Un café s’il vous plait #8: réseaux sociaux, adoption d’un chat, Dune

Pour vivre heureux, vivons cachés ?

En septembre dernier, je vous parlais de mon mois sans Instagram. Depuis, mon malaise vis-à-vis de la plateforme ne s’est pas estompé, il a même parfois pris une ampleur sans précédent. Je ne peux pas forcément vous expliquer en détail ce qu’il s’est passé mais il y a quelques mois il s’est passé un événement particulier, qui au lieu de me rassurer, m’aider à guérir des plaies, m’a à l’inverse fait extrêmement peur face à la déferlente de violence que j’ai pu constater. Comme c’est étrange. Bref, après cette expérience, Instagram (et les réseaux sociaux en général) m’a donné l’impression d’un monstre hors de contrôle. Tout peut dégénérer à chaque seconde. Ca m’a fait peur, tout simplement. Alors j’ai pris encore plus de recul, je me suis terrée encore plus loin dans mon silence. Nous n’avons bien sûr pas besoin de ces applications pour vivre, c’est évident. Par contre, ce sont des outils importants lorsque vous avez comme moi une entreprise et que vous souhaitez faire connaître vos services. Or, je n’arrive pour l’instant plus à être dessus. Je ressens beaucoup de choses en parallèle car dans le même temps je me découvre un dégoût de ce que je vois dessus. Non pas que ce que je vois n’est pas bien, car j’ai choisi le feed qui m’est proposé mais je ressens une telle lassitude face à notre manière conditionnée de nous exprimer dessus, que ce soit via les mots ou par le graphisme. Je n’en peux plus de voir la même chose d’un compte de freelance à un autre. Je cherche notre individualité, ce qui fait de nous des êtres uniques et parfois cela semble difficilement lisible d’un compte à un autre.

Pourtant, je ne peux m’empêcher de voir tout ce que ces réseaux m’ont apporté. J’y ai découvert tant de choses ! J’ai vu de nouveaux horizons, appris de nouvelles notions, rencontré de nouvelles personnes, j’ai vu des choses que je n’avais jamais vu avant. Mon coeur a pris de l’ampleur, mon empathie s’est décuplée au contact des autres. Les comptes que je suis m’ont permis d’aller plus loin que là où que j’aurai été par moi même. Je me sens beaucoup plus complète et complexe maintenant que j’ai pu entrapercevoir de tous ces mondes, si différents du mien. Pourtant, cette richesse ne pèse plus suffisamment dans la balance. Pourquoi ? Je crains que cela a à voir avec la crise du covid. Je n’en comprends pas encore le contour mais il me semble que mon expérience de la plateforme n’a fait que spiraler vers le fond depuis le premier confinement. Je crois que depuis, dans mon coeur, au lieu de trouver des signes d’union, j’ai vu à l’inverse les signes de séparation. Je me suis mise à être jalouse parfois, à râler aussi, beaucoup. « Gningninginin machin a fait ci, gninginginin machin a fait ca ». Suis-je devenue la commère qui épie les gens ? Ce n’est pas bon.

Donc, on ferme tout.

Je vois bien que je suis beaucoup plus négative qu’en 2019.

Ma lumière a décru, mon cynisme et ma jalousie ont augmenté. Cela ne me plait pas. Vraiment pas.

Contrôle des émotions

Quelle transition parfaite pour mon second point. Avec tout ce que l’année nous a amené, et ma vie sociale au point quasi mort depuis le second confinement, je me rends compte que je ne maîtrise plus vraiment mes émotions. Je repars petit à petit dans un schéma où mon hypersensibilité l’emporte. A la limite, pour les vagues de tristesse qui me traversent régulièrement, ce n’est pas grave. J’ai l’habitude et il me suffit d’attendre qu’elles passent en faisant mes « rituels » qui une fois combinés ensemble permettent d’accélerer le processus (yoga, respirations, médition, écriture dans un carnet, lire de tout mon saoul, et dormir). Par contre, ce qui me gêne c’est le retour de ma colère. Bien sûr, certaines colères sont saines, mais là je vous parle de la colère stérile liée à la peur. J’ai l’impression parfois de me retrouver comme lorsque j’étais adolescente, à subir mes émotions. Je vous assure que c’est destabilisant et surtout… déçevant. Lorsque je cède à cette colère, la déception m’attend au tournant. Je sais que le fait que je m’en rende compte et que je l’analyse, me permet déjà d’avoir les clefs en main pour mieux l’anticiper la prochaine fois. En prendre conscience, c’est déjà reprendre un peu le contrôle de la situation. (Merci les 2 ans de psychothérapie qui m’aident chaque jour, haha !)

Adoption d’un chat

Pour ceux qui suivent ce blog depuis des années, vous savez à quel point cela signifie beaucoup. Je vous gonfle régulièrement avec mon amour des chiens et des chats, et en début d’année, je posais l’intention de passer (enfin !) le cap de l’adoption. C’est drôle de se dire que le chat que j’ai adopté est celui pour qui, lorsque j’ai lu la description, j’ai eu comme des petites palpitations. Elle était décrite comme timide, avec la nécessité de temps pour s’adapter et pour accorder sa confiance. Si vous avez lu l’occasion de lire l’article où je parle de mon ancienne timidité maladive, vous comprendrez pourquoi je me suis reconnue dans cette annonce. Je me suis dit « mais c’est mon chat ». Bien sûr, j’attendais de voir à la rencontre si le ressenti se confirmait ou non, car il faut arriver sans idée pré-conçue du chat. En tout cas, la rencontre a confirmé tout ça. Honnêtement, cela fait sacrément peur. On se sent en train de faire un coup de poker. Et en même temps, on se dit « Petit chat, je t’accepte tel que tu es, advienne que pourra ».

Après quelques jours dans la salle de bain puis quelques semaines sous le lit, elle a eu une urgence vétérinaire qui m’a terrifié. Il semblerait qu’elle ait fait une réaction allergique à de la litière de silice du commerce (alors que son corps n’avait aucun soucis avec celle de chez le véto). Maintenant cette mauvaise expérience est derrière nous (normalement !) et elle semble prendre ses marques. C’est même devenu un vrai pot de colle, ce qui n’est pas pour me déplaire 🙂 Elle a deux ans, fait des pirouettes en jouant à la canne à pêche, n’ose pas encore monter sur les fauteuils mais se cale contre ma jambe le soir. Des années après la mort de mon chat, cela est étonnant de retrouver la sensation de… dormir contre le mur parce que le chat a pris toute la place sur le lit ! Haha.

Que d’émotions mes amis, que d’émotions.

Dune

Parlons livre !

J’ai entamé le cycle de Dune en janvier ou en février. A l’approche de la potentielle sortie du film, et en lisant le retour de Leila de @lei_la_lit sur Instagram, je ne pouvais plus passer à côté de ce classique de la littérature de Science-Fiction. J’ai donc commencé à lire le tome 1, curieuse, sans attente particulière et je me suis retrouvée prise dedans ! Quelle difficulté j’avais à le reposer ! Je ne voyais plus l’heure passer et régulièrement je découvrais qu’il était déjà 1h ou 2h du matin ! C’est rare qu’un livre arrive à me priver de sommeil alors que c’est une des choses que je chérie le plus dans mon quotidien. Bref, j’ai été happée ! Je ne suis pas sûre de déjà avoir lu de livres équivalents. J’apprécie énormément la science-fiction en général, donc peut-être était-il évident que je serai emportée par le récit ?

J’en suis maintenant au tome 5 et il est difficile de résumé une telle histoire qui se déroule sur des milliers d’années.

Les trois premiers tomes sont pour moi exceptionnels. Les 4 et le 5 sont très biens mais les bonds dans le temps rendent difficiles l’attachement aux personnages ainsi que la compréhension des univers dans lesquels on se trouve.

Ce qui m’a le plus fasciné c’est l’intelligence du livre de nous amener dans une situation délicate : vous avez de l’empathie pour le personnage principal (et même lorqu’on change de personnage principal, c’est toujours le cas) car vous arrivez à un moment de sa jeunesse où tout bascule, pourtant… plus tard… Quelle violence. Quelle cruauté. Dans le même temps, le personnage est face lui même à un dilemne : il y a la violence, mais il sait que s’il ne fait pas ça, une plus grande violence encore va prendre le pas.

J’ai apprécié le fait que le livre n’ait pas une dichotomie bien/mal (même si c’est initialement ce qui semble se dérouler entre Atréides et Harkonnen) mais aussi que les Frémens, dépeints par les autres groupes comme étant « grosso modo » des barbares, n’en sont pas. Que leur culture, qui semble violente pour les personnes extérieures, découle de leur environnement direct, le désert et des problématiques de survie qui en découlent. Les questionnements sur la religion sont légions dans les livres, donc si vous aimez philosopher dans votre lit à minuit, n’hésitez pas 😉

Ces quelques lignes ne rendent pas justice aux livres.

