Perfectionnisme: quel type êtes-vous ?

Dans notre vie professionnelle, nous avons tous rencontré des personnes s’auto proclamant perfectionnistes, le brandissant comme une de leur qualité principale dans leur travail. Pourtant, il m’est arrivé d’en observer et quelque chose me dérangeait. Un je ne sais quoi qui instaurait le doute. Quand je pense au perfectionnisme, la première image qui me vient est celle de l’artisan et du savoir-faire. La qualité, délicatesse, le bon geste. Une manière de travailler qui ne prend pas des raccourcis cache misère pour plus de productivité. Un processus de travail en dehors du temps et de la notion de rentabilité. C’est mon image d’Épinal.

Pourtant, en observant certaines personnes un je ne sais quoi m’a perturbé. Leur perfectionnisme m’interrogeait.

Ils n’allaient pas toujours au bout de leur projet mais avaient tendance à recommencer encore et encore. Ils s’échinaient à mettre les premières pierres de leur projet dans différents ordres mais ne passaient pas à l’étape suivante. Ils semblaient bloqués dans une boucle. Ils recherchaient la perfection dans un brouillon au lieu de chercher le potentiel dans le entrain de s’écrire.

Est-ce qu’on ne confond pas perfectionnisme et doute ?

Dès que nous parlons de projets qui n’aboutissent pas ou des personnes qui ont tendance à procrastiner, le mot de perfectionnisme revient sans cesse. « Si je n’arrive pas à aller jusqu’au bout c’est que j’ai peur que ça ne soit pas à la hauteur de mes attentes. J’aimerai que ça soit parfait. » Je me demande si nous n’utilisons pas ce terme par habitude. Quelqu’un recommençant depuis le début inlassablement trouvera plus de réconfort dans le mot « perfectionnisme » que s’il se dit « merde, je n’ai pas confiance en moi ».

Pourtant, je pense qu’il y a bel et bien des perfectionnistes. Disons qu’instinctivement je les vois plutôt comme des gens avec une vision précise de ce qu’ils souhaitent accomplir. Ils ne tergiverseront pas pendant des heures car ce n’est pas le doute qui les habite mais la confiance. Ils savent jusqu’où ils souhaitent mener leur projet et le visualisent dans le moindre détail. Ils savent détecter quand ce qu’ils ont produit représente une bonne base et se mettent à l’améliorer sans cesse jusqu’à ce que cela rejoigne au maximum l’image qu’ils ont en tête.

Deux approches différentes

La différence n’est pas aussi nette et précise dans la vie mais je vois néanmoins une réelle différence dans les deux approches.

L’une espère créer en une seule fois quelque chose d’idéal qui ne nécessiterait pas d’amélioration majeure. Réussir à sortir de soi quelque chose à l’état quasiment fini est un projet pratiquement voué à l’échec… C’est un but inatteignable pour beaucoup de mortels, ce qui peut en paralyser plus d’un.

La deuxième approche me semble être plus objective sur la manière d’aborder un projet. Elle prend en compte la notion de potentiel et d’amélioration que semble réfuter la première. Son perfectionnisme est déterminé et n’est pas le symptôme d’un doute face à ses capacités. Il sait ce qu’il vaut et ce qu’il veut. Il ne lâchera pas tant que son projet n’est pas au niveau mais il ne repart pas de zéro indéfiniment. On solidifie les bases, et on avance. Il voit tous les détails qui nécessitent d’être améliorés et il le fait. Il est exigent mais juste.

Et moi ?

Pour ma part, je ne saurais me situer. J’aurai peut-être dit que j’étais perfectionniste en sortant de l’école mais rétrospectivement je pense que cela aurait été un moyen de cacher mon manque de confiance. Le problème, c’est qu’en étant à la recherche de la perfection, je finis toujours insatisfaite et rien ne trouve grâce à mes yeux. J’essaye de ne plus partir à la recherche de l’impossible mais du meilleur que je puisse fournir avec les facteurs environnants comme le temps alloué au projet, quel est son but, etc. Faire du mieux que je peux sans non plus y laisser ma peau.

Disons que maintenant, je n’ai pas ce mot qui me vient en tête en premier si je dois me décrire.

De votre côté, est-ce que vous voyez où je veux en venir ? Est-ce que vous avez eu des collègues présentant une de ces deux approches ? Peut-être même est-ce vous même ? 🙂

À bientôt,

Sibylle

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Les 10 mauvaises habitudes que j’ai perdu (ou presque)

Refaire sa journée en boucle avant de dormir

Cette mauvaise habitude est partie sans même que j’essaye de m’en débarrasser, ce qui est assez étonnant. Je me revois repenser à chacune de mes interactions de la journée en me demandant si j’ai été assez claire, si j’ai pu être brusque malgré moi, si j’aurai pu être plus incisive, trouver une meilleure répartie… Pourtant, cette remise en question permanente ne m’aidait pas à m’améliorer pour le lendemain mais provoquait encore plus de doute et m’empêchait de trouver le sommeil…

À noter: il m’arrive encore d’avoir du mal à m’endormir mais maintenant cela n’est plus focalisé sur le passé mais sur mes plans d’avenir…

Prendre du café en intraveineuse

J’aime le café. Je répète: j’aime le café. Je suis hypersensible, anxieuse et j’ai un (tout petit, no worries) problème au coeur. Vous savez donc ce qui devrait être proscrit de ma consommation ? Oui, le café. J’ai drastiquement réduit, je pense être passée d’une moyenne de 5 cafés allongés par jour à 2. Parfois je n’en prends qu’un, parfois aucun. Lorsque je travaillais dans un bureau, c’est à peine si je me rendais compte des tasses que je m’enfilais. Besoin de faire une petite pause ? Café. Besoin d’une boisson chaude réconfortante dans un moment difficile ? Café. Café ! Café !

Pas de doute: mes angoisses et mon coeur me remercient.

Tout prendre pour moi

C’est dur ! Par exemple, vous allez voir quelqu’un et cette personne vous répond mal, très mal. Comment ne pas le prendre pour soi ? En lui laissant le bénéfice du doute. Peut-être passe-t-elle une journée vraiment difficile dont nous n’avons pas conscience. Comme nous n’habitons pas dans le monde des Bisounours, si après plusieurs essais son attitude ne change pas malgré votre politesse, eh bien… Qu’est-ce-que ça peut faire ? Je sais que j’ai été correcte, que je lui ai laissé plusieurs chances, je ne suis donc pas le problème. Je limite au maximum les rapports avec cette personne, voire je coupe complètement les ponts. (Bien sûr, le problème est plus compliqué si la personne… est votre boss !)

