De l’importance de verbaliser sa tristesse

Comme je vous en parlais, dans mon expérience changer la manière dont je me parlais fut un tournant primordial. Prêter attention au langage que j’employais à mon égard m’a permis de réaliser à quel point j’avais été mon propre bourreau.

Je pense aussi que la manière de parler en général doit être observée. Il y a beaucoup de choses qui nous provoquent des réactions épidermiques, qui nous énervent et nous encouragent à déverser notre bile.

La bile, je la vois partout sur internet. Elle me pèse, elle me confronte, elle me donne l’impression d’être attaquée personnellement. Le plus dur, c’est de m’en défaire.

J’essaye d’assainir mon langage, dans ma tête d’abord puis dans ma communication mais c’est dur. J’ai envie de partager avec le monde tout ce qui m’énerve mais la grande majorité n’en vaut vraiment pas la peine.

Il y a ces deux extrêmes présents partout: cette bile mais aussi le déni. L’aspect parfait que nous pointons souvent du doigt sur Instagram. Le déni de la difficulté, le déni de la douleur, des échecs, de l’effort non récompensé, de la tristesse.

Alors il m’est important de contrôler mon énervement, ma rage, voire ma violence car elle n’est souvent pas la meilleure des conseillères mais ma tristesse, elle, vaut la peine que je la verbalise sinon j’aurai la sensation qu’elle prend racine.

Quand je parle de verbalisation, je ne pense pas à noircir des pages de carnet en disant à quel point « machin est débile, et à quel point je suis incomprise par ce monde trop aveugle pour voir mon potentiel » (blablabla… Souvenez-vous de vos journaux intimes d’adolescence, normalement vous comprendrez ce à quoi je fais référence, haha).

Ce à quoi je pense, c’est plutôt prendre le temps de me questionner sur l’émotion que je ressens pour essayer de comprendre d’où elle vient. C’est mettre des mots sur un mal qui parfois prend une forme aux contours flous. Réussir à sortir de moi même des sensations qui m’inconfortent. Il y a beaucoup de sujets que je n’arrive pas à aborder à l’écris. La peur de laisser des traces. Aucune raison valable.

Admettre que nous ne sommes pas des êtres parfaits et insubmersibles comme nous souhaiterons nous le faire croire à nous même, c’est important. C’est en parlant, en discutant, en mettant à la lumière ces sensations désagréables (mais sans bile) que nous arriverons à la laisser partir. Sinon, elle reste là voire on s’y accroche. Vite, vite, la bile arrive et nous commençons à nous nourrir de cette tristesse devenue sentiment d’injustice. « Gnnn, on m’a poussé. Gnnn, on a pris ma place. Gnnn, les gens sont tous nuls. Gnnn, ils ont piqué ce qui m’appartenait [en parlant de quelque chose qui ne peut pas être possédé] »

Je ne suis pas psychologue, ni quoi que ce soit, seulement une personne qui a eu tendance à s’accrocher à cet énervement. Peut-être que je ne relie pas les bonnes notions ensemble mais les experts le feront à ma place. Est-ce que vous voyez là où je veux en venir ?

Réussir à mettre des mots sur cette vague d’émotions que j’ai ressenti récemment m’a aidé à me sentir épaulé. Des petits mots, même courts, me faisaient comprendre que je n’étais pas seule et surtout que ce n’est jamais un état permanent. La tristesse se transforme et éventuellement s’en va comme elle est venue.

Comment j’apprivoise mes pensées

En mars, cela fera un an que j’ai commencé à cheminer. Il y a eu plusieurs périodes différentes entre temps (celle où je pensais continuer dans la monde du salariat, celle où j’ai lancé mon blog, celle où j’ai commencé à me demander ce que je voulais faire avec mon activité de freelance, etc).

Il m’est très difficile de rendre compte de cette année car en fonction des jours je la vois sous un angle différent. Il me faudra sûrement un peu de recul pour comprendre la narration qui en découle.

Pendant cette année, j’ai la sensation d’avoir évolué sur une multitude de sujets et un des points qui m’a été le plus important est celui dont je vais parler aujourd’hui: gérer ses pensées.

Qu’est-ce que j’entends par là ?

Mon flux de pensées est incessant et je n’arrive même pas à avoir conscience de sa totalité. Suis-je la seule à qui il est déjà arrivé de surprendre une pensée absurde, comme si elle n’était pas mienne et me dire « What ? Qu’est-ce que tu fous là toi ? » ? Ce flux de pensées est gigantesque, et difficilement domptable. Or, à force d’y prêter une attention accrue, je me suis rendue compte qu’une grande partie de ce discours permanent était négatif et répétitif.

Sous les pensées que j’appellerai « immédiates » (par exemple me dire que je vais aller me brosser les dents, que ce café est trop chaud, que mon pull me gratte…) il y avait tout un magma de pensées qui avaient élues domiciles dans mon quotidien et parlaient inlassablement des mêmes choses.

J’étais tellement habituée à les entendre que je ne les distinguais même plus les unes des autres.

Or, ce sont ces pensées négatives et habituelles qui m’empêchaient de prendre mon courage à deux mains pour avancer dans ma vie.

C’est pour cela que j’ai décidé que j’allais devoir agir.

Comment je m’y suis prise ?

Rien de magique.

D’abord, j’ai pris conscience de l’ampleur de ces pensées dans ma vie. J’ai décidé d’être moins intransigeante avec moi même et d’y aller mollo sur les insultes. Pour ce faire, j’ai donc essayé à chaque fois que je me mettais à me dire des sales choses disproportionnées pour la situation, d’attraper ces pensées au vol et de tout simplement me dire « Non ! Hey ! T’as juste fait tomber une cuillère au sol, te parles pas comme ça, ça n’a pas de sens ».

Lorsqu’une situation me mettait dans l’inconfort parce que j’avais peur de ne pas être à la hauteur, j’attrapais les pensées parasites telles que « Je vais pas y arriver », « Je suis pas assez douée », « Je suis pas assez intelligente » et consorts pour plutôt me demander « Y-a-t-il des moyens à ma disposition pour y arriver ? ».

Disons que j’ai essayé d’enlever un peu de pouvoir à cette partie de moi tyrannique pour me la réapproprier.

Au fur et à mesure, je me suis sentie de plus en plus libre de faire des choses qui m’auraient normalement provoqué un shitstorm de violence mentale. Je prouvais petit à petit à toutes ces pensées bien ancrées (= moi même) qu’elles n’étaient pas justifiées.

Et la méditation là dedans ?

Je me doute bien que beaucoup d’entre vous s’attendaient à un article où je parle finalement de yoga ou de méditation. Dans mon cas, ces deux outils m’ont permis d’être une porte d’entrée pour prendre du recul sur mes pensées et me placer entant qu’observateur. Je ne sais pas si j’aurai réussi à « attraper au vol » toutes ces pensées limitantes si je n’avais pas eu cette pratique parallèle.