Je ne suis vraiment pas sûre qu’ils plaisent à tout le monde puisque le livre ne prend pas toujours la peine de vous expliquer ce qu’il se passe. C’est à vous de recoller les morceaux et de réfléchir à ce que telle ou telle réplique peut impliquer.

Pfffiou, je me laisse emporter pour vous en parler ! Je pense que je vais m’arrêter là pour cet article déjà bien fourni 🙂

Belle semaine à tous !
Sibylle

Mes intentions pour 2021

Depuis quelques années, je choisis en début d’année un mot qui réflète mon intention pour les mois à venir. En 2020 j’avais choisi le mot « courage » (oui, c’est ironique lorsque l’on sait tout ce qu’il s’est passé… Du courage, il nous en a fallu !) et dans tous mes moments de doute ou de réflexion, ce mot me permettait de me souvenir le chemin que je souhaitais emprunter.

Lorsque je choisis le mot de l’année, je ne le choisis pas uniquement pour ce qu’il signifie littéralement mais aussi pour les émotions et les espoirs qu’ils m’évoquent. Le mot courage n’était pas sorti du chapeau, c’est celui qui semblait le plus fort pour refléter ce dont j’avais besoin. A chaque fois que j’évoquais ce mot, je me retrouvais « propulsée » dans une image mentale remplie de sensations, d’envies, d’idées, d’espoirs…

Bref, le choix du mot va beaucoup plus loin que simplement prendre au pif un mot qui nous plait sur le moment. C’est trouver un mot qui vous donnera une feuille de route juste à son évocation. Celui qui vous rappellera où vous souhaitez aller. Ce mot devient presque un moteur.

Les années précédentes, les mots de l’année s’étaient imposés d’eux-mêmes. Je dois vous avouer que cette année, je suis tellement déboussolée face à la situation actuelle, qu’au début aucun mot ne semblait faire surface. Honnêtement, cela résume assez bien ce qu’il se passe en moi depuis quelques mois : les mots ne me viennent pas. Je n’écris pas d’articles car il est en ce moment difficile pour moi d’avoir accès à mes émotions. Tout semble bloqué pour garder un semblant de contrôle. L’inspiration a rarement été aussi basse pour le blog.

Néanmoins, appréciant réellement le fait de choisir un mot pour l’année, j’ai continué à me demander « Sibylle, de quoi as-tu besoin pour 2021 ? ». Et puis, la seule chose qui me venait était : j’ai besoin de douceur. J’ai besoin de rire, de légèreté, d’amitié, d’amour, d’inspiration, de beauté. J’ai besoin de retrouver ma capacité à rêver (qui s’est complètement fait la malle depuis quelques mois). Disons que j’ai envie de la douceur d’un printemps, du soleil sur ma peau, d’un jardin où humer les fleurs, sentir l’herbe sous mes pieds, boire des smoothies banane vanille, entendre l’océan gronder, sentir mon corps se délier, vivre.

Au début, j’ai refusé de choisir le mot « douceur ». Mon mental me disait « mais Sibylle, tu dois choisir un mot qui te demande de puiser dans tes ressources, d’aller plus loin, qui t’encourage à te découvrir » mais la réalité c’est qu’à l’heure où j’écris mes ressources mentales ont besoin d’être rechargées. Et pour ce faire, c’est bien de douceur dont j’ai besoin. S’octroyer de la douceur, dans mon cas, c’est un challenge en soit. C’est accepter que j’y ai droit.

Et sinon, vis-à-vis des intentions… Qu’est-ce que je pourrais me souhaiter pour 2021 ?

  • Me faire un groupe d’amis soudés à Nantes
  • Me sentir entourée, sentir que je fais partie d’un tout
  • Faire quelques voyages en France (visiter l’est, retourner en Bretagne, voir les montagnes)
  • Adopter un petit chat ou un petit chien (si j’arrive à sauter le pas… mais est-ce qu’on se sent jamais prêt ?)
  • Me sentir à ma place (personnellement et professionnellement)
  • Passer beaucoup de temps à marcher ou randonner dehors
  • Nourrir ma créativité avec des expos ou des livres d’art (-> pas sur pinterest ou instagram)
  • M’éloigner des écrans, please
  • Faire une retraite de yoga
  • Accepter l’évolution de ma pratique de yoga
  • Creuser cette idée de « création d’ambiance » (je sais, vous ne pouvez pas comprendre, vous n’avez pas le contexte pour cette intention, mais c’est pas grave)
  • Interroger mon envie de mêler mes passions ensemble (Comment cela pourrait-il se traduire ?)
  • Rêver, rêver, rêver

Et vous, vous aussi vous choisissez un mot d’intention pour l’année à venir ? Ou faites-vous une liste d’envies ? Je suis sûre que nous énormément à avoir envie d’un peu de douceur cette année 🙂

Bonne journée à vous tous,

On se revoit vite !

Livres lus et appréciés en 2020

Ai-je vraiment besoin de faire une introduction ? Je viens de faire le tour de ma bibliothèque pour voir quels livres avaient laissés une trace pendant l’année. Il y a en a probablement d’autres que j’ai dû rendre à leurs propriétaires entre temps mais cette liste bancale vous intéressera peut-être malgré tout 🙂

Vous ne trouverez pas de résumé de l’histoire car la surprise, c’est bien aussi !

« Voyage d’une Parisienne à Lhassa » – Alexandra David-Néel

Je l’ai aimé pour… les horizons nouveaux, pour sa liberté, son observation du monde qui l’entoure, sa persévérance

(à noter : livre publié en 1927, certains passages peuvent donc hérisser le poil du lecteur de notre époque)

« Le ruban » – Ogawa Ito

Je l’ai aimé pour… sa délicatesse, sa poésie, sa douceur

« Yoga, une histoire-monde » – Marie Kock

Je l’ai aimé pour… son esprit critique, son envie d’aller plus loin que la surface

« Instantanés d’Ambre » – Yoko Ogawa

Je l’ai aimé pour… son mystère, sa folie, sa sensibilité, sa montée en tension, le piège qui se referme, je n’ai pas d’équivalent à ce livre dans ma bibliothèque

« Au bonheur des filles » – Elizabeth Gilbert

Je l’ai aimé pour… son rythme effréné, son irrévérence, sa liberté

« Souvenirs de l’avenir » – Siri Hustvedt

Je l’ai aimé pour… sa plume acérée, sa liberté (oui, je me répète et c’est normal)

(à noter: j’ai achété « Souvenirs de l’avenir » et « Au bonheur des filles » au même moment lors d’un passage en bouquinerie. Je ne savais pas de quoi parlaient ces histoires: mon achat était basé sur les couvertures que j’appréciais. Le hasard fait que ces deux livres se font incroyablement échos sur deux époques différentes à New York)

« Chez soi » – Mona Chollet

Je l’ai aimé pour… l’ôde à l’espace personnel, explorer les dynamiques du foyer

« Une apparition » – Sophie Fontanel

Je l’ai aimé pour… son exploration, sa vulnérabilité, son envie d’aller plus loin que les carcans

« Station Eleven » – Emily St. John Mandel

Je l’ai aimé pour… l’histoire qui se déroule à Toronto et qui m’a permis de vivre l’histoire plus intensément*, la gestion parfaite des différentes histoires qui se déroulent en parallèle, sa manière d’amener la beauté de la littérature et du théâtre dans les confins d’un monde en ruine

(à noter : si votre anxiété est décuplée à cause du covid et de la pandémie mondiale en cours, je vous en supplie, ne faites pas comme moi : épargnez-vous !!! A lire uniquement lorsque le monde aura retrouvé un semblant de stabilité)

*J’ai eu l’opportunité de faire un semestre dans une école à Toronto pendant mes études

Comment prendre un tournant dans sa vie

Et me revoilà encore, deux ans après le lancement du blog, deux ans après avoir démissionné, deux ans après avoir lancé mon entreprise, deux ans après avoir commencé une psychothérapie, à prendre un virage dans ma vie.

Cette fois, j’ai décidé de déménager.

Après des années à me plaindre que je souhaitais quitter Paris mais ne sachant pas réellement où je sentais l’envie de poser mes valises, je n’en pouvais plus de m’entendre répéter le même refrain. Le confinement m’aura enfin donné la réponse à ma question, tant de fois posée, mais toujours restée en suspend. Face à mon indécision, une amie me disait régulièrement que si la réponse n’était pas claire, c’est probablement parce que je ne me posais pas la bonne question. Là, la question n’était plus « où as-tu envie d’aller vivre ? » mais « s’il y avait un confinement et que tu pouvais choisir où le passer, où serais-tu ? » et là, la réponse est venue naturellement. J’étais assise sur le lit, les jambes croisées, le dos droit, et c’était tellement évident que j’ai reconnu la voix de mon intuition. Je savais que c’était ça qu’il fallait faire. Repartir vivre dans mon ancienne ville. Que ce n’était pas pour la vie, que si je changeais d’avis dans les années à venir, je pourrais encore une fois prendre un autre virage. C’était ce que je devais faire maintenant.