Mal me parler

Ce point, j’en parle dans mon programme 5 jours pour changer d’état d’esprit. C’est un des changements qui a eu le plus d’impact sur ma santé mentale. Quand je parle de mal se parler, je fais référence au bourreau qui peut régner dans notre petite tête. Quoi que l’on fasse, ce n’est pas suffisant pour lui, jamais. Ce qui a changé dans mon rapport avec lui (enfin, moi) c’est que si je souhaitais aller mieux, il n’y avait pas 1000 possibilités. Je devais être dans ma propre équipe. Il m’est impossible d’avancer si je suis dans l’équipe adversaire. Je ne dis pas qu’il faut s’aveugler et penser que nous sommes parfaits et au dessus de tout. Simplement, ça me sert à rien que je me dise que je suis une incompétente pour tout et n’importe quoi. Avoir conscience que l’on peut s’améliorer, oui. Penser que nous ne valons rien, non.

Parfois ça revient. Hier encore, j’ai oublié mon linge dans la machine et mon réflexe a été de me dire « Quelle conne ! » sauf que mon cerveau a bloqué. Je me suis dit « WOW ! Hey ! Tout doux, on se calme ! On est pas sur une fin du monde ». Je ne laisse pas mon tyran intérieur faire la loi.

Penser que tout est pour la vie

Là, on est sur un sujet où j’ai encore beaucoup de travail à faire. J’ai la sensation que quelque soit la décision que je prends, je la prends pour la vie. Même la plus simple décision me donne l’impression de m’engager sur le long terme. Par exemple, une pensée qui m’a déjà traversé l’esprit: « Si je prends un abonnement Spotify et que je le garde à vie, cela représentera une fortune… ». C’est clairement disproportionné. Je n’ai pas besoin de considérer ce genre de choses à l’échelle de ma vie. Quand je pars au galop dans ce genre de pensée, j’ai beaucoup de mal à me forcer à prendre du recul et à me dire que je choisis pour maintenant et que je pourrais changer d’avis plus tard.

Acheter tout et tout le temps

Je vous en parlais déjà dans plusieurs articles: j’essaye de trouver une consommation raisonnable en accord avec mes valeurs plutôt que de me laisser embarquer par la fièvre acheteuse qui m’entoure. Je ne suis pas irréprochable* (et je ne compte pas le devenir) mais j’ai déjà bien avancé dans la réflexion. Avant, aucune question autre que mon budget ne me traversait l’esprit au moment de faire un nouvel achat. Maintenant, je souhaite mettre mon argent là où je l’ai décidé. Qu’est-ce que ça change ? Eh bien, prendre une décision consciente implique un choix, une réflexion entre plusieurs possibilités. Parfois cela peut susciter des questionnements dans l’entourage mais ce n’est pas grave. Tant que je me sens cohérente, tout va bien. La phrase « acheter c’est voter » me revient souvent en tête et prendre chaque jour un peu plus d’ampleur.

*Par exemple, Je comptais acheter mon nouvel ordinateur en reconditionné mais j’ai finalement opté pour un neuf… 

Rejeter quelque chose en bloc

Avoir un avis tranché n’est pas une mauvaise chose en soit sauf que parfois cela m’empêche de découvrir de nouvelles choses car je ne suis pas ouverte à ce que je ne comprends pas. Ces derniers mois, j’essaye d’avoir une approche plus douce en partant du principe que je peux faire confiance à mon instinct: je prends ce qui m’apporte quelque chose, je laisse de côté ce qui ne me parle pas. L’exemple de la religion ou de la spiritualité peut être un bon exemple. Dans mon cas, j’ai reçu une éducation religieuse que je rejette car mes expériences m’ont montré une institution dans laquelle je ne me reconnais pas (du tout, du tout, du tout). Néanmoins, je comprends que la foi puisse avoir une place prépondérante dans la vie des individus, elle peut donner un sens à leur vie, un réconfort, un moteur. Tout ce qui touche à la religion ou à la spiritualité peut donc provoquer en moi un rejet en bloc sauf qu’en faisant cela, je me ferme aux subtilités qu’elle peut impliquer. J’apprends à me faire confiance, à avoir une spiritualité sans nom, sans forme définie, sans mot pour la décrire, protéiforme, libre, quelque chose qui m’est propre et qui ne s’associe à aucun mouvement.

M’imaginer passager au lieu de conducteur de ma vie

Nous sommes beaucoup à vivre notre vie comme spectateur et non pas comme acteur. C’est fou le temps qu’il m’a fallu pour m’en rendre compte… Peut-être car cela est plus simple car c’est un moyen de nous créer des excuses pour ne rien faire ? Je n’en sais rien. Cette manière de voir la vie me donnait la sensation de ne pas pouvoir changer ma situation, que tout était joué d’avance. Nous n’avons pas toutes les cartes en main, c’est évident, mais celles que j’ai, pourquoi les mettrais-je de côté ? Ce serait dommage. Devenir actif demande à dépasser beaucoup de peurs et ça n’est clairement pas confortable mais c’est gratifiant. C’est comme découvrir sa vie sous un nouveau jour.

Repousser les choses qui me font du bien

La bataille ultime ! Nous savons tous ce qui nous ferait du bien, mais passer à l’action, c’est encore autre chose. Nous avons tous entendu une blague sur les personnes qui prennent un abonnement à la salle de sport mais qui n’y vont qu’une fois. Ce que je découvre c’est que le bonheur ça se travaille, ça demande des efforts, c’est décider que notre bien-être fait partie de nos priorités et agir en conséquence. Au final, c’est en lien direct avec le point précédent. Reprendre le contrôle de son navire et se débarrasser petit à petit de cette sensation d’impuissance qui peut nous habiter.

Me focaliser sur le détail qui fâche

Ce point pourrait s’apparenter à l’art de voir le verre à moitié vide. Il n’est pas possible que tout soit parfait, alors pourquoi s’accrocher à cet espoir ? Pourquoi se gâcher une soirée parce que quelqu’un n’a pas pu venir alors que vous avez tous vos autres amis autour de vous ? Je me demande si cette manière de se focaliser sur le négatif n’est pas la partie visible d’un iceberg beaucoup plus grand. En ne voyant que cela, nous renforçons notre idée initiale qu’il ne nous arrive que la vie n’est faite que de déception. Cette croyance est là, tapie dans notre inconscient et elle cherche à se nourrir de toutes les petites choses qui peuvent lui donner raison. Si cette pensée invasive n’était pas là, nous aurions peut-être une vision moins biaisée des événements.

Bonus: imaginer que je suis en proie à une mort imminente

Ne pas avoir de collègues, un problème ?

