Un déconfinement s’il vous plait #6: perdre un peu la boule, mais ça va quand même

Faire du zèle

Pendant deux mois je suis restée cloitrée.

Comme pour beaucoup, mes humeurs ont connu de très forts hauts & bas. Ca fait bien longtemps que je n’avais pas été dans ces bas fonds, tiens.

Je n’arrivais pas à m’autoriser de sortie « inutile ». Pourtant, officiellement je le pouvais mais je n’y arrivais pas. La peur de « faillir à mon devoir ». La peur de ne pas « être à la hauteur ». Mais mon mental, lui, coulait petit à petit… Mais je devais être forte, n’est-ce-pas ? C’est qui nous était demandé.

Finalement, je crois que c’était la semaine avant le déconfinement: je me suis autorisée une sortie pour activité sportive à cause de ma famille et de ma psychologique qui m’encourageaient à le faire.

Et je découvrais que la vie continuait au dehors, loin de mes yeux. C’était rassurant et perturbant à la fois.

Rétrospectivement, je me demande si je n’aurai pas dû m’autoriser plus de sorties. Car c’est mon aspect borné et presque dictatorial (envers moi même) qui s’est encore révélé. Je pense réussir à m’adoucir et soudain, comme prise la main dans le sac, je constate que je suis encore en train de m’en vouloir pour quelque chose où j’ai déjà beaucoup donné.

Ce que je retiens, c’est qu’il faut faire attention à soi. Oui. Parce que le confinement aurait pu durer indéfiniment. Et faire un marathon demande à doser son énergie.

Je sais que je vous rabache les oreilles avec ça mais je préfère en parler à chaque article sur le confinement, cela me semble important: être en confinement, c’est difficile pour beaucoup de personnes. Point. Famille, pas famille, travail, pas travail. Certains les vivent bien, certains le vivent mal. D’autres ne ressentent pas de différence. Nier l’expérience de l’autre n’aide personne.

Je pense que c’est aussi pour cela que je partage avec vous mon expérience. Cela peut sembler étrange à dire mais je crois qu’au fond je me contre fous que l’on puisse avoir une opinion négative de la manière dont j’ai vécu le confinement (ex. « ahlala de quoi elle se plaint »). Je pose mon ressenti car il est ce qu’il est. Je n’ai pas à avoir honte, ni à me sentir fière, ni à m’en vouloir, ni à me jeter des fleurs. Mon expérience, ainsi que la vôtre, a été ce qu’elle a été et les émotions vécues ne sont pas à débattre.

Il n’y a pas de badges de « bons citoyens » et finalement, même s’il y en avait, me connaissant, ils me provoqueraient la même méfiance que les « voisins vigilants ». Surveillance, délation, pointer du doigt, et une petite tape dans le dos pour le bon petit soldat. Est-ce vraiment ce que je veux ?

Sur une notre à part, je me demande si le taux de suicide parmi les personnes isolées a augmenté.

L’immobilité qui mène au mouvement

Comme j’en parlais avec une amie, j’avais régulièrement émis l’envie de faire une retraite silencieuse dans un temple bouddiste (un jour). Finalement, mon confinement m’a mis face à ce genre d’expérience sans que je le prévois.

Pour résumer le contexte:

  • Une ville, qui même si j’avais pu l’arpenter avant le confinement, m’était étrangère d’un point de vue émotionnel (0 repère)
  • Loin de ma famille ainsi que mes proches
  • Internet limité. Que je devais garder pour pouvoir travailler sereinement.
  • Un appartement qui malgré tout le confort qu’il représentait n’était tout simplement pas le mien
  • Quelques affaires dans une valise cabine
  • Un appartement quasiment vidé en vue d’un déménagement

Ces éléments me font penser à une sorte de retraite puisque je me retrouvais en dehors de mes repères. Je pensais découvrir un extérieur, une ville mais j’ai dû explorer mon intérieur contre toute attente.

On choisit de faire une retraite, la retraite est venue à moi.

Les distractions étant limitées, j’étais bien obligée plusieurs heures par jour à juste me regarder le nombril et me demander « Comment tu vas TOI ? ».

Cette impossibilité de bouger m’a forcé à regarder où je souhaitais aller.

Que faut-il changer ? Que faut-il garder ?

De quoi ai-je peur ? Est-ce justifié ? Suis-je en train de me trouver des excuses ?

Est-ce que j’ai des possibilités d’y arriver ? Est-ce que je suis prête à m’adapter ?

En s’immobilisant, la vase se calme, tout se dépose. Et là je pouvais observer ce qui trainait au fond de mes pensées. C’est le même processus qui se passe aussi pendant la méditation. Vous avez même peut être déjà lu cette analogie de la vase qui se dépose au fond. Les quelques séances de méditation que j’ai réussi à faire pendant le confinement étaient incroyablement mouvementées. Il se passait beaucoup de choses dans ma tête !

J’ai continué les séances avec ma psychologue qui m’ont aidé à faire un peu le tri dans tout ça. Certaines choses étaient logiquement liées à la peur de la mort, la peur de perdre mes proches, la peur de la contamination… Et d’autres étaient des signaux de problématiques plus générales qui méritaient d’être enfin confrontées.

Pour ceux qui ne le savent pas, cela fait des années que je me demande où Diantre ai-je envie d’habiter ?

Pendant cet isolement, je me suis posée la question « Sibylle, où souhaiterais-tu être pour vivre un confinement comme celui là ? » et naturellement la réponse fut : « un appartement à nantes où je serais seule et j’aurai un chien ». Alors je n’ai pas questionné cette réponse. J’ai (enfin !!!) accepté que je devais juste bouger. Faire un pas vers autre chose et voir où ça me porte. Et j’ai dans le même temps accepté le deal suivant : je peux déménager maintenant et re-déménager dans les années à venir si j’en ressens le besoin. Finalement, c’est le même deal que celui que j’avais formulé lorsque je me suis coupé les cheveux courts : je veux découvrir ce que cela fait, par curiosité, et si cela ne me plait pas, ça prendra du temps mais ils repousseront.

Alors, je ne sais pas si cela prendra du temps. Je ne m’inquiète pas trop pour ça. Je suis patiente. Et même si cela arrive rapidement, je sais aussi me montrer réactive. En gros : je m’ouvre à la possibilité. Les dés sont jetés, et on verra bien ce qu’il se passe.

Faux sens de normalité

Je marche dans la rue, et mes pas se font légers.

Je retrouve les rues que je connais, je retrouve mes repères.

Je vois les gens qui parlent, les gens qui rient.

Je sens qu’une part de mon anxiété se calme lorsque je retrouve mes longues balades pédestres.

Et puis soudain, ça me revient.

Je porte un masque. Ca fait probablement 4 fois que j’ai mis du gel hydroalcoolique sur les mains depuis que j’ai mis les pieds dehors. Les magasins sont fermés. Les dizaines de milliers de morts me reviennent en tête. La peur. Les 100 kms. L’anxiété est de retour. Les larmes montent parfois.

Dérèglement des saisons & perte de repère

Avant le confinement, j’avais froid avec mon manteau moumoute d’hiver.
Pendant le confinement, je voyais la beauté du ciel de Rouen qui me faisait craindre une période de sécheresse.
Les températures actuelles me rappellent celles de juillet, pendant que celles de mars me rappelaient celles de mai.
Les orages colossaux qui se sont abattus m’ont beaucoup trop rappelé certains livres post-apocalyptiques que j’ai lu ces dernières années.

Des périodes extrêmes.

Et nous, est-ce que nous saurons adapter nos cultures ? Est-ce qu’on continuera à avoir assez de denrées alimentaires ? (une crainte de plus à rajouter dans la longue liste déjà présente)

Matérialisme & sécurité

Je vous en ai, je crois, déjà parlé mais pendant cette période, je me suis rendue compte de l’importance d’avoir des objets avec une forte symbolique. Ces objets que j’ai récupéré ou mis du temps à trouver : ils sont un véritable pivot de mon confort physique & mental. Comme une chape de soutien en cas de secousse de l’échelle d’une pandémie.

Comme j’étais heureuse de retrouver le fauteuil que j’ai récupéré de ma grand mère, ma table de chevet récupéré de mes grands parents, mes vêtements trouvés en seconde main ou offerts par ma famille…

Même si j’ai clairement eu un élan de consommation effrénée pendant le confinement (je n’avais pas commandé de colis sur amazon ou autres en 2 ans… j’ai foutu en l’air mon score), j’ai aussi vu l’importance de choisir avec soin ce qui nous entoure. Des choses qui nous plaisent réellement. Des plantes qui continuent à vivre malgré tout. Qui nous rappellent que l’on peut continuer à grandir, qu’importe la situation.

L’importance d’avoir un chez soi où on se sente bien, en sécurité.

L’importance de se sentir en sécurité avec un toit sur la tête.


Pour conclure cet article déjà beaucoup trop long et beaucoup trop teinté de tristesse à mon goût, j’espère que vous retrouvez comme moi le goût des choses avec ce déconfinement. Quelle joie et quel soulagement j’ai de retrouver mes balades pédestres. Revoir les gens avec leurs chiens … Ne pas regarder l’heure… Ne pas écrire d’attestation…

La joie de jouir de ma liberté de circulation… à 100 kms.

Promis, je reviendrais bientôt avec du contenu plus joyeux mais chaque chose en son temps 🙂

Un confinement s’il vous plait #5: solitude, questionnements & lâcher prise

Photo : Encore des photos prises à Dieppe avant le confinement

Bien le bonjour !

Un mois quasiment jour pour jour après mon dernier article, nous nous retrouvons enfin pour un nouvel article. Je pensais que le confinement me donnerait d’autant plus envie d’écrire, d’explorer et de me découvrir. La réalité est que je me sens d’abord en attente et ensuite en digestion. Les émotions me traversent avec force à cause (ou grâce à, ça dépend des jours) de mon hypersensibilité et rien de tout cela n’est clair dans ma tête. C’est comme si j’étais en permanence dans un brouillard qui oscille entre « ça va » et « ça ne va pas ». D’où la difficulté d’écrire puisque mettre des mots sur ces sensations permet de les délimiter, les ranger, les analyser.

Juste avant de commencer les différents points de l’article, je voulais remercier Eva qui a posté sur mon dernier article une recommandation de chaîne Youtube. Pile dans le mille ! J’aimerai bien que mes recommandations Youtube sur la page d’accueil soient aussi pertinentes 😅

De la solitude

J’ai décidé de rester là où j’étais pour passer le confinement, c’est-à-dire dans l’appartement que j’avais sous-loué pour le mois de mars initialement. Je ne me voyais ni passer le confinement dans mon appartement à Paris puisque j’y vis avec mon frère, ni le passer dans l’appartement de mon copain où il n’y a même pas la place d’avoir un vrai lit…

Le « hasard » de la vie (le destin, le chaos, je vous laisse choisir le terme qui vous parle) a fait la chose suivante : fin février j’étais épuisée. Je n’avais pu dormir une nuit complète depuis des mois à cause de problèmes dans mon immeuble. Par dessus ça, le besoin impérieux d’être seule que j’ai déjà évoqué dans un autre article: lorsque vous aimez le silence, la tranquillité et qu’en plus vous êtes de nature assez solitaire, n’avoir jamais vécu seul sur une longue période est un poids. L’adaptation permanente aux règles des autres.