Si je vous en parle c’est parce que j’ai remarqué une chose dans mes discussions autour de moi : le doute qui m’a habité pendant si longtemps, nous sommes plein à vivre avec. Comme un gros cailloux bien lourd qui nous empêche d’avancer et que l’on continue de trimballer absolument partout avec nous alors que ce cailloux, on était pas obligé de le ramasser sur le bord de la route à la base.

Lorsque j’ai démissionné on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai lancé mon entreprise on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai coupé mes cheveux on m’a dit : tu as du courage
Lorsque j’ai déménagé on m’a dit : tu as du courage

Pourtant, ces actions ne m’ont pas vraiment demandé du courage (en tout cas pas comme je l’entends).
Je n’ai rien fait que de répondre à mes besoins d’abord, et ensuite à ma curiosité naturelle.

Ce n’est pas du courage ou de la bravoure, je veux dire … je n’ai pas risqué ma vie en faisant ça. Les risques étaient calculés (un minimum, je ne suis pas d’une nature téméraire puisque je suis terriblement anxieuse). Ma curiosité était la plus forte et je savais que si je tombais, si je me ramassais, il y aurait bien un moyen d’une manière ou d’une autre de changer de voix.

Bien sûr que je comprends que lorsque l’on a une famille etc, les choses sont différentes, donc je m’adresse plutôt aux personnes comme moi qui ne sont pas mariés, n’ont pas d’enfants, pas de crédit sur le dos, et qui pourtant vivent leur vie comme s’ils étaient pieds & poings liés au projet professionnel qu’ils se sont un jour imaginés (probablement influencé par leurs amis & leur famille).

Le point important à souligner, il me semble, est que je ne sais jamais si « je prends la meilleure des décisions ». Ce que je sais, par contre, c’est que je prends une bonne décision en fonction des informations que j’ai à ma disposition à ce moment là, c’est tout.

J’essaye d’avancer dans ma vie en me disant qu’il y a des périodes, des cycles, et que parfois certains se finissent et que nous devons en faire le deuil. Je sais que nous avons toujours envie d’aller vers « le mieux » mais parfois il faut se demander qu’est-ce que « le mieux » signifie pour soi même (et non pour les autres). Aussi, j’aime voir ces cycles comme étant des petites vies à part entières qui sont tout simplement différentes d’avant. Cela m’aide à les vivre sans être dans un état mental de comparaison mais de simplement la vivre pour ce qu’elle est : différente. Pas moins bien, ou mieux. Juste différent.

J’ai donc déménagé, il y a des choses que je ne peux plus faire, des choses nouvelles que je peux faire. L’important pour moi à l’instant où j’écris, est de savoir si au global ma balance « émotionnelle » est positive ou négative. Car l’idée n’est pas d’être inactif si l’on va mal. C’est l’inverse. C’est de savoir dire « au revoir » aux choses lorsqu’elles ne nous conviennent plus, sans être alourdi par le poids du doute voire pire, du regret.

Est-ce que j’ai eu peur à chaque virage dans ma vie ? Bien entendu. Je continue à avoir peur, toujours. C’est dans ma nature de l’être. Néanmoins, à force de travail pour dépasser les peurs infondées qui m’habitent, je commence à les apprivoiser et à comprendre le vrai message qu’elles souhaitent me faire passer (peur de la mort, peur d’être rejetée, …).

Est-ce que je regrette une de mes décisions ? Pour l’instant, aucune.

[Témoignage] Reprendre confiance en soi après une ré-orientation

Aujourd’hui, pour notre article du dimanche, nous allons inaugurer une nouvelle catégorie, celle du « Témoignage ». Je souhaitais créer une plateforme, un espace d’expression, où vous pourriez partager avec les autres lecteurs vos expériences. Je vous laisse découvrir ce premier témoignage avec JB, qui nous raconte comment il a vécu les difficultés qu’il a rencontré au cours de son parcours d’études supérieures.

Si vous souhaitez me faire part de votre histoire, parler d’une expérience qui vous a fait du bien, ou vous permis de vous rendre compte de votre propre force, n’hésitez pas ! Vous pouvez bien sûr garder votre anonymat si vous le souhaitez. Envoyez tout simplement votre témoignage à sibylle.roze@gmail.com

Prêt pour cette première lecture ?


Hello Sibylle, et bonjour tout le monde. Tout d’abord je tiens à remercier Sibylle pour me donner l’opportunité de parler de mon parcours, et en particulier comment j’ai vécu les passages plus difficiles et comment j’ai surmonté tout ça.

Je vais commencer par le début si vous le voulez bien. 🙂 Quand j’étais gamin, j’avais pas mal de facilité à l’école, en particulier au début du collège où j’avais des bons résultats sans vraiment avoir à forcer. Naturellement, quand tu n’as pas besoin de forcer à l’école, personne ne s’inquiète pour toi, tout roule, et tu n’apprend pas non plus à… apprendre ! Résultats : Quand je suis arrivé au lycée, ca a été une grosse claque. Mes résultats dégringolaient et je savais pas vraiment quoi faire de plus. Je vous passe les moments de déprime, de repli sur soi et d’addiction aux jeux-vidéos qui ont suivi, c’est un peu baddant haha. Ce dont je veux vraiment parler, ce sont les moments d’introspection que cette situation a provoqué.

A l’époque, j’aimais le dessin, l’anglais, et c’est tout. Comme j’avais fait une formation « scientifique » j’ai voulu m’orienté vers des études en lien avec ce domaine. L’architecture me semblait être une bonne option. Je n’avais pas vraiment de passion pour ce domaine, je n’avais pas ce « feu sacré » que certaines personnes ont pour leur métier (en particulier créatif). Alors tout bêtement je ne me suis pas posé de question, je me suis dit « pourquoi pas ? ». C’est en en discutant avec ma prof d’arts platisques de l’époque que j’ai decouvert le design, une discipline que je ne connaissais pas du tout. Je me souviens avec amusement de sa réaction lorsque je lui ai annoncé que je pensais faire une école d’architecture : « Toi ? Architecture ? Alors là mais non ! Pas du tout ! Tu devrais jeter un oeil à l’Ecole de Design de Nantes. »

Quelques mois plus tard je rejoignais les rangs de l’EDNA après avoir réussi le concours d’entrée.
Ce qui est bien quand on y connait rien dans un domaine dans lequel on se retrouve plongé dès le début, c’est qu’on a pas trop le choix que d’apprendre très, très vite, et pour ca je ne regrette pas du tout d’avoir choisi cette école. A une époque où je n’avais pas vraiment confiance dans mes capacités en dessin ou en conception d’idée, cette école m’a donné les bases pour « apprendre à penser » comme un designer. J’entends par là apprendre la méthode Design, la maîtrise des outils, etc. Tout ça boost la confiance en toi et c’est vraiment parfait pour avoir une base solide de connaissance.

Les difficultés ont commencé à apparaître vers ma 3e année.

Un peu comme un miroir, j’ai eu l’impression de revivre les mêmes difficultés que j’ai eu lorsque j’étais au lycée. J’étais de moins en moins sûr de ce que je voulais faire de ma vie. Les compétences qu’ont m’avait autrefois apprises en design semblaient maintenant m’étouffer et me restreindre.

J’étais de moins en moins assidu en cours. Bref j’étais un peu paûmé, et la déprime refaisait surface. Mes résultats étaient pourris et je n’avais plus la motivation de continuer.

S’en est suivi un renvoi, un long stage dans une start-up (très formateur, mais peu épanouissant) et beaucoup de doutes, tout ça en l’espace d’un an. J’ai ensuite réussi à rejoindre les rangs d’une seconde école, l’Ecole de Communication de Nantes mais cette fois non pas en graphisme mais en publicité. Ce qui rend ce moment particulier, outre la ré-orientation qu’elle a amené, c’est que j’ai dû rejoindre l’Ecole en 3e année, et non en 4e année (l’année ou j’ai quitté mon école précédent).

Cette sensation d’avoir « rétropédalé » et de perdre 3 ans de mes études à travers ces changements de cursus, je l’ai longtemps vécu comme un échec. Ça peut paraître un peu con, avec le recul, parce que j’ai eu la chance de faire de belles études avec le soutien de ma famille et de mes proches (merci Papa, merci Maman pour les sous <3), mais c’est pourtant vrai. Pendant que mes potes finissaient leurs études, je me retrouvais sur le carreau, sans diplôme. Pendant que ces mêmes potes rejoignaient leurs premiers jobs, je revenais sur les bancs de l’école… avec 3 ans à rattraper.

J’aime bien dire que je me compare jamais aux autres, que je déteste ça, que c’est pour les fragiles… Mais c’est pourtant un truc que je fais de manière involontaire, et ca m’énerve beaucoup ! On le fait tous à un moment ou à un autre. Mais ca peut être très dévalorisant. Ca sappe un peu l’estime qu’on a de soi, d’autant qu’on vit à une époque où c’est difficile de ne pas savoir ce qui se passe dans la vie des autres. Bref, fin de l’histoire : j’ai serré les dents, j’ai fini mes études, j’ai rencontré des gens formidables et je me suis fait un sacré paquet de potes.

