Couper ses cheveux longs pour une coupe garçonne: EP.3

Le moment tant redouté est arrivé : je laisse pousser mes cheveux ! Avec les différents confinements et ma vie sociale beaucoup plus tranquille que la normale, c’était « le moment ou jamais » pour passer les différentes étapes de la repousse de cheveux, sans trop de témoins de ces périodes de transitions pas forcément faciles à passer.

Les cheveux, cela pourrait passer pour un sujet superficiel. Comme je vous l’ai déjà dit dans un ancien article, ma position est qu’il ne faut pas nier les émotions et les questionnements que ce genre de sujet nous invite à explorer. Les cheveux ont une place énorme dans notre société. Ils disent des choses sur nous. Ils sont un des éléments clefs de notre « look », c’est-à-dire sur l’image que nous souhaiterions projeter (par exemple la classe sociale dans laquelle nous nous retrouvons ou à laquelle nous aspirons). Parfois, aussi, des éléments incontrôlés et incontrôlables qui disent d’autres choses de nous mais dont nous ne pouvons pas avoir conscience à moins que quelqu’un nous dise ce qu’il a pensé de nous lorsqu’il nous a vu pour la première fois. Impression bien entendu biaisée en fonction des préjugés de la personne. Difficile à démêler tout ça.

Et bien sûr, les cheveux et le choix de sa coupe sont encore fortement ancrés dans un imaginaire genré. Les cheveux longs majoritairement pour les femmes, les cheveux courts majoritairement pour les hommes. Le nombre de fois où j’ai pu entendre dans ma vie que les cheveux longs étaient un signe de féminité… ! 

Si vous avez lu les articles précédents à ce sujet, je pense que nous avons déjà abordé ces sujets mais il me semblait important de remettre un peu de contexte dans la mesure où mon dernier article sur la coupe courte date probablement de l’année dernière. 

Me revoilà donc repartie dans une nouvelle aventure à propos de mes cheveux courts mais qui n’a cette fois rien à voir avec la précédente. 

Me couper les cheveux, avec quelle facilité je l’ai fait.

Je suis venue, on m’a coupé les cheveux, j’étais heureuse, les coiffeuses étaient heureuses, mes proches étaient heureux, le monde n’était que joie fébrile et abasourdie par ce geste radical qui était de dire adieu à toute cette masse capillaire que j’avais si longtemps aimée. 

Couper les cheveux, cet acte libérateur a pris une heure. Un sparadrap que l’on enlève et hop, c’est fait. Une expérience grisante à vivre. Un shot d’adrénaline en ressortant du salon de coiffure en sentant le vent sur mon crâne.

Par contre, faire pousser mes cheveux là… Nous passons à une toute autre expérience. 

Ma dernière coupe courte date d’octobre dernier une semaine ou deux avant le confinement si mes souvenirs sont bons. Je suis donc actuellement à 6 mois de repousse et je peux vous dire que pour l’instant, c’est dur. Rien de grisant à l’horizon. Un exercice de patience qui n’est, de base, pas mon fort. 

Un mulet est apparu assez vite, et même si j’ai de la chance que la mode soit aux années 90, je dois vous avouer que c’est à ce moment là que ma confiance en moi durement acquise a commencé à s’effriter. Me regarder dans la glace est devenu difficile. J’ai vu le processus de dépréciation se mettre en place sans pouvoir agir. Si je voulais les cheveux longs, je devais passer par là. Il n’y a pas mille manières d’y arriver.

Comme cet article sera probablement le dernier de la série puisque nous clôturons un cycle, je dois vous parler de quelque chose. Cette expérience de coupe courte m’aura appris quelque chose d’important: mes grandes idées, mes grands idéaux, c’est bien beau. Mais entre la théorie et la pratique, il y a un gap.

Lorsque j’étais adolescente, j’aurais aimé être androgyne. J’ai énormément lutté mentalement parce que je ne me sentais pas « fille » et ne me retrouvais pas là dedans. Je me sentais floue, ailleurs, quelque part de non dit, jamais évoqué. En gros, quelque part où on me ficherait la paix sur tous ces concepts qui me provoquaient de la souffrance. Rétrospectivement, cela peut sembler con de se dire que ne pas avoir envie de se maquiller, pas envie de mettre de robe ou jupe, pas envie d’apprendre à marcher avec des talons, tout ce genre d’apparat puisse créer de la souffrance, mais dans le contexte de l’adolescence où on aimerait tant être dans la norme, c’est compréhensible. Sale période pour certains (tout le monde ?). 

J’ai ensuite beaucoup travaillé sur moi même pour accepter la part de moi même que l’on aurait tendance à nommer « féminine ». Tout du moins pacifier ma relation avec mon corps (parce que pour le reste, les apparats, on en est toujours au même point).

Tout cela pour en venir à un événement particulier : avec les cheveux courts, on m’a appelé monsieur et contre toute attente j’ai été complètement déstabilisée. Je suis sortie de mes rails. Je me suis sentie mal. 

J’ai remarqué à quel point je ressassais le moment et à quel point je me sentais inconfortable. Et lorsqu’il y a un inconfort de ce genre là, c’est qu’il y a terreau propice pour déconstruire une pensée. C’est là la leçon majeure : déconstruire une pensée théoriquement, c’est super, par contre être suffisamment honnête pour attraper au vol la pensée dans sa vie quotidienne et se dire « tiens, tiens qu’est ce qu’il y a là dessous, autopsions la » c’est autre chose. 

Mon premier réflexe a été la honte car j’avais la sensation d’avoir failli à mes idéaux, à mon système moral. C’est-à-dire que pour moi la richesse réside dans le fait de permettre à chacun d’explorer les nuances des genres. Or, la pensée que j’ai eue (« il m’a dit monsieur -> il n’a pas vu que j’étais une femme -> je suis donc une femme moche ») était l’expression de la petite fille en moi qui voulait tellement, tellement rentrer dans le moule et me voir dans le regard de l’autre comme jolie, ce que le « bonjour monsieur » n’impliquait pas dans ce schéma de pensée. Cet événement me mettait face à mes contradictions et en général, on aime pas ça.

Pourquoi je parle de ce moment ? Car je trouve qu’en général on parle beaucoup de principes et peu de mise en pratique de ses valeurs. Parfois faire ce travail ressemble à du désherbage. Il faut faire le ménage dans toutes les plantes dont vous ne voulez plus dans votre jardin. Il faut les déraciner. Or, si vous ne faites que faire des moodboards sans jamais passer à l’action, votre moodboard est très joli mais ne deviendra jamais concret.

Pour en revenir aux cheveux qui repoussent (oui, je sais, je vous balade un peu dans tous les sens dans cet article, vous me suivez encore ?) : j’ai atteint une nouvelle zone d’inconfort. Déjà de par le temps nécessaire mais surtout par la difficulté de subir son apparence. D’un point de vue confiance en moi, la repousse a tout dévasté. Je me sens laide du matin au soir et chaque coup d’oeil dans le miroir me peine. J’ai beau me dire que n’importe quelle coupe peut être bien si la personne qui la porte l’assume fièrement… je n’y arrive pas. L’état de mes cheveux n’est pas en cohérence avec l’image que je souhaite renvoyer et c’est beaucoup plus pesant qu’il n’y parait. J’aimais l’image que renvoyait mes cheveux longs avec ma frange, j’aimais l’image de mes cheveux courts. Mais le chantier d’une repousse ce n’est qu’un amas de cheveux avec des longueurs différentes partout. Il n’y a aucune affirmation derrière à part l’image d’un certain laisser aller. J’ai du mal à accepter que cela se déroule au même moment où je rencontre de nouvelles personnes puisque j’ai déménagé l’année dernière. Je pense à toutes ces personnes qui n’ont que cette image que je déteste comme référence. 

Il y a sûrement quelque chose d’autre de caché derrière ça. Ce surgissement du rejet envers moi même m’envoie un signal. Je ne sais pas encore le déchiffrer, mais il est là. Possible que ce soit aussi parce que mon choix de faire repousser mes cheveux a été lié à une situation extérieure non choisie (les confinements) plutôt que comme une envie réelle de changer. A creuser ! Pour sûr, je me recouperai les cheveux en coupe garçonne à l’avenir, malgré la repousse qui m’attendra au tournant.

Finalement, vous ne trouvez pas que les cheveux sont un sujet bien plus profond qu’il n’y parait ? 🙂

Article à la cool : je regarde quoi sur youtube en ce moment ?

Est ce qu’en ce jour férié un petit article sans prétention vous ferait du bien ?

Je vous parle régulièrement du fait que le premier confinement m’a fait découvrir beaucoup de chaînes youtube. Avant, certes je regardais quelques chaînes plutôt « gaming » (alors que je ne joue absolument pas aux jeux vidéos… Allez comprendre !) mais maintenant le vlog s’est beaucoup imposé dans mon temps passé sur la plateforme.

Je vous mets une vidéo par chaîne pour vous donner un aperçu de ce que j’apprécie dessus 🙂

Préambule : je préfère prévenir ceux qui cherchent du contenu éco responsable sur youtube que ce n’est pas du tout ce que je consomme dessus. A part regarder de belles tiny houses, je n’ai rien sur ce créneau dans mes abonnements !

Q2HAN

La chaîne que je préfère dans celles que j’ai découvertes cette année. Je vois une nouvelle vidéo, qu’importe le titre, je vais me poser et regarder. Les deux jumelles me font tellement rire et leurs sens de l’esthétique dans les parties contemplatives de leurs vidéos me parle. Je gagne toujours quelques points de bonne humeur après avoir regardé une de leurs vidéos. Je reviens aussi régulièrement sur des vidéos que j’ai particulièrement aimé lorsque l’envie me dit.

MICHELLE CHOI

Michelle est une youtubeuse qui a déménagé à NYC il y a 1 an après plusieurs années à Séoul pour ses études. J’ai découvert sa chaîne car le titre « Living Alone Diaries » m’avait interpellé puisque pendant le premier confinement je redécouvrais la joie d’habiter seule tout en y étant forcée par la force des choses.