Honnêtement, lorsque je dis que fin février j’étais épuisée, je ne suis pas sûre que le mot soit assez fort. Malgré ma conviction que j’allais retirer quelque chose de cette période grâce aux semi-hallucinations dû à la fatigue que j’avais durant la nuit et que je pouvais décortiquer avec ma psychologue comme des trésors précédemment inaccessibles, rétrospectivement, ça n’allait pas bien. Point. Il faut que j’accepte de le dire.

Je n’irais pas dans le détail, mais je peux vous dire une chose : cette période me confirme un adage que je pense avoir déjà évoqué mais qui continue à se prouver encore et encore. L’adage est le suivant : s’il y a des situations qui ne vous conviennent pas dans la vie, attendre de voir si les choses s’améliorent d’elles mêmes est vain. Cela va juste vous bouffer chaque jour un peu plus. Il faut prendre des décisions. (dixit la fille qui n’a pas encore pris de décision, haha)

Si vous êtes comme moi, vous avez tendance à ne prendre des décisions coupantes & radicales uniquement lorsque vous atteignez vos derniers retranchements. J’essaye de travailler ce côté là de ma personnalité mais pour l’instant, c’est un comportement que je continue d’avoir, mais j’ai bon espoir qu’un jour cela change, petit à petit. 🙂 Je persévère et je suis accompagnée.

Je le vois bien : démissionner, aller voir une psy, décider d’être freelance et décider à un certain moment d’arrêter de regarder les annonces de CDI, décider que je voulais travailler avec des clients à distance uniquement… Tout ça étaient des prises de décisions fortes qui m’ont permis d’avoir une vision claire du chemin que je souhaitais prendre.

Tout ça pour dire : cet appartement s’était présenté à moi comme dans un rêve. Certains diraient qu’il s’est manifesté. J’ai demandé, il est apparu. Incroyable. Les dates ? OK. L’endroit ? OK. Tout était parfait.

Alors au moment de choisir, j’ai préféré opter pour la solitude. Cela ne faisait que 2 semaines que j’étais arrivée et je commençais tout juste à retrouver un rythme normal de sommeil. Grâce au couple à qui est l’appartement, j’ai eu la possibilité de rester pendant la période de confinement. J’ai douté mais je me suis dit que si tout ça s’était si bien goupillé, que si je me retrouvais par le truchement de l’inadvertance dans ce cocon isolé, ce n’était pas pour rien.

Je suis seule, parfois ça me pèse, mais je pense que cette descente est pour moi, à titre personnel, une épreuve mais sûrement aussi une possibilité de mettre à plat ce que je veux pour demain.

De nouvelles habitudes

Je vous le disais dans l’article précédent: je me suis découvert une passion pour les vlogs et je commençais à réintégrer une routine cosmétique.

Les vlogs continuent de rythmer ma semaine, heureuse de voir comment le confinement se passe pour des personnes à l’autre bout de la terre.

Ma peau a atteint la semaine dernière une étape de non acné jamais atteinte depuis probablement… avant mon adolescence. Certes depuis, m’étant fait plaisir en achetant une pizza et des chips les boutons sont de retour, mais j’ai des vidéos qui me rappelleront qu’en cette période de confinement, en prenant soin de ma peau, doucement et juste pour moi, elle était… bien.

Je sais que cette partie de l’article est d’une futilité sans nom, mais la vie est remplie de futilité qui nous rendent heureux ou malheureux.

Il y a une petite chose qui a changé depuis le début du confinement. J’ai regardé mes ongles et j’ai dit : « J’arrête de les ronger ». Pourtant, enfant anxieuse je me les suis rongé très tôt. Rien ne m’énerve plus que lorsque quelqu’un me dit d’arrêter alors que c’est un comportement mécanique en provenance direct de mon anxiété.

Et là, comme ça. Comme beaucoup de fois dans ma vie, la chose était conclue.

Une phrase, une décision.

Bon, ok. Là je partais dans une joie théâtrale et maintenant que je vérifie la date de ma prise de décision, j’ai commencé le 2 avril… Donc étant le 18 avril, cela n’est pas incroyable pour le commun des mortels, haha. Je vous jure que je n’ai pas eu les ongles longs aussi longtemps depuis l’enfance. Il n’y a pas de petites victoires, n’est-ce-pas ?

Ce qu’il se passe en parallèle, est une envie de croissante d’assumer mes envies vestimentaires. Pourtant, ce n’est pas ici que je vais pouvoir le faire puisque je ne vis qu’avec les quelques vêtements (d’hiver) que j’avais pris dans ma valise cabine. On rejoint la sensation de digestion que j’évoquais plus haut. J’ai l’impression qu’il se passe des choses mais je ne sais pas encore si elles vont se matérialiser lorsqu’une vie à peu près normale aura repris son cours. Est-ce que mon rythme de travail reprendra et je serais si anxieuse que mes ongles longs ne seront qu’un vague souvenir de cette période d’entre deux ? On verra bien.

Des questionnements

Ce moment particulier me met forcément face à cette question : « Alors, c’est ça la vie que tu veux ? ». Je vois bien l’importance d’avoir un extérieur, l’importance d’avoir un lieu à soi où on se sent à la maison (vous vous souvenez de mon article sur « c’est où chez moi ? » la réponse est encore en suspend)…

J’ai découvert lors des premières semaines (et où je n’avais honnêtement aucune prise sur mon anxiété) à quel point les choses matérielles avaient un aspect rassurant pour moi dans ces moments. Je ne parle pas d’avoir une avalanche d’objets bien sûr, mais d’avoir des choses à soi, choisi par soi, dans son endroit.

J’ai noté sur un carnet toutes les choses que j’avais envie d’avoir après le confinement, ou que j’avais envie de faire. Cette frivolité et naïveté de vie légère me rassurait. Car c’est sûrement ça qui se cachait dessous mon matérialisme primaire : le retour à un moment sans gravité. Sans pandémie qui ravage. Sans entendre chaque jour les chiffres qui s’accumulent et les dégâts dans l’économie mondiale.

Je ne vais pas vous cacher que j’ai même craqué parfois en achetant des choses sur internet (enfin sur le moment je n’avais pas compris qu’ils continuaient les livraisons, je pensais qu’elles seraient traitées après le confinement 🤦‍♀️ Ma naïveté…).

Que voulez-vous.

Nous sommes dans un sas.

Il y a un avant et un après donc on ne sait pas grand chose.

Ce n’est pas maintenant que je joue les héros. Comme beaucoup d’entre vous je me mets une pression énorme à être une citoyenne exemplaire pendant ce confinement mais je reste humaine. Comme nous tous. C’est déjà suffisamment compliqué de ne sentir le soleil et le vent sur sa tête qu’une seule fois par semaine pour faire ses courses.

Le matin j’ouvre une fenêtre pour entendre les oiseaux pendant mon petit déjeuner. Elle donne sur les parties communes de l’immeuble avec au centre un jardin. J’hume l’air. Parfois l’air sent l’été. Parfois l’air sent l’orage. Parfois l’air sent la rosée. Souvent, l’air sent les vacances. (Par contre, j’ai eu la joie de découvrir que très vite les rues sentent la m*rde car visiblement là où je suis, les gens n’ont pas compris qu’il faut ramasser les crottes de chien)

Du lâcher prise

Ces temps jouent sur mes humeurs. Je suis très irritable et parfois je ne me reconnais pas. Un conseil non réclamé et je fulmine (et diantre que les gens ont envie de me donner des conseils, c’est terrible).

J’ai lâché prise sur certains sujets comme vous avez pu le remarquer, je pense que le plus important est que j’accepte mes émotions négatives et je n’en ai pas honte. Je ne souhaite plus les mettre sous le tapis: je vous garantie que ça revient toujours, comme un boomerang.

C’est pour cela que j’aborde régulièrement sur Instagram le sujet de la culpabilité lors de ce confinement. Il est très facile de se sentir comme une m*rde parce que « Mais pourquoi je me sens si mal alors que je suis si privilégiée » (on vit une PANDEMIE. C’est normal que certaines personnes le vivent mal, surtout enfermé) ou encore « Ai-je le droit de me sentir si bien alors que la situation est si grave ? » (OUI ! Profites en au maximum ! Kiffe chaque heure, chaque jour !). Chaque expérience est valide.

Je refuse que quelqu’un soit là à me dire comment je dois me sentir. On peut se trouver n’importe où sur le spectre. C’est OK.

(A noter: depuis de nombreuses années j’ai refoulé ma colère et elle commence de plus en plus à faire surface. Elle a des choses à me dire. Je vois à quel point elle souligne mes valeurs et me montre les sujets où je dois accepter de m’exprimer. Je fais cette parenthèse car je vois bien ma colère sous-jacente derrière ce dernier thème)

Professionnellement j’ai bien été obligée d’accepter que je n’avais pas la main sur tout.

Je suis impuissante face à certaines choses et je n’ai d’autres choix que de me laisser bercer par les aléas.

C’est incroyablement inconfortable. Je déteste cette sensation et en même temps, ça ne sert à rien de s’agiter sur des sujets où je n’ai aucune prise. Je suis contente d’avoir été auparavant une obsédée du « Je dois me constituer une trésorerie », « Je dois proposer différents services ». Certes ce n’est pas parfait du tout mais je m’en remercie. Petite tape dans le dos de l’ancienne Sibylle : tu peux te faire confiance !

C’est ici que je vais arrêter cet article.

J’espère qu’il y aura des éléments qui résonneront en vous malgré le fait qu’il est auto-centré sur ma propre expérience.

Je vous souhaite une bonne journée et la santé ❤

Un confinement s’il vous plait #4: Du temps, de l'angoisse & du jeu

Photo : Dieppe, la semaine avant le confinement

Quel changement depuis le dernier article… Je parlais d’une sensation de liberté, de légèreté, de joie. Et deux semaines plus tard une vague s’est abattue sur le pays. On s’en doutait, mais c’est toujours différent d’y penser et d’y être réellement confronté.

Comment vous sentez-vous ?

Le confinement chez soi, même si indubitablement nécessaire dans la situation où nous nous trouvons, peut avoir des impacts sur la santé mentale. Je sais d’expérience que l’on peut avoir tendance à en rajouter une couche en culpabilisant car d’autres personnes vivent des situations pires que la nôtre. Alors ici personne n’est là pour juger ce que vous ressentez à l’instant. Vous faites ce que vous pouvez avec vos ressources à ce moment là. Ok ? Je ne serais pas là pour vous pointer du doigt si l’angoisse se fait ingérable alors que « tout va bien » pour vous vu de l’extérieur. Non, non.

Si vous le souhaitez, vous pouvez partager votre ressenti dans les commentaires. Qu’importe le spectre dans lequel vous vous trouvez (parce que je pense qu’il y a aussi des personnes qui peuvent vivre très bien ce confinement, et ils n’ont pas à se sentir coupables non plus), que ce soit une expérience positive ou négative, si ça vous fait du bien d’écrire quelques mots, vous pouvez 🙂

Je vais vous partager mon petit carnet de bord.

Annonce & temps d’adaptation

De mon côté, l’anxiété a été difficile les premiers jours. Elle me tiraillait très fort. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu cette boule au ventre et le sommeil qui ne vient pas à cause non pas de causes extérieures, mais à cause de mon mental. C’était comme une chape de plomb qui se serait abattue, invisible, lourde. Faire ne serait-ce que la vaisselle ou répondre aux mails était difficile. Je me suis autorisée à être en service minimum et à faire les choses à un rythme ralenti. Ce qui est étrange, c’est que ce mois de mars devait être initialement un mois de mi-vacances mi-travail. J’avais en tête de me reposer mais ce n’est que cette semaine que je me rends compte que je ne m’étais pas réellement autorisé la partie vacances. Oui je me baladais mais je ne me laissais aller à l’oisiveté pure qu’une heure par ci ou par là.