Dans l’absolu, je pense que c’est un problème qu’on est très nombreux à affronter. C’est facile de regarder son objectif, de le comparer à celui des autres et de se dire « j’y arriverai jamais, j’suis pas comme les autres qui sont balèzes et moi j’suis une merde. » On perd notre objectivité et on s’imagine qu’on est tous fait pareil, qu’on a tous vécu la même chose, qu’on a tous les mêmes chances, et que si tu te vautres c’est 100% TA FAUTE. C’est pas vrai. C’est des conneries.
D’une certaine manière je pense qu’on nous conditionne un peu à ça. A se comparer aux autres, et à s’imaginer qu’il n’existe qu’une seule voie, et que si on s’en éloigne on va se retrouver seul au monde, face à vents et marrées. Dans le domaine artistique, personne n’a le même cursus. J’irai même jusqu’à dire que les gens qui ont des parcours atypiques et « risqués » font partie des gens les plus intéressants que j’ai pu rencontrer et travailler avec. Si vous deviez retenir un seul message de ce petit temoignage, ce serait ca : Inspirez-vous des meilleurs, cotoyer des gens qui vous tirent vers le haut, mais ne vous comparez pas à eux ni à d’autres. Ne cherchez pas à devenir la copie de quelqu’un d’autre.

Parmi la liste des trucs qui m’ont redonné confiance en mes capacités, je peux citer en vrac : la rencontre de créatifs plus talentueux que moi qui m’ont redonné l’envie d’être curieux et l’envie d’apprendre, les défis qu’ont su m’imposer mes profs sentant mon potentiel et ma capacité à les relever, mon maître de stage qui me dit « j’aime bien bosser avec toi, t’as pas le niveau d’un stagiaire de base. » ou encore ma directrice, après ma remise de diplôme, m’annoncer le sourire aux lèvres « Tu n’es pas là par hasard. » Moi qui suit victime du célèbre « syndrome de l’imposteur », c’est rassurant, ça fait chaud au coeur. 🙂

-JB

Ne pas atteindre ses objectifs: comment vivre la déception

C’est un sujet que j’évoque régulièrement dans La lettre du Weekend: je me mets régulièrement des objectifs chiffrés sur divers sujets mais je ne les atteint pas toujours. Pour être honnête, je ne les atteint même plutôt que rarement. Lorsque je les définis, je mets un peu au pif là où j’aimerais être à tel moment. Ces objectifs sont-ils réalistes ? Je n’en sais rien, et je découvre avec le temps que je mets potentiellement la barre trop haut, trop vite. Je suis donc confrontée à cette situation: cette peur qui nous fait frémir, je nomme l’échec.

Bon. L’échec est un mot qui est trop dramatique pour coller à ma situation mais c’est le sentiment qui peut poindre lorsque nous n’arrivons pas là où nous l’aurions souhaité. Il m’arrive de me remettre complètement en question en me demandant si je fais les choses mal, si finalement je n’ai tout simplement pas les capacités, et toutes les phrases traditionnelles dans ce genre de moment. Vous connaissez l’histoire !

Or, je pense que là réside un élément fondamental : on peut décider de baisser les bras ou on peut décider de remonter ses manches et redonner un coup de boost pour s’améliorer.

Et… Rebelote, on atteint toujours pas l’objectif et la frustration grandit. Idem, est-ce- que je baisse les bras ? Est-ce que je mets en place de nouvelles méthodes ?

La force mentale rentre en jeu. Le terme « être challengé » prend tout son sens. Bien sûr, il faut savoir lâcher prise lorsqu’on est dans une impasse depuis longtemps et qu’on ne voulait pas le voir. Néanmoins, sans ces obstacles, ces déceptions, ces remises en question: comment pourrais-je grandir ?

Alors voilà, aujourd’hui, un article pour me rappeler et vous rappeler ce que l’on peut faire lorsqu’on atteint pas nos objectifs et que l’on se retrouve bien maussade face à cela.

En parler avec quelqu’un de confiance

La première personne à qui j’en parle, c’est mon copain. Tous les mois c’est la même histoire, j’arrive la patte traînante, l’œil humide « je n’ai pas encore atteint mon objectif 😦 » et je lui fais part de toutes les choses qui m’ont déçues ce mois-ci. En général, cela tourne autour de pistes pour lesquelles j’avais un enthousiasme débordant et que ne se sont pas concrétisées. C’est pourtant le jeu, mais à chaque fois je le vis comme si c’était la première déception. « J’aurai tellement aimé ! ». C’est la vie, ma pauvre Lucette. Parfois on gagne, parfois non.

Mon copain a toute ma confiance et a le recul nécessaire pour voir tous mes efforts ainsi que me rappeler tout ce que je mets en place en parallèle. Il a les mots justes pour me remonter le moral dans ces moments de doute. Grâce à sa présence, je reprends confiance.

Dans le jeu pour lequel j’ai signé, il faut savoir se relever, encore et encore.

Si vous vous trouvez dans cette situation, je vous encourage à trouver quelqu’un auprès duquel vous n’avez pas honte d’avouer votre « échec » ou tout du moins votre déception. Quelqu’un dont vous savez la sincérité, la bienveillance et qui saura vous dire les mots qu’il faut.

Nous avons envie que les gens voient nos réussites mais moins nos faiblesses, c’est normal, donc certaines personnes peuvent avoir tendance à tout garder pour elles. De mon côté, il me semble plus sain d’extérioriser mon ressenti. Dans le cas contraire, j’aurai la sensation de pourrir de l’intérieur. Besoin d’une bonne purge régulière.

Voir le chemin accompli

Voir le positif, on y revient encore ! En écrivant ces lignes, je me demande si au lieu de m’acharner sur mon objectif non atteint en fin de mois, si je ne devrais pas prendre le temps de noter tous les signes positifs que j’ai pu observer ainsi que toutes les choses mises en place pendant le mois écoulé.

La tendance (humaine ?) est de voir là où ça a cloché. Cela nous permet bien entendu de prendre note et donc de nous améliorer mais cela peut avoir comme effet de gommer toutes les choses qui envoient un bon signal.

Il y a pleins de sujets qui me rendent fière. Pourquoi ne sont-ce pas ceux-là qui me viennent en tête ? Parce que c’est difficile de se satisfaire de quelque chose, quand une autre chose, qui nous semble d’autant plus importante, n’est pas accompli. Pour m’expliciter, la réflexion qui me viendrait en tête serait la suivante « Ah. Bah, bravo. Tu te contentes de ça ? Fais gaffe à pas devenir une flemmarde. »

Je pense que nous pouvons facilement admettre que cette pensée n’est pas le terreau d’un avancement serein vers ses objectifs. Alors, peut-être, devrais-je apprendre à admettre le négatif mais dans le même temps admettre le positif, sans que l’un vienne polluer l’autre.

Se questionner régulièrement

Courir après un objectif et oublier de se questionner régulièrement, c’est se mettre à l’avant de la triste situation où on se rend compte une fois le trésor atteint, que finalement… on s’en fout.

La remise en question me semble pouvoir être de plusieurs ordres: d’abord se demander si nous sommes toujours en accord avec notre aspiration de départ. Est-ce qu’on a toujours envie d’y arriver ? Est-ce que cela a encore du sens ? Et dans le second temps, une fois que la réponse à ce questionnement est positive, nous pouvons nous demander s’il n’y a pas d’autres méthodes que nous n’avons pas testé qui peuvent nous aider à atteindre ledit objectif. Que peut-on mettre en place de différent ? Rien ne dit que notre nouvelle tentative sera couronnée de succès, mais au moins, nous aurons appris en chemin.

Est-ce que vous aussi vous avez été mis face à ce challenge ? Ne pas réussir à atteindre votre objectif dans le temps que vous vous étiez fixé initialement ? Qu’avez-vous fait pour y arriver ? ou comment avez-vous su que c’était le moment d’arrêter dans cette voie ?

J’espère que ces mots trouveront écho en vous, et que cela pourra d’une manière ou d’une autre vous aider à mettre un peu de baume au coeur face à cette frustration.

Interview Créa #6: Yankosso, Architecte

Aujourd’hui, nous continuons notre tour de portraits inspirants de personnes créatives, dans toute la richesse du terme. Nous avons déjà pu discuter avec un musicien, une professeur de yoga & coach de vie, une entrepreneure, une autrice, une agent d’illustrateur elle-même illustratrice ! Nous faisons du chemin, n’est-ce pas ?

Pour l’article de ce dimanche, je vous propose une interview avec Yankosso qui est architecte et passionnée par l’écriture. Je l’ai rencontré dans le cadre professionnel au cours d’une séance de conseil et j’ai énormément apprécié son énergie créatrice. Elle n’a clairement pas de problème pour générer des idées, vous pouvez me croire sur parole !

Voici donc son entretien ci-dessous. J’espère que vous y trouverez de quoi vous nourrir, des mots qui vous font réfléchir, ou qui vous parlent.