ASHLEY B CHOI

J’ai découvert Ashley grâce à la vidéo que je vous ai mis ci-dessus. Elle faisait partie d’un groupe de Kpop jusqu’à ses 28 ans et s’est donc retrouvé à découvrir ce qu’est l’indépendance à ce moment là. Au moment où je découvrais sa chaîne (probablement une recommandation que j’ai eu en regardant Michelle Choi), j’étais pile poil en train de me demander si moi aussi j’avais les ressources nécessaires pour y arriver par moi même.

ROWENA TSAI

Ici on parle productivité, finance, bien-être,… Bref, on décortique sa vie sous bien des aspects pour essayer de la modeler de manière à s’y sentir bien dans sa tête, bien dans son corps et bien dans son taff 🙂

Et c’est grâce à un commentaire sur ce blog que j’ai pu découvrir cette chaîne !

SUZINNE

Vous aimez les plans contemplatifs ? Vous aimez observer les gens dans leur vie quotidienne ? Vous aimez les petits chats mignons qui viennent s’installer sur les clavier pendant que vous travaillez ? Cette chaîne est pour vous !

Pensez à activer les sous-titres anglais pour cette chaîne (sauf si vous parlez coréen bien sûr).

BEST DRESSED

Cette chaîne est plutôt tournée vers la mode ce qui ne m’intéresse pas forcément (par exemple je ne regarde pas de vidéo du genre « 30 fall outfit ideas ») mais je regarde plutôt les vidéos axées vlog ou déco. J’aime le sarcasme donc j’y trouve mon compte !

ESTEE LALONDE

Ici aussi, une chaîne qui initialement parle d’un sujet qui ne me parle pas du tout : les produits de beauté. Par contre, j’y adore les vlogs. Estée se montre vulnérable, franche et en bonus pour les gens comme moi, elle a un chien !

Et voilà, en espérant vous donner de quoi vous mettre sous la dent pendant quelques temps 🙂

Comment prendre un tournant dans sa vie

Et me revoilà encore, deux ans après le lancement du blog, deux ans après avoir démissionné, deux ans après avoir lancé mon entreprise, deux ans après avoir commencé une psychothérapie, à prendre un virage dans ma vie.

Cette fois, j’ai décidé de déménager.

Après des années à me plaindre que je souhaitais quitter Paris mais ne sachant pas réellement où je sentais l’envie de poser mes valises, je n’en pouvais plus de m’entendre répéter le même refrain. Le confinement m’aura enfin donné la réponse à ma question, tant de fois posée, mais toujours restée en suspend. Face à mon indécision, une amie me disait régulièrement que si la réponse n’était pas claire, c’est probablement parce que je ne me posais pas la bonne question. Là, la question n’était plus « où as-tu envie d’aller vivre ? » mais « s’il y avait un confinement et que tu pouvais choisir où le passer, où serais-tu ? » et là, la réponse est venue naturellement. J’étais assise sur le lit, les jambes croisées, le dos droit, et c’était tellement évident que j’ai reconnu la voix de mon intuition. Je savais que c’était ça qu’il fallait faire. Repartir vivre dans mon ancienne ville. Que ce n’était pas pour la vie, que si je changeais d’avis dans les années à venir, je pourrais encore une fois prendre un autre virage. C’était ce que je devais faire maintenant.

Si je vous en parle c’est parce que j’ai remarqué une chose dans mes discussions autour de moi : le doute qui m’a habité pendant si longtemps, nous sommes plein à vivre avec. Comme un gros cailloux bien lourd qui nous empêche d’avancer et que l’on continue de trimballer absolument partout avec nous alors que ce cailloux, on était pas obligé de le ramasser sur le bord de la route à la base.

Lorsque j’ai démissionné on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai lancé mon entreprise on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai coupé mes cheveux on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai déménagé on m’a dit : tu as du courage

Pourtant, ces actions ne m’ont pas vraiment demandé du courage (en tout cas pas comme je l’entends).
Je n’ai rien fait que de répondre à mes besoins d’abord, et ensuite à ma curiosité naturelle.

Ce n’est pas du courage ou de la bravoure, je veux dire … je n’ai pas risqué ma vie en faisant ça. Les risques étaient calculés (un minimum, je ne suis pas d’une nature téméraire puisque je suis terriblement anxieuse). Ma curiosité était la plus forte et je savais que si je tombais, si je me ramassais, il y aurait bien un moyen d’une manière ou d’une autre de changer de voix.

Bien sûr que je comprends que lorsque l’on a une famille etc, les choses sont différentes, donc je m’adresse plutôt aux personnes comme moi qui ne sont pas mariés, n’ont pas d’enfants, pas de crédit sur le dos, et qui pourtant vivent leur vie comme s’ils étaient pieds & poings liés au projet professionnel qu’ils se sont un jour imaginés (probablement influencé par leurs amis & leur famille).

Le point important à souligner, il me semble, est que je ne sais jamais si « je prends la meilleure des décisions ». Ce que je sais, par contre, c’est que je prends une bonne décision en fonction des informations que j’ai à ma disposition à ce moment là, c’est tout.

J’essaye d’avancer dans ma vie en me disant qu’il y a des périodes, des cycles, et que parfois certains se finissent et que nous devons en faire le deuil. Je sais que nous avons toujours envie d’aller vers « le mieux » mais parfois il faut se demander qu’est-ce que « le mieux » signifie pour soi même (et non pour les autres). Aussi, j’aime voir ces cycles comme étant des petites vies à part entières qui sont tout simplement différentes d’avant. Cela m’aide à les vivre sans être dans un état mental de comparaison mais de simplement la vivre pour ce qu’elle est : différente. Pas moins bien, ou mieux. Juste différent.

J’ai donc déménagé, il y a des choses que je ne peux plus faire, des choses nouvelles que je peux faire. L’important pour moi à l’instant où j’écris, est de savoir si au global ma balance « émotionnelle » est positive ou négative. Car l’idée n’est pas d’être inactif si l’on va mal. C’est l’inverse. C’est de savoir dire « au revoir » aux choses lorsqu’elles ne nous conviennent plus, sans être alourdi par le poids du doute voire pire, du regret.

Est-ce que j’ai eu peur à chaque virage dans ma vie ? Bien entendu. Je continue à avoir peur, toujours. C’est dans ma nature de l’être. Néanmoins, à force de travail pour dépasser les peurs infondées qui m’habitent, je commence à les apprivoiser et à comprendre le vrai message qu’elles souhaitent me faire passer (peur de la mort, peur d’être rejetée, …).

Est-ce que je regrette une de mes décisions ? Pour l’instant, aucune.

Un café s’il vous plait #3: Rouen, Solitude & Autonomie

Deuxième édition de « Un café s’il vous plait »: une catégorie pour vous tenir au courant de mes questionnements, recherches, états d’âmes. L’idée est de partager avec vous où j’en suis sans forcément en faire un long article car tous les sujets ne s’y prêtent pas. C’est spontané, non réfléchi. Disons que c’est une légende Instagram en plus long 😉

C’est parti !


Je suis à Rouen pour le mois de mars. Cette idée m’est venue un dimanche matin, de nulle part. J’étais dans ma chambre à Paris, épuisée et à bout par de mois difficiles dans cette ville, l’envie de prendre l’air se faisait de plus en plus impérieux sans que je n’arrive à définir ce que je devais faire. Je ne savais pas comment faire pour déménager, ni même où aller. Lorsque j’avais partagé ma frustration avec ma psychologue sur mon incapacité à prendre les choses en main, elle m’avait répondu que c’était normal que je n’y arrive pas car je n’étais pas prête émotionnellement. Sur le moment, ce fut un coup dur. Comment ça je n’étais pas prête émotionnellement ? J’étais en colère mais avec le temps j’ai appris qu’en général, elle voyait des choses que je ne voyais pas encore et qu’elle avait probablement raison. Quelques jours plus tard, j’allais rejoindre une amie et nous discutions de ma situation. Je lui fis part de ma frustration vis-à-vis de la situation et de la colère que j’avais ressenti face à ma psy. Avec la sagesse qui la caractérise, elle me dit qu’en effet peut être que déménager était peut être une étape trop grande pour moi à l’heure actuelle (en février donc) et que je devrais me demander s’il n’y avait pas d’étapes intermédiaires qui pourraient m’aider. Cela cogitant sagement dans l’arrière de ma tête, l’idée a donc éclo dans mon esprit un dimanche matin. Rouen, une ville que je n’avais visité qu’une fois une journée d’été. J’avais trouvé cette ville charmante. Pourquoi ne pourrait-elle pas être mon étape intermédiaire ? Je le voyais comme le moyen de me désengluer de ma situation. S’il y a bien quelque chose que j’ai appris ces dernières années, c’est que souvent, il suffit d’un mini mouvement vers une direction pour dérouler tout une suite d’événements innattendus. Alors si le risque n’est pas élevé, autant y aller. J’ai sû que cette idée était la bonne lorsqu’en 30 minutes, je trouvais un nid dans lequel m’installer pour ce mois de découverte et de convalescence. (Merci Eva ❤ Et Gwen ! Et Guillaume !)

Lorsque le projet prenait forme, je ne pensais pas que ce mois à Rouen prendrait la forme d’une convalescence. Pourtant, je quittais Paris à fleur de peau et au fond du trou. Ce que j’expliquais à ma psy avant de partir est que mon humeur au jour le jour n’était pas triste. En surface, je n’étais pas brisée mais je sentais qu’au fond de moi, dans les tréfonds, le désespoir se faisait entendre. Je ne rêvais plus que d’une nuit complète sans être réveillée par le chauffe eau (qui ne marchait pas depuis des mois, et dont il a fallu 4 réparateurs différents avant qu’il soit changé. A noter : J’ai dû attendre 3 semaines pour le premier RDV. 2 semaines pour le deuxième, etc), le radiateur qui me réveille à 4h du matin, qu’on ne peut pas purger nous même car va savoir pourquoi c’est attribué à la co propriété et enfin mon frère qui se réveille parfois à 4h du matin ou 6h du matin mais généralement à 7h15, donc avant moi. Quand votre rêve le plus cher devient une nuit de sommeil, il y a de grande chose que votre désespoir se fasse entendre aussi. Surtout si comme moi, vous avez besoin de 9h complètes pour fonctionner.

Je suis arrivée le weekend dernier. Je vous écris et cela fait pile une semaine.