Cette semaine j’ai fait quelque chose qui m’aurait paniqué il y a encores quelques jours : j’ai enlevé mon réveil matin. Ayant réduit mon flux de travail ce mois-ci en perspective de ce mois à découvrir Rouen, je peux me le permettre. Il n’y a que moi qui me mettait la pression pour être devant mon ordinateur à 9h30. Contre toutes les indications que j’ai pu entendre (« pendant ce confinement surtout gardez une routine ! Evitez le désoeuvrement ! »), j’ai fait l’exact opposé. Je découvre que même sans réveil je me réveille à la même heure, tout en m’évitant l’insupportable vibration de mon téléphone. J’ai enlevé mes plages horaires de travail. Il m’est arrivé de ne commencer qu’à 16 heures ma journée et parfois de travailler le soir juste par envie. Je n’avais aucune deadline pressante alors pourquoi courir dans la roue de la productivité ces jours-ci particulièrement ? Surtout que cette première semaine de confinement ne fut pas simple à gérer d’un point de vue professionnel: en tant que freelance des paiements que je devais voir arriver cette semaine ne sont pas arrivés, et je ne peux que croiser les doigts que certains arriveront la semaine prochaine. On verra bien, comme le faisait remarquer ma mère : c’est difficile pour tout le monde, donc je dois être compréhensive et patiente. Elle a raison.

Malgré cette décision de mettre au point mort ma routine habituelle, je découvre à quel point je peux me faire confiance : le travail est fait. Je sais que je reprendrais un rythme normal (des horaires de bureaux) bien assez vite. A contexte exceptionnel, mesures exceptionnelles. Et dans mon cas, je dois m’occuper de mon anxiété, ce qui ne représente rien dans le grand schéma de la vie mais qui est bien assez envahissant dans ma vie quotidienne. Les peurs tournent en boucle dans ma tête et le sentiment d’impuissance me nargue. Mais, je sais bien que lorsqu’il est là, c’est aussi le signal que je dois tout lâcher. Si je suis impuissante, si je ne peux rien faire, je dois me laisser porter la vague. Alors la vague m’emporte et j’attends d’être déposée sur la rive quand la vague aura fini son chemin.

Retrouver le jeu

Ces deux derniers jours j’ai acheté des jeux vidéos ! Et ça, je peux vous dire que c’est une grande nouvelle. Je ne suis pas vraiment consommatrice de jeux vidéos à part les Sims avec une moyenne de 2 jours par an maximum. Alors que j’appréciais ça pendant mon adolescence (un peu), j’ai complètement perdu l’intérêt avec le temps. Je m’y ennuie très rapidement et n’ayant absolument pas les réflexes nécessaires, un jeu même simple peut devenir très frustrant.

Pourtant, pour de multiples raisons (je n’ai pas internet en illimité à part le weekend là et je n’ai pas la possibilité d’acheter de livres pour m’occuper), le jeu vidéo s’est imposé comme une possibilité d’occuper mon temps. Or, ce qui est sous-jacent et que je n’ai pas réalisé tout de suite c’est qu’en faisant cela, je m’autorisais à avoir des moments de Jeu au sens premier. De joie. De non productivité. Quelque chose d’inutile mais qui me permettait d’être légère pendant quelques temps.

Hier soir, nous avons joué ensemble avec mon copain (à un jeu nommé Castle Crashers). Nous avions déjà essayé sur un autre jeu (tricky towers) il y a quelques temps et j’avais fini plus énervée qu’autre chose, l’expérience n’avait pas été concluante. Ce qui a changé hier soir par rapport à la première fois, c’est que nous n’étions pas dans un jeu l’un contre l’autre mais nous faisions équipe. Et même si cela ne doit pas être spécialement agréable pour lui de devoir me redonner de la vie toutes les 5 secondes, ça m’a permis de passer un véritable bon moment. On a ri et j’ai eu l’impression que cela faisait longtemps que je n’avais pas ri avec quelqu’un. Pourtant, ça ne fait que quelques jours je pense, mais ces jours m’ont semblé tellement longs par moments…

Regarder des vlogs

J’arrive après tout le monde mais la semaine avant le confinement je me suis découvert une passion pour les vlogs ! J’en avais toujours vu à propos de voyages, ce qui étrangement m’ennuyait au plus haut point donc je ne pensais pas aimer ça. Non, non ! Je découvre que j’apprécie les vlogs sur la vie quotidienne. J’adore suivre les gens dans les choses basiques de la vie comme faire à manger, travailler, voir des amis…

Et cela m’a même donné envie d’avoir une micro routine beauté, dis donc. Après tant d’années sans rien mettre sur ma peau à part de la crème hydratante ! Je ne sais pas, je regardais une chaîne en particulier, et à force de voir la personne prendre son temps pour mettre ses crèmes, je me suis dit que ça avait l’air d’être un moment agréable et que si en plus je pouvais avoir une peau légèrement moins acnéique, je ne dirais pas non ! Le mois dernier j’avais déjà fait une folie en achetant une huile pour mon cuir chevelu très très abîmé, mais j’en profite maintenant pour mettre quelques gouttes sur mon visage. Le dernier venu est une crème nettoyante. J’ai donc officiellement 3 produits de beauté, hahaha. Ce qui est déjà le triple de ce que j’avais il y a un mois et demi. On verra si je vois une amélioration… Ecoutez, je n’ai que ça à faire, haha.

Pour ceux que ça intéresse, je regarde la chaîne de Michelle Choi, Best Dressed, Estée Lalonde & les vlogmars d’Enjoy Phoenix. N’hésitez pas à m’en recommander 🙂

Retrouver le temps

Pour ceux qui se retrouvent comme moi dans une sorte de faille spacio-temporelle où le temps est soudain partout à portée de main, comment le vivez-vous ? Les premiers jours m’ont paru incroyablement longs (mais je pense que c’est dû à mon angoisse) et ce weekend passe à une vitesse phénoménale. Le temps rallonge, se raccourcie, se rallonge encore… La relativité que nous connaissons tous est vraiment intéressante à vivre cette semaine (pour moi en tout cas haha).

Comme vous l’avez entendu dire un peu partout, c’est un moment particulier voire historique que nous vivons et même si nous ne savons pas quand, il aura une fin. Alors je n’ai pas envie que cette période soit l’occasion pour remplir des objectifs. Bien sûr, c’est en soi un superbe moment. C’est une belle opportunité pour réaliser vos projets qui trainent depuis longtemps, créer votre site, mettre en place votre boutique en ligne, vous pencher enfin sur les revenus passifs… Je vois l’opportunité mais je n’ai tout simplement pas envie de m’y atteler à l’heure actuelle. Je ne suis pas dans une énergie créatrice pour l’instant. Cela vient peut être du fait que mon travail repose sur ma créativité : je suis en train de laisser la jauge de créativité se remplir en faisant autre chose. Chacun a son propre rythme créatif et le mien se déroule généralement comme ceci : avoir des idées, les laisser reposer (et même disparaître si elles n’ont pas tant d’intérêts que ça) pendant des mois voire des années et soudain, le moment est venu… L’envie est impérieuse et je dois faire ce projet ici et maintenant. En quelques heures ou quelques jours il est généralement bouclé. J’aurai pu « forcer » le process comme je le fais pour les projets professionnels puisque je dois créer de manière constante, mais pour les projets à côté, je préfère pour l’instant les laisser passer à travers le filtre naturel que je viens de vous expliquer.

C’est une parenthèse innattendue que nous vivons, vous pouvez la remplir (ou non) comme vous le souhaitez.

Quels mois étranges quand même. Après les gilets jaunes, les grandes grèves, une pandémie… Il y a des choses à apprendre (patience, écoute, adaptation, solidarité…) et d’autres à déconstruire (par exemple, j’ai jugé très durement les gens ces deux dernières semaines, je vois bien que cela ne m’apporte rien. Tout ce que je peux faire c’est… m’occuper de mes fesses.).

Je vais m’arrêter ici pour cet article.
Vous avez sûrement remarqué que je ne parle pas forcément de l’épidémie en tant que telle car ce n’est qu’une simple journal de bord aussi frivole que ma vie à l’instant. Cela ne nie pas la gravité de la situation. Je n’ai tout simplement pas envie de nourrir votre angoisse ainsi que la mienne en écrivant sur les parties sombres. Elles sont présentes à portée de clic partout. Je vous laisserai choisir si vous souhaitez y accéder ou non.

Prenez soin de vous, prenez soin des autres.
Je vous souhaite une bonne santé à vous & à votre entourage (et à tous ceux qui n’ont pas de proches d’ailleurs).

Un café s’il vous plait #3: Rouen, Solitude & Autonomie

Deuxième édition de « Un café s’il vous plait »: une catégorie pour vous tenir au courant de mes questionnements, recherches, états d’âmes. L’idée est de partager avec vous où j’en suis sans forcément en faire un long article car tous les sujets ne s’y prêtent pas. C’est spontané, non réfléchi. Disons que c’est une légende Instagram en plus long 😉

C’est parti !


Je suis à Rouen pour le mois de mars. Cette idée m’est venue un dimanche matin, de nulle part. J’étais dans ma chambre à Paris, épuisée et à bout par de mois difficiles dans cette ville, l’envie de prendre l’air se faisait de plus en plus impérieux sans que je n’arrive à définir ce que je devais faire. Je ne savais pas comment faire pour déménager, ni même où aller. Lorsque j’avais partagé ma frustration avec ma psychologue sur mon incapacité à prendre les choses en main, elle m’avait répondu que c’était normal que je n’y arrive pas car je n’étais pas prête émotionnellement. Sur le moment, ce fut un coup dur. Comment ça je n’étais pas prête émotionnellement ? J’étais en colère mais avec le temps j’ai appris qu’en général, elle voyait des choses que je ne voyais pas encore et qu’elle avait probablement raison. Quelques jours plus tard, j’allais rejoindre une amie et nous discutions de ma situation. Je lui fis part de ma frustration vis-à-vis de la situation et de la colère que j’avais ressenti face à ma psy. Avec la sagesse qui la caractérise, elle me dit qu’en effet peut être que déménager était peut être une étape trop grande pour moi à l’heure actuelle (en février donc) et que je devrais me demander s’il n’y avait pas d’étapes intermédiaires qui pourraient m’aider. Cela cogitant sagement dans l’arrière de ma tête, l’idée a donc éclo dans mon esprit un dimanche matin. Rouen, une ville que je n’avais visité qu’une fois une journée d’été. J’avais trouvé cette ville charmante. Pourquoi ne pourrait-elle pas être mon étape intermédiaire ? Je le voyais comme le moyen de me désengluer de ma situation. S’il y a bien quelque chose que j’ai appris ces dernières années, c’est que souvent, il suffit d’un mini mouvement vers une direction pour dérouler tout une suite d’événements innattendus. Alors si le risque n’est pas élevé, autant y aller. J’ai sû que cette idée était la bonne lorsqu’en 30 minutes, je trouvais un nid dans lequel m’installer pour ce mois de découverte et de convalescence. (Merci Eva ❤ Et Gwen ! Et Guillaume !)