Pourtant, je crois que l’élément qui m’a vraiment chamboulé fut les séances chez la psychologie où je me rendais compte à quel point j’avais des idées arrêtées et dégradantes à propos de moi. Elles étaient tapies dans l’ombre entrain de faire leur petit travail incognito.

En définitif, je ne vous recommande rien en particulier car cela dépendra de votre cheminement personnel. De mon côté, j’ai « simplement » pris la décision d’être plus attentive à ce qu’il se passait dans ma tête. Observer les phrases qui se répétaient, écrire noir sur blanc toutes les affirmations négatives qui me pourrissaient la vie (ça fait mal), observer mes réactions au quotidien, essayer de ne pas me laisser embarquer par une émotion en prenant ce rôle d’observateur et me demander « mais pourquoi as-tu une réaction aussi forte » ?

C’est dur, et ce n’est pas une fin en soit. Ce n’est pas un travail avec un début et une fin définies.

En conclusion…

J’avance, je me sens de plus en plus légère et c’est tout ce que je peux dire.

Les pensées négatives ne se sont pas envolées, non. Elles sont là mais je les traite différemment.

J’essaye juste d’améliorer mon quotidien avec les outils à ma disposition et étant quelqu’un de volontaire, j’utilise cette force dans cette avancée. Sans volonté, il m’aurait été plus simple de me laisser aller et de ne pas me remettre en question.

Un jour, j’ai décidé que je souhaitais aller mieux et que je devais mettre en place des actions dans ce but. Je me suis engagée auprès de moi même. J’ai décidé d’être mon meilleur allié.

Pourquoi je fais des choses « qui ne me ressemblent pas » (et que vous devriez faire de même)

Depuis que j’habite dans mon appartement donc depuis 3 ans à peu près, je suis fascinée par le café en bas de chez moi. Il ne paye pas de mine mais c’est un des seuls lieux qu’il m’ait été donné de voir avec une véritable mixité sociale. On y retrouve autant de propriétaires d’appartements d’une centaine de mètres carrés (dans Paris !) que d’ouvriers finissant leur journée. Il m’aura fallu 3 ans pour finalement m’installer en terrasse pour profiter du soleil. Pourquoi cela m’a-t-il pris autant de temps ? Je ne sais pas exactement. Je me disais constamment que c’était mieux de faire des économies en faisant mon chocolat chaud ou ma citronnade à la maison. Sauf qu’aujourd’hui, c’est l’endroit où j’écris ces lignes. Enfin ! Une boucle est bouclée. C’est insignifiant et pourtant si symbolique car vraiment, cela faisait longtemps que je souhaitais y aller.

Faire des choses qui ne nous ressemblent pas

Mon intention pour l’année 2019 est le mot « libération ». J’ai besoin de me délester de mes préjugés envers moi même. Je décide de moins me limiter, d’essayer, tester et apprendre. Je compte explorer différentes facettes de ma personnalité qui m’intéressent mais qui soit me font peur soit n’ont jamais eu la possibilité de s’exprimer.

Pour vous donner un exemple concret, j’ai toujours pensé que « j’étais nulle » en présentation orale. Or, même si je ne vais clairement pas monter un spectacle de one man show demain, je réalise que la grande majorité de mes présentations se sont bien passées. Je ne suis donc pas « nulle », c’est simplement que je n’apprécie pas cet exercice. Finalement ce sont 2 choses très différentes ne pas aimer et « être nul ». Il m’aura fallu, quoi… 9 ans pour enfin comprendre la différence. Purée.

Finalement, si j’utilise les grands mots, nous pourrions dire que j’ai donc commencé mon processus de « réalisation et d’acceptation ».

Voici mon avancée à l’heure qu’il est. Si cela vous dit, j’ai envie de partager avec vous mes changements, plus ou moins grands. Tant pis, allons dans le côté « carnet de bord ».

Je me suis inscrite à des événements de networking…?

Je peux vous assurer que cela semble à l’opposé de ma personnalité, plutôt loup solitaire comme penchant. J’ai toujours pensé que c’était l’équivalent de l’enfer sur terre pour une personne hypersensible comme moi, or, je découvre qu’après tant d’années à travailler sur ce point, les résultats sont (enfin) là.

Je suis allée au premier rendez-vous… sereine. On aurait dit un poisson certes hésitant au début mais nageant sans difficulté. Je découvre une facilité de connexion aux gens. Je suis la première étonnée (pourtant je n’aime toujours pas aller en soirée).

J’ai acheté un livre à propos… de la vente ?

Et j’ai choisi un livre bien, mais alors bien kitsch sur le sujet. Ce livre est l’épitome d’un livre de coaching à l’américaine, qui à priori à l’opposé de mes intérêts ou de mon caractère. Il est tellement éloigné que j’ai naturellement envie de justifier son achat auprès de mes amis. « Non mais, je compte pas rouler les gens dans la farine, hein ! ».

Wait a minute…

Parce que vendre quelque chose, parler de manière à ce que ce soit clair et désirable est l’équivalent de « rouler dans la farine » quelqu’un dans ta tête Sibylle ? On tombe sur un point intéressant ! Une pensée à déconstruire. Et hop, on retombe sur ce grand classique « Quelle est ma valeur ? Suis-je légitime ? »

J’ai envie de comprendre, de découvrir un domaine qui me semble être dans une stratosphère différente de la mienne. J’essaye de me détacher de mes anciens labels sans en rajouter d’autres à la place ou peut-être celui de « curieuse », tout simplement.

Un cours d’essai de Krav Maga… ?!

En parallèle de mon obsession pour le café en bas de chez moi, je souhaite depuis plusieurs années découvrir cette discipline. Ne plus avoir l’impression d’être une cible sur pattes dans l’espace public, là est mon but. Ne plus avoir peur de mon ombre. Ne plus avoir peur des regards trop insistants qui ne présagent rien de bon. Ne plus avoir peur quand un homme se dirige vers moi l’air déterminé quand je suis seule et que mon cerveau se met à calculer « Où est la sortie ? Est-ce qu’il est trop fort pour moi ? Où est mon téléphone ? »… Laisser ma peur au placard. Comprendre mes ressources. On s’entend, ce n’est pas en un cours que quoi que ce soit se fera, mais c’est un étape sur mon chemin.

Initialement, j’avais écris une très longue tirade qui venait du coeur sur ce que j’appelle « l’agglomérat de violence liée au sexe. Tous ces événements que nous ne distinguons même plus les uns des autres dans nos souvenirs tellement nous en avons vécu. » Je le garde peut-être pour plus tard. Je vous propose donc de sauter directement à la conclusion de cet article quelque peu décousu.

Alors vous voyez, je change. Je me cherche. Je me découvre aussi, beaucoup. Je vois que j’ai des forces inexploitées ou tues depuis longtemps. C’est un travail très intéressant à faire. Chaque petit pas compte dans cette histoire. On peut se sentir devenir plus fort et moins hésitant à chaque victoire. Chaque petite montagne me rapproche un peu plus d’une Sibylle « complète » qui n’a pas peur de son identité.