En trois jours, les tensions qui me mettaient mal à l’aise dans mon dos tendu à l’extrême se sont apaisées d’elles même. Je sens qu’il y en a encore mais mon dos retrouve une douceur oubliée. L’environnement dans lequel je me trouve est plongé dans un quasi silence permanent. Pas de travaux (oui, car ça aussi, c’est un problème que j’avais à Paris. Mon immeuble semble constamment en travaux, et quand ce n’est pas le mien, c’est celui d’en face, etc). Pas d’enfants qui dévalent les escaliers en criant. Je peux rester la journée durant dans l’appartement sans que personne ne sonne, personne ne rentre, personne ne vienne. Pas de livreur. D’arnaqueurs sous couvert d’être ramoneur (je vous jure. Vivre dans un immeuble avec des retraités c’est se méfier de chaque personne qui sonne à la porte). Pas de réparateur. Rien. Je suis SEULE. Mon isolement n’est rompu que lorsqu’un chat miaule sur le palier et que je dois l’avouer, je vais vite regarder s’il est à proximité pour pouvoir lui faire des gratouilles pendant quelques minutes.

Je dors. Dans un quasi silence complet. Je me sens comme une plante désséchée qui retrouve petit à petit la vie.

Il faut comprendre une chose, j’ai 27 ans et je n’ai jamais habité seule.
Ayant fait mes études dans la même ville que mes parents, j’ai habité chez eux pendant tout ce temps (ce qui ne m’a pas posé de problème d’ailleurs, l’espace y étant grand, je m’y sentais très bien)
J’ai pu goûter à cette joie de la solittue pendant 2 mois lors de mon premier stage. Lors de mes 6 mois au Canada, j’étais en colocation. Ensuite, lors de mon stage de fin d’études de 6 mois, j’ai vécu finalement 3 mois avec mon copain. Pendant 2 mois dans mon logement car il n’avait pas de logement au début et 1 mois à la fin car à l’inverse, c’est moi qui n’avait pas de logement. Depuis, j’habite en colocation avec mon frère.

27 ans et les seules miettes de solitude que j’ai pu m’accorder ont été de 2 mois en 2012~, 3 mois en 2015, 1 mois en 2020. 6 mois en 27 ans. Y’a un soucis quelque part.

Rouen, donc. On y revient.

Le quartier où je suis est rempli de chats. Ils sont partout et pour mon plus grand bonheur ils sont majoritairement friands de contact humain. Ils viennent, ils parlent, ils marchent à mes côtés pendant quelques mètres. La présence animale me manque constamment à Paris, cela n’a rien de nouveau, je ne vais pas revenir là dessus.

Hier, alors que je suis allée me chercher un plateau de sushis végétariens, j’avais dans les oreilles mes écouteurs avec de la musique pop à fond. C’est un détail mais étrangement, cela ne m’arrive pas souvent. Je sais que mon humeur est au beau fixe lorsque l’envie me vient de marcher, musique dans les oreilles, et la sensation de voir un film se dérouler devant nous. Sur le chemin de retour, les skaters roulaient sur le parvis et pendant qu’ils glissaient sur leur planche, je me sentais glisser de la même manière. J’étais légère, tout était fluide et joyeux.

A Paris, je perds très rapidement mes résolutions de ne pas laisser mon emploi du temps se surcharger. Je me retrouve avec des gens à voir tous les soirs, et c’est pour vous dire, j’ai d’abord écrit « je me retrouve avec des choses à faire tous les soirs ». Lorsque je laisse mon emploi du temps se remplir, je transforme des moments agréables en des tâches à cocher dans une to do list. Ce n’est bénéfique pour personne. Mes amis me retrouvent épuisée. C’est rarement le fun quelqu’un d’épuisé.

Ici, je me retiens. J’ai vu des ateliers qui m’intéressaient dans des studios de yoga mais j’ai décidé de ne pas m’inscrire. De ne RIEN mettre dans mon agenda. Je dois me réapproprier mon temps. Mon temps, n’est pas là pour être rempli. Pour l’instant, il est vrai que je me distrais, je regarde des vidéos youtube, j’écoute beaucoup de podcast. J’aimerai réussir à me dégager quelques jours pour n’être que dans le silence loin des écrans. A voir si j’arrive à passer le cap. Si j’y arrive, soyez sûrs que je vous écrirais un article à ce sujet 😉

Rouen est agréable. Le centre ville a le charme de l’ancien et je continue à m’émerveiller devant l’architecture. Je continue à découvrir des petites rues et petit à petit j’élargis mon champ d’exploration. Il y a un point sur lequel je n’ai pas encore réussi à m’habituer. C’est un détail et pourtant il me déstabilise à chaque fois. Il y a des passages piétons sans feux. Les voitures laissent passer les piétons. Voilà. On en est à ce stade. Je m’émerveille juste parce que les gens respectent le code de la route. En bas de chez moi, à Paris, nous avons des passages piétons sans feux. Il m’est déjà arrivé d’attendre douze voitures avant qu’une accepte que je traverse. Une personne âgée est morte à cet endroit d’ailleurs, il y a quelques années. Les traces de sang qui ont persisté le lendemain m’avaient choqué. Et lorsque j’en ai parlé à des personnes véhiculées dans Paris, tout de suite le sujet a provoqué de l’énervement « Oui mais si tu savais, c’est horrible de rouler dans Paris ! On s’arrête tous les 15 mètres pour des feux ! Alors si en plus on laissait passer les piétons ! »…

Ici, on me laisse passer. Et je n’ai pas peur de me faire rouler dessus. Voilà. Je sais que c’est mon hypersensbilité qui parle, parce que 99% des gens n’y prêteront pas attention, mais je ne peux m’empêcher d’observer ce genre de choses. Elles disent beaucoup sur l’ambiance d’une ville.

Je flâne, je me balade. Je travaille, aussi. J’ai cette chance de pouvoir emporter avec moi mes sources de revenu. Je suis heureuse d’avoir cette possibilité.

J’ai acheté un sweatshirt rose bonbon dans une frippe. Il s’accorde parfaitement avec mes vans qui ont du rose bonbon sur le côté. Avec mon manteau moumoute on dirait un fluokid de 2005. Je me sens un peu ridicule dans cette mini crise d’ado. Je me demande si on me confond avec les lycéens ou les jeunes étudiants. Je ne me reconnais toujours pas dans le miroir, mais je laisse couler. Ce n’est pas grave. Ca reviendra. Il n’est pas agréable d’être en période de recherche, c’est inconfortable mais cette étape est nécessaire. J’en suis convaincue. (Oui, je me répète par rapport au dernier article, mais ça me trotte dans la tête en ce moment, que voulez-vous !)

Pour la première fois de ma vie, j’ai envie d’aller au spa. J’ai envie d’aller dans cet endroit élégant et luxueux où je prendrais soin de mon corps de manière différente de ce dont j’ai l’habitude. C’est étonnant cette envie soudaine de luxe. Qui vient en parallèle avec ma joie de trouver un sweat de mes rêves à 10€ dans une fripperie. J’aime beaucoup cette ambivalence.

Donc voilà, ma vie pour l’instant est la suivante : je travaille, je me repose, je me balade. Repeat.

Je crois que je suis réellement en train de « prendre soin de moi » car je créée un espace où le silence me permet de m’entendre.

Un café s’il vous plait #1 – Définir des priorités, Yoga & Méditation, Faire un break, Résolutions 2020

Une année de Freelance bien remplie

Décembre commence à tirer sa révérence et la nouvelle décennie montre le bout de son nez. J’ai moins écrit cette année pour plusieurs raisons et l’une d’entre elle est que j’ai dû constamment prioriser, prioriser, prioriser.

J’ai compris il y a quelques années que pour que je sois bien dans ma tête, je devais faire attention à ce que j’acceptais dans mon agenda. C’est un réel problème de mon côté: je suis contente que l’on me propose des choses et lorsque j’entame une nouvelle semaine je découvre que j’ai plusieurs deadlines, plusieurs rendez-vous, plusieurs engagements, qu’ils soient pro ou perso. Je finis essorée, triste, une serpillière. Pour éviter cela, j’ai donc décidé de PRIORISER. Toujours, tout le temps. Même si cela a créé des frictions (et pas qu’un peu) autour de moi car cette année j’ai priorisé ma vie professionnelle.

C’est ma première année de freelance complète et j’avais des objectifs précis concernant la prospection, des stratégies à mettre en place, et bien sûr l’aspect financier.

Ce ne fut pas simple. Loin de là.

En Septembre j’ai dépassé le premier palier que je m’étais fixé.

Fin décembre, j’ai dépassé le deuxième palier.

Donc oui, j’ai fait face à de l’incompréhension dans ma vie personnelle, même peut-être à un peu de méchanceté sur certains bords, mais tant pis. Je ne pouvais juste pas tout faire pour tout le monde, et je savais que mes projets pro passaient cette année avant les desiderata des uns et des autres.

Cette année fut tellement riche à ce sujet. J’ai eu des projets intéressants, stimulants et de véritables rencontres humaines se sont passées. Je m’aventure dans 2020 avec le coeur rempli de joie avec la preuve que « le monde du travail » n’est pas un monde avec des personnes sans foi ni loi si vous arrivez à bien vous entourer. En 2019 j’avais eu de grandes déceptions mais 2020 m’a rassuré: les belles personnes existent, partout autour de moi et travailler ensemble est un régal.

La confiance en moi prend petit à petit racine et c’est un pas de géant.

A noter, si vous êtes intéressés par le sujet, je ne vais spécialement en parler beaucoup sur ce blog car j’en parle déjà beaucoup sur mon compte instagram professionnel ! Là aussi, dans la création de contenu, j’ai dû prioriser !

Du silence, de la méditation, et peu d’Asanas

Ces derniers mois marquent un tournant dans ma pratique du yoga. En 2018 j’avais besoin de feu, de suer, de me prouver que j’étais capable alors que 2019 m’a amené doucement vers l’introspection. Des moments de recueillement, de silence pour être plus à l’écoute de mon intuition. Le yoga nidra a pris une place de choix dans mon quotidien. Allongé, je me laisse emporter par les visualisations.