Cela fait maintenant 5 mois que j’ai quitté mon dernier job en tant que salarié. Avant de partir, plusieurs personnes m’avaient prédit un grand désarroi: j’allais perdre le goût de vivre car la solitude allait vite me peser, sans parler de l’estime de soi qui allait chuter, chuter… Il me faudrait une grande force mentale pour ne pas me sentir sombrer. Je ne pense pas avoir une force mentale hors norme, mais ce qui est sûr c’est que j’ai un amour profond pour la solitude.

Au début, je cherchais un poste en tant que salarié. J’ai eu la chance d’avoir régulièrement des réponses, de passer des entretiens et de finir plusieurs fois finaliste. Même si je n’étais pas choisie, j’étais déçue bien sûr mais pas triste. Je ne remettais pas en question toute ma valeur à cause du refus. Ils avaient rencontré quelqu’un qui avait un profil qui correspondait plus à ce qu’ils cherchaient et tant mieux pour eux. Cela ne voulait pas dire qu’ils ne me rappelleraient pas un jour, et cela ne voulait pas dire non plus que j’étais nulle, simplement qu’à l’instant, je n’étais pas celle qu’ils cherchaient.

Le temps passant, ce qui m’a le plus étonné est surtout ma relation à l’isolement: j’adore être seule. 

Pourtant, je pensais vraiment que ce serait difficile. J’adore le travail d’équipe et dans mes anciens postes j’avais la chance de travailler main dans la main avec plusieurs personnes que je considère maintenant comme des amis. Je m’attendais à regretter les pauses cafés, à tourner en rond dans l’appartement tel un lion en cage, à envoyer des messages toute la journée à mes amis pour me sentir moins seule. J’aime me sentir entourée, savoir que je peux poser des questions à quelqu’un, avoir une personne avec qui partager mes déboires ou mes blagues. Cependant, rien de tout cela n’est arrivé. Je suis étonnée par la facilité que j’ai à passer du temps avec moi-même.

Jusqu’ici, je n’ai jamais ressenti le besoin ou même l’envie d’être dans un bureau rempli de collègues.

Les avantages éclipsent le besoin

Je savais d’expérience que je n’ai aucun soucis à avancer sur mes projets toute seule de mon côté mais je ne me rendais pas compte à quel point il est agréable de n’avoir personne autour. Si vous souhaitez travailler en silence: vous pouvez. Si vous voulez travailler avec un bruit de fond: vous pouvez. Personne n’est là pour juger si j’ai l’air professionnelle, personne n’est là pour jaser car j’ai décidé de faire mes courses au milieu de l’après-midi pour éviter la foule. Si j’ai besoin de prendre du recul, je vais me poser au parc près de chez moi et je reste le temps que je souhaite. Je sais que mon cerveau continue de travailler en arrière plan. Se soustraire du regard direct d’autrui est une chose vraiment agréable car au fond c’est une question de responsabilisation. Je sais que j’avance sur mes projets, je n’ai pas besoin d’avoir quelqu’un qui m’approuve parce que je reste longtemps à mon bureau sans prendre de pause.

Cette liberté est si grisante qu’elle me fait oublier le besoin de collègue.

Je reste une introvertie

Il faut savoir que je fais partie de ces gens pour qui être entourés de plusieurs personnes toute la journée épuise toutes les forces au fur et à mesure de la journée. Je finis la journée lessivée par le travail et par le stimuli social incessant. Cela explique pourquoi je n’allais que rarement prendre des pots après le travail. J’avais besoin d’être seule, dans le calme, loin du brouhaha ambiant.

Cela n’a rien à voir avec l’amour que je porte pour mes amis, c’est simplement un fonctionnement différent. Le fait de ne plus être entourée pendant la journée m’a permis de gérer entièrement ma vie sociale. C’est un luxe et cela m’a enlevé un énorme poids dont je n’avais pas conscience.

Pour conclure, même si je savais que me retrouver toute seule n’allait pas être un réel problème, je n’imaginais pas à quel point on peut se sentir bien tout seul. Je pense que c’est un état que beaucoup de personnes craignent mais qui, je pense, peut être très bénéfique. Vous découvrez que seul… vous ne manquez de rien. Il est beaucoup plus facile d’entendre sa voix intérieur/instinct lorsque nous n’avons plus de discussion parasite qui viennent par dessus. On retrouve sa boussole interne, qui pourtant était là depuis le début.

Et vous, vous êtes plutôt de quelle nature ?

À bientôt,

Sibylle

J’ai retrouvé mon feu créateur

C’est rigolo de voir comment les choses se connectent ensemble. J’ai pensé à ce titre d’article il y a peut-être une semaine. J’avais hésité à mettre une expression plus neutre telle que « énergie créative » et en plus je le trouvais un peu racoleur. Qui suis-je pour dire comment on retrouve son feu créateur ? Soudain, dans une de mes lectures, je tombe sur un chapitre portant exactement ce nom. J’en ai déduis que je devais le garder comme tel.

Pour répondre à ma propre question, je ne peux pas dire comment on le retrouve, je peux simplement témoigner de ma propre expérience.

Sa disparition

Le feu créateur. J’en avais presque oublié l’existence tellement je m’étais éloignée de mes envies. Sachant que j’exerce un métier créatif, c’est assez terrifiant de me dire que je l’avais autant égaré. J’ai énormément appris depuis le début de mes études, que ce soit apprendre à générer des idées, à trouver de l’inspiration ailleurs et à avoir une méthodologie de travail mais j’ai aussi appris en parallèle à limiter l’importance du feu créateur, la passion. C’est un travail, il ne faut donc pas qu’un salarié ne puisse pas produire car il ne le sent plus.

Ce qui est étonnant, c’est que j’étais inspirée parfois, oui, mais rien à voir avec l’énergie monstrueuse que nous provoque le feu créateur. On a la sensation de pouvoir déplacer des montagnes à la force de nos bras, on a des problèmes pour dormir car on a des idées qui jaillissent non-stop dans la tête. L’énergie se propage dans notre corps, ce sont des moments très intenses. Tout cela avait disparu.

L’image qui me vient en tête est celui d’un champ, qui aurait été cultivé de manière intensive et qui m’aurait laissé à sec, appauvrie, et épuisée.

Il y bien eu des petits soubresauts d’énergie par ci, par là. Se réveiller le samedi matin et avoir une idée de projet en tête à mettre dans mon portfolio puis bosser dessus pendant tout le weekend, mais cela restait anecdotique comparé à avant. J’ai toujours eu des projets, des envies, des fantasmes alors je voyais bien que quelque chose clochait.