Lorsque le projet prenait forme, je ne pensais pas que ce mois à Rouen prendrait la forme d’une convalescence. Pourtant, je quittais Paris à fleur de peau et au fond du trou. Ce que j’expliquais à ma psy avant de partir est que mon humeur au jour le jour n’était pas triste. En surface, je n’étais pas brisée mais je sentais qu’au fond de moi, dans les tréfonds, le désespoir se faisait entendre. Je ne rêvais plus que d’une nuit complète sans être réveillée par le chauffe eau (qui ne marchait pas depuis des mois, et dont il a fallu 4 réparateurs différents avant qu’il soit changé. A noter : J’ai dû attendre 3 semaines pour le premier RDV. 2 semaines pour le deuxième, etc), le radiateur qui me réveille à 4h du matin, qu’on ne peut pas purger nous même car va savoir pourquoi c’est attribué à la co propriété et enfin mon frère qui se réveille parfois à 4h du matin ou 6h du matin mais généralement à 7h15, donc avant moi. Quand votre rêve le plus cher devient une nuit de sommeil, il y a de grande chose que votre désespoir se fasse entendre aussi. Surtout si comme moi, vous avez besoin de 9h complètes pour fonctionner.

Je suis arrivée le weekend dernier. Je vous écris et cela fait pile une semaine.

En trois jours, les tensions qui me mettaient mal à l’aise dans mon dos tendu à l’extrême se sont apaisées d’elles même. Je sens qu’il y en a encore mais mon dos retrouve une douceur oubliée. L’environnement dans lequel je me trouve est plongé dans un quasi silence permanent. Pas de travaux (oui, car ça aussi, c’est un problème que j’avais à Paris. Mon immeuble semble constamment en travaux, et quand ce n’est pas le mien, c’est celui d’en face, etc). Pas d’enfants qui dévalent les escaliers en criant. Je peux rester la journée durant dans l’appartement sans que personne ne sonne, personne ne rentre, personne ne vienne. Pas de livreur. D’arnaqueurs sous couvert d’être ramoneur (je vous jure. Vivre dans un immeuble avec des retraités c’est se méfier de chaque personne qui sonne à la porte). Pas de réparateur. Rien. Je suis SEULE. Mon isolement n’est rompu que lorsqu’un chat miaule sur le palier et que je dois l’avouer, je vais vite regarder s’il est à proximité pour pouvoir lui faire des gratouilles pendant quelques minutes.

Je dors. Dans un quasi silence complet. Je me sens comme une plante désséchée qui retrouve petit à petit la vie.

Il faut comprendre une chose, j’ai 27 ans et je n’ai jamais habité seule.
Ayant fait mes études dans la même ville que mes parents, j’ai habité chez eux pendant tout ce temps (ce qui ne m’a pas posé de problème d’ailleurs, l’espace y étant grand, je m’y sentais très bien)
J’ai pu goûter à cette joie de la solittue pendant 2 mois lors de mon premier stage. Lors de mes 6 mois au Canada, j’étais en colocation. Ensuite, lors de mon stage de fin d’études de 6 mois, j’ai vécu finalement 3 mois avec mon copain. Pendant 2 mois dans mon logement car il n’avait pas de logement au début et 1 mois à la fin car à l’inverse, c’est moi qui n’avait pas de logement. Depuis, j’habite en colocation avec mon frère.

27 ans et les seules miettes de solitude que j’ai pu m’accorder ont été de 2 mois en 2012~, 3 mois en 2015, 1 mois en 2020. 6 mois en 27 ans. Y’a un soucis quelque part.

Rouen, donc. On y revient.

Le quartier où je suis est rempli de chats. Ils sont partout et pour mon plus grand bonheur ils sont majoritairement friands de contact humain. Ils viennent, ils parlent, ils marchent à mes côtés pendant quelques mètres. La présence animale me manque constamment à Paris, cela n’a rien de nouveau, je ne vais pas revenir là dessus.

Hier, alors que je suis allée me chercher un plateau de sushis végétariens, j’avais dans les oreilles mes écouteurs avec de la musique pop à fond. C’est un détail mais étrangement, cela ne m’arrive pas souvent. Je sais que mon humeur est au beau fixe lorsque l’envie me vient de marcher, musique dans les oreilles, et la sensation de voir un film se dérouler devant nous. Sur le chemin de retour, les skaters roulaient sur le parvis et pendant qu’ils glissaient sur leur planche, je me sentais glisser de la même manière. J’étais légère, tout était fluide et joyeux.

A Paris, je perds très rapidement mes résolutions de ne pas laisser mon emploi du temps se surcharger. Je me retrouve avec des gens à voir tous les soirs, et c’est pour vous dire, j’ai d’abord écrit « je me retrouve avec des choses à faire tous les soirs ». Lorsque je laisse mon emploi du temps se remplir, je transforme des moments agréables en des tâches à cocher dans une to do list. Ce n’est bénéfique pour personne. Mes amis me retrouvent épuisée. C’est rarement le fun quelqu’un d’épuisé.

Ici, je me retiens. J’ai vu des ateliers qui m’intéressaient dans des studios de yoga mais j’ai décidé de ne pas m’inscrire. De ne RIEN mettre dans mon agenda. Je dois me réapproprier mon temps. Mon temps, n’est pas là pour être rempli. Pour l’instant, il est vrai que je me distrais, je regarde des vidéos youtube, j’écoute beaucoup de podcast. J’aimerai réussir à me dégager quelques jours pour n’être que dans le silence loin des écrans. A voir si j’arrive à passer le cap. Si j’y arrive, soyez sûrs que je vous écrirais un article à ce sujet 😉

Rouen est agréable. Le centre ville a le charme de l’ancien et je continue à m’émerveiller devant l’architecture. Je continue à découvrir des petites rues et petit à petit j’élargis mon champ d’exploration. Il y a un point sur lequel je n’ai pas encore réussi à m’habituer. C’est un détail et pourtant il me déstabilise à chaque fois. Il y a des passages piétons sans feux. Les voitures laissent passer les piétons. Voilà. On en est à ce stade. Je m’émerveille juste parce que les gens respectent le code de la route. En bas de chez moi, à Paris, nous avons des passages piétons sans feux. Il m’est déjà arrivé d’attendre douze voitures avant qu’une accepte que je traverse. Une personne âgée est morte à cet endroit d’ailleurs, il y a quelques années. Les traces de sang qui ont persisté le lendemain m’avaient choqué. Et lorsque j’en ai parlé à des personnes véhiculées dans Paris, tout de suite le sujet a provoqué de l’énervement « Oui mais si tu savais, c’est horrible de rouler dans Paris ! On s’arrête tous les 15 mètres pour des feux ! Alors si en plus on laissait passer les piétons ! »…

Ici, on me laisse passer. Et je n’ai pas peur de me faire rouler dessus. Voilà. Je sais que c’est mon hypersensbilité qui parle, parce que 99% des gens n’y prêteront pas attention, mais je ne peux m’empêcher d’observer ce genre de choses. Elles disent beaucoup sur l’ambiance d’une ville.

Je flâne, je me balade. Je travaille, aussi. J’ai cette chance de pouvoir emporter avec moi mes sources de revenu. Je suis heureuse d’avoir cette possibilité.

J’ai acheté un sweatshirt rose bonbon dans une frippe. Il s’accorde parfaitement avec mes vans qui ont du rose bonbon sur le côté. Avec mon manteau moumoute on dirait un fluokid de 2005. Je me sens un peu ridicule dans cette mini crise d’ado. Je me demande si on me confond avec les lycéens ou les jeunes étudiants. Je ne me reconnais toujours pas dans le miroir, mais je laisse couler. Ce n’est pas grave. Ca reviendra. Il n’est pas agréable d’être en période de recherche, c’est inconfortable mais cette étape est nécessaire. J’en suis convaincue. (Oui, je me répète par rapport au dernier article, mais ça me trotte dans la tête en ce moment, que voulez-vous !)

Pour la première fois de ma vie, j’ai envie d’aller au spa. J’ai envie d’aller dans cet endroit élégant et luxueux où je prendrais soin de mon corps de manière différente de ce dont j’ai l’habitude. C’est étonnant cette envie soudaine de luxe. Qui vient en parallèle avec ma joie de trouver un sweat de mes rêves à 10€ dans une fripperie. J’aime beaucoup cette ambivalence.

Donc voilà, ma vie pour l’instant est la suivante : je travaille, je me repose, je me balade. Repeat.

Je crois que je suis réellement en train de « prendre soin de moi » car je créée un espace où le silence me permet de m’entendre.

Couper ses cheveux longs pour une coupe garçonne: EP.2

S’il y a bien un sujet sans réelle importance qui pourtant en revêt de manière disproportionnée dans la vie, c’est les cheveux. Des poils sur le crâne qui signent une partie de notre identité. La coupe de cheveux que l’on choisit (ou subit) semble dire des choses sur nous que nous contrôlons à peine. Elle nous représente, est comme une carte de visite montrée à chaque personne que l’on rencontre. La symbolique est d’autant plus forte que devoir trimballer une coupe de cheveux que l’on estime ratée peut sembler être un calvaire pour le porteur : l’image que l’on a de soi à l’intérieur (ou que l’on aimerait projeter) n’est pas en accord avec l’extérieur. « Ce n’est pas moi ».

Comme si ces poils parlaient pour nous.

Comme vous le savez, j’ai coupé ma tignasse l’été dernier. C’est un changement que je n’avais moi même pas venu venir. La curiosité l’a emporté sur la peur. Je n’avais pas d’attente ou d’image précise en tête sur comment ça allait rendre. J’avais envie que ça soit joli, bien sûr, mais c’était avant tout une exploration. Pourquoi je faisais ça ? …Pourquoi pas ? C’est sûrement cette attente relativement basse qui a favorisé une acceptation très rapide de cette nouvelle tête que j’offrais au monde.

Par contre, un tel changement a été un élément très perturbateur sur ce qu’il se passait très très loin en sous-marin dans ma tête. Je voulais faire bouger les lignes, j’ai été servie. Qu’importe le résultat, je voulais voir. Le geste était si fort qu’au lieu de trouver des réponses, cela a permis d’ouvrir la porte à encore plus de questions.

Avant de me couper les cheveux, j’avais peur, bien entendu mais malgré tout je voulais symboliquement laisser derrière moi les choses dont je n’avais plus besoin. Dans mon cas, couper mes cheveux aussi courts (et de manière volontaire) est synonyme d’une prise de contrôle sur quelque chose qui m’échappe. C’est prendre une décision et aller de l’avant. C’est me prouver que je suis capable même si je ne sais pas vers quelles mers cela mène. Je n’ai pas sourcillé, je n’ai pas douté, j’ai coupé. J’ai vu mes cheveux s’étaler au sol et rien de grandiose ne s’est passé : je ne les avais finalement plus sur ma tête avant même qu’ils tombent.

Même si je n’ai jamais regretté d’avoir coupé mes cheveux, je dois avouer que les tourments inattendus qui ont suivi, ne sont pas particulièrement agréables. La chose la plus présente dans mon quotidien est la suivante : je ne me sens plus Moi dans mes vêtements. J’ai pourtant toujours eu des goûts vestimentaires relativement clairs & définis. Sur ce point, je me sentais même plutôt bien, je faisais entièrement confiance en mon instinct même sur des goûts parfois ne faisant pas l’unanimité. Et là, tout est parti en fumée. Cette confiance en moi passant par les vêtements a tout simplement disparu. Je découvrais que ne plus avoir mon éternelle frange et cheveux longs changeait toute l’esthétique de mes tenues, changeait toute cette enveloppe que j’offre au monde !