Je fais des pratiques près du sol, douces, qui me calment et me réconfortent. C’est comme si je n’avais plus envie de me prouver quoi que ce soit. Je sais que la force est là et ce dont j’avais besoin c’était surtout un long moment de calme. J’ai principalement pratiqué dans l’intimité de ma chambre (parfait pour une bonne chialade sur un Chien Tête en Bas bien placé) alors que l’année précédente était sous le signe de l’énergie collective.

En 2020 je chercherai peut être un peu plus l’équilibre en alternant plus souvent mes pratiques. Néanmoins, je ne peux que souligner l’importance de créer du temps pour être en silence avec soi même, sans bouger, sans se distraire dans le mouvement. J’ai connu des cours incroyables où le Vinyasa m’amenait dans un état de méditation complet mais je trouve ça tellement plus challengeant de faire cela sans bouger. On a tendance à fuir ces moments et la méditation m’aide à faire face finalement. Assise, je sens mon corps qui se tortille, ma tête qui se balance de droite à gauche, j’éprouve beaucoup de résistance à rester immobile.

Pour la période de Noël que j’ai passé auprès de mes parents, je me suis offert un pass dans un studio de yoga où j’ai pu prendre autant de cours que je le souhaitais pendant 10 jours. J’en ai profité pour tester les différentes alternatives et j’étais heureuse de voir dans le planning un cours de kundalini et de nidra disponible ! Je sais que je me répète mais dès que je recommence à faire du yoga plusieurs fois par semaine, j’ai cette sensation d’être de « retour à la maison » (-> dans mon corps). Il m’arrive parfois de ressentir à la fin du cours une chaleur qui se répand légèrement au dessus de mon nombril, une joie légère et innocente. La joie d’être là, rien de plus.

Faire un break

Si vous me suivez sur Instagram, vous savez peut-être que j’ai eu plusieurs problèmes techniques de natures différentes me forçant à réécrire partiellement cet article. Ce qui est étonnant c’est que ces problèmes surviennent à un moment où j’ai reçu plusieurs messages m’encourageant à faire une pause, une vraie. Une où je passe la journée à ne rien faire, à recharger mes forces pour l’année à venir. Pourtant, mon cerveau se dit plutôt l’inverse: pourquoi est-ce que je ne pourrais pas profiter de cette pause pour justement écrire un article ? Comme cela fait des mois qu’ils arrivent au compte goutte, cela semblait plutôt opportun d’utiliser ce temps libre.

Cette année j’ai eu beaucoup de mal à poser des mots sur les changements profonds en train de se faire. Je vois bien que j’ai fait énormément de progrès avec ma psychologue mais je n’ai pas le recul nécessaire pour écrire à ce sujet. Au début du processus, tout changeait tellement rapidement, tellement radicalement, qu’il n’était pas difficile de l’expliquer ou d’en parler: c’était visible, concret, tangible. C’était là et les changement étaient compréhensibles par tout le monde. Là, on rentre dans une zone beaucoup plus grise. Il n’y a pas de grand changement radical à la surface dont je peux témoigner car je suis dans une partie difficile à modifier.

Disons que j’imagine souvent ma vie comme un jardin. Au début, je désherbais, je taillais, je faisais des grands travaux en surface alors le résultat bien que demandant beaucoup d’efforts, donnait très vite des résultats dans l’esthétique du jardin. Je voyais bien qu’il était beaucoup mieux qu’avant, que je m’y sentais plus à l’aise. Là, je ne fais plus du jardinage paysager, je suis plutôt en train de changer l’éco système en profondeur et cela nécessite de mettre en jachère certaines partie du jardin, de retourner la terre, de remodeler tout ce qui s’y trouve. Donc c’est plus difficile de noter les avancements. Ils sont souvent de l’ordre du ressenti.

Par exemple, j’ai l’impression d’avoir une vision beaucoup plus tranchée des choses. Dans des moments d’intense émotions, une partie de moi se laisse encore emporter mais une autre reste de marbre, toujours stable et analyse la situation avec un recul étonnant. Ce n’est encore qu’un balbutiement, certes.

Des résolutions pour la nouvelle année ?

J’ai beaucoup aimé l’année dernière de décider d’un mot pour donner l’intention de l’année à venir. Le mot que j’avais choisi à l’époque était Libération, ce qui a très souvent trouvé écho au fil des mois. Il y a mille manières de se libérer… des idées reçues, des pensées limitantes, des habitudes qui ne vous apportent plus rien, des choses en trop dans votre vie, des injonctions que vous entendez autour de vous… C’était un mot assez fort et assez vaste pour me porter dans les moments de doute. Je savais que j’étais sur ma route et que je faisais ce qu’il fallait (pour moi).

Pour l’année prochaine, j’ai demandé à avoir du Courage.

Malgré toutes mes avancées cette année (je ne suis définitivement pas la même personne que celle de janvier dernier), je commence à rentrer dans une zone de forte turbulence dans ce grand chapitre de ma vie qu’est celui que je vis depuis quelques années et que nous pourrions appeler « Grand Ménage de Printemps ».

J’ai pu faire un bon état des lieux cette année et mieux comprendre certains endroits où le bat blesse dans mon cas pour me sentir bien.

Bien sûr, il y a en a certains qui me paraissent insurmontables.

C’est trop grand, ça me fait trop peur. Certains sujets me terrifient, je ne rigole pas.

Affronter ces situations me ramène illico à l’état d’un enfant apeuré, et c’est assez ridicule (mais faut pas avoir honte).

Donc voilà.

Après cette magnifique année où j’ai pu commencer à déployer mes ailes de manière assez fulgurante, j’espère que cette année m’amènera le courage nécessaire pour trier là où je dois trier, couper là où je dois couper, et dire non quand il le faut.

Et vous, c’est quoi le mot que guidera votre année 2020 ?

Vidéos, articles, podcast… : a-t-on toujours besoin de nouveauté ?

Bonjour tout le monde !

Le temps des fêtes n’est-t-il pas le moment parfait pour remettre en question notre consommation ? Bien sûr, le sujet est souvent axé sur les décorations de Noël, les cadeaux, les repas de fêtes… mais ces derniers temps, mon cerveau glisse régulièrement vers la problématique de notre consommation de biens culturels en général.

N’ayant pas posté sur ce blog depuis belle lurette alors que c’est contre tous les principes de blogging (pour avoir de la confiance, il faut de la régularité, grosso m*rdo), il me semble qu’il serait intéressant de vous livrer une partie de ma réflexion en cours.

La fréquence de la nouveauté

Initialement, ma première réflexion a été déclenchée récemment car je me suis (enfin ?) abonnée à des chaînes Youtube pour pouvoir facilement voir lorsqu’une nouvelle vidéo était postée. En regardant dans l’onglet dédié aux chaînes auxquelles je suis abonnée, les vidéos sont rangées chronologiquement. C’est-à-dire que je peux voir « nouvelles vidéos de cette semaine » par exemple. En observant cette page, alors que je ne suis pas beaucoup de chaînes, je me suis rendue compte à quel point on me donnait toujours de la nouveauté à me mettre sous la dent. Il m’est donc arrivée d’être estomaquée en voyant que je pouvais voir 10 nouvelles vidéos postées pendant une semaine et pourtant ne pas avoir eu la sensation que j’avais, finalement, été bien gâtée. Il y avait une différence énorme entre mon ressenti au quotidien (« boarf, rien de nouveau sous le soleil ») et la quantité visible dans cet onglet. Pourquoi donc ? J’avais le sentiment que je n’avais jusqu’ici pas apprécié à sa juste valeur la quantité astronomique de travail fourni par ces différentes personnes pour me tenir divertie. On voit la nouvelle vidéo, on clique, on cherche autre chose et la sensation de nouveauté s’affadit aussitôt.

Bien sûr, TOUT est forcément nouveau à un moment donné, donc ma réflexion ne porte pas sur le concept de nouveauté en tant que tel, la nouveauté est nécessaire et à l’image de l’évolution de l’humain, mais plutôt sur la fréquence à laquelle nous le consommons. Que ce soit par des vidéos, des podcasts, des articles, des photos sur instagram… Nous consommons pratiquement quotidiennement des choses qui nous sont nouvelles (même si le contenu n’est pas nouveau lui). Nous partons à la recherche de nouvelles sensations, ce qui est un comportement tout à fait compréhensible pour un être humain (?), mais qui pose question malgré tout.

Slow life : ralentir pour soi, mais laisser les autres ralentir aussi

Comme vous le savez sûrement déjà si vous êtes un lecteur de ce blog, j’affectionne le principe de « slow life » que je traduis personnellement par : une priorisation constante des tâches pour me permettre d’avoir du temps pour moi et me reposer. Pour simplifier, disons que tout ce qui n’est pas fondamental passe à la trappe, et tant pis pour le reste. Ce n’était probablement pas très important s’il n’a jamais été priorisé anyway (ou il arrive aussi qu’une tâche ne soit priorisée qu’au bout de plusieurs mois d’attente).

Or, si je souhaite m’accorder ce rythme de vie, je ne peux que comprendre que les autres fassent de même et cela signifie : être patiente. Rien ne m’est dû, et sûrement pas la création des autres.

J’entends de plus en plus parler de la pression que ressentent les créateurs de contenu professionnels. Ils savent qu’ils ont besoin de produire plus, régulièrement, de se renouveler mais pas trop pour ne pas perdre l’audience initiale, d’être présents sur les réseaux sociaux… A priori, ce n’est pas ce qu’on a envie de faire ressentir à son créateur préféré.

Je suis néanmoins rassurée en voyant certaines personnes dont j’apprécie le travail, qui ne postent pas leur contenu aussi régulièrement qu’auparavant mais dont la communauté reste présente. Les messages pour tenir au courant par ci par là suffisent pour l’entretenir. « Prends ton temps, nous t’attendons » c’est le genre de message que j’ai pu constater en commentaires des comptes instagram auxquels je pense.

Je me souviens dans mon enfance d’avoir patienté parfois plusieurs années pour avoir des nouveaux tomes de certains de mes livres préférés. L’attente ne m’a pas fait oublier que le livre existait, pas du tout. J’attendais (im)patiemment la sortie. Alors pourquoi ne le ferais-je plus maintenant ? Pourquoi est-ce que j’attendrais que quelqu’un poste toutes les semaines ? Tous les mois ?