À l’heure où j’écris, cela fait 3 mois que j’ai quitté mon dernier travail [ndlr. article écrit début juillet]. Tout ce temps a été nécessaire pour retrouver ce feu. Je pensais pourtant à ce moment là qu’il ne faudrait que quelques semaines pour voir revenir forces et inspiration. C’était complètement naïf et issu d’une pensée productiviste de la création: « d’accord pour quelques semaines de repos mais il faudra repartir sur les chapeaux de roue ! » sauf que mon corps et mon esprit n’en avaient que faire.

J’étais en jachère, j’ai attendu.*

Je ne me suis pas forcée à dessiner alors que je n’en avais pas envie, ou à faire des projets en plus pour mon portfolio. J’ai lu des livres, des articles sur des sujets qui m’intéressent et non pas dans le but de faire de la veille. Je me suis nourrie.

Sa réapparition

J’imagine que j’étais entrain de finir un cycle dans ma vie. Ces cycles nous les connaissons tous et même si nous n’arrivons pas à les nommer, nous les ressentons très forts. La nature suit inexorablement son cours. Les choses commencent, évoluent, finissent.

Finalement, quelques mois après, je ressens soudain ce feu. Il est là, il m’empêche de dormir, c’est comme une envie de pisser. Je noircis des pages entières d’envies, de discussions intérieures, d’idées de choses à créer.

Je ne sais pas s’il y a un seul élément déclencheur. Ce serait plutôt le résultat de plusieurs énergies qui se rencontrent.

  • Je suis sortie plusieurs fois de ma zone de confort pendant mes mois de « jachère ». Étant de nature anxieuse et timide, les événements sortant de mon quotidien bien balisé peuvent facilement m’effrayer malgré l’attrait que j’ai pour eux. À plusieurs reprises j’ai dit « oui » avec mon coeur à des choses où mon cerveau me disait « non ». Cela aurait été plus simple de dire non, mais je l’ai fait et je suis heureuse de ne pas avoir écouté mon angoisse. Dans ce territoire, il n’y a pas de petite victoire.
  • Il m’arrive d’avoir des moments de descente où mon moral est très très bas.  Récemment, quand j’en ai eu, j’ai été très épaulée par mes amis. Sentir ce soutien met beaucoup de baume au coeur. Leur présence, leurs mots doux, me permettent de remonter plus vite à la surface. Pendant que j’échangeais sur mes doutes avec eux, j’ai pu me rendre compte de la confiance qu’ils avaient en moi et lorsque nous sommes dans une période où la confiance en soi manque, ça change tout.

Ce feu que je pensais perdu, que j’imaginais comme une peau de serpent dont j’aurai mué, était en fait toujours là. Il y a toujours des petits crépitements de vie qui attendent qu’on les nourrisse pour devenir une flamme qui ne demande qu’à grandir. Depuis, dès que je le sens revenir, je m’y adonne. J’écris des articles, je prends des photos, je fais des dessins. Il faut le prioriser, le favoriser.

*Tout en continuant mes recherches d’emploi. Cela aussi est une longue histoire.

Comment ne plus se prendre la tête pour garder ses forces

Alors là, alors là on rentre dans le coeur du problème !

On connaît tous quelqu’un qui prend absolument tout à coeur. Si cette personne fait partie de votre famille proche comme un de vos parents, il est possible que vous ayez pris cette habitude par mimétisme, ou pire que vous détestiez cette habitude chez la personne sans savoir que l’avez incorporé.

Notre manière de partir tête baissée, toutes voiles dehors dès que nous rencontrons un problème nous fait perdre une énergie considérable. Des problèmes, il y en a tout le temps, tous les jours et tous ne se valent pas.

Remettre en perspective

Le problème vous tombe dessus.

Le métro qui s’arrête de manière impromptue, le bus qui est en retard, se rendre compte qu’on a oublié quelque chose, faire tomber quelque chose, casser quelque chose, arriver au bout d’un produit sans avoir de stock, faire un trou dans un vêtement, je n’en sais rien, il peut y avoir mille milliards de petits problèmes.

C’est un moment désagréable, cela ne correspond pas au plan, donc notre premier réflexe est de refuser la situation. Le problème, c’est que si nous dépensons toute notre énergie pour chaque petit problème, nous ne verrons plus que ça, nous nous dirons que l’on est maudit, que nous ne pouvons pas avoir une seule journée tranquille, etc. C’est une spirale négative.

Bien sûr, il m’arrive encore souvent de réagir trop fortement à des situations, mais parfois, lorsque des proches ou des amis réagissent très mal devant des situations où je n’ai plus de réaction négative, je me rends compte du chemin accompli.

Même si j’ai réussi à lâcher prise sur les petites choses matériels, il y a encore des situations où je peux faire mieux. Il y a quelques temps, nous avions des places pour un musée avec mon copain pour une certaine heure. Nous sommes partis en retard et les problèmes sur la route se sont multipliés. Je n’étais pas zen du tout car j’avais peur de ne pas pouvoir rentrer dans le musée et voir notre argent s’évaporer.

Nous pouvons nous habituer à aborder le problème différemment.
Voici des exemples de questions que l’on peut se poser…

À l’échelle de ma vie, est-ce grave ?

Exemple : se rendre compte à minuit que l’on a plus de dentifrice et que le magasin est fermé. C’est vraiment chiant mais à l’échelle de ma vie, ce n’est pas grave. J’irai simplement en acheter un demain matin à la première heure, ça ne vaut pas la peine que je me fustige.

Est-ce facilement remplaçable ?

Exemple : j’ai cassé une assiette et un verre en plus avec ça… Ah ben c’est bien, super ! Attendez… Ce sont des ikeas qui sont toujours disponibles et qui ne coûtent que quelques euros ? Ça ne sert peut-être pas de s’arrêter là dessus non plus…

Ai-je la possibilité d’y remédier ? 

Exemple : non mais là j’ai cassé le beau vase de ma grand-mère que je comptais garder le restant de ma vie et le léguer à mes enfants, c’est une catastrophe. Bon. Il est normal d’être triste à cause du lien sentimental. C’est un objet avec une forte symbolique et c’est un moyen de garder nos proches partis près de nous. Il est aussi normal d’être frustré s’il avait une forte valeur monétaire mais… il est cassé en mille morceaux. Que peux-tu y faire ? Rien. Et s’il est réparable, eh bien tant mieux, tu feras ce qu’il faut pour y remédier. Néanmoins, ce qui est fait, est fait.

Ne plus s’énerver sur chaque petit détail c’est travailler notre acceptation des situations. Lâcher prise sur notre quotidien c’est tolérer que nous n’avons pas l’emprise sur tout, car c’est tout simplement la vérité, qui s’avère cruelle parfois. Nous ne sommes pas parfaits, donc sûrement aurons nous une réaction très forte sur le moment, mais vous pouvez décider d’encourager cette réaction ou pas.

