir l’impression d’être une cible sur pattes dans l’espace public, là est mon but. Ne plus avoir peur de mon ombre. Ne plus avoir peur des regards trop insistants qui ne présagent rien de bon. Ne plus avoir peur quand un homme se dirige vers moi l’air déterminé quand je suis seule et que mon cerveau se met à calculer « Où est la sortie ? Est-ce qu’il est trop fort pour moi ? Où est mon téléphone ? »… Laisser ma peur au placard. Comprendre mes ressources. On s’entend, ce n’est pas en un cours que quoi que ce soit se fera, mais c’est un étape sur mon chemin.

Initialement, j’avais écris une très longue tirade qui venait du coeur sur ce que j’appelle « l’agglomérat de violence liée au sexe. Tous ces événements que nous ne distinguons même plus les uns des autres dans nos souvenirs tellement nous en avons vécu. » Je le garde peut-être pour plus tard. Je vous propose donc de sauter directement à la conclusion de cet article quelque peu décousu.

Alors vous voyez, je change. Je me cherche. Je me découvre aussi, beaucoup. Je vois que j’ai des forces inexploitées ou tues depuis longtemps. C’est un travail très intéressant à faire. Chaque petit pas compte dans cette histoire. On peut se sentir devenir plus fort et moins hésitant à chaque victoire. Chaque petite montagne me rapproche un peu plus d’une Sibylle « complète » qui n’a pas peur de son identité.

Il y a tant de choses qu’on a envie de faire mais que l’on a étouffé et mis très loin de côté pour de multiples raisons qui nous sont propres. Peur de déplaire, peur de se faire humilier, peur d’une réaction violente, peur de l’échec, …

S’il y a des choses qui reviennent régulièrement dans votre tête et qui vous feraient plaisir mais que vous trouvez toujours un moyen de ne pas la concrétiser, essayez de faire un tout petit pas vers ces envies. Allez voir si elles ne pourraient pas vous montrer que finalement vous êtes beaucoup plus fort que ce que vous pensez être.

J’espère que vous allez bien,

Je vous souhaite pleins de bonnes choses,

Vous êtes suffisants. (On me dit dans l’oreillette que « Vous vous suffisez à vous-même » est plus approprié)

Sibylle

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