Bonne lecture 🙂

Pour commencer, peux-tu te présenter ? Que fais-tu dans la vie ?

Je fais tout mon possible pour être heureuse, c’est la première chose à savoir.

Dire cette simple phrase m’a prit un temps fou d’acceptation. Comment penser vouloir être heureuse quand la société nous pousse  à la rentabilité, à la production ?  Depuis les années lycée j’ai toujours travaillé en même temps que mes études. Aujourd’hui je veux profiter de la vie. J’ai décidé de ne plus tenir compte du conformisme auquel on s’attache volontairement ou pas parcequ’on est dans le monde des adultes. Il est vrai que contredire cette appartenance reviendrait à se mettre automatiquement au ban de la société. J’ai conscience qu’en ce moment je suis sur la limite car je veux faire différemment mais je n’y suis pas encore parvenue.

Quant à mon métier, je suis Architecte. Je dis souvent que c’est bien plus qu’un métier mais une vocation. L’architecture me permet d’avoir une perception plurielle sur la société et les individus. Toute la journée je fais des zooms entre ma vie et celle des autres. C’est pour cette raison qu’il est difficile pour moi de mettre de la distance entre ma vie et mon métier.  J’ai besoin d’englober les  interactions que je peux voir, savoir pour avancer dans mes choix et mes idées. Tout est lié.

Durant mes études, je n’ai jamais pris le temps de réfléchir sur ce que je voulais vraiment, ce que je voulais accomplir en tant que personne. Je n’avais pas le temps de me poser, d’être dans le silence. À présent, je m’impose un silence heureux pour comprendre qui je suis et où je veux aller non seulement pour moi mais aussi pour les autres.

Je ne veux pas être une marionnette sociétale mais  une citoyenne active.  Mon titre exact est Architecte Diplômée d’État et il lourd de sens. J’ai un devoir public.

Une pensée qui doit toujours converger vers l’autre. Je dois pouvoir apporter des solutions concrètes à des inconnus. La jeune diplômée que j’étais ne s’est jamais posé de questions d’une part parce qu’elle n’avait pas le temps et d’autre part parce qu’elle ne se sentait pas légitime.

Le point de départ de cette introspection a été 2017. Je suis sortie vidée d’un chantier. Des désaccords avec l’entreprise et les clients ont eu raison de moi. J’avais également des désaccords avec certaines personnes lors de visites avant projet, de consœurs/confrères avant même de commencer un projet. J’ai donc dit stop. J’ai pris sur moi et j’ai réfléchis enfin à comment je voulais travailler et comment j’allais allier mes idéaux et ma vie professionnelle. Durant ma réflexion je me suis amusée, j’ai voyagé, je suis allée à des expositions, des soirées, j’ai pris des cours du soir. Presque deux ans plus tard, tout se recoupe et je suis très contente d’avoir pu rencontrer des personnes, des lieux, des environnements différents. Des questions qui revenaient souvent dans mon quotidien. Pourquoi est-ce que je dois travailler très souvent face à mon écran d’ordinateur ? Où sont passés les maquettes, les dessins, les croquis qu’on faisait en Ecole d’Architecture ?  Comment faire comprendre aux gens la difficulté de mon métier ? Comment je veux continuer à travailler ?

J’ai trouvé une partie des réponses. Le reste viendra avec les rencontres et l’expérience.  Je pense aussi que j’attendais l’aval de quelqu’un pour oser. Je ne sais pas qui mais de quelqu’un. J’ai décidé de ne plus rien attendre et de faire.

C’est aussi pour cette raison que j’ai décidé de me présenter sous Yankosso.  Parce qu’en fin de compte la seule autorisation dont j’ai besoin, c’est la mienne. Yankosso c’est mon Univers c’est mon identité. C’est une utopie réaliste.

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Je pense aussi que j’attendais l’aval de quelqu’un pour oser. Je ne sais pas qui mais de quelqu’un. J’ai décidé de ne plus rien attendre et de faire.
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Selon toi, comment la créativité se traduit–elle dans ton métier d’architecte ?

Je me considère d’abord comme une rêveuse. La créativité me permet de rester en contact avec les autres. C’est davantage un lien social. Quand j’étais petite, je m’amusais à m’entourer de personnages fictifs ou réels et j’ai même inventé une langue. Que j’ai appelé le Morenaba.

Les deux personnes/personnages que j’aimais beaucoup: Marylin Monroe et Lois Lane. Je disais à mes amies que Marylin Monroe avait un nom semblable au mien : Monroe-Moreno. C’était sûr que mon nom allait me porter au sommet. J’allais être une star ! Puis j’entendais souvent Moreno dans des films pour gangsters. Un monde rempli de secret. J’étais tellement contente. Lois Lane, elle, elle était indépendante, c’était une femme de tête.

Mon imaginaire permettait de changer mon quotidien qui était difficile à une vie rocambolesque. Je pouvais enlever, supprimer, oublier ce qui me dérangeait. D’ailleurs j’ai pris l’habitude de le faire encore aujourd’hui. En grandissant, je me suis dis que je devais surement avoir un problème pour omettre certaines choses. Puis je me suis auto-convaincue que c’était une chance de pouvoir passer rapidement à autre chose.

La créative que je suis est arrivée durant mes études d’architecture. Je me suis retrouvée par hasard à l’Ecole d’architecture. Je ne voulais pas faire ça au début. Je voulais juste être décoratrice. Architecte, je ne savais même pas ce que cela voulait dire! J’y suis entrée parce que mes études préparatoire en arts appliqués me coûtaient trop cher. Je n’étais pas une artiste.  Je voulais arriver à mon BAC+3  être décoratrice et puis basta. Puis, je me suis prise au jeu. J’ai aimé les cours, mes camarades, les sorties et les voyages. Un ami m’avait dit aussi qu’en étant architecte on n’était pas obligé de demander l’accord pour faire un projet. Alors je me suis dis que je n’avais qu’à terminer mes études et devenir Architecte. Mais bien sûr c’est beaucoup plus compliqué que ça maintenant que je suis dans le métier.

Sans mes professeur(e)s je n’aurais jamais appris le sens de la création. Ils/elles m’ont montré que l’architecture pouvait changer les choses. Je disais tout à l’heure que la créativité est le lien social entre les autres et moi. Et c’est vrai. C’est le fil tangible entre mon Univers et le monde dans lequel je réside. Ce que je pense devient réel quand il est construit. La créativité est un moyen de penser en groupe, d’avoir des pensées interminables. C’est pour cette raison que j’ai crée mon atelier d’architecture, Atelier Retour aux Sources, en incorporant un Laboratoire d’idées pour penser et réfléchir avec les autres avant de construire.  

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Sans mes professeur(e)s je n’aurais jamais appris le sens de la création. Ils/elles m’ont montré que l’architecture pouvait changer les choses.
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As-tu un processus de création défini te menant du début à la fin d’un projet ou fais-tu au feeling ?

Mes pensées divaguent et elles sont nécessaires mais le processus de création telle que je le définis ne peut pas se faire au feeling car on est déjà dans le projet. 

Au début de la conception de projet on peut se permettre de prendre du temps pour réfléchir ensemble sur les besoins réelles et non des besoins supposés mais le feeling est très difficile à incorporer. J’essaye d’instaurer un cadre de travail souple mais plus on avance dans les étapes plus le cadre est obligé de devenir rigide.  Il existe dans le processus de projet commun à tout architecte, des étapes à réaliser/respecter. C’est avec cette méthode que je travaille. Cependant, j’ai décidé d’inclure un temps d’étude en collaboration avec les personnes/clients plus ou moins long en fonction du projet. J’ai en quelque sorte transformé certaines étapes, j’en ai raccourci d’autres.

A travers le laboratoire d’idées d’Atelier Retour aux Sources j’ai crée deux plateformes : Sources Event’s et L’Até.

Sources Event’s ce sont des ateliers-rencontres que j’ai commencé à organiser depuis juillet 2018. Je me suis aperçue que certaines personnes avaient du mal à comprendre mon travail et pourquoi je ne pouvais pas à certains moments répondre favorablement à leur demande même s’ils me payaient et même si le projet était en cours. 

Le monde de l’architecture peut paraître abstrait c’est pour cela que j’essaye de montrer la façon dont je travaille. J’essaye aussi de guider au mieux durant la conception j’aborde toutes les questions durant Sources Event’s pour commencer avec le moins d’interrogations possible. Au delà du dessin, de l’administratif et de la technique les relations humaines font parties intégrantes de mon travail. Avant de m’engager dans un projet je tiens à m’assurer d’avoir expliqué les tenants et les aboutissants à mes clients.  

L’ATÉ, l’Architecture à Travers l’écriture, est une plateforme qui me permet de connaître et de comprendre le quotidien, un moment T de la vie d’une personne à travers l’écriture. Je l’ai crée en 2017 juste après mon introspection. Cela a commencé avec des amis. Je leur ai demandé de m’écrire leur ressenti, leur avis sur l’architecture avec une illustration. C’est devenu un moyen de comprendre l’architecture à travers le regard de néophytes qui décèlent énormément de choses malgré ce qu’ils pensent. Aujourd’hui, j’ai décidé d’élargir le spectre avec la création d’une association. Le projet est en cours de concrétisation. Je suis en train de chercher des partenariats, des subventions. J’ai des personnes qui me soutiennent dans cette aventure et cela me fait du bien.