Décider de ne plus se battre contre toutes ces petites choses mais seulement face à ce qui en vaut la peine, c’est aussi se laisser du temps pour respirer. Vous garderez vos forces pour les vrais problèmes, ceux qui demandent toute votre attention. Tous ces moments d’énergie inutilement dépensée augmentent votre stress, donc décider de reprendre la main là dessus, c’est vous autoriser à être mieux dans vos baskets. Petit pas par petit pas !

À très vite,

Sibylle

 

 

Les bases #2 – Vous avez le droit de ne pas aller bien

Ça ne va pas. Vous n’allez pas bien. Vous le voyez bien. Chaque jour devient une douleur à affronter et en vous levant le matin, vous ne pensez déjà qu’au moment du coucher.

Vous vous dites qu’il n’y a aucune raison de ne pas aller bien puisque vous avez un confort matériel, une famille, un couple, des revenus, des vacances… Vous vous dites que vous êtes décidément un enfant pourri gâté par la vie qui ne sait pas apprécier les choses qu’on lui donne. Tous ces gens qui sont plus dans le besoin que vous ! Tous ces gens qui donneraient tout pour être à votre place !

C’est bien de relativiser, vraiment, c’est un bon outil dans certaines conditions mais dans le cas d’un mal être profond, je ne suis pas sûre que cela aide. Vous sentez-vous mieux après vous êtes flagellé car vous n’êtes « même pas capable d’apprécier ce vous avez » ? Honnêtement, je n’en suis pas sûre…

Il y a des gens dans des pires situations, clairement, mais y penser dans ces moments là ne fait que renforcer une mauvaise opinion de soi.

Ne pas être bien dans sa tête, ça arrive, et ça peut arriver à tout le monde. Ce n’est pas la preuve que vous êtes ingrat mais simplement la preuve qu’il y a des choses à régler dans votre vie.

Vous vous retrouverez peut-être face à des personnes qui ne vous soutiendront pas, qui ne comprendront pas vos sentiments et seront prompts à vous rabaisser. La question que je me pose est: est-ce que l’opinion d’une personne ayant si peu à coeur mon bien-être m’importe vraiment ?

Ce dont on a besoin, ce sont des personnes qui remettent les choses en perspective, oui, mais pour nous donner du courage et non pas pour nous culpabiliser un peu plus.

 

Vous n’y pouvez rien si vous ne vous sentez pas bien.

Vos sentiments sont valides.

Vous avez le droit de ne pas être bien dans vos baskets.

Vous n’avez pas à culpabiliser.

Soyez sympa avec vous, ça ne fait pas de mal.

 

C’est aussi pour cette raison que je trouve cela agréable de parler à un psychologue. Il est là pour me ramener les pieds sur terre quand je pars loin dans mes angoisses et il m’encourage à aller explorer pourquoi ce sentiment est là. Si on me culpabilisait, je ne passerais pas ce temps à me demander Pourquoi car je serais trop occupée à essayer de rejeter mon sentiment un peu plus au fond de mon cerveau.

On n’est pas là pour se conditionner à ne pas se sentir mal, on est là pour comprendre notre douleur, dans son entièreté et même dans ses futilités.

Alors soyez rassuré, même si vous avez toutes les raisons d’aller bien mais que ce n’est pas le cas, nous n’avons pas à juger votre état.

Much love,

Sibylle

Changement de saison, déprime à l’horizon

Nous voilà dans une des périodes que je redoute le plus dans l’année: l’arrivée de l’automne qui me rappelle que l’hiver est au tournant. Je me revois en mars regarder l’heure du coucher du soleil tous les jours, à l’affût de chaque minute en plus de luminosité. Le sentiment de se sentir un peu peu plus légère à la perspective des jours qui rallongent.

Je sais que nous sommes nombreux à craindre cette période où profiter de quelques rayons de soleil rime avec nez qui pique ou qui coule et triple couche de vêtements. L’impression de ne plus voir la lumière du jour, d’être dans un tunnel sans fin de nuit et d’avoir l’envie d’hiberner jusqu’au retour des beaux jours.

Je résiste

Fin août, début septembre, mi-septembre… Je le vois arriver cet état de refus. Non, je refuse ! Je ne veux pas que l’été tire sa révérence ! Pourtant je vois bien que l’arbre sous ma fenêtre commence déjà à changer de couleur… Souvent je m’arrête et je l’observe quelques minutes. Il semble toujours avoir quelques semaines d’avance sur le reste de la végétation. Le voir se transformer me permet de prendre conscience du changement à venir.

Quand j’ai constaté que ma crainte de l’hiver refaisait surface et que je freinais des quatre fers, j’ai eu une pensée on ne peut plus simple mais inattendue. Comme si une part de moi-même avait soudain pris du recul sans que je lui demande (c’est ça grandir ?)…

« Sibylle Pourquoi résister alors que c’est le cycle normal des choses ? Voir les saisons changer n’est pas une mauvaise chose. Tu n’as aucune mais alors aucune prise sur le temps qui passe. Pourquoi cette résistance ? Lâche prise. Profite des rayons du soleil mais arrête d’être mélancolique comme s’ils avaient déjà disparu. Ce changement au lieu de le vivre comme un adieu, vois le comme un simple changement de dynamique. Chaque saison nous aide à travailler sur des aspects de nous. L’un va avec l’autre. »

Et avant ?

Je ne me souviens pas d’avoir senti cela étant enfant. C’est un sentiment récent. Les choses que j’adorais l’hiver ne m’animent plus, je me sens contrainte pendant cette période où le froid me décourage de faire de longues balades… Seules les décorations de Noël dans la rue et les sapins sur le trottoir  arrivent à réveiller cette petite flamme en moi.

Mon hypothèse sur ce revirement est le suivant: enfant ou adolescente le temps semblait suivre son cours lentement (!!!) et irrémédiablement. Chaque saisons amenait son lot de nouveauté, de vacances, d’évènements sans que l’on ait quoi que ce soit à planifier. Rien n’était en notre pouvoir. Les choses suivaient leurs cours.

À l’inverse, maintenant si nous ne sommes pas pro-actif (#startupnation) rien ne se passe. Du RIEN naitrait une spirale négative, une sorte de mort éveillée. Nous devons nous battre sur chaque détail de notre vie pour voir de l’évolution. Être le pilote de sa propre vie est une bonne chose, entendons-nous bien. C’est simplement qu’à force de devoir tout contrôler, nous n’arrivons plus à se laisser aux choses aussi naturelles que les saisons… Je me mets à anticiper la saison et à me focaliser sur les aspects limitants de celle-ci.