Il y a tant de choses qu’on a envie de faire mais que l’on a étouffé et mis très loin de côté pour de multiples raisons qui nous sont propres. Peur de déplaire, peur de se faire humilier, peur d’une réaction violente, peur de l’échec, …

S’il y a des choses qui reviennent régulièrement dans votre tête et qui vous feraient plaisir mais que vous trouvez toujours un moyen de ne pas la concrétiser, essayez de faire un tout petit pas vers ces envies. Allez voir si elles ne pourraient pas vous montrer que finalement vous êtes beaucoup plus fort que ce que vous pensez être.

J’espère que vous allez bien,

Je vous souhaite pleins de bonnes choses,

Vous êtes suffisants. (On me dit dans l’oreillette que « Vous vous suffisez à vous-même » est plus approprié)

Sibylle

Réflexion : le yoga, mon pèlerinage ?

Aujourd’hui, je reviens avec un article portant sur une interrogation en cours dans mon esprit. Ce n’est pas un article pour donner des conseils ou pour expliquer quoi que ce soit. Ici, c’est uniquement un questionnement, une ouverture, un point d’interrogation et non pas un point final.

Voilà, je sortais de mon cours de yoga ce matin et je me suis posé la question suivante: « Est-ce que ma pratique du yoga ne s’apparenterait-elle pas à un pèlerinage ?« .

Que je vous donne le contexte: je suis actuellement entrain de lire un livre s’intitulant « Le pèlerin désorienté qui cherchait Kyoto à Compostelle » où le narrateur nous raconte ses différentes expériences de pèlerinages. Le premier étant Saint Jacques de Compostelle en Espagne, le second Shikoku O-Henro au Japon et le dernier Roch Hachana en Ukraine (mais ce dernier se révèle complètement à part des autres).

Gideon nous décrit son introspection mais aussi la manière dont se déroule pour lui ces trois pèlerinages. Les kilomètres avalés, la résistance face à l’effort, l’acceptation qui engendre un lâcher prise face à la tâche à accomplir, le partage avec les autres pèlerins ainsi que la solitude et la remise en question.

Ce qui m’intéresse dans ce livre est l’impact qu’a cette expérience sur le corps et l’esprit. Lors de son pèlerinage au Japon qui est en forme de boucle (à l’inverse de Saint Jacques de Compostelle qui est en ligne droite), l’acte de marcher semble devenir le but. Ce n’est plus le dépassement ou le fait de réussir cet exploit mais simplement le fait de mettre un pas après l’autre qui est l’aventure même. Le mouvement est l’expérience. Il expliquera même qu’il finira par comprendre pourquoi certaines personnes y consacrent leurs vies et tournent indéfiniment dans ce circuit clos.

Rien à voir avec le yoga jusqu’ici, je vous l’accorde.

Comme je vous le disais, je sortais d’un cours de yoga (Vinyasa) lorsque la métaphore du pèlerinage m’est venue en tête. Juste avant cette pensée, je me faisais la réflexion qu’en ce moment j’avais autant envie d’essayer de nouveaux asanas que de ne pas en essayer. J’étais indifférente car aussi heureuse d’approfondir que de me challenger.

J’y ai vu le parallèle suivant : le parcours de Saint-Jacques avec sa pensée en ligne droite et son but final m’a fait penser à mon envie d’accéder à une posture particulière ou à mon envie d’un jour avoir une certification de professeur. Un début, une fin, un milieu où on en chie autant qu’on grandit. Le parcours japonais en cercle m’a fait penser à ma pratique d’un point de vue général. Je ne compte plus les tours et mon corps alterne entre révolte, abandon, acceptation, changement et chaque tours reste différent du précédent malgré que je connaisse déjà le chemin.

Tant que le corps bouge, le but est atteint. Je continue à le bouger, à circuler dans le parcours, c’est tout ce qui compte. Je continue perpétuellement à me découvrir sous un nouvel angle. Un jour je me vois sous le jour d’une guerrière inarrêtable avec le feu qui l’habite et le lendemain douce et vulnérable. J’y trouve un accès à l’instant présent comme Gideon lorsqu’il marche. On avance mais de nouvelles résistances continuent à se manifester encore et encore. Il n’y a pas de début ou de fin, le contexte se répète mais mon attitude face à ces résistances, elle, change.

Je vous pose donc la question: est-ce que cette réflexion fait écho en vous ? Voyez-vous le chemin que fait mon esprit ? Bien sûr, ma pratique du yoga n’a pas l’aspect sacrificiel et douloureux que peut l’être le pèlerinage mais j’y vois comme terrain commun un moyen d’introspection très puissant.

Dites moi ce que vous en pensez,

A bientôt,

Sibylle

Interview Créa #5: Anouk Corolleur, prof de yoga et coach

J’ai découvert Anouk grâce à la magie d’instagram. Parfois, vous ne pouvez pas expliquer pourquoi mais vous accrochez complètement au contenu. Vous scrollez, lisez, likez. Vous vous dites « Damn, j’aimerai connaître cette personne dans la vraie vie ». C’est ce que je me suis dit avec le compte d’Anouk. J’ai tout de suite ressenti une vague de bonnes ondes.

Qu’est-ce que j’y apprécie ? Sa multiplicité. Coach, professeur de yoga, fille de la montagne, surfeuse, baroudeuse, française mais expatriée pendant de longues années,… Une vie riche en sensation et en dépaysement.

Son compte instagram, au lieu de me miner le moral en m’offrant un moyen de comparaison m’encourage à m’accepter entièrement et en douceur. Comme dirait Marie Kondo, it sparks joy.

Anouk a eu la gentillesse de répondre à mon interview créa, et je pense que vous comprendrez rapidement pourquoi cette interview me tient à coeur: on y retrouve des thématiques récurrentes dont je vous parle à travers les articles de ce blog.

Bonne lecture, et merci Anouk !

Pour commencer, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Anouk, j’habite à Bordeaux et j’aide ceux qui veulent sortir de leurs émotions paralysantes pour vivre la vie dont ils rêvent à travers du coaching de vie, du yoga et de la méditation. Je suis une aventurière dans l’âme et depuis petite je suis à la recherche des sensations de glisse. J’ai grandi à Chamonix avec des parents passionnés de ski et de snowboard, puis à 17 ans je suis partie en Australie pour surfer. Cette culture de la glisse et de l’aventure m’a inspirée un mode de vie qui respecte l’environnement, qui me demande de prendre soin ma santé physique, mentale et émotionnelle.

T’es-tu toujours considérée comme une personne créative ?

UN GRAND NON. J’ai une grande sœur extrêmement « créative » au sens traditionnel du terme (bonne en peinture, dessin, art plastique…) du coup je crois que petite je me suis dit que je n’étais pas la créative de la famille. Si j’avais été un Schtroumpf j’aurai été Costaud, celui qui aime le sport. J’étais très bonne en danse, et c’est plus tard, que j’ai compris plus tard que ma créativité s’exprimait à travers le mouvement. Ça a été une grande réalisation car reconnecter avec mon pouvoir créatif voulait en fait dire: arrêter de me juger. Pour moi c’est arrivé lorsque j’avais 21 ans. 