Certaines personnes me disent que je veux à travers mes actions rendre l’architecture accessible mais ce n’est pas vrai. L’architecture est déjà accessible et cela depuis longtemps et sans moi. Je veux juste transmettre ma vision des choses.

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Au delà du dessin, de l’administratif et de la technique les relations humaines font parties intégrantes de mon travail.
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Ressens-tu le mental sur la créativité ?

Je mène plusieurs projets de fronts parce que j’ai des idées qui viennent et que je ne veux pas les voir mourir dans mon cerveau. Je le fais aussi parce que j’ai choisi de ne pas être salarié. Je fais en sorte de mener mes projets mais je n’oublie pas que je dois payer un loyer, manger, payer les transports. Si cela s’avère nécessaire je redeviendrai salarié sans oublier mes projets. Avec toute ma bonne volonté et mon imagination, je n’ai pas encore trouvé comment fabriquer des billets de banque.

Il m’est donc arrivé d’avoir trois boulots avec un jour de repos ou pas du tout. D’avoir des moments ou je ne voyais personne, ni ami(e)s, ni proche, ni famille. Tout cela parce que j’ai une vision de qui je veux être et de qui je veux devenir. On peut être amené à se sous-estimer, à ne pas faire les choses par peur. Je ne veux plus de cet état d’esprit et je fais en sorte d’avoir des personnes qui pensent comme moi. Je m’engage d’abord avec moi-même à rester focus sur mes objectifs. Ce n’est pas évident tous les jours. En ce moment mon mental me met à rude épreuve. C’est un passage obligé.
Il y a des jours avec et des jours sans. Quand j’ai des freins, je les note. Je me dis pourquoi est ce que je n’y arrive pas et je prends plaisir à rayer un à un les obstacles.

Cela prend du temps mais je suis patiente. J’ai eu la chance d’être poussé à viser toujours plus haut. Aucun frein ne m’a été inculqué. On m’a donné la capacité de croire que le possible était mon meilleur ami. S’il veut partir je le  rattrape. Il est même coincé. A croire que mon meilleur ami peut devenir mon prisonnier.

Si tu devais choisir 3 mantras ou phrases fortes ayant du sens pour toi dans ta vie, quelles seraient-elles ?

1. Si tu dors, ta vie dort

2. L’impossible est possible

3. Attache-toi à faire de ta vie un paradis


Retrouvez Yankosso:
⤅ sur Instagram @yankosso

⤅ Photographe: @black.kahlo
⤅ Lieu: FortRecup

Ca m’apporte quoi d’avoir un blog ?

Ce petit blog a été ouvert en juillet dernier si mes souvenirs sont bons et depuis j’ai la sensation d’être spectatrice d’un moment particulier où une page se tourne dans ma vie. C’est une transformation longue, inconfortable et déroutante sous bien des aspects mais la création de cet espace qu’est À la Roze est un point que nous pouvons qualifier de positif sous tous les rapports.

Pour cet article, j’avais envie de revenir sur toutes les choses que m’ont apporté ce blog depuis sa création. Même à une petite échelle, je découvre que parler, transmettre, s’exprimer me permet de découvrir de nouvelles choses en moi et en les autres. Si quelqu’un d’extérieur regardait les chiffres il se dirait probablement que ce blog n’a pas grand intérêt mais pourtant bien des choses se passent grâce à lui.

Faisons un petit peu le tour ensemble !

Des rencontres

C’est le premier point et c’est celui qui m’épate le plus. Tenir un blog c’est partager un bout de soi, c’est provoquer des réactions. Depuis juillet j’ai pu discuter, interroger voire rencontrer des personnes qui me semblent si intéressantes et avec qui je n’aurai peut-être pas eu l’occasion de parler autrement. Parler, c’est partager son point de vue avec l’Autre. En faisant cet acte j’ai pu connecter avec des personnes qui n’auraient jamais entendu parler de moi autrement. Ce blog c’est aussi ces discussions si longues et enrichissantes sur Instagram, ce sont ces mails échangés, ces commentaires interposés ! Je vous découvre autant que vous me découvrez et j’en ai les yeux pleins d’étoiles.

C’est peut-être aussi pour cela que ces derniers mois je n’ai pas continué avec autant d’assiduité ma stratégie sur Pinterest. Je me sens déjà entendue et reçue avec bienveillance par ce tout petit public. J’y trouve mon compte et j’espère que vous aussi. Vos oreilles m’écoutent et les miennes n’attendent que votre voix !

Il y a aussi le cas des personnes faisant déjà partie de votre vie et qui refont surface. Quel plaisir. Déstabilisant au début mais on s’y habitue.

Faire face à la peur du jugement

J’ai décidé de ne pas cacher ce blog aux personnes de « ma vraie vie », or pour ce faire il faut dépasser toutes ses couches de timidité pour livrer devant eux toute ma vulnérabilité. Je parle de ce qui me touche ici, alors le cerveau aurait tendance à catégoriser cela comme un risque de montrer au grand jour que… je ne suis qu’une humaine pétrie d’émotions avec un cargo d’anxiété à gérer. Sauf que la réalité, de ce que j’ai pu en voir, c’est que nous sommes tant à n’être que des humains pétris d’émotions ! Nous nous battons chaque jour pour marcher, pour trouver notre chemin. Alors j’ai décidé de baisser légèrement ces barrières, de réussir à vous montrer « Voilà ce que je vis, voilà ce que je pense, voilà qui je suis ».

Ouvrir un blog est autant déstabilisant que gratifiant. Au cours d’une discussion vos connaissances rebondissent sur un sujet que vous avez abordé dans un article, les personnes que vous venez de rencontrer trouvent ça super que vous ayez le « courage » d’en faire un…

Concernant  mon expérience, c’est changer d’état mental qui a le plus d’impact. L’état initial étant de se cacher, un état où tout le monde extérieur n’était que crainte et jugement tombant comme un couperet et le deuxième état étant une mise en lumière et acceptation de soi.

J’ai la chance de ne pas avoir eu d’expérience de moqueries qui auraient pu me déstabiliser, le pire qu’il se soit passé c’est tout simplement de n’avoir aucune réaction ! Ce n’est pas très grave.

Avoir un projet à soi

Avoir un projet qui n’est qu’à soi, c’est avoir la liberté de l’emmener où on le souhaite (ou l’abandonner dans un coin s’il le faut). C’est se créer une bulle de respiration où l’on a l’occasion de faire le point sur un sujet qui nous importe. Se rendre visible aux autres, qui est une de mes problématiques en général, n’a pu se faire qu’à travers ce projet où j’ai ressenti qu’il était « vraiment à moi« .

Comme vous avez pu le comprendre au fur et à mesure, ce que j’apprécie particulièrement dans ce projet-ci est l’aspect relationnel qui s’est développé. Rencontrer, échanger, discuter, c’est ce qui me rend aussi heureuse d’avoir ce blog. Je ne trouverais pas cela dans n’importe quel projet. Je ne suis pas étonnée si en décembre les mots qui m’est venu lorsque je réfléchissais aux décisions que je devais prendre pour 2019 aient été « Je veux transmettre ».

Que ce soit d’un point de vue professionnel avec mes séances de conseil en identité visuelle ou à propos du développement personnel (ou appelez-le comme vous le souhaitez !) sur ce blog, je découvre ce besoin d’échanger. C’est la même flamme qui s’éveille parfois lorsque je discute avec une amie et que je me dis « comme j’aimerai pouvoir lui transmettre le yoga… ».

Transmettre, transmettre, transmettre !

Se rendre compte qu’on a des choses à dire

Je réfléchis beaucoup. Bon. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, et je pense que vous réfléchissez vous-mêmes beaucoup. Mon petit soucis c’est que j’ai beaucoup de mal à verbaliser le fil de ma pensée à l’oral. Si j’ai été informée ou préparée en amont, cela se passe relativement bien mais lors d’une conversation normale, il m’arrive souvent de ne pas réussir à expliquer mon point de vue. Cette frustration récurrente m’a amené à ce mécanisme: je note mentalement l’intérêt du sujet, je n’exprime que quelques mots dessus qui n’ont pas de risques particuliers et je machouillerais toute seule ce sujet plus tard. Par contre, ce mécanisme ne m’évite pas de dire des conneries, c’est bien dommage, haha.

A force, j’ai pris l’habitude de garder beaucoup de réflexions pour moi, par peur d’être incomprise. Je ne sais pas comment mais j’en étais venue à me dire qu’au fond je n’avais peut-être pas grand chose à dire. Pourtant, regardez tous ces mots qui s’alignent naturellement les uns après les autres !