Décider d’accueillir

Je sais accueillir le printemps et l’été, synonymes de de pauses et de paresse au soleil alors pourquoi n’arrivais-je pas à en faire de même avec le printemps et l’hiver ? L’hiver dernier nous avons eu droit plusieurs fois à Paris sous la neige qui est d’une splendeur sans nom. On se fait des chocolats chauds avec de la chantilly, on passe du temps emmitouflé chez soi…

Alors cette année j’ai décidé de laisser aller. Je ne vais pas me parasiter avec quelque chose qui ne devrait pas être considéré comme une mauvaise nouvelle. Le temps déroule son fil, je n’y peux rien. Se souvenir que l’on y revient invariablement me perturbe mais au lieu de le voir comme une fatalité, je peux décider de le voir comme un cycle réconfortant par sa stabilité.

Dites moi si votre relation aux changements de saisons est différent, ou si vous vous reconnaissez dans mes mots ! Si vous avez des petits rituels qui vous aident à vivre cette période d’une meilleure manière, dites le moi 🙂

À bientôt,

Sibylle

Comment je fais la paix avec mes angoisses

Bonjour tout le monde !

Aujourd’hui, je vais parler de la relation que j’ai avec mes angoisses. Ces derniers mois, cette relation s’est transformée: les angoisses sont toujours là mais je ne les accueille plus de la même manière, ce qui me soulage énormément. Il m’a semblé intéressant de partager cette évolution avec vous.

Une peur constante

J’ai toujours été angoissée. D’aussi loin que mes souvenirs me portent, j’ai toujours eu conscience que les choses pouvaient mal tourner, que sous une apparence de calme la violence pouvait surgir brusquement. Quand les choses se passaient bien, voire trop bien, j’attendais le coup de bâton qui me semblait inévitable. Je n’ai jamais eu « confiance dans la vie » jusqu’à très récemment.

De cette méfiance constante sont nées des angoisses.

Passer du temps avec soi-même

Ces angoisses aident autant qu’elles emprisonnent, c’est pourquoi il m’est compliqué de m’en débarrasser. Comment dire adieu à quelque chose qui vous permet de ne prendre aucun risque ? Le problème étant que vous vous mettez à ne plus profiter de rien et que dans le même temps votre alarme interne se dérègle. Elle réagit de la même manière à un tout petit risque qu’à un « vrai » risque.

Depuis que j’ai entamé un travail avec une psychologue, mon rapport avec celles-ci a changé. En parallèle de ce travail, je fais beaucoup d’introspection en passant du temps seule et j’ai accepté de me mettre dans des situations que j’aurai refusé car elles m’auraient causées trop d’angoisses en temps normal.

Prendre ce temps avec moi-même comme seul compagnon peut effrayer au début. On se retrouve sans filet face à ses peurs. Pourtant avec le temps on découvre que c’est un bon moyen pour retrouver un semblant d’instinct.

Remise en question en profondeur

Ces derniers temps, je remets entièrement en question mon approche de la vie. Quels sont mes préjugés ? Mes envies ? Mes peurs ? Ce qu’il faut que je surmonte ? Ce qui doit être cultivé ? Je commence à mettre le doigt sur les pensées que j’avais internalisées et qui me limitent au quotidien ou dans mes projets d’avenir.

Tous ces questionnements nous amènent à nous demander qui nous sommes vraiment. Pour ma part, j’ai toujours imaginée la personnalité comme étant un bloc immuable et que si nous changions du tout au tout c’est qu’on ne savions pas qui nous étions. Je savais qui j’étais, point.

Ce n’est plus le cas. Je comprends que nous changeons avec le temps, avec les situations et que nous avons le choix d’explorer des parties inexplorées de notre personnalité.

Écouter ses peurs

9 mois plus tard, je suis encore très loin d’avoir fait le tour de l’histoire. Néanmoins, il y a un changement dont je souhaiterais parler et qui rend mon quotidien beaucoup plus doux.

Mes angoisses sont toujours là, vivaces, piquantes et déchirantes parfois. Elles n’ont pas disparues et je ne suis pas sûre qu’elles aient vocation à le devenir. Le changement dans cette histoire est qu’au lieu d’en avoir peur, je me pose la question de ce qu’elles souhaitent me communiquer. Je continue de me réveiller avec le ventre serré certains jours sauf qu’avant j’en aurai eu peur. Je me serais dit « tous aux abris, la tempête approche » et je me serais préparée à passer ma journée dans l’inconfort et la tristesse.

Je les considérais comme des entités à part entières avec les pleins pouvoirs sur ma vie. Elles étaient là et ma seule option était de les subir puis espérer qu’elles soient parties le lendemain. Or, si vous fuyez, elles continueront d’être là, inlassablement.

Maintenant, j’essaye de simplement voir cela comme le moyen qu’a mon esprit pour me dire que quelque chose me tracasse. En me demandant quel message il essaye de me faire passer, j’enlève le pouvoir que je lui accordais. Ce n’est plus une chose avec un contrôle sans limite sur ma vie car mon angoisse devient mon lanceur d’alerte, celui qui me prévient quand il y a un endroit où je ne souhaite pas regarder.

Mon angoisse devient mon lanceur d’alerte, celui qui me prévient quand il y a un endroit où je ne souhaite pas regarder.

On peut décider d’agir !

Le plus étonnant est que j’ai découvert que la cause de cet état était souvent dû à des choses relativement simples à résoudre mais qui trouvaient un écho dans mes peurs plus profondes. Il suffisait seulement de faire quelque chose et je pouvais sentir la boule se dégonfler instantanément.

Pour vous donner un exemple: pendant une semaine je ressens l’angoisse me prendre les tripes, je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui me perturbe car j’avance à bonne vitesse sur mes projets. Je ne vois pas ce qui peut provoquer un tel stress. Le vendredi, après avoir repoussé le traitement de ma bannette dédiée aux papiers administratifs, je décide de m’y atteler. Je m’en débarrasse en une heure et soudain, miracle ! Je suis légère, je recommence à respirer à plein poumon ! Ce n’était finalement rien. Tout ce qui est administratif me provoque de fortes angoisses de base (et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas d’ailleurs) alors quand mon cerveau a vu que je repoussais l’échéance, que j’essayais de faire comme si cela n’existait pas, une alarme s’est allumée. Mon lanceur d’alerte était là pour me dire « Fais quelque chose ! Tu ne peux pas l’ignorer plus longtemps ! ». Je m’en étais fait une montagne sans même m’en rendre compte.