J’en profite pour faire une parenthèse : se sentir SOI MEME dans ses vêtements n’est PAS un sujet superficiel. Certains ont besoin que leurs vêtements reflètent leur image d’eux même, d’autres s’en foutent complètement. C’est comme ça et les deux ressentis sont autant valables l’un que l’autre. Ne pas se sentir à l’aise dans ses vêtements peut provoquer la sensation d’être « immonde », « moche » (…) ce qui n’est clairement souhaitable à personne.

Donc, couper mes cheveux a été un changement de paradigme.

Soudain, mes tenues boyish que j’affectionnais tant avec mon ancienne coupe ne me plaisaient plus du tout. Dans ma tête, la tenue boyish était équilibrée par le symbole des cheveux longs, or sans cela, cela me semblait trop, trop, trop. Ce n’était plus moi. Je ne me reconnaissais plus dans mes vêtements. Et c’est à ce moment là qu’arrivent perpétuellement les mêmes pensées :

Je pourrais me maquiller

Bien sûr.

Mon cerveau, adepte du chemin de pensée paresseux et traditionnel s’est dit que je si je voulais me sentir plus féminine, je pourrais me maquiller.

Avant de couper mes cheveux, je pensais même que ce serait l’occasion de commencer. Je pensais que j’en aurai envie une fois l’étape passée. La réponse est non. Toujours pas.

Je ne me suis jamais maquillé et l’envie n’est pas apparue comme par magie. Ne serait-ce qu’acheter un mascara signifierait acheter un démaquillant. Acheter un démaquillant signifierait acheter des cotons pour l’utiliser. Etc, etc. Commencer à me maquiller c’est laisser entrer tout un système dans sa salle de bain et ce système, je n’y adhère pas.

Je crois fondamentalement qu’il n’y a rien à « embellir » et que ce secteur nous pousse simplement à croire que l’on est pas assez ou que si vous l’êtes, c’est uniquement grâce à leurs produits. J’ai toujours intellectualisé le problème de la sorte : la problématique réelle est de m’accepter telle que je suis malgré les complexes. Et dans mon cas, je vois cette option du maquillage comme une béquille qui m’aiderait sûrement quelque temps mais qui finalement m’éloignerait encore un peu plus d’une acceptation pleine et entière de moi même.

Je devrais mettre mes boots à talons

J’adore les bottines. Avant, même si les talons n’étaient pas très hauts, les bottines faisaient partie de mon uniforme. Et puis les baskets ont refait leur apparition & maintenant leur confort incomparable me fait les choisir plutôt que mes fidèles bottines.

J’aime la sensation que j’ai en portant mes bottines. Avec, je me sens grande, forte, présente. Par contre, elles me font me sentir vulnérables le soir passé 23h, et que le « clac clac » de mes talons est pratiquement le seul son qui résonne dans les rues peu passantes de mon arrondissement. Les boots que j’aime tant, me donnent l’impression de trahir ma présence sur un radar alors que les baskets me rassurent : elles ne donnent pas ma position, et je peux partir en courant à n’importe quel instant. Alors, on s’entend bien, ça me rend furieuse de ressentir ça. Je ne pense pas qu’il soit normal de devoir activer le mode « survie » dès que je fous le pieds dehors mais que voulez-vous. J’essaye d’être toujours transparente avec vous dans la retranscription de mes sentiments et c’est la triste vérité : j’ai toujours peur. J’en suis là pour l’instant (mais pour ceux qui se demandent : oui, je fais des progrès avec ma psy sur ce sujet. J’ai des angoisses ciblées. Et je peux vous jurer que sous ces airs assez ridicules, ce n’est vraiment pas agréable à vivre quotidiennement)

Pour revenir au sujet des bottines (comment ça on parlait de cheveux à la base ?), ma réflexion m’amène encore ailleurs : je suis maintenant freelance, ce qui me permet de passer le plus clair de mon temps pieds nus. Je découvre donc, que lorsque je remets ces bottines, que je qualifiais pourtant moi même de « vrais petits chaussons », mon pied est maintenant inconfortable dedans. Ni plus, ni moins. Les bottines que j’ai ont des talons certes, peu hauts, mais malgré tout plus hauts que des bottines dites « plates » (mais qui ont en réalité quelques centimètres de talons). Ce dernier type de bottine, ne pose pas problème à mon pied. Par contre, mettez le dans les X cms de ma paire préférée, et hop, je comprends que c’est trop haut. Que ce n’est pas normal. Que la courbe que me demande la chaussure n’est pas faite pour mon pied.

Je suis déshabituée de l’inconfort permanent dans lequel je me trouvais. Je n’en avais même plus conscience, habituée par des années et des années de semelles courbées.

Je les portais 10 heures durant et tout allait bien.

Maintenant, l’idée de passer l’après-midi avec me fatigue d’avance et je pense au moment où je vais les enlever avant même de les mettre.

Je trouve ça fou.

Il est possible que vous vous sentiez un peu perdu à ce moment là de l’article: mais où ai-je envie d’en venir ? Ne vous inquiétez pas, je tiens la barre. Là où je veux en venir, la question fondamentale qui se cache derrière toutes mes réflexions est la suivante : c’est quoi la signification de la féminité pour moi (et uniquement moi) ? Maintenant que j’ai dit au revoir à une certaine forme de féminité, quelle est donc celle qui maintenant me semble pertinente pour moi maintenant ? Qu’est-ce que je projette derrière ce mot de « féminité » qui m’a si longtemps posé problème ? Qu’est-ce que je cherche ? Quelle est ma propre définition ? Comment je la vis, la ressens ? Je suis tiraillée entre mon intellect qui me dit que je n’ai pas besoin d’attribut matériel de féminité pour l’être, que féminin ou non, là n’est pas la question, que je dois « juste » me concentrer sur ce qui fait sens pour moi. Dans le même temps, je pense à pleins d’idéaux avec lesquels j’ai forcément grandi dont je n’arrive pas à savoir s’ils sont une véritable envie personelle ou simplement une envie de me réfugier dans une idée pré-conçue rassurante.

Quand j’ai coupé mes cheveux, je pensais juste continuer ma vie comme avant mais avec les cheveux courts. La réalité est finalement toute autre. Je comprends que je suis en pleine déconstruction. J’explose les murs de ma maison pour pouvoir faire une gigantesque rénovation, qui je l’espère sera positive. Je garde en tête que pour pouvoir arriver à mon but – un belle nouvelle maison avec des fondations remises à niveau – c’est normal de supporter des mois de travaux, de poussières, d’avoir des doutes, d’avoir l’impression de ne pas en voir le bout. Ce dont j’ai besoin : m’écouter, me faire confiance et être patiente.

Je sais que cet article est beaucoup trop long mais j’ai encore une pensée qui me vient systématiquement lorsque je pense au fait que je ne me reconnais plus dans le miroir et ensuite vous pouvez retourner vaquer à vos occupations :

Changer de garde robe, ce n’est pas écolo

Hey oui, je me suis dit ça régulièrement cette année. Beaucoup de nouveaux vêtements sont venus rejoindre mon placard pour m’aider dans mon exploration. Même si la plupart de ces pièces sont de seconde main, je suis embêtée de ne pas avoir mis d’autres pièces jusqu’au bout « juste » à cause de mes cheveux. Parfois ce sont des pièces qui me plaisent esthétiquement, je les aime sur le portant mais je ne les aime plus sur moi. L’enthousiasme n’est plus là. Ce n’est pas la lassitude, ce ne sont pas des achats impulsifs ratés. C’est simplement qu’ils ne me renvoient plus la même image qu’avant. J’ai du mal à m’en séparer (d’habitude je donne les vêtements dont je ne souhaite plus) car je n’ai pas vu ce revirement venir. Néanmoins, il ne fait aucun doute que je dois passer par là. Je fais ce que je peux pour limiter mon impact en choisissant de la seconde main en main propre de préférence.

Je vous en parlerais sûrement plus en profondeur dans le prochain article parlant de mes achats vestimentaires (qui arrivera en juillet normalement).

Pour conclure, je voudrais souligner un point qui me semble important : ce n’est pas parce que je me trouve dans un brouillard identitaire à l’heure où j’écris ces lignes que ma coupe de cheveux est un événement négatif. Toute expérience n’a pas à être « géniale » ou « nulle ». Je pense même que ce serait très enfantin de chercher coûte que coûte à simplifier un événement et à vouloir le mettre dans une case de cette manière.

Le changement, c’est souvent inconfortable. On va d’un point A à un point B, mais le chemin entre les deux est parfois sinueux, désagréable, challengeant, énervant, frustrant, tout ce que vous voulez. Malgré tout, ce n’est pas parce que ce n’est pas confortable sur le moment, que ce moment ne vaut pas la peine d’être vécue. Vous êtes peut être en chemin pour la meilleure aventure de votre vie mais vous ne le saurez que bien plus tard. Evoluer, ce n’est pas toujours joyeux et ça n’en met pas toujours plein la vue. Grandir, c’est pas toujours des grandes étapes aussi marquantes que de se couper les cheveux.

De mon côté je ne vois pas très bien où je vais, mais je savais juste que ma première étape était celle-ci. Point. Je n’avais pas réfléchir plus loin, je me doutais que le reste se déroulerait tout seul. C’est comme si j’avais mis un coup de pied dans la fourmilière des idées pré-conçues que j’avais sur ce qui faisait de moi Moi et qu’à partir de là je devais (re)commencer à construire. Ce n’est pas simple mais c’est le même engagement que j’ai pris envers moi même lorsque j’ai pris mon premier RDV chez la psychologue : je dois savoir. Pour moi. Je dois le faire pour moi.

Un café s’il vous plait #2: des livres, le ménage d’Instagram, prendre son temps

Deuxième édition de « Un café s’il vous plait »: une catégorie pour vous tenir au courant de mes questionnements, recherches, états d’âmes. L’idée est de partager avec vous où j’en suis sans forcément en faire un long article car tous les sujets ne s’y prêtent pas. C’est spontané, non réfléchi. Disons que c’est une légende Instagram en plus long 😉

C’est parti !

Boulimie de livres

J’ai des périodes comme ça où je ne peux pas m’empêcher de lire plusieurs heures par jour. On pourrait se dire que c’est génial et même donner l’impression que je suis Ô combien intellectuelle (alors que… vraiment pas) mais la vérité est que ces périodes concordent en général à celles où j’éprouve des difficultés dans certaines sphères de ma vie. Les livres deviennent rapidement ma béquille, mon échappatoire avec l’espoir de trouver des solutions au passage.

Alors depuis début décembre j’ai lu.

Je me suis dit que même si je n’avais pas encore trouvé les réponses à mes questions (normal, elles sont en moi et non pas perdues entre deux feuillets), je pouvais quand même vous parler des livres qui sont passés sous mes yeux.