Créer du contenu : on parle bien de création

D’un point de vue des mots, il est intéressant de voir qu’on les appelle des créateurs, alors que le système semble encourager la production à la chaîne (?). Bien sûr, en tant que designer je vois forcément l’aspect positif issu de la contrainte: en s’efforçant à produire différemment, on en vient à avoir des idées que nous n’aurions pas eues initialement mais en même temps, je vois bien que la création nécessite aussi du lâcher prise. Il faut laisser son cerveau relier des éléments ensemble, se laisser la possibilité de peaufiner un aspect qui nous parle particulièrement même si cela provoque un délai…

Créer, mettre au monde un projet, est un subtil équilibre entre deux polarités. Nous avons besoin d’un cadre pour nous assurer que nous ne retarderons pas à l’infini la fin d’un projet en dans le même temps nous devons nous octroyer la possibilité de relâcher la pression pour permettre à de nouvelles idées de faire leurs chemins dans le cerveau.

Chacun a sa propre sensibilité à ce sujet, donc certains pourront livrer rapidement du nouveau contenu pendant que d’autres mettront des mois à travailler le leur. Il n’y a pas une manière meilleure que l’autre, ce sont simplement deux systèmes que l’ont peut difficilement interchanger.

Re-découvrir ce que l’on connait déjà

Je vous en avais déjà parlé plusieurs fois, cette année j’ai lu beaucoup de livres mais je dirais qu’une bonne moitié d’entre eux s’avèrent être des livres que j’avais déjà lus. Cela m’arrive parfois en général, mais pas dans de si grandes proportions. Je ne relis généralement que des livres qui m’ont époustouflée et laissé une marque sur plusieurs années. Là, rien à voir, j’ai relu des livres que je n’avais lus qu’il y a un an ou deux. L’expérience fut concluante, me procurant exactement les mêmes sensations de joie qu’à la première lecture. Je ne m’étais pas ennuyée une seule fois. Je voyais des phrases que je n’avais pas prises en compte, tout en ayant la sensation d’un pull tout doux sur les épaules.

Réfléchissant à la notion de consommation et de valeurs à travers le minimalisme, il fallait bien à un moment se poser la question plus large que ce qui compose ma penderie : je consomme quoi ? Et du divertissement, j’en consomme beaucoup (à mon avis).

Pourtant, je me rends compte que j’aime revoir des vidéos que je connais déjà, j’aime relire des articles de blog qui datent de quelques années et que je connais déjà. Le contenu n’a pas comme but d’être publié puis périmé quelques semaines plus tard. Je ne peux pas m’empêcher de me dire que j’ai envie « d’honorer » ce que la personne a créé. Elle a mis du temps, de l’énergie (peut être même du désespoir) dans l’espoir que nous prenions le temps de voir/entendre/profiter du résultat.

Alors, loin de moi l’idée de dire qu’il ne faut pas créer de la nouveauté (ce serait absolument stupide, pour toutes les raisons que vous pouvez imaginer), mais plutôt l’envie de prendre le recul de me demander : puis-je arrêter de me gaver de contenu ? Puis-je prendre mon temps ? Puis-je arrêter de me donner parfois la nausée quand je regarde trop longtemps Netflix ?

Donner de la valeur à la nouveauté

Voici donc mon intention posée. J’aimerais prendre plus de recul pour apprécier le contenu à ma disposition, et celui qui viendra sur mon chemin pendant les mois à venir. Ce serait bien que je freine sur ma tendance à mettre du bruit de fond pendant que je travaille, ma tendance à mettre des lives pendant que je fais la cuisine… Bref, que j’essaye de ne plus essayer vainement de me distraire à chaque « creux » de ma journée.

Pour conclure, je dirais simplement que dans les moments où je me surprends à consommer sans conscience, la phrase qui me vient en tête est que je suis en train de me « numb », d’éviter quelque chose, un sentiment qui me met dans l’inconfort. Ah, parce que l’ennui, ne rien faire, on n’est plus très habitué finalement. Numb c’est se désensibiliser, s’anesthésier en quelque sorte. Je le vois comme une technique d’évitement. Nous pourrions nous demander: qu’essayons-nous d’éviter ? Pourquoi ne rien faire nous met si mal à l’aise ? Pourquoi est-ce qu’on binge-watch (ou autres) ?

C’étaient mes 2 cents.

Je rends l’antenne.

A très bientôt !

6 mini-habitudes qui changent le quotidien

C’est la rentrée, vous en avez entendu partout, vous ne pouvez pas passer à côté. Même en étant partie en juillet et n’ayant donc pas de « réelle » rentrée, je vois que le rythme change. La douceur qui s’était installée ces deux derniers mois se fait balayer d’un revers de main. Ca y est, les objectifs reviennent reviennent sur le devant de la scène et le monde se met à prendre de la vitesse.

Pour éviter de partir tête baissée dans cette nouvelle énergie, je me suis demandé quelles habitudes j’avais eu ces derniers mois et qui me faisaient du bien alors qu’elles n’ont pas demandé de grands changements dans mon quotidien ? Parfois c’est bien de faire de grands bouleversements mais si vous ne vous sentez pas très à l’aise dans votre en vie ce moment, vous pouvez vous sentir paralysé face à l’idée de faire un grand remue-ménage.

Je comprends que l’on puisse se dire « mais changer des choses infimes dans sa vie n’aura pas d’impact, c’est impossible » mais me concernant, c’est faux. Changer une petite chose dans son quotidien sans difficulté et ressentir rapidement une amélioration nous encourage à continuer de changer, petit à petit.

La chose à laquelle je réfléchis en ce moment est la suivante: en me coupant les cheveux, j’ai découvert à ma grande surprise qu’ils occupaient une place indéniable dans « mon espace mental ». Pourtant, cela était tellement ancré (puisque je n’ai jamais eu les cheveux courts auparavant) que je ne pouvais pas voir à quel point ils étaient présents dans mon quotidien: Ne plus faire rétro planning mental pour savoir quand les laver, quand ma frange va être grasse, anticiper le temps pour les sécher avant de sortir…

En partant de ce constat, je me rends compte qu’il y a sûrement des dizaines de choses qui, de la même manière, prennent beaucoup de place dans ma vie sans que je puisse avoir le recul nécessaire pour le voir.

Dans cet article, je partage avec vous les quelques points sur lesquels j’ai changé mes habitudes et qui une fois accumulé, me rendent plus sereine.

Instagram sur l’ordinateur

Peut-être vous souvenez-vous de l’article que j’avais écrit à propos de mon utilisation du téléphone. Je n’arrivais pas à trouver de point d’équilibre à ce sujet et ce surtout à cause d’Instagram. J’avais même envie de ne plus avoir de « smartphone » à un certain point.

Entre temps, j’ai tout simplement enlevé Instagram du téléphone et je ne le réinstallais qu’au moment de poster des photos. Ce n’était pas franchement pratique pour être tout à fait honnête.

Maintenant, j’en suis arrivée à ce point là: j’ai installé l’application sur mon ordinateur pour ne pas avoir de vilain geste de scroller et recharger par réflexe. Si j’en ressens l’envie le weekend, je m’autorise à le réinstaller mais le dimanche soir je lui dis bye-bye. Avec le temps, je passe de moins en moins de temps dessus grâce à ce changement de plateforme. Il est clairement moins agréable de naviguer dessus sur mon ordi qu’avec le téléphone. J’ai aussi fait un tri relativement impitoyable dans mes abonnements. Cela n’est pas à sous-estimer puisqu’être abonné à moins de compte réduit le débit de nouveautés.

Relire ses livres

Ma manière de lire des livres est la suivante : j’alterne entre boulimie de livres et des périodes creuses. Ces trois derniers mois ont été justement à l’image de cette envie insatiable de lire plus, plus, plus. Malheureusement je ne trouve pas de livres récents dans ma bibliothèque et encore moins sur les sujets qui m’intéressent… Me voilà donc obligée d’en acheter et je ne trouve pas toujours ce que je souhaite dans les librairies de seconde main. Les livres neufs représentent un sacré budget… surtout lorsque vous avez un rythme d’un bouquin tous les deux jours (sans parler que les livres que je cherche sont rarement des formats poches…).

Et là, étrangement, j’ai eu envie de relire 1 livre qui m’avait beaucoup plus l’année dernière… et puis un deuxième… un troisième… J’ai dû relire 5 ou 6 bouquins déjà présents dans ma bibliothèque et ce fut une expérience étonnement agréable. Je comprends que ce qui m’a inspiré la première fois était toujours là. D’autant plus que ces livres sont ceux qui m’ont aidé à remodeler ma vie pour qu’elle colle mieux à mes aspirations.

Ce que j’apprécie aussi est de remarquer qu’à la deuxième lecture, ce ne sont pas toujours les mêmes informations qui restent avec nous. J’ai la sensation qu’en relisant ces livres, je m’en suis encore plus imprégnée et que ces relectures m’ont permis de confirmer une fois encore que je savais quel chemin prendre.

Marcher dès que possible

Ai-je vraiment besoin d’en dire plus ?

Même 15 minutes.

Juste, le faire. Tranquillement. Faire ne serait-ce qu’un tour de paté de maison.

Être seul avec soi même.

Simplifier

Bon, ce point est assez vague car il peut s’appliquer à énormément de choses dans votre vie quotidienne. Simplifier: faire de le tri dans ses activités quotidiennes: qu’est-ce-qui est nécessaire ? Qu’est-ce-que je fais par obligation alors que personne ne me l’a demandé ? Qu’est-ce-que je peux déléguer ? Si je ne devais faire que 3 choses aujourd’hui, qu’est-ce-que c’est ? Qu’-est-ce qui me fait du bien ? Quels sont les sujets qui peuvent attendre ? Y-a-t-il une date butoir ou peut-on tout simplement l’annuler ?

Je vous en parlais dans un post instagram la semaine dernière: en relisant Dominique Loreau, j’en suis venue à enlever un tapis qui cachait la moquette que je trouve si vilaine dans ma chambre. Cela faisait quelques semaines que je me disais « mmh. Il m’emmerde ce tapis à toujours glisser, à s’enrouler autour du pieds de mon lit, à prendre les saletés dans les franges… » mais je n’arrivais pas à l’enlever car c’était plus joli ainsi.