« 
[…] je crois que petite je me suis dit que je n’étais pas la créative de la famille.
« 

Dans tes activités professionnelles, comment la créativité trouve-t-elle sa place ?

Dans la façon dont j’écris mon blog, mon site internet, mes posts instagrams, mes offres de services. Je n’essaie pas de rentrer dans le moule de développement personnel ou du yoga, mais au contraire d’incarner ces messages c’est à dire d’être moi-même. 

Comment vis-tu ta créativité ?

Pour que je créer un projet, il faut que je l’ai dans le corps, que sa possibilité me fasse trépigner des pieds et que l’idée tourne presque à l’obsession. Après je crois au principe de co-création. Je m’explique: Ce n’est ni toi, ni moi qui avons créé les océans, les arbres etc… Un fœtus grandi naturellement dans le ventre de sa mère. La mère n’a pas besoin de regarder son ventre chaque jour pour lui dire: POUSSE. Si la mère apporte de l’eau, de la nourriture et reste détendu, alors le reste se fera de manière naturelle et bientôt un beau bébé naîtra au monde. Il y a donc une force puissante de création dans l’univers qui permet à un enfant de devenir un adulte, à une graine de devenir un arbre etc… Lorsque nous voulons créer un projet, nous pouvons utiliser la même force de création. C’est à dire lui apporter ce dont il a besoin pour prendre forme mais sans stress, juste par amour de ce que nous voulons mettre au monde puis laisser la magie opérer. 

La créativité me semble être une notion cousine à la Liberté car c’est grâce à ce besoin que nous affirmons des choix qui peuvent sembler étranges car en dehors du schéma. Qu’en penses-tu ?

Oui complètement ! Créer sa propre réalité basé non pas sur « ce qui a toujours été fait » mais sur le champ infini des possibles. J’adore écouter des histoires insolites de gens qui ont créé de nouvelles voies, de nouvelles façons de vivre. C’est pour ça que voyager, voir, apprendre enrichi notre vocabulaire pour pouvoir créer de nouvelles réalité encore pas explorée. 

Parmi tes clients, as-tu remarqué un blocage au niveau de leur créativité ?

Oui je vois beaucoup de blocage, j’entends beaucoup de gens qui me disent: « Oh mais moi je suis pas créatif ». Je t’avoue que ça a presque tendance à m’énerver tellement c’est une croyance qui limite l’individu ! L’Homme est créatif par nature. Après au niveau des idées il y en a certaines qui vous animeront plus que d’autres. Ce sont celles qui vous font frétiller intérieurement qu’il faut choisir de développer. Les « mauvaises idées » ce sont celles qu’on fait par peur et pour combler son manque d’amour. Par exemple: Pour faire de l’argent ou pour avoir de la reconnaissance… Pour pouvoir trouver des idées qui nous font frétiller il faut prendre soin de notre santé émotionnelle car si on est stressé ou nerveux il sera difficile de sentir l’excitation d’une idée. D’où la méditation, les ballades en natures, le yoga etc… 

« 
« Oh mais moi je suis pas créatif » […] c’est une croyance qui limite l’individu ! L’Homme est créatif par nature.
« 

Ressens-tu l’impact du mental sur ta créativité ? Si oui, comment réagis-tu dans les moments où il te freine ?

Oui comme je viens de l’écrire, nos pensées et nos émotions sont extrêmement liées et peut bloquer notre créativité. Pour prendre soin de mon monde intérieur: je médite 10mn le matin et 10mn le soir, je mange sainement, je bois beaucoup d’eau, je fais du sport tous les jours (yoga ou cardio) et je me couche tôt. ça me permet d’avoir une base saine. Je ne crée jamais rien si je ne me sens pas centrée et inspirée, si je bloque je quitte mon ordi et je pars faire un tour dans la nature, je vois des amis, bref je me ressource.

As-tu des ressources qui t’ont aidé à trouver ta voie ou qui te motivent ?

  1. Comme par Magie de Elisabeth Gilbert – Pour mieux comprendre le voyage créatif. 
  2. Daily Love, growing into grace de Mastin Kipp – Pour une dose d’inspiration, de courage, de confiance en soi. 
  3. marieforleo.com – Pour m’aider avec mon business.
  4. Le stage « Trouver votre excellence en action » de Joel Guillon à Paris 

T’arrives-t-il de douter de tes capacités ? Comment arrives-tu à surpasser ce doute ?

OUI ! Le doute fait parti du processus normal de notre expérience humaine et surtout lorsqu’on se lance dans des gros projets! Hier j’ai regardé un documentaire qui s’appelle « The Dawn Wall » (grosse recommandation d’ailleurs). ça parle du grimpeur Tommy Caldwell et de son rêve d’escalader une paroie dans le parc de Yosemite qui avait été décrite comme impossible à escalader. On l’a critiqué, jugé, traité de fou… Mais il ne se laisse pas impressionner et travaille pendant 6 ans pour pouvoir faire naître son projet. Au cours de son aventure bien sûr il doute: « Est ce que c’est vraiment possible de faire ça? », mais il ne lâche rien et sa foi et sa détermination finissent par payer ! 

Quand je me fais prendre par le doute: déjà j’en prends conscience « Ah tiens c’est toi le doute » mais je ne rentre pas dans ses histoires en remettant toute ma vie en question. La joie que mon projet me procure me donne la certitude que je suis sur le bon chemin et il me permet de me sentir chaque jour épanouie et vivante! 

« 
Le doute fait parti du processus normal de notre expérience humaine et surtout lorsqu’on se lance dans des gros projets !
« 

En règle générale, penses-tu que le bonheur se choisit ? Si oui, comment cela se traduit-il dans ta vie quotidienne ?

Oui le bonheur se choisi, mais il faut prendre le risque d’être heureux… Car comme dirait le dicton anglais: « Misery likes company » (la misère aime la compagnie). Pour moi une pratique régulière de la méditation me parait primordial, ça me permet de faire des meilleurs choix dans ma vie quotidienne au lieu d’être prisonnière de schémas d’auto sabotage etc… 

Pour conclure, quel message souhaites-tu transmettre au gens sur leur créativité ?

Commencez à émettre la possibilité que vous êtes créatif et laissez vous surprendre.

Retrouvez Anouk:
⤅ sur son site http://anoukcorolleur.com
⤅ sur Instagram @anoukcorolleur

J’ai testé: une journée de retraite… à la maison

Oui, vous avez bien lu. Une retraite chez soi, sans rien ni personne pour faire l’animation. Etrange, n’est-ce-pas ? Même maintenant que j’ai testé ce concept, je ne sais toujours pas si nous pouvons appeler ça une retraite. Laissez-moi vous expliquer d’où ça sort:

Le concept

En lisant le magazine Respire il y a quelques mois, je suis tombée sur l’article  » Petite retraite at home » expliquant que nous pouvons nous créer notre propre événement et adapter cette idée de moment hors du temps où nous prenons le temps de penser à soi uniquement et à sortir de notre routine bien huilée du weekend. Originellement, le concept semble plutôt pensé pour les personnes n’arrivant pas à se dégager plusieurs jours de vacances ou ne pouvant pas se permettre le coût d’une retraite classique.