  • Harry Potter 1, 2, 3
  • Chez soi, Mona Chollet
  • Tout Quitter, Anais Vanel
  • La Disparition de Josef Mengele, Olivier Guez
  • La Réconciliation, Lily Barbery
  • Le Silence des Etoiles, Sanaa K
  • Au Soleil Couchant, Hwang Sok-yong
  • Nosaka aime les Chats, Nosaka Akiyuki
  • Sorcières, Mona Chollet (en cours de lecture)
  • Everything is Figureoutable, Marie Forleo (en cours de lecture)

Je n’ai pas forcément envie de partager avec vous mon avis concernant ces livres car s’il y a bien un sujet où chacun a une sensibilité unique c’est la lecture. Alors même si certains livres m’ont moins parlé que d’autres, ce n’est pas dit qu’ils ne vous emporteront pas dans un tourbillon d’émotions et deviendront un souvenir marquant qui vous accompagnera tout au long de votre vie. Par contre, je peux vous dire que j’ai été happée par Harry Potter, encore et toujours. Ma dernière lecture remonte à 4 ans environ donc j’ai eu la joie de pouvoir re-découvrir certains passages que ma mémoire avait oublié, comblant les trous avec les adaptations cinématographiques. Il n’y a pas à dire: certes je n’ai jamais eu de doudou en peluche mais la série Harry Potter joue ce rôle.

Je ne sais même pas où j’ai trouvé le temps de lire tout ça. En me levant le matin, en faisant des petites pauses la journée, à la pause déjeuner, dans le train, dans le métro… Rares sont les jours où je n’ai pas été accompagnée d’un livre.

Ces périodes si particulières me rappellent celles de mon enfance où je lisais un livre par jour pendant les vacances d’été. Surtout un été particulier où je lisais, lisais, lisais. On m’avait expliqué que je devais me calmer sur la lecture et lire plus lentement. Mais tout ce que je retiens est cette sensation commune aux deux périodes : la peur du changement, le besoin d’être rassurée et de me sentir entourée grâce aux personnages des livres. Étonnement, je crois me souvenir que cette période précise concorde exactement avec les vacances où j’ai eu mes premières règles et donc mes premières journées à vivre recluse pliée en deux de douleurs (mais on avait pensé à une indigestion car je refusais d’admettre l’hypothèse des règles… Mais c’était avant de voir 2 jours plus tard que ce que je pensais être le pire était arrivé).

Instagram : Reprendre à zéro

Ceux qui me suivent sur Instagram ont peut-être remarqué une chose étrange : je n’ai plus de post visible sur mon compte. Ca m’a pris un matin. Sans crier gare. Il fallait que tout disparaisse. J’ai tout archivé avant même d’avoir fini mon petit-déjeuner. Ce n’était pas prévu, et je n’ai aucune idée de ce que je vais faire de mon compte.

Je n’y trouve plus ma voix.

Je n’arrive plus à savoir ce que j’ai envie de partager.

Et je me dis : le temps que je passe à écrire les légendes, ne serait-ce pas mieux que je le passe à écrire des articles ? De cette manière pas de limite de caractère, je peux m’épancher autant que je le souhaite.

J’ai aussi fait (encore et encore !) le ménage dans les comptes que je suis pour ne garder que ceux dont j’ouvre les stories (qui est pour moi le signe que j’ai envie de savoir ce qu’il se passe pour eux).

Parfois je me demande: mais elle serait comment ma vie si je n’avais plus ces points de comparaison constants dans ma poche ? Bien sûr, je trouverais la possibilité de me comparer autrement mais est-ce que cela réduirait l’opportunité ? Est-ce que m’éviter de voir autant d’images chaque jour me permettrait d’être moins tiraillée dans mes envies ?

Donc à voir, mon compte instagram est en friche et ce pour un temps indéterminé. Si cela vous intéresse, je pourrais bien sûr vous tenir au courant si je ressens des changements vis-à-vis de ma relation à Instagram. Pour l’instant, ce serait comme un break où j’ai besoin de prendre du recul. Qu’est-ce que je veux retirer de cette plateforme ?

30 jours de yoga

Comme vous avez pu le remarquer, je suis dans une période assez floue depuis quelques mois. Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que je me tourne toujours vers le yoga et la méditation lorsque j’ai besoin de retrouver mon chemin. Comme les livres, c’est devenu un réflexe avec le temps. Pendant que les livres me permettent de m’enfuir, et le yoga me force à faire face à mes émotions.

Je ne sais pas trop pourquoi, l’idée de faire 30 jours de yoga s’est immiscée dans ma tête.

Alors bien sûr, il y a le challenge de la chaîne Youtube Yoga with Adriene. Je n’ai jamais suivi le calendrier. J’ai déjà fait un des challenges mais en plein mois de juillet juste parce que j’en avais envie. Cette fois, en voyant la communication sur le compte Instagram d’Adrien Mischler, je me suis dit « mmh. Je peux toujours m’inscrire. ». On verra.

Finalement, et comme pour beaucoup de choses, j’ai eu envie de le faire à ma sauce.

Je garde ses vidéos comme base mais j’ai commencé les 30 jours le 30 décembre 2019 où le programme n’avait pas encore commencé. Aussi, certains jours je vais à des cours de yoga collectif, donc si je ne fais pas la vidéo du jour, je la fais le lendemain et ce n’est pas grave. Le jour où j’écris je ne suis qu’au jour 10 du programme alors que dans « mon » programme, j’en suis au quinzième jour dont 2 jours où je n’ai pas fait de yoga. Tant pis.

Je ne fais pas un challenge.

J’expérimente.

Il y a 2 jours où je n’en ai pas fait et je n’ai ni honte, ni ne ressent de culpabilité.

Ces sentiments n’ont pas leurs places dans ma pratique du yoga.

J’ai envie de voir ce que je ressens si je fais du yoga tous les jours. Ni plus, ni moins. Je veux juste essayer autre chose, bouger la routine et observer si cela provoque des émotions, des idées, des réponses. Je souhaite créer cette bulle dans mon quotidien où je peux juste être Là. Et rien d’autres.

De. La. Simplicité. (et pas de performance !)

(Si vous vous demandez combien de temps durent les vidéos du « vrai » challenge de Yoga With Adriene: la première dure 45 mins mais celles d’après sont autour de 25 minutes)

Et voilà, c’est fini pour aujourd’hui. Des petites réflexions concernant ma vie en ce moment. Est-ce que vous vous y retrouvez aussi ? Est-ce que vous aussi ces derniers mois sont pleins de questionnements, de remise en question ?

A très vite,

Sibylle

Un café s’il vous plait #1 – Définir des priorités, Yoga & Méditation, Faire un break, Résolutions 2020

Une année de Freelance bien remplie

Décembre commence à tirer sa révérence et la nouvelle décennie montre le bout de son nez. J’ai moins écrit cette année pour plusieurs raisons et l’une d’entre elle est que j’ai dû constamment prioriser, prioriser, prioriser.

J’ai compris il y a quelques années que pour que je sois bien dans ma tête, je devais faire attention à ce que j’acceptais dans mon agenda. C’est un réel problème de mon côté: je suis contente que l’on me propose des choses et lorsque j’entame une nouvelle semaine je découvre que j’ai plusieurs deadlines, plusieurs rendez-vous, plusieurs engagements, qu’ils soient pro ou perso. Je finis essorée, triste, une serpillière. Pour éviter cela, j’ai donc décidé de PRIORISER. Toujours, tout le temps. Même si cela a créé des frictions (et pas qu’un peu) autour de moi car cette année j’ai priorisé ma vie professionnelle.

C’est ma première année de freelance complète et j’avais des objectifs précis concernant la prospection, des stratégies à mettre en place, et bien sûr l’aspect financier.

Ce ne fut pas simple. Loin de là.

En Septembre j’ai dépassé le premier palier que je m’étais fixé.

Fin décembre, j’ai dépassé le deuxième palier.

Donc oui, j’ai fait face à de l’incompréhension dans ma vie personnelle, même peut-être à un peu de méchanceté sur certains bords, mais tant pis. Je ne pouvais juste pas tout faire pour tout le monde, et je savais que mes projets pro passaient cette année avant les desiderata des uns et des autres.

Cette année fut tellement riche à ce sujet. J’ai eu des projets intéressants, stimulants et de véritables rencontres humaines se sont passées. Je m’aventure dans 2020 avec le coeur rempli de joie avec la preuve que « le monde du travail » n’est pas un monde avec des personnes sans foi ni loi si vous arrivez à bien vous entourer. En 2019 j’avais eu de grandes déceptions mais 2020 m’a rassuré: les belles personnes existent, partout autour de moi et travailler ensemble est un régal.

La confiance en moi prend petit à petit racine et c’est un pas de géant.

A noter, si vous êtes intéressés par le sujet, je ne vais spécialement en parler beaucoup sur ce blog car j’en parle déjà beaucoup sur mon compte instagram professionnel ! Là aussi, dans la création de contenu, j’ai dû prioriser !

Du silence, de la méditation, et peu d’Asanas

Ces derniers mois marquent un tournant dans ma pratique du yoga. En 2018 j’avais besoin de feu, de suer, de me prouver que j’étais capable alors que 2019 m’a amené doucement vers l’introspection. Des moments de recueillement, de silence pour être plus à l’écoute de mon intuition. Le yoga nidra a pris une place de choix dans mon quotidien. Allongé, je me laisse emporter par les visualisations.

Je fais des pratiques près du sol, douces, qui me calment et me réconfortent. C’est comme si je n’avais plus envie de me prouver quoi que ce soit. Je sais que la force est là et ce dont j’avais besoin c’était surtout un long moment de calme. J’ai principalement pratiqué dans l’intimité de ma chambre (parfait pour une bonne chialade sur un Chien Tête en Bas bien placé) alors que l’année précédente était sous le signe de l’énergie collective.

En 2020 je chercherai peut être un peu plus l’équilibre en alternant plus souvent mes pratiques. Néanmoins, je ne peux que souligner l’importance de créer du temps pour être en silence avec soi même, sans bouger, sans se distraire dans le mouvement. J’ai connu des cours incroyables où le Vinyasa m’amenait dans un état de méditation complet mais je trouve ça tellement plus challengeant de faire cela sans bouger. On a tendance à fuir ces moments et la méditation m’aide à faire face finalement. Assise, je sens mon corps qui se tortille, ma tête qui se balance de droite à gauche, j’éprouve beaucoup de résistance à rester immobile.

Pour la période de Noël que j’ai passé auprès de mes parents, je me suis offert un pass dans un studio de yoga où j’ai pu prendre autant de cours que je le souhaitais pendant 10 jours. J’en ai profité pour tester les différentes alternatives et j’étais heureuse de voir dans le planning un cours de kundalini et de nidra disponible ! Je sais que je me répète mais dès que je recommence à faire du yoga plusieurs fois par semaine, j’ai cette sensation d’être de « retour à la maison » (-> dans mon corps). Il m’arrive parfois de ressentir à la fin du cours une chaleur qui se répand légèrement au dessus de mon nombril, une joie légère et innocente. La joie d’être là, rien de plus.

Faire un break

Si vous me suivez sur Instagram, vous savez peut-être que j’ai eu plusieurs problèmes techniques de natures différentes me forçant à réécrire partiellement cet article. Ce qui est étonnant c’est que ces problèmes surviennent à un moment où j’ai reçu plusieurs messages m’encourageant à faire une pause, une vraie. Une où je passe la journée à ne rien faire, à recharger mes forces pour l’année à venir. Pourtant, mon cerveau se dit plutôt l’inverse: pourquoi est-ce que je ne pourrais pas profiter de cette pause pour justement écrire un article ? Comme cela fait des mois qu’ils arrivent au compte goutte, cela semblait plutôt opportun d’utiliser ce temps libre.

Cette année j’ai eu beaucoup de mal à poser des mots sur les changements profonds en train de se faire. Je vois bien que j’ai fait énormément de progrès avec ma psychologue mais je n’ai pas le recul nécessaire pour écrire à ce sujet. Au début du processus, tout changeait tellement rapidement, tellement radicalement, qu’il n’était pas difficile de l’expliquer ou d’en parler: c’était visible, concret, tangible. C’était là et les changement étaient compréhensibles par tout le monde. Là, on rentre dans une zone beaucoup plus grise. Il n’y a pas de grand changement radical à la surface dont je peux témoigner car je suis dans une partie difficile à modifier.