En relisant un passage du livre en question, je me suis dit que j’allais essayer sans. Juste pour voir s’il se passerait quelque chose… ou pas.

Une fois le fameux tapis sous le lit, je ne faisais bien sûr qu’une fixette sur cette étendue maronnasse de moquette. Et puis mon oeil s’est habitué à voir ma chambre plus épurée. Tant pis pour l’esthétique (qui l’eût cru que je dirais ça un jour). Ce tapis disparu enlevait en même temps une source supplémentaire stimulation pour mon cerveau (idem: qui l’eût cru que j’écrirai cette phrase un jour).

J’ai donc découvert la chose suivante: ce tapis faisait de la liste « des parasites mentaux » comme l’étaient mes cheveux. Ca prend de la place dans mon esprit. Pourtant, ce n’est RIEN à l’échelle de la vie. Rien, rien, rien. Je découvre donc que ces petits cailloux, riquiqui, forment finalement des petits dos d’ânes sur la route de notre vie quotidienne. Ils ne sont pas assez grands pour qu’ils nous empêchent réellement d’avancer mais on doit quand même se concentrer dessus. Moins de dos d’ânes, moins d’encombrement « mental ».

Pas de cheveux, pas d’problème.

Pas de tapis, pas d’problème.

Ce petit exemple très précis est à l’image de notre vie : encombrée de mille milliards de petites actions que nous pensons « inoffensives » (on s’entend, elles ne vont pas se mettre à nous attaquer hein) mais qui finalement ont un impact sur notre mental car elles nous alourdissent.

Cela me rappelle lorsque j’avais décidé de passer mon téléphone en « Ne Pas Déranger » de manière permanente et d’enlever toute notification autre que les appels et les messages. Je m’étais rendue compte à quel point ces micros-demandes constantes polluaient mon environnement. Je pouvais enfin passer des heures ininterrompus sur un sujet. Pas de bruit, pas de distraction. Je retrouvais ma capacité de concentration.

Idem en ce qui concerne les informations que j’avais pour habitude de regarder plusieurs fois par jour. Il y a quelques années déjà, j’avais décidé de simplement écouter à la radio le midi et le soir et maintenant j’en suis rendue à uniquement surveiller les gros titres de Le Monde 1 fois par jour (ou 2) et à lire des articles sur lesquels je souhaite de plus amples détails.

Chose incroyable s’il en est : les informations importantes viennent jusqu’à moi malgré tout. Plus besoin de ce flux d’informations quasi permanente (qui ne faisait qu’augmenter mon anxiété et me mettait la tête dans le guidon de l’information plutôt que de me permettre une prise de recul).

Simplifier, c’est donc un principe que vous pouvez adapter à des domaines très divers de votre vie. Chacun ses besoins et ses envies. Faites-vous confiance. Et surtout, même si ça vous semble ridicule (hello j’ai enlevé 1 tapis et je vous en parle), n’ayez pas honte. C’est votre vie, votre expérience.

10 minutes à soi

Je pense que je vous en avais déjà parlé dans un autre article mais en écoutant une émission de radio il y a quelques années, une personne conseillait de s’octroyer 10 minutes de repos sans rien faire. Pas forcément dans l’optique de méditer mais d’avoir simplement 10 minutes de silence (idéalement), de pause, d’immobilité pour soi. Etre assis dans un fauteuil, sur une chaise et simplement être pendant 10 minutes. Pas d’objectif. Pas de but et surtout pas de stimulii externe… Juste se faire un cadeau, de soi à soi, de dix minutes. Une durée faisable pour tout le monde.

En général je le fais quand je prends mon café. Je suis là, la tasse entre les mains et je regarde dans le vide. Je ne fais rien. Je regarde la lumière, mon environnement, le ciel… Je suis passive et observatrice.

10 minutes, c’est tout (mais c’est déjà ça).

Ecrire ses envies

Dernier point, mais pas des moindres.

Si vous êtes comme moi, rêver n’est pas vraiment un problème. J’en ai pleins et je m’amuse à en parler à qui veut l’entendre. J’ai envie de pleins de choses différentes, parfois même contradictoires. En parler à l’oral me fait plaisir, m’euphorise. Par contre, les noter avec intention dans un carnet, m’est beaucoup plus compliqué. J’ai longtemps eu peur de ne pas utiliser les bons termes, d’être trop vague ou trop précise. J’avais la sensation en prenant mon stylo que je faisais un pacte avec moi même. Bref, j’avais du mal à lâcher prise.

Maintenant, c’est toujours une épreuve à laquelle je m’efforce de m’habituer.

Régulièrement, je prends le temps de prendre un stylo, un carnet qui est dédié aux affaires « personnelles » et je me demande « Qu’est-ce-que je souhaite pour les mois à venir ? », « Les années à venir ? », « Si je pouvais avoir + de quelque chose dans ma vie, ce serait quoi ? », « et en moins ? », « De quoi n’ai-je plus besoin ? », « Quelle est la vie à laquelle j’aspire maintenant ? », « Qu’est-ce-que je veux ?« 

Puis je fais une liste.

Sans trop me prendre la tête.

Plus ça va, moins je pèse mes mots, plus je laisse les envies jaillir dans les remettre en question.

Je passe 10 minutes, concentrée sur ma feuille. J’écris, puis je laisse l’exercice germer dans ma tête. Je ne relis quasiment jamais ce qui y est écrit car je pars du principe que les choses importantes feront leur propre chemin jusqu’à mon cerveau. J’ai la sensation que cet exercice m’aide à trouver mon chemin, celui qui me correspond. Si je m’éloigne trop longtemps de ce que je souhaite, je me retrouve à faire seulement ce que j’imagine que les gens veulent de moi.



Bonne rentrée à vous tous,

Prenez soin de vous.

On se revoit vite !

Sibylle

Comment je sais que je suis sur le bon chemin ?

Ce matin, je crois que j’ai compris une chose : toutes les choses que je n’arrive pas à nommer dont je vous parle régulièrement depuis plusieurs mois, que je ressens d’une manière pourtant très fortes, quelles soient confortables ou non, sont le signe que les pièces de mon puzzle personnel se mettent enfin ensemble. Elles commencent à former un tout, mais si on ne regarde que chaque pièce, on ne peut pas comprendre ce qu’elles signifient. Elles semblent si petites. Ne contiennent qu’un tout petit morceau de l’image.

Lorsque j’ai commencé ce blog, je me doutais que j’étais au début de quelque chose, potentiellement assez grand (et il l’est déjà à sa manière pour ce qu’il m’a déjà offert). Je savais que ce blog et tout ce qu’il enclencherait mentalement et socialement m’aiderait à prendre le chemin qui me correspond. Ecrire ces articles me permet de verbaliser ces sensations diffuses, de me mettre à la place de l’observateur et d’être constamment dans un questionnement face à ce que je vis. Je ne suis pas plus dans la position de celui qui reçoit ou qui est passif. Je savais qu’en faisant ce mouvement vers mes envies, je prenais donc la place de celui qui fait, qui va de l’avant.

La question que je me suis posée est la suivante: comment je fais pour savoir que je suis sur le bon chemin ? Qu’est-ce qui me fait dire que j’ai fait les bons choix ? Qu’est-ce qui au quotidien me fait penser que la route est celle qu’il me faut ?

L’apaisement

La chose la plus étonnante la suivante: malgré les eaux troubles, malgré les changements permanents, les difficultés, le doute et les défis qui se présentent, je ressens au fond de moi un apaisement. Mes angoisses sont toujours là, parfois trop présentes mais elles ne remettent pas en doute toute ma vie. Je n’ai plus l’impression d’être piégée. A la limite, j’ai peur des vastes possibilités qui s’offrent à moi (comment choisir ?). C’est une sensation profonde qu’une lutte a pris fin à chaque moment où j’ai fait des choix. C’est l’indécision qui me torturait. Je devais prendre des actions mais j’avais peur. Pourtant, accepter « mon sort » ne me convenait pas. C’est la prise de décision qui m’a aidé à mettre fin à cette sensation de « mourir de l’intérieur ».

L’apaisement c’est aussi mon esprit, mon corps, qui savent que je les écoute (du moins, j’essaye). Je prête l’oreille à leurs demandes. Je m’arrête régulièrement pour observer quand je sens qu’il se « passe des trucs ». Ils n’ont pas besoin de déchaîner des tsunamis d’émotions pour que je daigne y prêter attention. J’ai compris que ce que je ressens d’un point de vue émotionnel ou physique est souvent une réponse à quelque chose qui me tracasse. Exemple: j’ai découvert qu’il arrive souvent que les angoisses qui me paralysent dès le réveil soient le signe qu’il y a un sujet où je n’ai pas encore fait face à mes responsabilités, qu’il y a quelque chose que j’essaye de mettre sous le tapis, d’oublier parce que je crains d’y faire face. Ca peut être quelque chose d’aucun con que prendre un rendez-vous chez le gynéco… Quelque chose que je repousse et dont je souhaiterais très fort qu’il disparaisse. Or, on sait tous que c’est n’est pas possible. J’essaye de ne plus prendre ces symptômes comme une entité à part entière qui m’habite: j’ai compris que dans mon cas, c’était un signal et rien de plus.

L’apaisement que je ressens n’est pas un déni de la réalité, où je ne vois que ce que je veux. C’est plutôt une conviction que je peux me faire confiance pour trouver le chemin. Une confiance en mes capacités, en mon esprit critique, en mon instinct pour aller plus loin que l’endroit confiné où me garde la peur. Je fais face au doute, à la désillusion, à la difficulté de ne pas atteindre ses objectifs dans les délais que je m’étais imparti. Pourtant, lorsque je me pose, que je m’écoute longuement, je vois bien que je ne souhaite pas abandonner. Le voyage que je fais me convient.