En lisant l’article, mes sourcils se sont levés pour plusieurs raisons: en restant chez soi, il me semble compliqué de réussir à créer « un moment qui compte » dont vous vous souviendrez pendant plusieurs années. Car c’est cela qui arrive pendant les retraites, des moments tellement forts que vous pouvez vous mettre à pleurer, à réaliser que vous alliez dans le mur encore et encore sans vous en rendre compte… Nous sommes en dehors de notre environnement routinier et de notre cercle familial, sans le poids de l’organisation, ce qui permet de reprendre contact avec nos envies personnelles. On se laisse porter par le flow et c’est d’autant plus facile que vous voyez les personnes autour de vous faire de même.

Alors, comment réussir recréer cet environnement sans une tierce personne pour nous faire des ateliers ou des cours ? Comment faire alors qu’on viendra vous interrompre toutes les demi-heures pour vous poser des questions ? Franchement, je n’ai pas vu l’intérêt de la chose.

Le déclencheur

Comme souvent, une information qui m’interpelle reste au fond de mon cerveau et continue à être analysée en arrière-plan. Un vendredi après-midi alors que je me sentais particulièrement fatiguée, l’idée m’est revenue en tête. J’ai soudain décidé que le lendemain j’allais tenter une « retraite silencieuse avec moi-même et uniquement moi-même » (dans la limite du possible, puisque n’habitant pas seule, je me voyais mal tourner les talons sans répondre à une question).

Vous vous dites donc « Mais… ce n’est donc pas une retraite silencieuse ? ». Si vous me connaissez depuis quelques temps, vous savez que je préfère faire les choses à ma sauce, et ne pas m’encombrer de dogmes rigides. Je prenais simplement la décision de limiter au maximum mes interactions avec le monde extérieur et que je ne serais pas à l’origine de ces contacts.

Qu’est-ce-que j’ai fait ?

Question légitime. Pendant cette journée, je n’ai fait qu’une chose : rien.

Je ne vous parle pas du « Ohlala, je n’ai rien fait de mon dimanche, j’étais étalée à regarder Netflix toute la journée », non, je vous parle du réel Rien. Choses que nous ne faisons que très rarement puisque même dans les transports en commun nous trouvons le moyen de combler ce vide en regardant notre téléphone ou en lisant.

Téléphone éteint, ordinateur éteint, télévision éteinte, radio éteinte. Rien.

J’ai passé le plus claire de mon temps à regarder dans le vide en réfléchissant. Pourtant, cela n’a rien à voir avec la mélancolie ou la dépression où nous regardons dans le vide car plus rien ne nous fait envie. Contre toute attente, c’était une expérience très joyeuse. J’ai passé ce temps dans ma chambre, à prendre le temps d’apprécier les sensations que j’avais dans mon lit et surtout à ressentir le temps qui s’écoulait extrêmement lentement. On oublie parfois que les minutes peuvent être longues. Que les heures peuvent sembler infinies. Malgré tout, au lieu de sentir un ennui profond, je me sentais maître de mon temps. C’est rassurant de voir qu’en réalité le temps était là, disponible. Je ne manque pas de temps, je l’utilise mal.

Ce temps de conscience avec soi même sans interruption est une denrée rare. Souvent, nous pensons aux choses que pourrions être entrain de faire à la place, ou nous pensons aux choses que nous ferrons plus tard. Dans cas ci, j’étais présente. Ni plus, ni moins. Je voulais profiter de ce temps que je m’offrais.

Remise en question

Ces moments avec moi-même sans distraction m’ont fait un bien fou. Je vous parle souvent de la sensation d’être aligné, d’être exactement où nous sommes supposés être. C’est dingue de se dire qu’un moyen pour y arriver ne demande… rien. Aucune dépense. Aucun investissement. Uniquement une prise de décision.

J’aurai pu penser aux courses que je serais aller faire à la place en temps normal, j’aurai pu élaborer ma future to do list… Il y a toujours quelque chose que nous pourrions être entrain de faire sauf que dans ce cas, j’avais décidé que ce que je devais faire c’était d’être pleinement dans mon repos.

A l’échelle de votre vie, est-ce grave de prendre quelques jours dans l’année pour ce genre d’expérience ? Vos courses peuvent attendre et si elles ne peuvent pas, organisez-vous pour qu’elles ne soient pas un problème. Vous prenez la décision, vous agissez en conséquence. Vous vous faites livrer, vous posez une journée, vous demandez à quelqu’un de vous aider… Vous trouvez une solution. Acceptez de vous faire du bien, agissez en fonction.

« Tu as vraiment passé toute la journée à réfléchir ? »

Je ne suis pas là pour vous vendre du vent, et je ne suis pas non plus un moine bouddhiste. Alors je préfère vous dire la vérité. Entre ces longues heures d’introspection non interrompues, j’ai quand même fait des choses mais qui ne demandaient pas d’allumer le téléphone/ordinateur/télévision/radio. J’ai lu tranquillement un livre et j’ai cuisiné sans regarder l’heure. Une journée comme les autres ? Personnellement, je ne me souviens pas d’une journée à je n’ai ni regardé un écran, ni regardé l’heure, ni parlé avec des gens, ni été distraite.

Ce moment passé était d’une grande valeur. J’ai bien peur que mes mots n’arrivent pas à retranscrire l’expérience que j’ai vécu. Ce n’était pas de la paresse. C’était un exercice de conscience sur la longueur.

Ce que j’en pense

Ecoutez… Je suis moi-même étonnée que cela m’ait fait autant de bien. Toute la journée s’est passée avec un rythme « naturel » que j’avais oublié. Qu’est-ce-que j’entends par là ? En ne faisant rien ou uniquement des petites activités sans écran et sans but, j’ai ressenti la longueur des secondes et des minutes qui s’écoulaient. Ca fait un bien fou. Pas d’instagram qui me fait perdre 5 minutes sans que je m’en rende compte. Pas de checkage intempestif de boîte mail…

Faire cette pause te rappelle que tu as du temps et que nous avons simplement la mauvaise manie d’en perdre dans des choses sans valeurs.

J’étais perplexe au début mais j’adhère finalement à l’idée de me créer un moment particulier où je ne suis disponible pour personne.

Même sur une courte durée comme une journée, on peut ressentir un bénéfice. C’est comme faire un reboot. On laisse le temps à notre cerveau de se reposer, à faire une vraie pause. Sans même essayer d’en avoir, 3 idées me sont venues car ce calme était propice pour que mon cerveau relie des points ensemble.

Alors oui, faites le ! Décidez d’une date, prévenez votre entourage pour qu’ils ne paniquent pas si vous ne répondez pas au téléphone, assurez-vous d’avoir le thé qui vous fait plaisir, le bon livre, la bonne couette, votre tapis de yoga à portée de main, bref entourez-vous de ce qui vous fait vous sentir bien ! Entourez-vous de ces jolies choses et hop, c’est parti !