Disons que j’imagine souvent ma vie comme un jardin. Au début, je désherbais, je taillais, je faisais des grands travaux en surface alors le résultat bien que demandant beaucoup d’efforts, donnait très vite des résultats dans l’esthétique du jardin. Je voyais bien qu’il était beaucoup mieux qu’avant, que je m’y sentais plus à l’aise. Là, je ne fais plus du jardinage paysager, je suis plutôt en train de changer l’éco système en profondeur et cela nécessite de mettre en jachère certaines partie du jardin, de retourner la terre, de remodeler tout ce qui s’y trouve. Donc c’est plus difficile de noter les avancements. Ils sont souvent de l’ordre du ressenti.

Par exemple, j’ai l’impression d’avoir une vision beaucoup plus tranchée des choses. Dans des moments d’intense émotions, une partie de moi se laisse encore emporter mais une autre reste de marbre, toujours stable et analyse la situation avec un recul étonnant. Ce n’est encore qu’un balbutiement, certes.

Des résolutions pour la nouvelle année ?

J’ai beaucoup aimé l’année dernière de décider d’un mot pour donner l’intention de l’année à venir. Le mot que j’avais choisi à l’époque était Libération, ce qui a très souvent trouvé écho au fil des mois. Il y a mille manières de se libérer… des idées reçues, des pensées limitantes, des habitudes qui ne vous apportent plus rien, des choses en trop dans votre vie, des injonctions que vous entendez autour de vous… C’était un mot assez fort et assez vaste pour me porter dans les moments de doute. Je savais que j’étais sur ma route et que je faisais ce qu’il fallait (pour moi).

Pour l’année prochaine, j’ai demandé à avoir du Courage.

Malgré toutes mes avancées cette année (je ne suis définitivement pas la même personne que celle de janvier dernier), je commence à rentrer dans une zone de forte turbulence dans ce grand chapitre de ma vie qu’est celui que je vis depuis quelques années et que nous pourrions appeler « Grand Ménage de Printemps ».

J’ai pu faire un bon état des lieux cette année et mieux comprendre certains endroits où le bat blesse dans mon cas pour me sentir bien.

Bien sûr, il y a en a certains qui me paraissent insurmontables.

C’est trop grand, ça me fait trop peur. Certains sujets me terrifient, je ne rigole pas.

Affronter ces situations me ramène illico à l’état d’un enfant apeuré, et c’est assez ridicule (mais faut pas avoir honte).

Donc voilà.

Après cette magnifique année où j’ai pu commencer à déployer mes ailes de manière assez fulgurante, j’espère que cette année m’amènera le courage nécessaire pour trier là où je dois trier, couper là où je dois couper, et dire non quand il le faut.

Et vous, c’est quoi le mot que guidera votre année 2020 ?

Vidéos, articles, podcast… : a-t-on toujours besoin de nouveauté ?

Bonjour tout le monde !

Le temps des fêtes n’est-t-il pas le moment parfait pour remettre en question notre consommation ? Bien sûr, le sujet est souvent axé sur les décorations de Noël, les cadeaux, les repas de fêtes… mais ces derniers temps, mon cerveau glisse régulièrement vers la problématique de notre consommation de biens culturels en général.

N’ayant pas posté sur ce blog depuis belle lurette alors que c’est contre tous les principes de blogging (pour avoir de la confiance, il faut de la régularité, grosso m*rdo), il me semble qu’il serait intéressant de vous livrer une partie de ma réflexion en cours.

La fréquence de la nouveauté

Initialement, ma première réflexion a été déclenchée récemment car je me suis (enfin ?) abonnée à des chaînes Youtube pour pouvoir facilement voir lorsqu’une nouvelle vidéo était postée. En regardant dans l’onglet dédié aux chaînes auxquelles je suis abonnée, les vidéos sont rangées chronologiquement. C’est-à-dire que je peux voir « nouvelles vidéos de cette semaine » par exemple. En observant cette page, alors que je ne suis pas beaucoup de chaînes, je me suis rendue compte à quel point on me donnait toujours de la nouveauté à me mettre sous la dent. Il m’est donc arrivée d’être estomaquée en voyant que je pouvais voir 10 nouvelles vidéos postées pendant une semaine et pourtant ne pas avoir eu la sensation que j’avais, finalement, été bien gâtée. Il y avait une différence énorme entre mon ressenti au quotidien (« boarf, rien de nouveau sous le soleil ») et la quantité visible dans cet onglet. Pourquoi donc ? J’avais le sentiment que je n’avais jusqu’ici pas apprécié à sa juste valeur la quantité astronomique de travail fourni par ces différentes personnes pour me tenir divertie. On voit la nouvelle vidéo, on clique, on cherche autre chose et la sensation de nouveauté s’affadit aussitôt.

Bien sûr, TOUT est forcément nouveau à un moment donné, donc ma réflexion ne porte pas sur le concept de nouveauté en tant que tel, la nouveauté est nécessaire et à l’image de l’évolution de l’humain, mais plutôt sur la fréquence à laquelle nous le consommons. Que ce soit par des vidéos, des podcasts, des articles, des photos sur instagram… Nous consommons pratiquement quotidiennement des choses qui nous sont nouvelles (même si le contenu n’est pas nouveau lui). Nous partons à la recherche de nouvelles sensations, ce qui est un comportement tout à fait compréhensible pour un être humain (?), mais qui pose question malgré tout.

Slow life : ralentir pour soi, mais laisser les autres ralentir aussi

Comme vous le savez sûrement déjà si vous êtes un lecteur de ce blog, j’affectionne le principe de « slow life » que je traduis personnellement par : une priorisation constante des tâches pour me permettre d’avoir du temps pour moi et me reposer. Pour simplifier, disons que tout ce qui n’est pas fondamental passe à la trappe, et tant pis pour le reste. Ce n’était probablement pas très important s’il n’a jamais été priorisé anyway (ou il arrive aussi qu’une tâche ne soit priorisée qu’au bout de plusieurs mois d’attente).

Or, si je souhaite m’accorder ce rythme de vie, je ne peux que comprendre que les autres fassent de même et cela signifie : être patiente. Rien ne m’est dû, et sûrement pas la création des autres.

J’entends de plus en plus parler de la pression que ressentent les créateurs de contenu professionnels. Ils savent qu’ils ont besoin de produire plus, régulièrement, de se renouveler mais pas trop pour ne pas perdre l’audience initiale, d’être présents sur les réseaux sociaux… A priori, ce n’est pas ce qu’on a envie de faire ressentir à son créateur préféré.

Je suis néanmoins rassurée en voyant certaines personnes dont j’apprécie le travail, qui ne postent pas leur contenu aussi régulièrement qu’auparavant mais dont la communauté reste présente. Les messages pour tenir au courant par ci par là suffisent pour l’entretenir. « Prends ton temps, nous t’attendons » c’est le genre de message que j’ai pu constater en commentaires des comptes instagram auxquels je pense.

Je me souviens dans mon enfance d’avoir patienté parfois plusieurs années pour avoir des nouveaux tomes de certains de mes livres préférés. L’attente ne m’a pas fait oublier que le livre existait, pas du tout. J’attendais (im)patiemment la sortie. Alors pourquoi ne le ferais-je plus maintenant ? Pourquoi est-ce que j’attendrais que quelqu’un poste toutes les semaines ? Tous les mois ?

Créer du contenu : on parle bien de création

D’un point de vue des mots, il est intéressant de voir qu’on les appelle des créateurs, alors que le système semble encourager la production à la chaîne (?). Bien sûr, en tant que designer je vois forcément l’aspect positif issu de la contrainte: en s’efforçant à produire différemment, on en vient à avoir des idées que nous n’aurions pas eues initialement mais en même temps, je vois bien que la création nécessite aussi du lâcher prise. Il faut laisser son cerveau relier des éléments ensemble, se laisser la possibilité de peaufiner un aspect qui nous parle particulièrement même si cela provoque un délai…

Créer, mettre au monde un projet, est un subtil équilibre entre deux polarités. Nous avons besoin d’un cadre pour nous assurer que nous ne retarderons pas à l’infini la fin d’un projet en dans le même temps nous devons nous octroyer la possibilité de relâcher la pression pour permettre à de nouvelles idées de faire leurs chemins dans le cerveau.

Chacun a sa propre sensibilité à ce sujet, donc certains pourront livrer rapidement du nouveau contenu pendant que d’autres mettront des mois à travailler le leur. Il n’y a pas une manière meilleure que l’autre, ce sont simplement deux systèmes que l’ont peut difficilement interchanger.

Re-découvrir ce que l’on connait déjà

Je vous en avais déjà parlé plusieurs fois, cette année j’ai lu beaucoup de livres mais je dirais qu’une bonne moitié d’entre eux s’avèrent être des livres que j’avais déjà lus. Cela m’arrive parfois en général, mais pas dans de si grandes proportions. Je ne relis généralement que des livres qui m’ont époustouflée et laissé une marque sur plusieurs années. Là, rien à voir, j’ai relu des livres que je n’avais lus qu’il y a un an ou deux. L’expérience fut concluante, me procurant exactement les mêmes sensations de joie qu’à la première lecture. Je ne m’étais pas ennuyée une seule fois. Je voyais des phrases que je n’avais pas prises en compte, tout en ayant la sensation d’un pull tout doux sur les épaules.

Réfléchissant à la notion de consommation et de valeurs à travers le minimalisme, il fallait bien à un moment se poser la question plus large que ce qui compose ma penderie : je consomme quoi ? Et du divertissement, j’en consomme beaucoup (à mon avis).

Pourtant, je me rends compte que j’aime revoir des vidéos que je connais déjà, j’aime relire des articles de blog qui datent de quelques années et que je connais déjà. Le contenu n’a pas comme but d’être publié puis périmé quelques semaines plus tard. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que j’ai envie « d’honorer » ce que la personne a créé. Elle a mis du temps, de l’énergie (peut être même du désespoir) dans l’espoir que nous prenions le temps de voir/entendre/profiter du résultat.

Alors, loin de moi l’idée de dire qu’il ne faut pas créer de la nouveauté (ce serait absolument stupide, pour toutes les raisons que vous pouvez imaginer), mais plutôt l’envie de prendre le recul de me demander : puis-je arrêter de me gaver de contenu ? Puis-je prendre mon temps ? Puis-je arrêter de me donner parfois la nausée quand je regarde trop longtemps Netflix ?

Donner de la valeur à la nouveauté

Voici donc mon intention posée. J’aimerais prendre plus de recul pour apprécier le contenu à ma disposition, et celui qui viendra sur mon chemin pendant les mois à venir. Ce serait bien que je freine sur ma tendance à mettre du bruit de fond pendant que je travaille, ma tendance à mettre des lives pendant que je fais la cuisine… Bref, que j’essaye de ne plus essayer vainement de me distraire à chaque « creux » de ma journée.

Pour conclure, je dirais simplement que dans les moments où je me surprends à consommer sans conscience, la phrase qui me vient en tête est que je suis en train de me « numb », d’éviter quelque chose, un sentiment qui me met dans l’inconfort. Ah, parce que l’ennui, ne rien faire, on n’est plus très habitué finalement. Numb c’est se désensibiliser, s’anesthésier en quelque sorte. Je le vois comme une technique d’évitement. Nous pourrions nous demander: qu’essayons-nous d’éviter ? Pourquoi ne rien faire nous met si mal à l’aise ? Pourquoi est-ce qu’on binge-watch (ou autres) ?