Le signal de quelque chose d’inachevé

Maintenant, je me rends compte que ma boule au ventre, ma fatigue, mon manque d’énergie est souvent lié à quelque chose que je repousse, ou quelque chose que je n’ai pas osé dire à quelqu’un, une conversation qui me pèse ou justement l’absence de conversation, un choix que je dois faire mais que je ne fais pas (un grand classique) ou encore un coup de fil que je n’arrive pas à passer…

Je découvre que mes angoisses sont finalement la partie visible de mes unfinished businesses que je préfère mettre sous le tapis.

Il y a d’autres angoisses que je n’arrive pas à contrôler bien entendu mais réussir à faire la paix avec une partie de celles-ci me fait sortir du cercle vicieux. J’avais peur d’avoir peur. Au quotidien je me sens plus légère car vivre avec ces angoisses c’est porter un fardeau, lourd et épuisant.

J’espère que vous trouverez chacun votre propre manière d’appréhender vos angoisses, que vous réussirez à vous tendre la main. En tout cas, essayons de reprendre le contrôle sur celles qui peuvent l’être. Libérons-nous de tous ces petits poids. Nous devrons travailler longuement pour nous débarrasser des gros mais nous aurons déjà bien lesté notre fardeau de départ en chemin.

Much love,

Sibylle

De Timide Maladive à Réservée: mon évolution

La timidité est un poids que nous sommes énormément à porter depuis l’enfance. Le sujet me semble assez vaste pour pouvoir faire l’objet d’une suite d’articles, qu’en pensez-vous ? Dans celui-ci, je pensais commencer en faisant le point sur ma propre évolution vis-à-vis de la timidité. Certaines personnes arrivent à s’en départir, à évoluer autour de cette peur pendant que d’autres n’arrivent pas à lui faire face et ce handicap continue de les tyranniser années après années.

Cet article est finalement très lié à celui où je parle de mon envie d’être invisible présente depuis l’enfance. Être invisible c’est empêcher l’interaction avec l’Autre avant même que l’opportunité se présente, c’est éviter ce malaise profond que provoque la timidité autour de certaines personnes ou situations.

*

Enfance – Période dite « Timidité maladive »

Comme je vous le disais dans l’article que je mentionne plus haut, lorsque j’étais enfant la solitude ne me posait pas de problème. Elle m’offrait le confort de la tranquillité, de l’absence de surprise et surtout de conflits. Je me suis toujours bien entendu avec ma personne et même dans les moments les plus bas, je n’ai jamais eu peur d’être face à moi-même. C’est une situation qui m’apaise plus qu’elle ne me pèse.

Les souvenirs d’enfance sont sélectifs, je n’ai que des bribes par-ci, par là mais ma famille est d’accord sur un point: j’ai toujours été extrêmement timide.

Je me souviens d’un épisode en CP où l’institutrice me demande de lire à voix haute quelque chose qui se trouve au tableau. Le peur m’envahit, me paralyse et je me met à pleurer sans pouvoir prononcer un mot. En réponse, l’institutrice me reprend un de mes bons points durement acquis. Je me revois ouvrir ma boîte à points, et marcher dans l’allée pour lui donner ce point qui m’était dû. (note à moi-même: est-ce que ma méfiance vis-à-vis de l’autorité me viendrait de cet épisode ?)

Cette expérience est à l’image du reste. Que ce soit des réunions de famille, des colonies de vacances ou des activités extra-scolaires, tout me donnait envie de me mettre en boule et d’attendre que le temps passe. En discutant de ma relation avec mes grands-parents avec mon frère, il m’a fait cette réflexion: « Comment créer un lien avec un enfant qui refuse de parler ? ». En bref, j’étais un petit hérisson. S’il est à l’aise, il se détend et vadrouille mais dès qu’un danger lui semble proche, il se recroqueville sur lui-même.

Parallèlement, on vous explique que votre comportement n’est pas celui attendu, qu’il est mal vu et qu’il faudrait changer. J’en garde un goût amer, une sensation d’être incomprise et parfois de trop.

*

Adolescence & études supérieures – Soudain, l’envie de plaire

Je passerais vite sur l’adolescence car mes souvenirs sont tellement à vifs et bordéliques que je n’arrive pas à prendre de recul sur cette période malgré les années qui passent. Vivant de multiples vies parallèles ne se chevauchant que rarement à ce moment là, j’ai une image globale très floue de toutes ces années.

J’ai fait connaissance avec une bonne partie de mes amis de l’époque via Internet et que je les rencontrais seulement plus tard, même s’ils habitaient qu’à quelques rues de chez moi. Une fois que vous avez parlé pendant des dizaines et des dizaines d’heures avec quelqu’un, il est beaucoup plus facile d’avoir une conversation IRL avec lui. Ah, internet. Merci d’avoir été mon vecteur de sociabilité. Le pays rêvé où la timidité n’existe presque plus.

Le point intéressant se situe plus tard: lorsque vous vous êtes senti autant vulnérable et inadapté dans votre enfance, il reste des traces de ces pensées dans votre manière de réfléchir ou d’anticiper les évènements.

Après le lycée, le moment crucial du supérieur arrive. Recommencer à zéro et toutes les angoisses qui vont avec. Serais-je à la hauteur des obstacles qui m’attendent ? Je n’en savais rien et j’en étais terrifiée. Et soudain, me tombe dessus la question: et si je ne me faisais pas d’amis ? et si je n’avais personne avec qui déjeuner le premier jour ?

Bien sûr, 8 ans plus tard, je m’amuse de repenser à quel point j’ai pu vivre intensément ces doutes qui peuvent sembler ridicules mais à 18 ans à l’aube d’une nouvelle vie, ces tourments sont bien compréhensibles.

Là est donc rentré en compte quelque chose qui ne m’avait jamais vraiment importé: je voulais plaire. Voyez à quel point nous entrons dans une problématique à l’opposé de mon enfance !

Je ne parle pas de plaire physiquement mais de plaire tout court. On m’avait souvent dit jusque là que j’avais l’air froide, distante, arrogante, désagréable et le poids de ces mots me semblait annoncer une terrible nouvelle: personne ne voudrait être mon ami.

N’oubliez pas, ces situations me faisaient remonter des peurs d’enfance. Cela ne semble pas rationnel (Hello Sibylle, réfléchis 30 secondes, bien sûr que tu vas te faire des amis, et non tu ne passeras pas 5 ans à manger toute seule le midi !) mais sur le moment, la peur est si forte qu’elle semble couler de source.

Alors j’ai décidé de changer. Je suis complètement sortie de ma zone de confort. Je ne sais pas si ces efforts étaient visibles mais mon dieu, j’ai essayé si fort d’être une personne agréable. Le revers de la médaille est que maintenant je cherche à retrouver cette petite Sibylle revêche qui à sa manière ne faisait aucune concession.