Pourquoi tout le monde devrait aller chez le psy

Cela fait maintenant 1 an que j’ai des rendez-vous réguliers chez une psychologue. Il m’aura fallu plus de 10 ans avant d’accepter d’y aller. Je n’ai jamais douté de leur utilité alors pourquoi ai-je autant résisté ? Malgré les conseils de mon entourage, malgré les contacts donnés pas les médecins, je n’arrivais pas à passer le pas. Je savais que c’était un pas vers la guérison mais je n’étais pas prête, tout simplement. Je me pensais forte, battante, prête à affronter ça moi même, mais la réalité c’est que c’étaient des excuses.

Maintenant que j’ai passé le cap mental de la première année je peux le dire: tout le monde devrait pousser la porte d’un psychologue au moins une fois dans sa vie de manière voulue et non forcée.

Pourquoi ?

On avance plus vite

Commencer à parler de ses problèmes, c’est commencer à prendre le taureau par les cornes. Bien sûr, ce n’est pas un processus agréable, c’est même carrément fatiguant. C’est étrangement plus simple de se laisser envahir jour après jour par l’angoisse que de se remonter les manches pour y aller. On sort en larmes, on se sent vidé de toute once d’énergie mais c’est pour notre propre bien. Une des choses que j’ai compris c’est que l’humain est terriblement doué pour se trouver des excuses. Aller voir le psy c’est poser les armes au sol, et accepter de se faire face. C’est faire le tri entre ce qui nous sert et ce qui est le résultat de nos divers processus de protection.

Vous ne pourrez pas faire ce travail tout seul car il me semble impossible (?) de se faire face car le cerveau est bien malin et ne se laissera pas faire. Il faut quelqu’un d’en dehors qui vous pose la bonne question au bon moment, qui ne vous laisse pas vous assoupir sur vos jolis mensonges.

En gros, trouver le bon psy c’est trouver celui qui voit clair dans votre bullshit et qui a les bons mots pour vous les faire voir. Sans lui, je préfère « survivre » plutôt que de me battre face à mes « démons ». J’ai plus avancé en 1 an qu’en 10. Je ne suis pas sure que ce soit visible pour mes proches, mais j’ai la sensation de me délester petit à petit de poids qui m’encombraient. Maintenant il reste les plus costauds. Patience.

Avoir un espace neutre

Une chose étrange est qu’aller voir une psychologue me donne l’impression de pouvoir tout lui dire sans être jugée. Pourtant, ce n’est pas un endroit où je ne suis pas contre-dite. On me fait voir les choses sous un autre angle, il y a du répondant en face. Malgré tout, je n’ai pas l’impression que ma valeur dépend des mots que je dis. Ma psychologue n’a rien à voir avec ma vie quotidienne, je ne peux pas risquer « de la perdre » ou risquer « qu’elle ne m’aime pas ». Son opinion de moi n’a pas d’incidence sur ma vie. Je suis libre de voguer au coeur de mes contradictions et de mes hontes devant elle. Certaines me posent plus de réticences bien sûr, mais j’y vais quand même. « J’ai envie de parler de ça aujourd’hui ».

Les amis, la famille, nos compagnons ont tous une place importante pour notre santé mentale mais ils ne peuvent pas être notre psychologue. Certains vous donneront de précieux conseils, d’autres vous aimeront dans vos pires moments où vous leur avouez vos plus intimes secrets, et il y en a même qui seront là pour venir vous chercher n’importe où à 4h du matin quelle que soit la raison. Néanmoins, ils ne peuvent pas vous guider dans votre propre et unique parcours. Ils sont là pour être votre entourage, pas pour prendre en main votre vie.

Les coups de mou, ça arrive

Aller voir un psy, ce n’est pas être fou. Repeat after me. Aller voir un psy, ce n’est pas être fou.

Oui, j’y vais depuis 1 an. Oui, certains y vont toutes leurs vies. Ca ne veut pas dire qu’ils sont fous. Parfois, on a juste besoin d’avoir ce temps pour soi pour mieux naviguer dans la vie. Certains y vont pour un problème précis, d’autres car ils ne savent pas trop mais ils sentent bien qu’il y a un truc qui cloche.

Par contre, c’est aussi possible de n’y aller que quelques fois et ont éclairci le soucis qui les pesaient.

Et même si finalement votre problème mérite plus de séances mais que vous ne le sentez pas: rien ne vous empêche de ne pas y retourner.

Quels qu’ils soient, nous avons tous des obstacles qui se mettent en travers de notre chemin, de la colère que l’on enterre car nous nous sommes tus, des émotions que nous avons mis sous le tapis pour nous protéger car nous ne savions qu’en faire. On avance coûte que coûte, nous ne sommes pas faibles, n’est-ce pas ? J’ai mis mes pieds devant l’autre même lorsque tout mon être criait « non ! », ça me semblait être ça le courage à l’époque, non ? Peut-être en partie, mais maintenant je me dis que le courage c’était de prendre les choses en main et les régler une bonne fois « pour toute » (j’aimerais que ce soit aussi simple).

Si quelque chose vous empêche d’avancer, si vous ressentez un cailloux dans la chaussure, pourquoi ne pas tenter une séance ? Cela peut déjà vous faire sacrément du bien.

Je vais finir cet article en vous souhaitant de prendre soin de vous pendant cette nouvelle année. Nous sommes fort·e·s et courageux·ses alors faisons nous face, laissons derrière nous ce qui ne nous sert plus ! Prenons de la place, ouvrons nos ailes, foutez au sol toutes les merdes qui vous encombraient. On peut le faire !

10 vidéos de yoga et relaxation pour vous faire du bien

Bonjour tout le monde, j’espère que vous allez bien en ce dimanche matin 🙂

Aujourd’hui, un article un peu particulier où je vais rassembler les vidéos de yoga et de relaxation que j’utilise au quotidien. Je recommande souvent des vidéos à mes amis, alors pourquoi ne pas les partager avec vous ? Vous pourriez aussi en avoir besoin ! De cette manière vous aurez toujours la sélection à disposition et non pas perdue au fin fond d’une conversation Messenger 😉

Si vous cherchez des petits comptes Youtube qui ne sont pas connus, vous serez déçus de cette sélection car malgré en avoir cherché, testé et aimé, je reviens toujours à des comptes connus comme celui de Yoga with Adriene. Malgré tout, j’ai eu une longue période où j’ai beaucoup utilisé le site Do Yoga With Me mais n’ayant pas trouvé comment insérer leurs vidéos dans ce post, je suis donc en incapacité de vous partager mes préférées. Si vous souhaitez découvrir des plus petits comptes, je peux vous recommander l’article de Laura Cardoso « Yoga : les chaines Youtube françaises »

Ma pratique à la maison est une pratique très douce (à part pour quelques postures qui me challengent que je travaille régulièrement) surtout pensée comme un petit cocon tout doux. Je ne suis pas là pour me dépasser car je préfère faire cela en cours collectif mais plutôt pour me relaxer et apaiser mes angoisses. Si vous cherchez un compte plus tonique, je peux vous conseiller le compte youtube de Yoga by Candace.