La joie

Chose étrange (enfin, qui ne devrait pas) j’ai des poussées de joies. Oui, j’utilise le terme « poussée » comme on le dirait pour des boutons. Ce sont des irruptions incontrôlables de bonheur. A quoi ça ressemble ? Pour vous donner un exemple, il m’en est arrivé une ce matin. Je me suis autorisée une petite pause de lecture (pour remplacer la fameuse pause de 11h de mon ancienne vie de salariée). J’ai déplacé ma chaise jusqu’au rebord de la fenêtre où je peux profiter du soleil. La fameuse « poussée de joie » m’est venue au moment où je me suis rendue compte que j’étais là, entrain de lire tranquillement au soleil, sans un bruit autour de moi (à part ceux auxquels nous sommes habitués à Paris). La réalisation de ce moment m’a provoqué une sorte de chaleur dans la poitrine, une joie sincère de pouvoir m’octroyer ce plaisir sans devoir demander à quiconque. Apprécier la douceur de l’instant. Je savais qu’à ce moment là, je faisais les choses de la manière dont elles me faisaient du bien, que j’étais au bon endroit au bon moment. J’étais heureuse de pouvoir me créer un environnement qui était propice au calme et à l’introspection, comme j’en ai tant besoin.

Quels sont les moments qui vous feront ce genre d’effet ? Cela dépend de chacun, bien sûr. Tout le monde n’est pas sensible aux mêmes choses, j’imagine bien.

Parfois, je travaille en legging avec un podcast en fond sonore, et quand je m’en rends compte, je glousse de joie. Je suis bien quoi, alors une joie assez « pure » digne d’une gamine s’empare de moi. Je suis contente, je souris, je rigole toute seule et je continue de travailler le coeur léger.

D’ailleurs, cela ne revêt pas toujours un aspect physique. Parfois la joie est là, tranquille, présente mais elle n’a pas besoin de se montrer par des rires ou des sourires. Un calme précieux m’habite.

Ce particulier dans cette joie, c’est qu’elle n’est pas voulue. Je n’essaye pas de la provoquer, de la faire venir. Elle me tombe dessus, puis repart tranquillement sans faire de vague. Je ne m’arroche pas à elle, j’ai bien conscience qu’elle est d’une nature passagère. Il ne sert à rien d’avoir l’intention de la garder auprès de soi. Je la ressens régulièrement à pleins de petits, tout petits moments, qui semblent si futiles. Pourtant, c’est un indicateur révélateur que je suis pour l’instant sur de bons rails.

Le corps en paix

Les mals de ventre divers et variés sont un peu mes spécialités (en écrivant ces mots, je me rends compte qu’on a vraiment un soucis à ce niveau dans la famille). Que ce soit lié à la digestion, au stress ou aux règles, j’ai toujours eu des problèmes au niveau du ventre. Il y a bien sûr d’autres problèmes récurrents qui viennent d’ajouter comme ces fameuses migraines qui me tombent dessus, et une vie à me balader avec des mouchoirs car je suis toujours un peu enrhumée, quoi qu’il arrive.

C’est à ce sujet que les choses ont sûrement le plus changé depuis que j’ai commencé à me prendre en main. Moi qui avait l’habitude d’avoir toujours mal quelque part et qui avait vraiment accepté cet état de fait, j’ai découvert (sans même le demander !) qu’autre chose était possible.

Mes douleurs ont drastiquement baissé. Elles n’ont pas toutes disparues mais j’ai l’impression d’avoir été gâtée d’un nouveau corps tout neuf. Comment aurais-je pu me rendre compte que ces foutus jeans me faisaient autant mal et empêchaient une bonne digestion ? Comment peut-on éviter ça dans un environnement où venir en legging ferait lever les sourcils (car associé à de la flemmardise ?!) ?

Bien sûr, je ne peux témoigner que de mon expérience, donc elle ne peut pas être généralisée. Néanmoins, je constate que mon corps que je voyais comme quelque chose qui me faisait mal semble lui aussi apaisé. J’ai découvert que je n’avais en réalité pas de problème de digestion, juste un problème à rester à angle droit pendant des heures dans un pantalon qui serre mon bide alors que je viens de manger.

Même si nous ne sommes pas encore complètement réconciliés lui et moi, je suis heureuse de constater une telle harmonie avec mon corps. Je l’ai toujours chéri, lui qui me porte, qui me permet de vivre une vie aussi libre mais j’ai engrangé une sorte de rancune malgré tout, surtout à cause des douleurs de règles qu’il me causait. Un sentiment d’injustice m’a souvent habité « Pourquoi n’ai-je pas des règles moins douloureuses ? Pourquoi les hommes n’ont ils pas à endurer ni cette douleur ni celle de l’enfantement ? ». Enfin, vous voyez le tableau.

Mon corps donc, comme mon mental, semblent apprécier le chemin de manière commune et c’est sûrement à cela que je me dis « C’est la bonne route, le feu est au vert ». Je garde toujours en tête que les situations sont temporaires: si dans un an les choses ne me conviennent plus, je pourrais changer de cap, essayer autre chose. Je n’ai plus cette sensation de pieds et poings liés. Je marche, j’apprends, parfois je gambade gaiement, parfois je perdue, il m’arrive même de revenir sur mes pas mais j’ai toujours cette intuition que je n’ai pas encore tout vu.

Et voilà, ce sont toutes ces petites choses qui m’aident à penser qu’en ce moment je suis là où je dois être. A l’instant, tout va bien. Demain ? Je ne sais pas. Mais aujourd’hui, oh oui.

Couper ses cheveux longs pour une coupe garçonne: EP.1

Il y a encore un mois, j’arborais fièrement une tignasse de cheveux longs, avec une frange qui me suivait depuis bien longtemps. J’ai passé un cap que je n’avais jamais envisagé : j’ai tout coupé. J’ai maintenant les cheveux très courts. Alors que je ne n’avais jamais eu les cheveux au dessus des épaules auparavant ! C’est un changement qui est radical et qui pourtant ne change rien du tout… Cette expérience me fait vivre quelque chose de très étonnant et c’est pour ça que j’avais envie de vous en parler ! Elle me questionne, m’intrigue et je n’arrive même pas à comprendre la profondeur du changement qu’elle provoque.

Pourquoi je me suis coupé les cheveux ?

Un jour, l’idée de me couper les cheveux m’est venue en tête. A partir de là, je n’ai pas réussi à m’en débarrasser. Mon intuition me disait « essaye, il faut que tu saches ce que ça fait ». Tout couper est devenu en quelques semaines une véritable idée fixe. Je sentais que c’était une étape dans mon cheminement. C’était un moment particulier où ma vie semblait trop statique et j’attendais un « message » de mon intuition me disant quelle était la prochaine étape à suivre. Ma réaction lorsque j’ai pensé à tout couper était tellement forte que je ne pouvais pas la laisser dormir dans un coin de ma tête. Il fallait que je ressente ce que ça fait de laisser derrière soi des années de cheveux. Avoir une nouvelle tête à offrir au monde. Je ressentais le besoin de découvrir quelle serait ma réaction face à un tel changement. J’y pensais constamment. Est-ce que je le vivrais difficilement ? Est-ce que je regretterais ? Est-ce que je me sentirais légère ? Est-ce que ce serait facile à vivre ? Il fallait que je sache. Est-ce que j’étais vraiment prête ?

J’en parlais autour de moi à qui voulait bien l’entendre. Mon premier élan fut de partir du principe que j’allais couper moi même avec une tondeuse. Étrangement, je n’avais pas plus peur que ça et je me disais qu’il fallait simplement qu’on m’aide pour faire la partie arrière. La réaction de mon entourage étant unanime « Ne le fais pas toi même », j’ai accepté de me plier à la sagesse collective pour finalement les faire couper par quelqu’un.

Chose étrange: c’est au moment où j’ai décidé que j’irai chez le coiffeur que le doute est apparu. Le faire moi même comporte un risque que j’arrive à anticiper. Oui, je me doute que ça ne sera pas joli joli dès le début. J’en ai conscience. Par contre, confier cette tâche à une tierse personne et donc lui donner la responsabilité de ma coupe rendait la prise de risque plus grande dans ma tête car je n’allais pas contrôler cette partie.

Alors qu’initialement je comptais juste assouvir mon désir de raser la tête, j’étais soudain face à ce que je déteste : devoir exprimer mes envies clairement à autrui. Je déteste errer mille ans sur Pinterest pour trouver les 2 seules coupes qui ne me débectent pas, je déteste observer chaque détail pour réussir à définir ce que j’aime ou ce que je n’aime pas. J’ai passé un temps fou à chercher des photos pour donner une direction claire à ma demande. Et surtout ça a commencé à me faire encore plus peur : il y avait tellement de coupes que je détestais au cours de mes recherches que je commençais à me demander si je n’allais pas me retrouver avec l’une d’elle sur la tête.

Alors que j’avais sereinement décidé de me couper les cheveux, les moments de préparation n’ont pas été agréables. J’allais devoir déléguer, donner le contrôle de cette expérience et je n’appréciais pas cette perspective.

Finalement, j’ai saturé. Je suis arrivée au point du « fuck it, je voulais juste tout couper, moi ! » et j’ai seulement gardé quelques photos qui me semblaient cohérentes. (NB: Ce point sans retour du « fuck it » est vraiment un outils précieux dans ma vie, je suis heureuse d’en être naturellement dotée, je devrais lui consacrer un article d’ailleurs)

Les cheveux et la féminité

C’est un point central dans cette expérience. Mes cheveux, avec le recul, ont toujours eu une double utilité : exprimer ma féminité tout autant que celle de la cacher. J’utilisais ce code social accepté de tous qu’avec les cheveux longs j’étais de sexe féminin, mais ces mêmes cheveux me permettaient aussi de me sentir en sécurité derrière eux. Ils cachaient ma poitrine, ils étaient un rempart face au monde extérieur. Mes longs cheveux me donnaient l’impression d’être moins visible, protégée, à l’abris des regards de ces vieux bonhommes qui m’ont emmerdé tout au long de ma vie dans l’espace public. Ma frange, elle, cachait ce front et plus largement cette peau acnéique qui en gardera toujours les traces.

Pour simplifier, je dirais que ces cheveux me permettaient d’envoyer au monde « là, ça va, vous comprenez bien que je suis une fille là ? Vous allez pas m’emmerder comme ça ? » tout en me donnant accès à des manières de dissimuler cette féminité qui m’a toujours malheureusement donné le sentiment d’être vulnérable.