À force de vouloir plaire, j’ai atteint un stade où je n’arrivais plus à accéder à ma force intérieure, à ma capacité à dire que je n’étais pas d’accord, je n’étais plus entière car j’avais consciemment décidé d’étouffer une partie de moi: celle qui m’a fait me sentir mal-aimée mais qui sait comment me protéger. C’est de cette manière que l’on peut perdre la trace de son amour propre et que l’on devient le complice de situations qui ne nous conviennent pas.

*

Maintenant – Imprévisible mais plus calme

Que dire de maintenant… C’est mitigé. Certaines situations ne me provoquent plus de vagues d’émotions incontrôlables, donc il y a du progrès. Par exemple, je suis allée à des anniversaires où je ne connaissais personne et j’ai parlé à des gens. Et par dessus tout: j’ai survécu. Honnêtement, des situations de ce genre ne seront jamais agréables pour moi mais au moins j’ai pu être fière en rentrant chez moi.

Il y a des périodes où je suis plus ou moins timide, sans explication particulière. Il y a des jours où demander un renseignement à un vendeur me demande un réel effort, où je me répète la phrase plusieurs fois avant d’aller le voir alors que d’autres fois je serais très heureuse de bavarder avec cette personne. Il m’arrive encore de paniquer au restaurant lorsqu’on me pose une question inattendue et je continue de prendre la première possibilité qu’on me propose, même si je la déteste. C’est la vie.

Pour conclure, ma timidité m’a toujours embêté mais dans le même temps c’est une pierre angulaire de mon identité. Je sais maintenant que tout cela peut changer. Si je ne souhaite plus être timide, on peut m’en faire sortir car j’ai déjà un pas en dehors du piège. La question est: qui suis-je si je ne suis pas timide ? Qu’est-ce que cela signifierait Sibylle sans timidité ? En se qualifiant de la sorte toute sa vie, on peut s’enfermer dans un rôle et se limiter.

Alors je me demande: qui suis-je ?

Big up à tous les timides,

Sibylle

Changer son rapport aux angoisses

J’ai toujours été angoissée. D’aussi que mes souvenirs me portent, j’ai toujours eu conscience que les choses pouvaient mal tourner, que sous une apparence de calme la violence pouvait surgir à n’importe quel moment de la vie. Quand les choses se passaient biens, voire trop bien, j’attendais le coup de bâton qui me semblait inévitable. Je n’ai jamais eu « confiance dans la vie » jusqu’à très récemment. De cette méfiance constante sont nées des angoisses.

Ces angoisses aident mais elles emprisonnent tout autant. Depuis que j’ai entamé un travail avec une psychologue, mon rapport avec celles-ci a changé. En parallèle de ce travail, j’ai fait beaucoup d’introspection et j’ai accepté de tenter des situations qui m’auraient fait trop peur normalement. Je me suis entièrement remise en question concernant mon approche de la vie. 9 mois plus tard, je suis encore très loin d’avoir fait le tour de l’histoire. Néanmoins, il y a un changement dont je souhaiterais parler et qui rend mon quotidien beaucoup plus doux.

Mes angoisses sont toujours là, vivaces, piquantes et déchirantes parfois. Elles n’ont pas disparues et je ne suis pas sûre qu’elles aient vocation à le devenir. Le changement dans cette histoire est qu’au lieu d’en avoir peur, je me pose la question de ce qu’elles souhaitent me communiquer. Je continue de me réveiller avec le ventre serré certains jours sauf qu’avant j’en aurai eu peur. Je me serais dit « tous aux abris, la tempête approche » et je me serais préparée à passer ma journée dans l’inconfort et la tristesse.

Je les considérais comme des entités à part entières et immuables. Elles étaient là et ma seule option était de les subir puis espérer qu’elles soient parties le lendemain. Maintenant, j’essaye de simplement voir cela comme un mécanisme qu’a mon esprit pour m’envoyer le signal que quelque chose me tracasse. En me demandant quel message il essaye de me faire passer, j’enlève le pouvoir que je lui accordais. Ce n’est plus une chose avec un contrôle sans limite sur ma vie. Mon angoisse devient mon lanceur d’alerte, celui qui me prévient quand il y a un endroit où je ne souhaite pas regarder.

Mon angoisse devient mon lanceur d’alerte, celui qui me prévient quand il y a un endroit où je ne souhaite pas regarder.

Le plus étonnant c’est que j’ai découvert que la cause de cet état était souvent dû à des choses relativement simples à résoudre mais qui avaient trouvé un écho dans mes peurs plus profondes. Il suffisait seulement de faire quelque chose et je pouvais sentir la boule se dégonfler. Pour vous donner un exemple, pendant une semaine je ressens l’angoisse me prendre les tripes, je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui me perturbe car j’avance à bonne vitesse sur mes projets. Je ne vois pas ce qui peut provoquer un tel stress. Le vendredi, après avoir repoussé le traitement de ma bannette dédiée aux papiers administratifs, je décide de m’y atteler. Je m’en débarrasse en une heure et soudain, miracle ! Je suis légère, je recommence à respirer à plein poumon ! Ce n’était finalement rien. Tout ce qui est administratif me provoque de fortes angoisses de base (et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas d’ailleurs) alors quand en plus mon cerveau a vu que je repoussais l’échéance, j’essayais de faire comme si cela n’existait pas, une nouvelle panique est venue se rajouter. Mon lanceur d’alerte était là pour me dire « Fais quelque chose ! Tu ne peux pas l’ignorer plus longtemps ! ». Je m’en étais fait une montagne sans même m’en rendre compte.

Maintenant, je me rends compte que ma boule au ventre, ma fatigue, mon manque d’énergie est souvent lié à quelque chose que je pousse inutilement, ou quelque chose que je n’ai pas osé dire à quelqu’un, une conversation qui me pèse ou justement l’absence de conversation, un choix que je dois faire mais que je ne fais pas (un grand classique) ou encore un coup de fil que je n’arrive pas à passer… Je découvre que mes angoisses sont finalement la partie visible de mes unfinished businesses que je préfère mettre sous le tapis.

Je découvre que mes angoisses sont finalement la partie visible de mes unfinished businesses que je préfère mettre sous le tapis.

Il y a d’autres angoisses que je n’arrive pas à contrôler bien entendu mais réussir à faire la paix avec une partie de celles-ci me fait sortir du cercle vicieux. J’avais peur d’avoir peur. Au quotidien je me sens plus légère car vivre avec ces angoisses c’est comme porter un fardeau, c’est lourd et épuisant.

J’espère que vous trouverez chacun votre propre manière d’appréhender vos angoisses, que vous réussirez à vous tendre la main.

Much love,

Sibylle