Maintenant que tout cela est dit, vous êtes prêts pour votre petit moment cocooning ? C’est parti.

 

Voici les vidéos que je regarde…


… Quand j’ai besoin de me relaxer avant de dormir

 


… Quand j’ai des crampes à cause de mes règles

 


… Quand j’ai un coup de mou

 


… Quand je n’arrive pas à émerger le matin

 


… Quand l’anxiété me fait mal au ventre

 


… Quand une crise de panique se fait sentir

Les bases #3 – Faire les choses à sa manière

ou Comment apprendre à se faire confiance

Vendredi soir, 22 heures, j’ai besoin d’écrire un article dans la catégorie Les bases qui me semble fondamental et qui doit absolument trouver sa place sur ce blog.

Dans ma vie, c’est honnêtement un des piliers fondateurs.

C’est la thématique qui revient tout au long de ma vie, que j’aborde constamment avec ma psychologue et qui guide beaucoup de mes pas.

Comment vivre lorsqu’on se sent différent ?

C’est ça ma problématique. La mienne. Celle qui est la cause de mes angoisses, celle qui me met constamment des obstacles sur la route. Mon challenge personnel. La route que je vais devoir débroussailler pour aller mieux.

Je pense que nous sommes très nombreux à avoir la même.

Depuis ma plus tendre enfance je suis tourmentée par ça. Les fois où je me suis sentie à ma place quelque part sont très rares. J’ai la sensation de toujours avoir eu conscience des modèles sociaux préconçus qui sont les plus confortables, ceux qui me permettraient de passer incognito mais je suis tiraillée entre mon envie d’être aimée et donc de ne pas faire de vague et mon besoin d’être moi même sans concession.

Pour donner des exemples de « modèles »: tu es une fille donc tu aimes ça, si tu veux que tes parents t’aiment tu devrais agir de telle manière ou dans l’autre sens, tu vois bien que ta timidité t’est reprochée et non valorisée, donc tu comprends que tu ne rentres pas dans le modèle qui plait aux professeurs ou aux amis de tes parents, etc.

C’est un déchirement permanent. Une douleur qui est toujours là, où que tu ailles, quoi que tu fasses, qu’importe la distraction.

La sensation d’avoir toujours été en compromis par rapport à ma propre personnalité provoque un conflit puisque sur « les grandes lignes » je me suis accrochée aux schémas traditionnels pensant que de cette manière je serais aimée mais dès que j’en avais l’opportunité je reprenais le contrôle sur les petites choses qui étaient à ma portée.

Je vous parle de ma douleur pour vous expliquer le contexte de mon témoignage.

Mon expérience a un pendant négatif comme vous avez pu le constater mais a aussi un aspect que je n’échangerais pour rien au monde.

Je suis un électron libre.

Je ne peux pas faire partie d’un groupe aveuglément. Je fais confiance en mon esprit critique. Je vois d’un mauvais oeil tout ce qui a des règles très strictes sans raison. Je remets constamment l’autorité en question.

Pourquoi je vous parle de ça ? Et pourquoi ça peut vous aider ?

Je vous en parle parce que ce blog parle de Développement Personnel. Parce que je parle de Minimalisme. Parce que je suis Féministe. Parce que je fais du Yoga. Parce que je suis Végétarienne. Parce que j’ai fait des études de Design. Pleins de petites cases toutes prêtes, bien lisses, bien propres.

Dans tous ces domaines, j’ai rencontré quelque chose qui me terrifie sincèrement. Y penser me provoque des angoisses. Des gens qui cherchent La Vérité, immuable, écrite dans le marbre. Des préceptes à suivre. Prends ce chemin, et c’est là que tu trouveras ta libération ou ta consécration. Il faut faire ci, il faut faire ca. Pas autrement. C’est ainsi. Ce sont les règles.

Vous savez pourquoi cela me met autant mal à l’aise ? Parce que ces personnes qui recherchent une réponse préconçue à leurs problèmes me semblent fragiles et influençables.

Faites vous confiance. Vous n’avez pas besoin d’une Figure, d’un Guide tout puissant ou d’un mode d’emploi sous forme de livre pour savoir ce qui serait bon pour vous. Bien sûr il faut demander de l’aide, bien sûr il faut être le moteur de sa guérison mais justement, gardez bien ce pouvoir entre vos mains, ne laissez pas quelqu’un vous faire croire qu’il peut porter ce fardeau à votre place ou le faire disparaître.

Ce n’est pas un coup de baguette magique.

Je suis beaucoup de comptes instagram parlant des thèmes évoqués ci-dessus, surtout Minimalisme, Zéro Déchet et Yoga. Chaque groupe a ses propres règles et j’ai pu constater une autre facette de cette recherche de faire rentrer tout le monde dans le moule: le scrutement des « erreurs » des autres. J’en ai vu passer des commentaires assassins pour dire que la personne ne respectait pas ses propres engagements, qu’elle ne devrait pas dire haut et fort qu’elle était de telle mouvance, que c’était une vendue…

Come on.

Vous n’êtes pas des saints. Je ne suis pas une sainte. On redescend tous ensemble sur terre quelques minutes.

Pour le besoin de rendre la ligne éditoriale de ce blog claire auprès des lecteurs il a bien fallu que j’utilise des étiquettes mais sachez que si vous êtes intéressés par quelque chose, rien ne vous oblige à embrasser les préceptes à la lettre. Réfléchissez en fonction de vos valeurs, de vos envies, de ce qui vous semble juste. La vie n’est pas une solution mathématique où vous devrez forcément appliquer telle méthode pour arriver à tel but. Faites les choses à votre sauce, appropriez les vous.

Il vaut mieux que ça vienne de votre coeur, que vous avanciez à votre rythme en passant les étapes les unes après les autres en choisissant celles qui vous semblent importantes. C’est votre cheminement.

Au début, je n’ai parlé à personne de mon intérêt pour le Minimalisme ou le Zéro Déchet car justement, je ne voulais pas que l’on projette sur moi l’image mentale qu’avait la personne du mouvement et que l’on commence à me faire remarquer toutes les choses « qu’ils me restaient à faire » selon eux.

Pour conclure cet article où j’ai un peu divagué à droite à gauche, je voudrais donc vous le redire: on s’en fout de pas remplir la case. Avoir une individualité n’est pas une mauvaise chose. Ne pas être une copie conforme du voisin aussi. N’ayez pas peur de suivre vos envies même si elles peuvent sembler un peu bizarres et surtout ne perdez jamais votre esprit critique, c’est important. Devenez votre propre boussole.

A bientôt,

Sibylle

Interview Créa #4 – Sophie Trem, entrepreneur et fondatrice The Good Mood Class

Je suis excitée comme une puce à l’idée de ce que je vais écrire: Sophie Trem du blog The Other Art of Living a eu la gentillesse de répondre à mon Interview Créa #2 ! Vous la connaissez sûrement déjà car nous sommes une soixantaine de milliers de personnes à la suivre sur instagram pour sa joie de vivre, son sens de la famille, les valeurs d’amour de l’autre et de l’amour de soi qu’elle véhicule.