Alors s’exprimer, même si c’est par écris, et que cela me procure plus de confort, je sais que cela finalement m’apaise. J’ai des choses à dire, je vous en parle, certains d’entre vous se reconnaissent alors j’ai envie de partager encore un peu plus ma vision du monde

Prendre confiance en soi

C’est le point final logique pour tout ce que j’ai évoqué au dessus, n’est-ce pas ? S’exprimer, apaiser sa peur du jugement, rencontrer des personnes avec des mentalités similaires, se sentir validée par d’autres, tout cela ce permet de mettre une pierre à ce grand édifice à construire qu’est la confiance en soi.

Tout ce que m’a permis de mettre en place ce blog, toutes les étapes que j’ai passé à le construire, l’écrire, l’animer, que sais-je, tout cela m’amène à être plus solide que ce que je l’étais avant de l’ouvrir. Parfois, je suis fière d’avoir créé ce blog. Je ressens de la fierté d’avoir osé le faire, osé en parler autour de moi, osé faire des pubs, osé apprendre de nouvelles techniques, osé me montrer, osé.

Je ne change pas la planète, car c’est clairement moi-même que je transforme mais malgré tout, même c’est un but de guérison personnelle, je suis heureuse d’avoir lancé cette aventure. C’est beau de prendre tout ce temps pour me comprendre, m’interroger, me tester. Finalement, ce blog c’est un partie très égoïste qui était nécessaire à mon bon développement. Un endroit où je me sens en sécurité pour tomber, marcher, trébucher, courir, et tomber encore.

Cet article au fond parle surtout d’une chose: la relation avec les autres. Alors même si il y a des aspects négatifs qui peuvent être mis au jour et soulignés, ce n’est pas le but de ces lignes. Je crois qu’au fond, j’avais simplement envie de dire que créer ce blog m’a permis de m’aimer un peu plus, et c’est fou, et surtout de m’ouvrir aux autres.

Pour l’instant, A la Roze, c’est de l’amour. Pour vous. Pour moi.

Aimez-vous, et si ce n’est pas le cas, je vous envoie cette immense sensation de gratitude que je ressens en écrivant ces mots.

Merci pour tout, merci à vous.

Interview Créa #5: Anouk Corolleur, prof de yoga et coach

J’ai découvert Anouk grâce à la magie d’instagram. Parfois, vous ne pouvez pas expliquer pourquoi mais vous accrochez complètement au contenu. Vous scrollez, lisez, likez. Vous vous dites « Damn, j’aimerai connaître cette personne dans la vraie vie ». C’est ce que je me suis dit avec le compte d’Anouk. J’ai tout de suite ressenti une vague de bonnes ondes.

Qu’est-ce que j’y apprécie ? Sa multiplicité. Coach, professeur de yoga, fille de la montagne, surfeuse, baroudeuse, française mais expatriée pendant de longues années,… Une vie riche en sensation et en dépaysement.

Son compte instagram, au lieu de me miner le moral en m’offrant un moyen de comparaison m’encourage à m’accepter entièrement et en douceur. Comme dirait Marie Kondo, it sparks joy.

Anouk a eu la gentillesse de répondre à mon interview créa, et je pense que vous comprendrez rapidement pourquoi cette interview me tient à coeur: on y retrouve des thématiques récurrentes dont je vous parle à travers les articles de ce blog.

Bonne lecture, et merci Anouk !

Pour commencer, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Anouk, j’habite à Bordeaux et j’aide ceux qui veulent sortir de leurs émotions paralysantes pour vivre la vie dont ils rêvent à travers du coaching de vie, du yoga et de la méditation. Je suis une aventurière dans l’âme et depuis petite je suis à la recherche des sensations de glisse. J’ai grandi à Chamonix avec des parents passionnés de ski et de snowboard, puis à 17 ans je suis partie en Australie pour surfer. Cette culture de la glisse et de l’aventure m’a inspirée un mode de vie qui respecte l’environnement, qui me demande de prendre soin ma santé physique, mentale et émotionnelle.

T’es-tu toujours considérée comme une personne créative ?

UN GRAND NON. J’ai une grande sœur extrêmement « créative » au sens traditionnel du terme (bonne en peinture, dessin, art plastique…) du coup je crois que petite je me suis dit que je n’étais pas la créative de la famille. Si j’avais été un Schtroumpf j’aurai été Costaud, celui qui aime le sport. J’étais très bonne en danse, et c’est plus tard, que j’ai compris plus tard que ma créativité s’exprimait à travers le mouvement. Ça a été une grande réalisation car reconnecter avec mon pouvoir créatif voulait en fait dire: arrêter de me juger. Pour moi c’est arrivé lorsque j’avais 21 ans. 

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[…] je crois que petite je me suis dit que je n’étais pas la créative de la famille.
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Dans tes activités professionnelles, comment la créativité trouve-t-elle sa place ?

Dans la façon dont j’écris mon blog, mon site internet, mes posts instagrams, mes offres de services. Je n’essaie pas de rentrer dans le moule de développement personnel ou du yoga, mais au contraire d’incarner ces messages c’est à dire d’être moi-même. 

Comment vis-tu ta créativité ?

Pour que je créer un projet, il faut que je l’ai dans le corps, que sa possibilité me fasse trépigner des pieds et que l’idée tourne presque à l’obsession. Après je crois au principe de co-création. Je m’explique: Ce n’est ni toi, ni moi qui avons créé les océans, les arbres etc… Un fœtus grandi naturellement dans le ventre de sa mère. La mère n’a pas besoin de regarder son ventre chaque jour pour lui dire: POUSSE. Si la mère apporte de l’eau, de la nourriture et reste détendu, alors le reste se fera de manière naturelle et bientôt un beau bébé naîtra au monde. Il y a donc une force puissante de création dans l’univers qui permet à un enfant de devenir un adulte, à une graine de devenir un arbre etc… Lorsque nous voulons créer un projet, nous pouvons utiliser la même force de création. C’est à dire lui apporter ce dont il a besoin pour prendre forme mais sans stress, juste par amour de ce que nous voulons mettre au monde puis laisser la magie opérer. 

La créativité me semble être une notion cousine à la Liberté car c’est grâce à ce besoin que nous affirmons des choix qui peuvent sembler étranges car en dehors du schéma. Qu’en penses-tu ?

Oui complètement ! Créer sa propre réalité basé non pas sur « ce qui a toujours été fait » mais sur le champ infini des possibles. J’adore écouter des histoires insolites de gens qui ont créé de nouvelles voies, de nouvelles façons de vivre. C’est pour ça que voyager, voir, apprendre enrichi notre vocabulaire pour pouvoir créer de nouvelles réalité encore pas explorée. 

Parmi tes clients, as-tu remarqué un blocage au niveau de leur créativité ?

Oui je vois beaucoup de blocage, j’entends beaucoup de gens qui me disent: « Oh mais moi je suis pas créatif ». Je t’avoue que ça a presque tendance à m’énerver tellement c’est une croyance qui limite l’individu ! L’Homme est créatif par nature. Après au niveau des idées il y en a certaines qui vous animeront plus que d’autres. Ce sont celles qui vous font frétiller intérieurement qu’il faut choisir de développer. Les « mauvaises idées » ce sont celles qu’on fait par peur et pour combler son manque d’amour. Par exemple: Pour faire de l’argent ou pour avoir de la reconnaissance… Pour pouvoir trouver des idées qui nous font frétiller il faut prendre soin de notre santé émotionnelle car si on est stressé ou nerveux il sera difficile de sentir l’excitation d’une idée. D’où la méditation, les ballades en natures, le yoga etc… 

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« Oh mais moi je suis pas créatif » […] c’est une croyance qui limite l’individu ! L’Homme est créatif par nature.
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Ressens-tu l’impact du mental sur ta créativité ? Si oui, comment réagis-tu dans les moments où il te freine ?

Oui comme je viens de l’écrire, nos pensées et nos émotions sont extrêmement liées et peut bloquer notre créativité. Pour prendre soin de mon monde intérieur: je médite 10mn le matin et 10mn le soir, je mange sainement, je bois beaucoup d’eau, je fais du sport tous les jours (yoga ou cardio) et je me couche tôt. ça me permet d’avoir une base saine. Je ne crée jamais rien si je ne me sens pas centrée et inspirée, si je bloque je quitte mon ordi et je pars faire un tour dans la nature, je vois des amis, bref je me ressource.

As-tu des ressources qui t’ont aidé à trouver ta voie ou qui te motivent ?

  1. Comme par Magie de Elisabeth Gilbert – Pour mieux comprendre le voyage créatif. 
  2. Daily Love, growing into grace de Mastin Kipp – Pour une dose d’inspiration, de courage, de confiance en soi. 
  3. marieforleo.com – Pour m’aider avec mon business.
  4. Le stage « Trouver votre excellence en action » de Joel Guillon à Paris 

T’arrives-t-il de douter de tes capacités ? Comment arrives-tu à surpasser ce doute ?