C’étaient mes 2 cents.

Je rends l’antenne.

A très bientôt !

Vivre sa féminité : et si on parlait ?

Note: Je parle de ma relation à la féminité dans cet article car c’est ma problématique du moment mais il peut s’appliquer beaucoup d’autres situations.

Ces derniers mois, une sensation particulière m’habite régulièrement et je souhaitais vous en parler mais trouver les mots pour rendre justice à mon ressenti m’est difficile.

Les blogs où nous partageons notre vie existent depuis bien longtemps. Pourtant, ce n’est seulement que depuis quelques mois que je vois l’importance que revêt ce partage dans la manière dont nous évoluons en tant qu’être humain. (Vous voyez, j’utilise déjà des grands mots, il va falloir s’accrocher)

En grandissant, les informations que je recevais sur la manière dont la vie était supposée se dérouler venaient beaucoup de médias comme la télévision, les magazines, les films, les livres. Or, il arrivait souvent que le message soit finalement biaisé : messages dans l’optique de vendre un produit par exemple. (J’ai longtemps hésité à mettre les livres dans ma liste mais il est vrai que certains livres que je lisais enfant étaient finalement un pur produit marketing faits pour que l’on aille regarder la série ou que l’on achète les 150 autres tomes)

Les produits culturels que je consommais en grandissant ont leur importance, mais bien sûr l’environnement direct joue un rôle prépondérant. Notre milieu social, notre école, nos amis, notre famille…

Pourtant, je me rends compte d’une chose uniquement maintenant, à 27 ans, que le partage autour de La Vie, ses nuances, ses obstacles, ses aspects sombres comme lumineux, n’ont que très rarement été abordés autour de moi. La pudeur probablement créant un terreau plus favorable au silence qu’à la discussion.

Maintenant, en 2019, je me fais régulièrement la réflexion que j’ai de la chance. Une chance énorme de pouvoir avoir accès direct au récit de vies sans intermédiaire pour modifier le contenu. Je ressens particulièrement cela pour tout ce qui concerne La Féminité en général.

Endométriose, cycle menstruel, violence, harcèlement, grossesse (ou non), fausse couche, PMA,…

Tout ça, ce sont des conversations qui ne me parvenaient pas.

Je vivais ma vie de « femme » (ugh) dans l’ombre, sans personne pour éclairer le chemin, partager son expérience, répondre aux questions. Je n’avais que mon intellectuel pour me guider.

Tout ce qui me parvenait était un contenu de seconde main, retravaillé, édité. Très peu de témoignages directs de femme à femme.

Pourtant, relativement tôt (?) je me suis penchée sur la question de la condition féminine (Il y a plus de dix ans maintenant, je choisissais « Momone » de Beauvoir comme nous l’appelions, en exposé de cours de français au lycée) mais tout ce que je savais, j’apprenais, que j’ingurgitais validait des sensations sur lesquelles je n’arrivais pas à poser des mots. J’avais conscience de la complexité de la situation que représentait le fait d’être une femme, mais cette lucidité sans avoir la capacité d’en parler a aussi renforcé mon besoin de protection et un sentiment d’injustice d’être née avec le sexe féminin.

Dès mon enfance, comme beaucoup de petites filles finalement, un rejet de cette féminité a pointé le bout de son nez. « Être une fille, c’est nul »

Et qui n’a pas été soulagée avec le temps.

Douleurs menstruelles, le lot quotidien d’être une adolescente et donc de se faire emmerder H24 dans la rue, les creeps sur internet, la demande constante de faire plus attention à soi « pour ne pas envoyer de mauvais messages » aux hommes (ugh), toujours être sur le qui vive (parce qu’on peut au choix: mettre de la drogue dans ton verre, te suivre dans la rue, te violer, te menacer avec un couteau, etc…)

L’environnement renforçait ce sentiment d’être une proie (et aussi faible, et aussi superficielle…).

Et c’est justement à cause de tout ce bloubiboulga de ressentis que je suis heureuse de vivre à cette époque où je vous lis au quotidien que ce soit sur instagram ou sur vos blogs. Je suis heureuse d’avoir des messages bruts, sans fioritures, qui parlent directement de votre histoire personnelle.

C’est une époque où nous parlons, directement entre nous.

Une époque où nous pouvons partager nos doutes, nos peurs, nos épreuves, nos joies.

Dans un sens le partage de témoignage a ce côté négatif qu’il vous confirme vos craintes : oui, les choses horribles existent, oui, tes peurs sont fondées, oui, tu peux mourir jeune, oui, tu peux avoir un cancer, oui, les grossesses peuvent mal se passer, etc.

Mais dans mon cas il me permet aussi de me sentir comme faisant partie d’un groupe qui s’écoute même si nous ne nous connaissons pas personnellement. Dans ma tête, j’utilise souvent le terme « guérison collective » mais je ne l’utilise que rarement à l’oral car il n’a pas de définition précise mais c’est de cette manière que j’exprime mon sentiment. J’ai la sensation que nous ne faisons pas que nous faire du bien de manière individuelle en parlant de soi, mais que nous permettons aussi à l’environnement autour de changer.

J’ai cette sensation étrange que par le fait que nous parlions chacune à notre manière des joies et des peines qui viennent ponctuer notre vie de « femme » (dans mon cas), nous permettons à l’Autre de ne pas avoir honte de ce qu’il traverse. Nous ne sommes pas seules.

Comme je le disais à mon copain la semaine dernière, une chose que j’apprécie lors des retraites de yoga où je suis allée, c’est qu’en rentrant je me rends compte que j’ai rencontré des femmes que je n’aurai pas rencontrées autrement. Les âges diffèrent, les métiers, les philosophies de vie. J’ai besoin de ça.

C’est une manière pour moi de me rassurer aussi: « tu vois, tu ne te sens pas à l’aise avec la notion de Féminité qu’on t’a vendue mais elle n’a rien à voir avec la réalité. La Féminité ce n’est pas être comme si ou comme ça. La Féminité c’est juste une relation personnelle que tu peux vivre de mille manières. Elle est diverse et unique à chacune. Tu n’as pas à rentrer dans des cases, tu peux souffler 2 minutes. »

Nous vivons tous notre expérience d’être humain de manière unique, et j’imagine que nous avons tous des choses à guérir. Alors parler de ce qui nous touche, de ce que l’on vit est important. Les choses deviennent vite tabou. Se mettre à nu fait peur. Il est souvent plus confortable de garder le silence, ce que je comprends amplement.

Pour conclure, je remercierais toutes ces femmes qui partagent leur expérience. Merci à vous. Merci de placer des petites lumières sur mon chemin. Merci d’indirectement m’aider à accepter cette « féminité » dont j’ai tant haï le concept.

« Ma vie n’a rien de spéciale » Message pour toi

Aujourd’hui, j’ai envie d’écrire pour toutes les personnes qui n’ont pas l’impression de ne pas être suffisamment bien car elles ont une vie que l’on pourrait qualifier de « banale ». Pas de hobbies original, pas de compte instagram avec une audience, pas de blog, pas de projet d’écriture, pas de potager, pas de passion pour la cuisine, pas d’envie de tricot… Qui vivent sans étiquettes à se mettre sur le dos pour renforcer leur identité. J’ai envie de rassurer les personnes qui se trouvent « sans talent » et qui n’ont pas l’impression d’être assez intéressantes pour avoir de la valeur.

Vous existez, et de par ce simple fait, votre valeur existe.

Elle n’est pas basée sur votre originalité, sur la réussite de vos projets professionnels, sur la taille de votre logement, ni sur vos finances. Vous êtes la personne avec le plus de valeur dans votre vie. Je répète: vous êtes la personne avec la plus de valeur dans votre vie. Vous. Si, si.

Vous êtes votre premier et dernier compagnon.

Vous avez bien sûr des personnes à qui vous donnez de la valeur, on s’entend. Vous aimez votre famille, vos enfants, vos amis. Mais si vous n’êtiez pas, ces personnes que vous aimez tant, ne pourraient pas vous aimer. Elles voient en vous des choses que vous ne vous autorisez probablement pas. Elles aiment votre humour, votre sens de l’observation, votre fidélité, votre sens de la justice ou que sais-je…

Parfois, je reçois des messages de personnes qui justement, se pensent inférieures. « moi qui n’ait rien de particulier… » et sont promptes à se rabaisser à la première occasion.

Vous voyez, parfois je ne sais pas quoi vous écrire, car après ces multiples revirements dont je vous narré l’évolution, la vie banale reprend son cours. Mon linge s’entasse, mes bonnes habitudes vont et viennent, et je perds de vue l’alimentation qui me fait du bien car je me retrouve prise par le rythme de la vie. Ma valeur intrinsèque, elle ne dépend pas de ça.

Pas besoin de grands mots, de grands changements ou de grands projets pour avoir votre place.

Si vous êtes heureux en rentrant le soir, chez vous, vous êtes là où il faut.

Vous vous sentez serein ? Vous êtes à votre place aussi.

Vous aimez votre CDI et vous avez envie de rester dans votre boîte le plus longtemps possible ? C’est génial, non ?

Célébrez, célébrez, célébrez!

Je l’ai toujours dit : j’ai utilisé des étiquettes tels que le mot « Minimalisme » ou le terme « Développement Personnel » par exemple pour aider à être catégorisé dans la tête des gens à la création du blog. On aime les petites boîtes, car on sait où aller pour revenir chercher de l’information plus tard.

Mais ici, c’est simplement mon journal de bord, mes réflexions.

Parfois, il n’y a rien à dire.

J’arrive pas à réduire à moins d’une tasse de café par jour.

J’arrive pas à démêler rapidement ce que j’aimerai chez la psy.

J’arrive pas à entretenir mes amitiés.

J’arrive pas à faire des lessives assez souvent et le panier finit par déborder.

Mais ce n’est vraiment pas grave.

Nos vies quotidiennes sont probablement toutes semblables à 80% et pourtant nous sommes persuadé que machin ou truc réussissent mieux, sont meilleurs que nous. C’est faux, bien sûr que c’est faux. Il me semble que l’essentiel est là : est-ce que je suis sur le chemin qui ME convient ? Est-ce que je suis en paix avec la direction que je prends ? Et je reviens toujours à la même chose : ma réponse est un « Oui » franc et simple. Pour toutes les choses listées ci-dessus, je trouve des dizaines choses qui contrebalancent. C’est ça l’important.

Si vous ne faites « rien de particulier » de votre vie (en vrai, je suis sûre que c’est simplement que vous n’avez pas assez de recul), on s’en fout. Si vous êtes biens à votre place, alors vous avez remporté le gros lot.

Vous êtes un être humain avec vos envies et vos émotions. C’est déjà bien assez de travail comme ça, si en plus tout le monde devait exceller dans un domaine, on ne serait pas sorti de l’auberge.

Donc voilà, c’est pour vous : si votre vie vous convient, vous pouvez être fier. Pas besoin de quoi que ce soit de flamboyant.

Si votre vie ne vous convient pas mais que vous essayez de mettre en place de nouvelles choses: vous pouvez être fier.

Si votre vie ne vous convient mais vous ne savez pas encore quel chemin prendre : vous pouvez être fier, car s’en rendre compte est le premier pas.