Si comme moi, vous avez une longue histoire conflictuelle avec votre féminité (ou ce qu’il en reste), vous vous reconnaîtrez sûrement dans cette ambivalence. Répondre juste assez aux codes sociaux pour passer sous le radar, tout en se protégeant des attaques possibles. Ne pas se faire voir, ne pas se faire remarquer. Eviter les ennuis. (spoiler: ça ne marche pas)

Je sais bien que je n’étais pas seule à ne pas réussir à marcher sereinement dans la rue avec une queue de cheval. Cette peur viscérale de me faire empoigner par ces cheveux qui quelques secondes avant virevoltaient, innocemment. Étonnement, les chignons ne me provoquaient pas la même peur, alors enfin je pouvais gagner quelques degrés en fraîcheur et en praticité.

Il y aurait bien trop de choses à dire sur mes peurs (fondées ou non), ma condition de femme, et mes cheveux.

J’aimerai néanmoins aborder encore un point : en discutant avec ma mère, j’ai remarqué un changement entre les générations. Lorsqu’elle était dans sa vingtaine voire même avant, ce n’était pas un événement qu’une fille se fasse une coupe garçonne. Cet acte ne semblait pas revêtir la même symbolique que ce j’ai pu constater aujourd’hui. Dans la mesure où elle habitait Paris, j’imagine que ce n’était pas pareil dans la reste de la France, mais en tout cas, dans son milieu, se couper les cheveux courts était assez habituel.

Pourtant, en discutant avec mon propre entourage, j’ai découvert une crainte qui m’a étonnée. « Ohlala, mais t’es sûre… vraiment sûre ? », « Tu n’as pas peur ? », « Tu as vraiment du courage, je n’aurai jamais osé ! », « Tu as eu de la chance que ça t’aille, car ça ne va pas à tout le monde, et sûrement pas à moi »…

Or, vous voyez bien que cela n’est à priori pas logique. Je suis bien heureuse de vivre dans la société actuelle et non pas celle dans laquelle ma mère a grandi. Sur certains points nous faisons des avancées incroyables. Naturellement, à chaud, j’aurai dit que forcément nous avions aussi avancé à propos de nos cheveux. On peut les teindre, on peut en faire ce qu’on veut. Sur le principe. Rien ne nous empêche… à part nous même (dans mon milieu ndlr).

Est-ce que le cheveux est devenu encore plus symbolique qu’il l’était auparavant ?

Je ne m’attendais pas à découvrir autant de peur chez mes soeurs (je n’ai pas d’autres idées de mots. Paires ?). Pourquoi avons-nous si peur d’explorer ? Pourquoi arrive-t-on à encourager les autres dans leurs singularité mais pas à nous l’autoriser nous même ?

Nous avançons sur tant de choses. Où est ma révolution capillaire ?

Pour finir, je répondrais à la question que tout le monde me pose: et mon mec dans l’histoire ?

Peu de surprise à ce niveau, il adorait mes cheveux longs. Plus ils l’étaient, plus il les aimait. Quand je lui ai parlé de mon envie de couper (enfin, que je l’ai littéralement bassiné pendant des semaines), sa réaction fut la suivante : « j’aime tes cheveux longs, mais si t’as envie de couper, coupe. ». A noter: c’est finalement la seule réponse qui aurait pu convenir dans mon cas. Il me fait part de sa préférence mais m’encourage à suivre mon envie.

Vous savez ce qui me rend dingue ? C’est que j’ai eu peur qu’il ne m’aime plus à cause de mes cheveux courts. Qu’il me repousserait, qu’il me dirait « c’est fini » à cause de putain de cheveux, DE POILS sur ma tête.

Donc oui, nous en sommes encore là, mes amis. Une fille qui a peur d’être rejetée pour son apparence physique. Au moins, j’ai su débusquer la pensée et l’exposer à la lumière et c’est grâce à cette réalisation que je peux la mettre à mal.

Il va bien falloir conclure ce premier article ! J’espère que ce petit voyage au fin fond de mes doutes, de mes peurs, de mes réflexions vous auront parlé, interrogé. Bien sûr, je ne fais part que de ma vision biaisée des choses (comme nous le sommes tous à notre manière), donc n’hésitez pas à venir enrichir le propos avec vos propres expériences et pistes de réflexion !

Ne pas atteindre ses objectifs: comment vivre la déception

C’est un sujet que j’évoque régulièrement dans La lettre du Weekend: je me mets régulièrement des objectifs chiffrés sur divers sujets mais je ne les atteint pas toujours. Pour être honnête, je ne les atteint même plutôt que rarement. Lorsque je les définis, je mets un peu au pif là où j’aimerais être à tel moment. Ces objectifs sont-ils réalistes ? Je n’en sais rien, et je découvre avec le temps que je mets potentiellement la barre trop haut, trop vite. Je suis donc confrontée à cette situation: cette peur qui nous fait frémir, je nomme l’échec.

Bon. L’échec est un mot qui est trop dramatique pour coller à ma situation mais c’est le sentiment qui peut poindre lorsque nous n’arrivons pas là où nous l’aurions souhaité. Il m’arrive de me remettre complètement en question en me demandant si je fais les choses mal, si finalement je n’ai tout simplement pas les capacités, et toutes les phrases traditionnelles dans ce genre de moment. Vous connaissez l’histoire !

Or, je pense que là réside un élément fondamental : on peut décider de baisser les bras ou on peut décider de remonter ses manches et redonner un coup de boost pour s’améliorer.

Et… Rebelote, on atteint toujours pas l’objectif et la frustration grandit. Idem, est-ce- que je baisse les bras ? Est-ce que je mets en place de nouvelles méthodes ?

La force mentale rentre en jeu. Le terme « être challengé » prend tout son sens. Bien sûr, il faut savoir lâcher prise lorsqu’on est dans une impasse depuis longtemps et qu’on ne voulait pas le voir. Néanmoins, sans ces obstacles, ces déceptions, ces remises en question: comment pourrais-je grandir ?

Alors voilà, aujourd’hui, un article pour me rappeler et vous rappeler ce que l’on peut faire lorsqu’on atteint pas nos objectifs et que l’on se retrouve bien maussade face à cela.

En parler avec quelqu’un de confiance

La première personne à qui j’en parle, c’est mon copain. Tous les mois c’est la même histoire, j’arrive la patte traînante, l’œil humide « je n’ai pas encore atteint mon objectif 😦 » et je lui fais part de toutes les choses qui m’ont déçues ce mois-ci. En général, cela tourne autour de pistes pour lesquelles j’avais un enthousiasme débordant et que ne se sont pas concrétisées. C’est pourtant le jeu, mais à chaque fois je le vis comme si c’était la première déception. « J’aurai tellement aimé ! ». C’est la vie, ma pauvre Lucette. Parfois on gagne, parfois non.

Mon copain a toute ma confiance et a le recul nécessaire pour voir tous mes efforts ainsi que me rappeler tout ce que je mets en place en parallèle. Il a les mots justes pour me remonter le moral dans ces moments de doute. Grâce à sa présence, je reprends confiance.

Dans le jeu pour lequel j’ai signé, il faut savoir se relever, encore et encore.

Si vous vous trouvez dans cette situation, je vous encourage à trouver quelqu’un auprès duquel vous n’avez pas honte d’avouer votre « échec » ou tout du moins votre déception. Quelqu’un dont vous savez la sincérité, la bienveillance et qui saura vous dire les mots qu’il faut.

Nous avons envie que les gens voient nos réussites mais moins nos faiblesses, c’est normal, donc certaines personnes peuvent avoir tendance à tout garder pour elles. De mon côté, il me semble plus sain d’extérioriser mon ressenti. Dans le cas contraire, j’aurai la sensation de pourrir de l’intérieur. Besoin d’une bonne purge régulière.

Voir le chemin accompli

Voir le positif, on y revient encore ! En écrivant ces lignes, je me demande si au lieu de m’acharner sur mon objectif non atteint en fin de mois, si je ne devrais pas prendre le temps de noter tous les signes positifs que j’ai pu observer ainsi que toutes les choses mises en place pendant le mois écoulé.

La tendance (humaine ?) est de voir là où ça a cloché. Cela nous permet bien entendu de prendre note et donc de nous améliorer mais cela peut avoir comme effet de gommer toutes les choses qui envoient un bon signal.

Il y a pleins de sujets qui me rendent fière. Pourquoi ne sont-ce pas ceux-là qui me viennent en tête ? Parce que c’est difficile de se satisfaire de quelque chose, quand une autre chose, qui nous semble d’autant plus importante, n’est pas accompli. Pour m’expliciter, la réflexion qui me viendrait en tête serait la suivante « Ah. Bah, bravo. Tu te contentes de ça ? Fais gaffe à pas devenir une flemmarde. »

Je pense que nous pouvons facilement admettre que cette pensée n’est pas le terreau d’un avancement serein vers ses objectifs. Alors, peut-être, devrais-je apprendre à admettre le négatif mais dans le même temps admettre le positif, sans que l’un vienne polluer l’autre.

Se questionner régulièrement

Courir après un objectif et oublier de se questionner régulièrement, c’est se mettre à l’avant de la triste situation où on se rend compte une fois le trésor atteint, que finalement… on s’en fout.

La remise en question me semble pouvoir être de plusieurs ordres: d’abord se demander si nous sommes toujours en accord avec notre aspiration de départ. Est-ce qu’on a toujours envie d’y arriver ? Est-ce que cela a encore du sens ? Et dans le second temps, une fois que la réponse à ce questionnement est positive, nous pouvons nous demander s’il n’y a pas d’autres méthodes que nous n’avons pas testé qui peuvent nous aider à atteindre ledit objectif. Que peut-on mettre en place de différent ? Rien ne dit que notre nouvelle tentative sera couronnée de succès, mais au moins, nous aurons appris en chemin.

Est-ce que vous aussi vous avez été mis face à ce challenge ? Ne pas réussir à atteindre votre objectif dans le temps que vous vous étiez fixé initialement ? Qu’avez-vous fait pour y arriver ? ou comment avez-vous su que c’était le moment d’arrêter dans cette voie ?

J’espère que ces mots trouveront écho en vous, et que cela pourra d’une manière ou d’une autre vous aider à mettre un peu de baume au coeur face à cette frustration.