OUI ! Le doute fait parti du processus normal de notre expérience humaine et surtout lorsqu’on se lance dans des gros projets! Hier j’ai regardé un documentaire qui s’appelle « The Dawn Wall » (grosse recommandation d’ailleurs). ça parle du grimpeur Tommy Caldwell et de son rêve d’escalader une paroie dans le parc de Yosemite qui avait été décrite comme impossible à escalader. On l’a critiqué, jugé, traité de fou… Mais il ne se laisse pas impressionner et travaille pendant 6 ans pour pouvoir faire naître son projet. Au cours de son aventure bien sûr il doute: « Est ce que c’est vraiment possible de faire ça? », mais il ne lâche rien et sa foi et sa détermination finissent par payer ! 

Quand je me fais prendre par le doute: déjà j’en prends conscience « Ah tiens c’est toi le doute » mais je ne rentre pas dans ses histoires en remettant toute ma vie en question. La joie que mon projet me procure me donne la certitude que je suis sur le bon chemin et il me permet de me sentir chaque jour épanouie et vivante! 

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Le doute fait parti du processus normal de notre expérience humaine et surtout lorsqu’on se lance dans des gros projets !
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En règle générale, penses-tu que le bonheur se choisit ? Si oui, comment cela se traduit-il dans ta vie quotidienne ?

Oui le bonheur se choisi, mais il faut prendre le risque d’être heureux… Car comme dirait le dicton anglais: « Misery likes company » (la misère aime la compagnie). Pour moi une pratique régulière de la méditation me parait primordial, ça me permet de faire des meilleurs choix dans ma vie quotidienne au lieu d’être prisonnière de schémas d’auto sabotage etc… 

Pour conclure, quel message souhaites-tu transmettre au gens sur leur créativité ?

Commencez à émettre la possibilité que vous êtes créatif et laissez vous surprendre.

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Interview Créa #4 – Sophie Trem, entrepreneur et fondatrice The Good Mood Class

Je suis excitée comme une puce à l’idée de ce que je vais écrire: Sophie Trem du blog The Other Art of Living a eu la gentillesse de répondre à mon Interview Créa #2 ! Vous la connaissez sûrement déjà car nous sommes une soixantaine de milliers de personnes à la suivre sur instagram pour sa joie de vivre, son sens de la famille, les valeurs d’amour de l’autre et de l’amour de soi qu’elle véhicule.

Sophie fait partie des personnes que je souhaitais très très fort interroger pour cette catégorie: sa créativité et son goût du développement personnel sont bien connus. Les petites mains bienveillantes dans les coulisses de l’univers s’en sont mêlées (portant cette fois le doux prénom d’Angelika) et m’ont permises de lui envoyer mes questions.

Vous êtes prêts ? Les voici !

Ce que j’apprécie dans les images que tu postes, c’est la bonne humeur omniprésente. Par exemple, le dimanche où tu fêtais tes 20 ans de relation avec ton mari et que vous avez fait des aller-retours entre le jardin et la maison: cela aurait pu être une raison de frustration pour beaucoup mais cela n’a pas semblé l’être pour toi. As-tu toujours su voir le verre à moitié plein ou est-ce un travail sur toi ?

Hahha c’était un peu relou quand même tous ces allers retours 😉 J’ai vite remarqué que ça servait pas à grand chose de voir le verre à moitié vide, donc j’ai pris l’habitude de voir le bon côté des choses, c’est comme une gymnastique, à force de pratiquer ça devient naturel!

En règle général, penses-tu que le bonheur se choisit ? Si oui, comment cela se manifeste-t-il dans ta vie quotidienne ?

Oui tout à fait, à tout moment, chaque instant tu le crées, et tu le choisis donc le bonheur c’est ce que tu souhaites en faire, on peut être heureux avec peu. Pour moi le bonheur c’est être aligné entre mes convictions / propos et ce que je fais, en gros être bien dans ma tête et dans mes pompes !

Avant tu ne te considérais pas comme étant une personne créative. Y-a-t-il eu un moment clef où tu t’es rendu compte de ton propre potentiel ?

En fait je voyais bien que j’étais toujours attirée par le côté créatif mais je me disais que ce n’était pas pour moi, je n’étais pas dans cette case, c’est moi qui ne m’autorisais pas de l’être car je ne voyais pas par ce prisme les premières années de ma vie. Je pense qu’en effet instagram a beaucoup joué dans ce déclic, car pour la première fois je faisais quelque chose de créatif par moi même de A_Z , de la photo à la mise en scène, le stylisme, instagram à ses débuts était comme un carnet vierge sur lequel je posais de jolies choses sans savoir vraiment pourquoi.

A-t-il été facile pour toi d’accepter ta part créative ? Cela a-t-il été une remise en question de ce qui te définissait par rapport aux autres ?

C’était une libération plus qu’autre chose, je pouvais enfin être de l’autre côté, là où je m’éclatais vraiment, où le job était de rendre plus joli, plus communiquant le projet, toute la partie que j’aimais en fait. C’est comme si toute ma vie j’étais joueur de foot alors que ce que j’aime c’est être cheerleader LOL tu es au même endroit, mais tu ne fais pas du tout la même chose, et pourtant l’un a besoin de l’autre.

Pour moi le bonheur c’est être aligné entre mes convictions/propos et ce que je fais

— Sophie Trem, The Other Art of Living

En discutant avec toi, nous étions en accord à propos de notre conviction que tout le monde est créatif par nature. De part ton expérience, pourquoi les gens se définissent comme étant pas créatif ?

Tout le monde peut être créatif je pense, mais tout le monde ne l’est pas forcément et n’en a peut être pas envie? Créatif a une dimension artistique, c’est-à-dire une part de mystère que l’on ne maîtrise pas vraiment en fait, et je pense que souvent les gens aiment être rassurés et faire des choses qui rentrent plus dans des cases, et pour moi il n’y a pas de problème à ça tant que ça leur plait! Mais il y a en effet de la créativité partout.

As-tu ressenti le poids des injonctions de la société lors de tes changements de vie ? As-tu ressenti une incompréhension de ton entourage ?

Evidemment , imagine a mon grand âge 😉 Au début j’ai dû me boucher les oreilles pour ne pas me laisser influencer et tenir bon, car tout le monde cherchait à me raisonner et me disait de reprendre mes esprits et un bon job.

As-tu des moments de doutes vis-à-vis de tes choix professionnels ? Des moments où ton mental se rebelle ?

Aujourd’hui plus du tout, j’avance petit à petit, un pas après l’autre en écoutant mon intuition, avec les gens qui m’accompagnent, on teste, on apprend ,on avance.

Ressens-tu l’impact de ton mental sur ta vie créative ?

Totalement tout est lié, le corps, l’esprit, la créativité se nourrit de tout ça.

As-tu toujours suivi ton intuition ou as-tu dû apprendre à l’apprivoiser ?

Avant je savais que j’avais un mode intuition et dès que je l’utilisais il fonctionnait, sauf que je n’osais pas le mettre en marche tout le temps. Dès que j’ai accepté de le mettre en mode ON tout le temps, tout a changé. Intuition vs rationalité, mais ça demande un peu de temps avec de se laisser guider comme ça je pense.

As-tu une méthode de travail précise que tu utilises pour la plupart de tes projets ?

Aucune LOL, il faudrait peut être que je m’y mette d’ailleurs.

T’arrive-t-il d’être en panne d’inspiration ? Si oui, comment arrives-tu à y remédier ?

Jamais, j’ai beaucoup trop d’imagination et j’ai une dream list tellement longue que même une vie ça suffira pas hahaha.

 T’es-tu déjà senti “coincée” dans un projet ou accepté un projet où ton intuition te disait de ne pas y aller ?

Oui, et j’essaye de percevoir dès le départ si ça vaut le coup ou pas, si je sens que ça coince dès le départ je n’insiste pas car je sais que c’est un signe que ce n’est pas la bonne direction.

As-tu des livres ou ressources qui t’ont débloqué d’un point de vue créatif ou professionnel ?

Le pouvoir de l’intention m’a totalement fait shifter.

Au début j’ai dû me boucher les oreilles pour ne pas me laisser influencer et tenir bon, car tout le monde cherchait à me raisonner et me disait de reprendre mes esprits et un bon job.

En te voyant travailler en équipe pour The Good Mood Class, je me demandais si pour toi travailler en équipe était primordial ? Est-ce une manière de fonctionner qui te plaît particulièrement ?

Oui j’adore le travail en équipe, pour moi on avance mieux, on va plus loin, et on apprend plus. Tu partages tellement plus en équipe, les bons souvenirs, les mésaventures mais au final c’est ça la vie sinon on se ferait chier ! Et puis je suis très famille donc c’est esprit que j’ai toujours connu et que j’aime.

As-tu l’impression d’avoir deux personnalités : une pour la vie pro et une pour la vie perso ? 

Non je suis trop entière je crois et c’est en général ce que les gens me disent on me retrouve partout pareille, y’a pas de surprise en général.

Je viens tout juste de décider que je lançais mon activité, as-tu un conseil pour cette période de transition ?

Félicitations! Eclates toi, écoutes toi 🙂

Things always happen for a good reason