Sophie fait partie des personnes que je souhaitais très très fort interroger pour cette catégorie: sa créativité et son goût du développement personnel sont bien connus. Les petites mains bienveillantes dans les coulisses de l’univers s’en sont mêlées (portant cette fois le doux prénom d’Angelika) et m’ont permises de lui envoyer mes questions.

Vous êtes prêts ? Les voici !

Ce que j’apprécie dans les images que tu postes, c’est la bonne humeur omniprésente. Par exemple, le dimanche où tu fêtais tes 20 ans de relation avec ton mari et que vous avez fait des aller-retours entre le jardin et la maison: cela aurait pu être une raison de frustration pour beaucoup mais cela n’a pas semblé l’être pour toi. As-tu toujours su voir le verre à moitié plein ou est-ce un travail sur toi ?

Hahha c’était un peu relou quand même tous ces allers retours 😉 J’ai vite remarqué que ça servait pas à grand chose de voir le verre à moitié vide, donc j’ai pris l’habitude de voir le bon côté des choses, c’est comme une gymnastique, à force de pratiquer ça devient naturel!

En règle général, penses-tu que le bonheur se choisit ? Si oui, comment cela se manifeste-t-il dans ta vie quotidienne ?

Oui tout à fait, à tout moment, chaque instant tu le crées, et tu le choisis donc le bonheur c’est ce que tu souhaites en faire, on peut être heureux avec peu. Pour moi le bonheur c’est être aligné entre mes convictions / propos et ce que je fais, en gros être bien dans ma tête et dans mes pompes !

Avant tu ne te considérais pas comme étant une personne créative. Y-a-t-il eu un moment clef où tu t’es rendu compte de ton propre potentiel ?

En fait je voyais bien que j’étais toujours attirée par le côté créatif mais je me disais que ce n’était pas pour moi, je n’étais pas dans cette case, c’est moi qui ne m’autorisais pas de l’être car je ne voyais pas par ce prisme les premières années de ma vie. Je pense qu’en effet instagram a beaucoup joué dans ce déclic, car pour la première fois je faisais quelque chose de créatif par moi même de A_Z , de la photo à la mise en scène, le stylisme, instagram à ses débuts était comme un carnet vierge sur lequel je posais de jolies choses sans savoir vraiment pourquoi.

A-t-il été facile pour toi d’accepter ta part créative ? Cela a-t-il été une remise en question de ce qui te définissait par rapport aux autres ?

C’était une libération plus qu’autre chose, je pouvais enfin être de l’autre côté, là où je m’éclatais vraiment, où le job était de rendre plus joli, plus communiquant le projet, toute la partie que j’aimais en fait. C’est comme si toute ma vie j’étais joueur de foot alors que ce que j’aime c’est être cheerleader LOL tu es au même endroit, mais tu ne fais pas du tout la même chose, et pourtant l’un a besoin de l’autre.

Pour moi le bonheur c’est être aligné entre mes convictions/propos et ce que je fais

— Sophie Trem, The Other Art of Living

En discutant avec toi, nous étions en accord à propos de notre conviction que tout le monde est créatif par nature. De part ton expérience, pourquoi les gens se définissent comme étant pas créatif ?

Tout le monde peut être créatif je pense, mais tout le monde ne l’est pas forcément et n’en a peut être pas envie? Créatif a une dimension artistique, c’est-à-dire une part de mystère que l’on ne maîtrise pas vraiment en fait, et je pense que souvent les gens aiment être rassurés et faire des choses qui rentrent plus dans des cases, et pour moi il n’y a pas de problème à ça tant que ça leur plait! Mais il y a en effet de la créativité partout.

As-tu ressenti le poids des injonctions de la société lors de tes changements de vie ? As-tu ressenti une incompréhension de ton entourage ?

Evidemment , imagine a mon grand âge 😉 Au début j’ai dû me boucher les oreilles pour ne pas me laisser influencer et tenir bon, car tout le monde cherchait à me raisonner et me disait de reprendre mes esprits et un bon job.

As-tu des moments de doutes vis-à-vis de tes choix professionnels ? Des moments où ton mental se rebelle ?

Aujourd’hui plus du tout, j’avance petit à petit, un pas après l’autre en écoutant mon intuition, avec les gens qui m’accompagnent, on teste, on apprend ,on avance.

Ressens-tu l’impact de ton mental sur ta vie créative ?

Totalement tout est lié, le corps, l’esprit, la créativité se nourrit de tout ça.

As-tu toujours suivi ton intuition ou as-tu dû apprendre à l’apprivoiser ?

Avant je savais que j’avais un mode intuition et dès que je l’utilisais il fonctionnait, sauf que je n’osais pas le mettre en marche tout le temps. Dès que j’ai accepté de le mettre en mode ON tout le temps, tout a changé. Intuition vs rationalité, mais ça demande un peu de temps avec de se laisser guider comme ça je pense.

As-tu une méthode de travail précise que tu utilises pour la plupart de tes projets ?

Aucune LOL, il faudrait peut être que je m’y mette d’ailleurs.

T’arrive-t-il d’être en panne d’inspiration ? Si oui, comment arrives-tu à y remédier ?

Jamais, j’ai beaucoup trop d’imagination et j’ai une dream list tellement longue que même une vie ça suffira pas hahaha.

 T’es-tu déjà senti “coincée” dans un projet ou accepté un projet où ton intuition te disait de ne pas y aller ?

Oui, et j’essaye de percevoir dès le départ si ça vaut le coup ou pas, si je sens que ça coince dès le départ je n’insiste pas car je sais que c’est un signe que ce n’est pas la bonne direction.

As-tu des livres ou ressources qui t’ont débloqué d’un point de vue créatif ou professionnel ?

Le pouvoir de l’intention m’a totalement fait shifter.

Au début j’ai dû me boucher les oreilles pour ne pas me laisser influencer et tenir bon, car tout le monde cherchait à me raisonner et me disait de reprendre mes esprits et un bon job.

En te voyant travailler en équipe pour The Good Mood Class, je me demandais si pour toi travailler en équipe était primordial ? Est-ce une manière de fonctionner qui te plaît particulièrement ?

Oui j’adore le travail en équipe, pour moi on avance mieux, on va plus loin, et on apprend plus. Tu partages tellement plus en équipe, les bons souvenirs, les mésaventures mais au final c’est ça la vie sinon on se ferait chier ! Et puis je suis très famille donc c’est esprit que j’ai toujours connu et que j’aime.

As-tu l’impression d’avoir deux personnalités : une pour la vie pro et une pour la vie perso ? 

Non je suis trop entière je crois et c’est en général ce que les gens me disent on me retrouve partout pareille, y’a pas de surprise en général.

Je viens tout juste de décider que je lançais mon activité, as-tu un conseil pour cette période de transition ?

Félicitations! Eclates toi, écoutes toi 🙂

Things always happen for a good reason